À chaque année son Call Of Duty et ce, depuis la sortie de Call of Duty 4 : Modern Warfare en 2007. Je me souviens encore à quel point ce jeu avait révolutionné ma vision du FPS “grand spectacle” avec (à l’époque) de superbes graphismes et surtout un rythme aussi maîtrisé qu’haletant. Et puis Modern Warfare 2 est sorti, encore plus fort, plus beau, plus tout. Call of Duty Black Ops avait ensuite apporté un changement d’époque salutaire à mes yeux puisque je commençais à me lasser de “la guerre moderne”. J’ai quand même acheté Modern Warfare 3 qui promettait alors de vous faire exploser la tête devant votre télé tellement c’était classe. Bien qu’ayant passé des dizaines d’heures dessus, j’ai décidé que ce serait le dernier pendant quelques temps. Trop peu de nouveautés, les mêmes scénarios dégoulinant de patriotisme, bourrés d’incohérences, et un moteur graphique vieillissant avaient eu raison du plaisir de jeu. Je n’ai donc pas joué à Black Ops 2 ni à Ghost.

Trois ans sans Call of Duty, je me disais que j’étais sevré. Et puis il n’a fallu qu’une bande-annonce de Call of Duty Advanced Warfare (AW) pour que le hype revienne d’un coup. Il n’aura fallu qu’un Kevin Spacey numérisé (bon dieu quelle voix) rejouant un Frank Underwood encore plus cynique, et des exosquelettes. Et là, le marketing d’Activision m’a rattrapé et ne m’a plus lâché jusqu’à la sortie. Est-ce que tout cela n’était qu’un fantasme? Est-ce qu’on se sent vraiment badass avec un exosquelette? Est-ce que Kevin Spacey est toujours aussi méchant mais toujours aussi classe? La réponse dans ce test!

Fiche technique

  • Date de sortie : 4 novembre 2014 (3 novembre pour l’édition Day 0)
  • Style : Jeu de tir à la première personne
  • Classement ESRB / PEGI : M / PEGI 18+
  • Développeur : Sledgehammer Games
  • Éditeur : Activision
  • Langue d’exploitation : Anglais ou français
  • Évalué sur PlayStation 4
  • Prix lors du test : 70 € (54€ – Amazon France) / (68$ – Amazon Canada)

Un jeu qu’il est beau

Je ne jugerai pas Ghost, je n’y ai pas joué, mais il faut savoir que les derniers Call of Duty sur consoles de l’ancienne génération commençaient à salement vieillir, surtout au niveau des textures. Dans AW, autant être direct, je n’ai pas pris de « claque » graphique qui m’aurait décroché la mâchoire. Ceci étant dit, le jeu bénéficie tout de même d’un ravalement de façade pour le moins rafraîchissant (et nécessaire) grâce à la puissance des consoles Next Gen. Le jeu est fluide, les animations sont nickel (bien que souvent scriptées), les textures tiennent la route et j’ai remarqué très peu de bugs. Mention spéciale aux visages pendant les cinématiques qui sont bluffants de réalisme. Dans les cutscenes avec le moteur de jeu, c’est une autre paire de manches. En effet, les visages sont corrects, mais là où le bât blesse, c’est au niveau des yeux. Ils sont vides. Quand Kevin Spacey vous scrute d’un peu près, on se rend vite compte que le monsieur est un peu mort dedans. La sensation de réalisme en prend un coup.

Retenez que Call of Duty AW ne démérite pas visuellement et qu’il apporte un coup de peinture fraîche à un moteur qui n’arrivait plus à suivre. J’aurais aimé en prendre plein la vue, mais là je chipote!

Un gameplay réellement dépoussiéré

Dans les Call of Duty, d’habitude, on tire, on balance des grenades, on s’infiltre, on lance des grenades, on saute dans un tank et on fait tout péter. Mettons-nous d’accord tout de suite, ça n’a pas changé! Après tout, que serait un Call of Duty sans ses 4 000 morts, 500 000 munitions et 12 000 grenades?

