Si vous êtes comme moi, alors vous êtes peut-être un de ces quelques milliers de Français (et quelques millions de Canadiens et Américains) qui attendent avec impatience de voir des types bardés d’armures et en patin à glace se battre pour une rondelle. Non, nous ne sommes pas les membres d’une secte de reconstitution médiévale sur glace avide de charcuterie, nous sommes simplement des fans de hockey. Alors pendant que beaucoup s’écharpent pour savoir si Destiny est un gros buzz qui fait pschitt ou pas, moi j’ai décidé d’attendre de pied ferme le début de la saison 2014-2015 de la NHL, qui commence dans quelques jours, en jouant à NHL 15.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que NHL 15, premier épisode de la série annuelle NHL d’Electronic Arts Canada à sortir sur consoles Next Gen, était attendu au tournant. Avec ce genre de licences annualisées, la moindre évolution graphique ou de gameplay est toujours méticuleusement étudiée et commentée. Un passage à la génération de console suivante est donc souvent synonyme de bond graphique. Et clairement, c’est là dessus qu’EA a voulu communiquer tout au long de ces 6 derniers mois. De belles promesses qui mettaient l’eau à la bouche de n’importe quel fan, sauf que maintenant je l’ai en main, et j’ai des choses à dire !

Un jeu plus beau, plus sobre, plus vivant

La première chose que tout joueur de NHL remarquera en lançant le jeu, c’est à quel point les menus ont été épurés! Finis les menus à plusieurs embranchements où le nouveau venu se perd dans la forêt d’options et de modes de jeux, place à un système de vignettes et de panneaux, bien plus agréable et simple à parcourir. Le hic, c’est qu’on comprend assez vite que les nombreux modes de jeu ne sont pas mieux rangés, ils ne sont juste plus là… mais ça on le verra plus tard. Tout ça bien sûr n’empêche pas les menus d’être aussi lents qu’auparavant…

On lance donc un match rapide, parce que ce qui compte, c’est de voir ce que rend le jeu sur la glace ! Le constat s’impose dès les premiers plans : le bond graphique est là. Foule, ambiance, arène, animation, glace, visages, casques, jersey, rondelle : NHL 15 est plus beau, mieux animé, plus vivant. Si on échappe pas à certaines animations bizarres et certains visages particuliers (WTF) dans le public, le travail d’EA Canada sur l’ambiance et le public est évident et renforce l’immersion du joueur. On a généralement droit, entre chaque action, à un fan qui soulève un panneau ou qui va charier le joueur en train de subir une pénalité. Ce n’est pas parfait, mais c’est déjà clairement mieux que dans les précédents jeux de la licence.

Au niveau de l’ambiance, les nouveaux commentaires remplissent assez bien leur rôle. Mike ‘Doc’ Emrick et Eddie Olczyk de NBC Sports collent assez bien aux différentes situations, renforçant d’autant plus l’immersion du joueur. C’est un point fondamental tant on sait que les commentaires peuvent devenir très redondants, voire à côté de la plaque dans ce genre de jeu.

Côté musique, je suis par contre assez déçu. La bande originale des précédents jeux était clairement plus fournie et connue. Elle est cette fois juste passable avec quelques morceaux qui ne resteront pas dans les annales et tournent assez rapidement en boucle.

Un gameplay dans la continuité pour un vrai plaisir de jeu

Pour les licence de sports, il est fondamental de toujours perfectionner l’expérience de jeu et les sensations manette en main à chaque nouvel épisode, sans toutefois nous ensevelir sous les nouveautés. En termes de gameplay, force est de constater que ce NHL 15 ne déroge pas à la règle.

Le jeu garde cette orientation tournée de plus en plus vers la simulation de hockey initiée il y a quelques années avec un skating plus lourd, plus réaliste. Dans NHL, on ressent toute l’inertie d’un hockeyeur lancé à pleine vitesse, mais aussi sa difficulté à ralentir ou à esquiver certains chocs. Vous me direz, NHL 13 et 14 le faisaient, on est dans la pure continuité. L’IA a également été boostée un peu pour nous apporter des partenaires de bon niveau, mais là encore, rien de bouleversant.

La véritable nouveauté qui améliore les sensations de jeu, mais aussi les stratégies, c’est la refonte du moteur physique.

Un moteur physique revu et corrigé pour NHL 15

Si la rondelle a un comportement plus réaliste au niveau de l’inertie et des rebonds, c’est vraiment sur les impacts entre joueurs que j’ai ressenti cette refonte. Alors que NHL 14 était limité à un seul choc possible entre deux joueurs, le moteur de NHL 15 permet à tous les joueurs sur le terrain de se rentrer dedans. Cela donne des matchs beaucoup plus réalistes, plus violents avec des chocs qui ne vont pas concerner que le porteur de la rondelle, permettant de nouvelles stratégies plus complexes qu’auparavant.

Le moteur physique a été refait grâce à la puissance des consoles Next Gen
Le moteur physique a été refait grâce à la puissance des consoles Next Gen

 

Malgré toutes ces bonnes choses, on ne peut pas s’empêcher de noter quelques bizarreries physiques comme le flottement des jerseys. Vous vous souvenez peut-être de ces vidéos de promotion d’EA où la distinction du joueur, de son équipement et de son jersey en 3 couches différentes était mise en avant. Ça aurait pu être intéressant si les jerseys n’avaient pas  tendance à flotter dans le vent en permanence… Le bug n’est pas dramatique mais évident dès les premières minutes de jeu, et même si on finit par s’y habituer, il est dommage de voir que ça n’a pas été corrigé.

