Star Wars Episode 3

Nous concluons donc le cycle de la prélogie avec cette critique de La Revanche des Sith, 3 épisode de la saga Star Wars et qui à mes yeux concurrence largement La Menace Fantôme en terme de nullité absolue. Gardez vos pierres pour la fin, je vais tenter d’argumenter un peu, tout en restant objective. Du moins en essayant.

Sith, sex and sun

Faisons la courte et rappelons le contenu de ce troisième épisode. Après un épisode II fort médiocre, La Revanche des Siths était particulièrement attendu. Obi Wan et Anakin sont, au début du film, envoyés en mission de sauvetage afin de délivrer ce bon vieux Palpatine du général Grievous, un des camarades de chambrée du comte Dooku (Christopher, où que tu sois, nous t’aimons).

Malheureusement, la mission tourne mal, enfin surtout pour Dooku qui finit décapité par Anakin Skywalker, le tout sous le regard lubrique (oui, lubrique, parfaitement) et satisfait de Palpatine. Mais bon, Anakin se préoccupe pas trop du bail avec Dooku étant donné qu’il a d’autres problèmes à savoir, son mariage secret avec Padmé et sa paternité à venir, le tout ne pouvant être avoué aux Jedi. La situation psychologique de ce pauvre Anakin va de mal en pis, celui-ci étant malheureusement enclin aux éclats et aux débordements (oui, décapiter les gens, c’est moyen jedi dans l’esprit). Cette impulsivité le met dans une situation précaire face à Yoda et Mace Windu qui estiment ne pas pouvoir lui faire confiance. C’est dans ce contexte qu’intervient la demande du conseil à Anakin de surveiller le chancelier Palpatine, offrant à la fois la possibilité de surveiller le vieux croûton mégalo tout en testant la fidélité de Skywalker.

Star Wars Episode 3 - Grievous

Mais Palpatine, conscient de la situation retourne la situation à son avantage et utilise Anakin afin de l’amener à se ranger à ces côtés, notamment en lui faisant miroiter la possibilité de sauver Padmé condamnée à mourir en couches selon un rêve d’Anakin. S’ensuit la révélations de Palpatine à Anakin de sa maîtrise des arcanes Sith et la mort de Mace Windu tué par Palpatine avec l’aide d’Anakin. Ce dernier devient alors Dark Vador et participe à l’assassinat des Jedi de la galaxie en massacrant lui-même les apprentis de Coruscant, tandis que Kenobi et Yoda réchappent du massacre.Pendant que ces derniers reviennent sur Coruscant et, comprenant la traîtrise d’Anakin et Palpatine, décide de les affronter, le Chancelier prononce devant le Sénat galactique un discours dénonçant la trahison des Jedi et mettant fin à la République. C’est l’avènement de l’Empire, dont Palpatine s’autoproclame empereur (ça ne vous rappelle personne?).

La suite se construit en parallèle, avec d’une part le combat de Yoda contre Palpatine et d’autre part celui d’Obi-Wan face à Anakin sur Mustafar ou Skywalker a assassiné les dirigeants séparatistes. Le second parallèle est consacré à Padmé et Anakin. Tandis que ce dernier, laissé agonisant par son ancien maître, les jambes et le bras gauche tranchés, le cors brûlé, se voit transporté sur Coruscant par Palpatine, Padmé donne naissance à 2 enfants, un garçon et une fille et s’éteint. Anakin, devenu Vador, est désormais dans une armure robotisée et apprend la mort de sa femme, ce qui le rend légèrement hargneux. Les enfants eux, sont confiés à différentes familles, Luke est envoyé sur Tatooine tandis que Leia est confiée au sénateur d’Alderaan. Yoda s’exile quant à lui sur Dagobah pendant que l’Empereur et Dark Vador, à bord du vaisseau impérial, contemple la construction d’une nouvelle arme, un peu grosse mais efficace : l’Etoile Noire.

Un gros budget implique de grandes responsabilités ( cinématographiques).

Oui je sais, utiliser la citation d’un film de super héros somme toute moyen, c’est bas. Mais voyons les choses en face. Georges, soyons sérieux deux minutes. Comment avec un budget de 115 millions de dollars as-tu pu nous coller un casting aussi affligeant? Déjà un point faible lors des deux premiers opus, nous touchons carrément le fond ici. Même Ewan McGregor parvient à être mauvais. Les dialogues semblent par moment avoir été rédigés par un enfant de 5 ans et oui, cela nuit terriblement à l’ensemble du film.

Le fait est que Hayden Christensen incarne dans La Revanche des Sith un Anakin Skywalker basculant dans le côté obscur. Il est censé personnifier des enjeux cardinaux dans le développement de l’intrigue et de l’univers de Star Wars, il est censé être un personnage complexe, agent double, guerrier impétueux, stratège impulsif et immature, un homme prisonnier de ses passions. Il y a du Hamlet, en lui, du Rodrigue. Il y a ce cadre aux incroyables intrigues politiques dont les références vont de la République romaine agonisante au 18 Brumaire, il y a de la tragédie classique et du Richard III dans La Revanche des Sith. Il y a aussi du Frankenstein avec ce Vador construit et reconstruit par Palpatine, vieux gourou de secte habile mais psychopathe.

Hélas 3 fois hélas. Christensen n’apporte aucun relief, aucune énergie, aucun nuance à son jeu. Il est fade, sans cesse dans une même dynamique hargneuse et feinte. Autour, les acteurs peinent face à un scénario prévisible, ennuyeux, sans saveur. L’ensemble manque cruellement de classe et – malgré de hautes espérances – n’atteint pas le niveau de la trilogie originelle, mythique, descendante assumée de l’âge d’or du cinéma hollywoodien. Le grand humour des épisodes IV, V, VI est absent, tout étant pompeux et emprunté, mis à part quelques rares éclaircies.

Les moments de grâce

Il serait injuste de retire à La Revanche des Sith certaines de ses qualités. Le caractère complexe de sa position, articulant la prélogie et sa suite, la thématique de la naissance et de la mort ainsi que celle de la renaissance (joli illustration du phénix moderne Georges) avec les entités de Vador, Anakin et Luke/ Leia, sans compter la mort donnant naissance à la vie (eh ouais, ça a de la gueule mine de rien). Bien entendu, les multiples références historiques citées plus haut, les scènes impliquant Grievous, absolument remarquables d’un point de vue esthétique, le rôle de Yoda, très actif et moins en retrait dans cette opus, la rupture en le maître Obi-Wan et son élève ou encore la jubilation continue de Palpatine qui semble beaucoup s’amuser et se plaît à outrager la vertu du spectateur qui tantôt admire tantôt exècre ce personnage.

Au final, et même si à mon sens La Revanche des Sith manque de charme; ne possède quasiment aucune qualité cinématographique et est loin d’avoir le niveau de ses 3 premiers aînés, il n’en reste pas moins que le film traite de nombreuses thématiques passionnantes et fondamentales de l’univers Star Wars et dispose de certaines grandes qualités, dont la principale est sans nul doute de nous laisser sur notre faim en nous intimant presque l’ordre de lancer Un Nouvel Espoir.

NOTES
Note
5
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Apprentie comédienne biberonnée au cinéma et à la littérature, je suis passionnée par les cultures de l’imaginaire, l’Histoire, les dinosaures et le pâté. Fascinée par les jeux vidéo et leur place dans nos sociétés, je suis un subtil mélange de fleur bleue pianiste, de boxeuse thaï et d’insomniaque sérievore. Sinon, quand je serai grande, je serai pirate.