Call of Duty Advanced Warfare - ExoNéanmoins l’époque « futuriste » permet quelques ajouts sympathiques et très appréciables pour renouveler ce gameplay utilisé jusqu’à l’os. L’exosquelette, ou « exo », en est l’atout principal. Non seulement il vous permet de sauter plus haut, de faire des glissades super badass et de fracasser un pauvre type d’un coup de poing, mais en plus il est bourré de gadgets. Ces derniers vont du camouflage optique au bouclier portatif, en passant par le grappin. Cet exo va vous donner un gros sentiment de puissance, surtout quand vous actionnez le double saut et retombez lourdement sur le toit d’une maison avant de faire pleuvoir la mort sur les types dans la rue… Mais je m’égare! L’exo apporte une nervosité et une vivacité inconnues jusqu’alors dans les Call of Duty. On pourrait la comparer au gameplay de Titanfall mais je ne pense pas que cela soit viable. Le soldat de Titanfall est plus rapide encore, il court sur les murs, saute sans arrêt. Dans Call of Duty, le soldat conserve une lourdeur mécanique, une lenteur plus réaliste. Là où un Titanfall privilégie la vivacité, Call of Duty met l’accent sur la puissance, et très franchement j’ai eu de bien meilleures sensations avec AW.

 Il n’y a pas que l’exo de nouveau, la gestion des grenades est aussi plus sympa, le joueur devant alterner entre grenade tactique et grenade plus conventionnelle. Les grenades tactiques permettent par exemple d’aveugler l’ennemi, de scanner les environs pour vous faire apparaître tous les ennemis du coin, ou de griller tous les circuits électroniques pour les grenades EMP dans le cas des drones. Les grenades conventionnelles sont plus classiques et vont de la grenade frag habituelle à la grenade qui explose à l’impact en passant par, plus intéressant, la smart grenade qui se stabilise en l’air avant de désigner une cible et de foncer dessus. Et là je ne vous parle pas des motos volantes (mouais…), du tank-overboard (l’orgasme) ni des exo-armures (la grande classe) qui sont quasiment tous amusants.

Bref, ce Call of Duty AW est très, très sympa à prendre en main. Ne vous attendez pas à découvrir un nouveau jeu, c’est toujours le bon vieux défouloir. Il apporte toutefois assez de nouveautés pour qu’on prenne son pied.

Call of Duty Advanced Warfare - Saut
Le saut de l’exo est lourd et offre un super ressenti

Une campagne solo de bon niveau (et avec Kevin Spacey dedans)

Les Call of Duty, ce sont aussi des scénarios un peu plus improbables à chaque épisode. On se souvient du méchant terroriste russe faisant alliance avec le méchant terroriste arabe pour déclencher une guerre mondiale entre les États-Unis et la Russie, et qu’on finissait par tuer au sommet d’une tour après avoir exterminé environ 500 personnes. Seul Black Ops m’avait un peu plus intéressé avec son cliffhanger final. Mais rassurez-vous (ou pas), le scénario de AW est presque aussi prévisible et ridicule.

Jonathan Irons / Kevin Spacey
Jonathan Irons / Kevin Spacey

On incarne Jack Mitchell, jeune marine fraîchement engagé avec son meilleur pote Will Irons. Envoyés en Corée du Sud pour le baptême du feu, ils déchantent rapidement. Will meurt, et Jack perd un bras dans l’affaire. Coup de bol, le père de Will, Jonathan Irons (Kevin Spacey) dirige une des plus grosses sociétés militaires privées au monde et décide de prendre Jack sous son aile.

Alors étant un connaisseur des questions militaires et de sécurité internationale, le sujet des Sociétés Militaires Privées (SMP) m’intéresse au plus haut point, et c’est déjà un sujet d’actualité (tapez Blackwater dans Google, tout de suite!). Malheureusement, et j’aurais dû m’y attendre, ce n’est pas avec Call of Duty que j’aurai droit à un traitement intelligent du sujet.

L’histoire est assez haletante du fait de ses 15 niveaux. Par contre il n’y aucun suspens, on sent venir les cliffhangers à 3 km et je ne parle pas des nombreuses incohérences qui vous ferons hurler « What the fuck! » devant votre écran. Mes préférés restent le monsieur avec la gorge tranchée qui parle, ou alors les deux héros qui survivent dans le silo d’une fusée alors que les moteurs sont lancés.

Au-delà de ça, la campagne nous emmène dans des environnements variés, avec des explosions partout et quelques moments de bravoure sympathiques. On ne peut quand même pas s’empêcher de noter que le rythme de la campagne ressemble quand même beaucoup à ce qui a déjà été fait dans la saga : missions d’infiltration, missions « c’est la guerre! », missions tank, missions « on débarque en super armure pour vous péter la gueule ».