Une chose est certaine cependant, manette en main, NHL 15 est un vrai plaisir. Les matchs sont dynamiques, stressants, parfois violents, mais toujours fun. En dehors du moteur physique, il n’y a pas de réel bouleversement, mais avec une base aussi bonne, il n’était pas nécessaire de réinventer la poudre.

Avec tout ça, vous pourriez vous dire “C’est bon, le jeu est génial”. Sauf que non. NHL 15 est qui un jeu qui aurait pu être génial… s’il avait été fini…

NHL 1.5 : Mais ils sont où les modes de jeu ?

Je vous avais dit que l’interface était épurée et que ça cachait quelque chose. Et bien oui, elle cache la disparition de nombreux mode de jeu. Faisons la liste des modes absents pour vous donner une idée de l’ampleur du drame.

Des menus épurés qui cachent la disparition de nombreux modes de jeux...
Des menus épurés qui cachent la disparition de nombreux modes de jeux…

 

Modes de jeu supprimés

  • General Manager en ligne
  • Jeu en ligne en équipe
  • EA Sports Hockey League
  • EA Sports Arena
  • Séance de tirs au but en ligne
  • Live the Life
  • Be A Legend
  • Matchs Winter Classic
  • Mode Playoff
  • Mode Saison NHL
  • Mode NHL 94 Anniversary
  • Mode entrainement limité à un joueur contre un gardien

Et là je ne vous donne que les plus gros manques. Si certains modes n’étaient pas indispensables (NHL 94, Winter Classic, etc), on peut difficilement imaginer de sortir un jeu de sport sans mode Saison ou Playoff ! Dans NHL 15, il est impossible de faire une saison complète 2014-2015 sans passer par le Mode “General Manager”, et ce dernier vous oblige à gérer le budget, les transferts et toute la vie de votre club, ce qui n’intéresse vraiment pas tout le monde. Comment quelqu’un de censé a t-il pu valider ça chez EA? C’est comme sortir un jeu Coupe du Monde sans ledit tournoi ! Et que dire du mode entraînement proprement honteux ? Il ne vous apprend rien et se borne à vous faire affronter en solo un gardien. C’est très bien pour les tirs au but, mais pour le joueur débutant c’est complètement inutile !

Et en plus  de l’absence absolue de certains modes, EA a même tronqué les modes présents par rapport à NHL 14 ou même NHL 13. Si on regarde les deux plus gros modes que sont “Be a General Manager” et “Be a pro”, il manque:

Be a General Manager

  • Draft entièrement gérée par l’IA
  • Pas de match AHL (ligue jeune) pour votre franchise
  • Les joueurs envoyés en ligues mineures ne gagnent pas d’expérience
  • Pas de fantasy draft
  • Pas de match de pré-saison

Be a pro

  • Pas d’accélération du temps passé sur le banc
  • Pas de match en ligue mineure jouable
  • Pas de Memorial Cup
  • Pas de All-Star Game

Ultimate Team

  • Pas de jeu en ligne contre un ami
  • Pas de tournoi
  • Pas d’application mobile

Même dans le mode le plus simple du jeu, match rapide, il manque le top 3 à la fin du match ! Cet aspect était loin d’être indispensable (quoique, si on suit la NHL, on adore) mais son absence saute aux yeux quand on connaît la licence !

EA Canada a promis des DLC dans les prochaines semaines (à l’heure ou j’écris ces lignes, le mode Playoff vient d’être patché) devant le tollé médiatique et les plaintes des joueurs, ce qui ne fait que renforcer la sensation que le jeu n’était pas prêt et qu’il a été sorti amputé pour coller au planning. Le pire, c’est que les versions PS3 et Xbox 360, si elles n’affichent pas d’améliorations graphiques par rapport à NHL 14, ont tous ces modes ! Nous sommes donc réellement face à une version Next Gen tronquée.

NHL 15 - 9

Conclusion

Difficile de juger NHL 15 tant il provoque aussi bien le plaisir de jeu que la frustration. Le jeu est plus beau, plus vivant, et plus réaliste que les précédentes éditions, c’est indéniable. Manette en main, joueur sur la glace, le plaisir de jeu est bien là et en cela c’est un très bon jeu de hockey. À côté de ça, on ne peut qu’être ébahi devant l’absence inexplicable de tant de modes de jeu pourtant indispensables comme le mode saison ou playoff. Qu’EA patche le jeu dans les prochains jours pour rajouter ces éléments est la moindre des choses. En l’état j’ai payé 60€ pour un demi jeu.

Si vous êtes un jeune fan de NHL comme moi, vous prendrez du plaisir à jouer et l’absence de certains modes ne vous gênera pas donc NHL 15 peut valoir le coup. Mais si vous êtes un fan hardcore et que les graphismes ne sont pas ce qui vous motive, alors passez votre chemin, et attendez NHL 16. NHL 15 vaudra peut-être le coup pour Noel, quand le jeu aura été patché correctement, mais pour l’instant, le constat est clair : le jeu n’est pas terminé.

NOTES
Note
6.5
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Communicant parisien élevé aux Sciences Politiques, je suis avant tout un passionné de jeux vidéo, mais également  un dévoreur de films, de séries, de littérature Science-Fiction, et de culture web. Accessoirement, je suis aussi un transhumaniste à tendance sociopathe, amoureux d'aliens bleues et de sorcières rousses, et fasciné par la simple idée de voir un jour l'humanité coloniser l'espace...