Présenté au Festival de Cannes en mai dernier, le dernier né des studios Pixar a fait une entrée remarquée dans les salles du monde entier. Et pour cause ! Pete Docter,  à qui l’on doit notamment Là-Haut ou encore Monstres & Cie,  est aux commandes de ce nouveau film et entend bien nous faire voyager cette fois-ci au cœur du cerveau d’une jeune fille et d’y découvrir ses différentes émotions. Les studios Pixar relèvent ainsi un nouveau défi créatif en nous proposant leur vision de l’esprit humain, de manière plus ou moins réussie. Voici donc notre critique du film.

Synopsis

« Grandir peut être un chemin mouvementé et Riley n’y fait pas exception lorsqu’elle est arrachée à sa vie dans le Midwest et que son père commence un nouveau travail à San Francisco. Comme nous tous, Riley est guidée par ses émotions : la Joie, la Peur, la Colère, le Dégoût et la Tristesse. Les émotions vivent au Quartier général, le centre de contrôle dans l’esprit de Riley, où elles la conseillent dans sa vie de tous les jours.

Tandis que Riley s’ajuste difficilement à sa vie à San Francisco, le Quartier général est en pleine tornade. Bien que la Joie, l’émotion principale de Riley, tente de voir les choses de manière positive, les émotions se disputent sur la manière de gérer ces nouvelles ville, école et maison. »

Une inventivité digne d’un grand Pixar

Si les studios Pixar vous ont toujours surpris et épaté par leurs scénarios, celui-ci ne dérogera pas à la règle, bien au contraire. On retrouve dans ce film un incroyable travail de recherche en ce qui concerne l’organisation du cerveau de Riley. En effet, tous les éléments liés à l’esprit humain sont représentés de manière particulièrement subtile entre les rêves, les « îles de personnalité » raccordées au quartier général où sont situées les émotions, la mémoire à long terme, l’imaginaire… Rien n’est laissé de côté et tout est pensé en détails, le tout agrémenté de belles métaphores et de symboles qui reprennent parfois des expressions communes comme par exemple « le cheminement de la pensée » qui se traduit par un « train de la pensée » dont les rails apparaissent au fur et à mesure que la pensée se développe. On prend donc un réel plaisir à décortiquer le film pour bien en saisir toutes les références et il est d’ailleurs conseillé de le visionner plusieurs fois tant le film est dense de ce côté-là. De plus, il ne faut pas oublier que tout le film se déroule dans le cerveau d’une fillette de onze ans, ce que traduisent parfaitement les couleurs du film. Les couleurs choisies jouent ainsi un rôle très important et aident à la compréhension du film. Globalement, on retient davantage l’aspect technique et les recherches qui ont été faites pour représenter ce qui se passe dans notre cerveau que l’histoire en elle-même.

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La difficulté d’interaction entre les émotions et Riley

Comme dit précédemment, le pari était risqué et la mise en place compliquée. Il s’agissait pour Pixar de savoir comment ces émotions agissaient sur une personne. Pour ce faire, les studios ont opté pour un tableau de commande sur lequel les émotions appuient pour faire réagir Riley. Si l’idée paraît assez bonne à première vue,  elle devient vite un problème. Pendant tout le long du film, excepté à certains moments où les émotions ne contrôlent plus Riley, on a l’impression que la jeune fille est simplement contrôlée par une machine et qu’elle n’a aucune volonté propre. De la même manière, les émotions apparaissent également à certains moments comme des humains à part entière. Joie, par exemple, va ressentir de la tristesse alors qu’elle est justement l’émotion de la Joie. On voit donc toute la difficulté de mettre en œuvre cette relation entre la jeune fille et ses émotions et on a parfois l’impression que les deux sont séparés alors qu’ils devraient ne faire qu’un.

Malgré ces difficultés, les émotions n’en restent pas moins attachantes. Leurs réactions quant aux événements en train de se dérouler sous leurs yeux sont toujours très amusantes et parfaitement en adéquation avec leur personnalité. Et il est très plaisant de sortir parfois de la tête de Riley pour aller voir les émotions de ses parents et des personnes qui l’entourent.

Les studios ont également fait le choix de se concentrer essentiellement sur deux émotions, Joie et Tristesse, ce qui est compréhensible à la vue de ce que traverse Riley. Un choix permet aussi de se focaliser sur le message que les créateurs souhaitent faire passer. Il y a ainsi une forte connexion entre ces deux émotions même si Joie au début du film n’arrive pas à toujours le comprendre.

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L’évolution de l’esprit : fil conducteur du film

C’est en effet ce sur quoi porte tout le film. Les événements auxquels Riley doit faire face vont conduire à des changements profonds de sa personnalité et de sa vision des choses. Certains souvenirs disparaissent, d’autres restent, ses émotions deviennent plus complexes, se mélangent et on se rend finalement compte que sans Tristesse, il n’y a pas toujours de Joie. En cela, le film délivre un beau message, à la fois pour petits et grands, dans un univers assez poétique et onirique. Il est aussi une façon de montrer comment les enfants passent à l’adolescence, les changements que cela engendre entre rupture et continuité. C’est exactement ce que le réalisateur voulait montrer en s’inspirant de sa propre fille pour créer le film.

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Conclusion

Vice-Versa est donc une véritable pépite malgré quelques erreurs compréhensibles étant donnée la complexité de la tâche. Comme à son habitude, le studio à la lampe offre une double lecture de ce film qui ravira petits et grands, un film auquel chacun pourra s’identifier. Vous repartirez sans aucun doute de la salle en vous demandant ce qu’il se passe dans votre tête…

NOTES
Note
8
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Actuellement étudiante, je suis fascinée par le cinéma d’animation depuis ma plus tendre enfance. Elevée aux productions des différents studios avec une admiration certaine pour tous les artistes du genre, je cherche à en savoir toujours plus sur cet univers aussi singulier que passionnant, du simple concept art au rendu final.