J’ai quand même pris du plaisir à parcourir la campagne solo. C’est un peu comme un McDo : on sait que ce qu’on mange n’est pas bon, mais pourtant on aime bien en manger de temps en temps.

Un multi encore plus survolté

Le vrai coeur d’un Call of Duty, celui qui fait que des enfants de 12 ans (rappelons que le jeu est PEGI 18) font six heures de queue pour jouer à une démo à la Paris Games Week alors que le jeu sort dans deux jours, c’est le mode multijoueur. Là où le multi d’un Battlefield 4 se concentre sur les stratégies et le jeu d’équipe, le multi de Call of Duty, c’est le gros foutoir. Tout le monde tire sur tout le monde, dans tous les sens, et chacune de vos vies peut ne durer qu’une dizaine de secondes. 

C’était le cas avant… Et autant vous dire que ça ne va pas changer parce que maintenant, vu que tout le monde possède les exos, l’ennemi peut débarquer de derrière ou d’au-dessus sans que vous n’ayez le temps de comprendre ce qui se passait. Le double saut, les glissades, les capacités des exos, tout accélère encore plus le gameplay. Il en résulte un multi survitaminé qui peut décontenancer mais aussi griser. Quoi de plus badass que d’atterrir au milieu d’un groupe d’ennemis et de tuer 3-4 d’entre eux avant qu’ils ne comprennent d’où vous êtes arrivé? Call of Duty permet une vivacité et une spontanéité qu’un Battlefield n’autorise pas. C’est d’ailleurs bien pour cela qu’on ne répétera jamais assez que ces séries ne sont pas concurrentes mais bien complémentaires.

Call of Duty Advanced Warfare - Multi

On peut bien sûr personnaliser son personnage de la tête aux pieds. Cette fois, Sledgehammer a en plus rajouté un système de loot qui vous donnera accès à des armes qui, bien qu’étant les mêmes que les armes conventionnelles, disposent de statistiques revues et corrigées. Tel fusil sera donc plus stable mais fera moins de dégâts que l’arme normale, par exemple. On peut même choisir de revendre ces loot contre de l’expérience.

Les options de personnalisation du personnage sont assez poussées
Les options de personnalisation du personnage sont assez poussées

Parlons des cartes. Elles reprennent les environnements de la campagne tout en les adaptant au format « arène », et jouent particulièrement sur les hauteurs pour profiter pleinement de l’ajout des exos. Bref, les cartes sont parfaitement adaptées pour voir des gens sauter partout!

Enfin, j’ai malheureusement noté quelques crashs du jeu (comprendre fermeture complète de l’application et retour à l’écran d’accueil de la PS4) en lançant mes parties multijoueur. Une autre personne de l’équipe de rédaction a souffert de crashs similaires. Cela ne remet pas en cause la stabilité de l’ensemble, puisque certaines personnes n’ont jamais rencontré ce problème, mais il faut tout de même savoir que ça existe même si nous sommes loin des nombreux crashs d’un Battlefield 4. Espérons qu’un patch viennent régler tout ça…

Conclusion

Vous l’aurez compris à l’issue de ce long test que j’ai beaucoup apprécié ce Call of Duty AW. Il ne réinvente pas le genre, loin de là. Certes un moteur graphique moins vieillot et l’ajout de l’exo rafraîchissent le gameplay, mais cela ne change pas le fait que la recette Call of Duty ne bouge pas vraiment. Le scénario est cliché au possible, et le rythme emprunte beaucoup aux précédents épisodes de la série. Cela ne m’a pas empêché de prendre un pied monstrueux sur ce jeu qui demeure un excellent défouloir pour qui aime les FPS bien bourrins. Les petits gars de Sledgehammer Games ont fait un super boulot. En attendant AW2, je vous laisse, je vais enfiler mon exo et fracasser des enfants de 12 ans.

NOTES
Niveau d'enthousiasme
8.5
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Communicant parisien élevé aux Sciences Politiques, je suis avant tout un passionné de jeux vidéo, mais également  un dévoreur de films, de séries, de littérature Science-Fiction, et de culture web. Accessoirement, je suis aussi un transhumaniste à tendance sociopathe, amoureux d'aliens bleues et de sorcières rousses, et fasciné par la simple idée de voir un jour l'humanité coloniser l'espace...