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1998 a été une année marquante sur plusieurs plans. À cette époque je n’avais que 13 ans, ma puberté ne se faisait que trop sentir. Par chance, pour répondre à cette rage d’adolescent qui s’éveillait en moi, l’industrie du jeu vidéo traversait elle aussi au même moment une crise existentielle : l’arrivée des premiers FPS modernes et la fin (temporaire) des jeux d’aventure classiques. Outre les Half Life ou Unreal Tournament qui ont marqué cette année charnière, un autre titre a lui aussi su tirer son épingle du jeu : Rainbow Six. Celui-ci se présentant comme un jeu de tir mettant de l’avant la stratégie et la réflexion à l’inverse de ses homologues plus bourrins. Par la suite, plusieurs suites ont vu le jour et comme bien des franchises qui viennent à se multiplier, Rainbow Six en est venu a s’essouffler. Les années ont passé, la licence a été rachetée par Ubisoft qui a pondu les deux épisodes Vegas qui tentaient d’attirer plus de joueurs en axant son rythme sur l’action au détriment de la réflexion qui l’avait distingué par le passé. Bien ou non? Je vous laisse en juger. Aujourd’hui, Ubisoft ramène la série sur le devant de la scène à travers Rainbow Six Siege. L’objectif : réunir parfaitement action, stratégie et, comme on peut l’exiger de nos jours, le multijoueur. Objectif accompli ?

Démarrage

Une chose qui me pétrifie souvent lorsque je commence dans un jeu vidéo est son menu. Tant d’options sont proposées aujourd’hui pour satisfaire le joueur que nous sommes trop souvent confrontés à une complexité de navigation qui nous incite plus souvent à sauter les étapes et se rendre directement à la case multijoueur. PAS ICI. Dès l’accès au menu la navigation est claire, jamais surchargée et cela ne déroge jamais peu importe la navigation. Cela peut paraître anodin pour plusieurs mais pour moi cela me confère une facilité d’accès au plein potentiel du jeu ce qui le rend plus accessible à un grand nombre de joueurs. Suite à cela on pourrait bien douter de la profondeur du jeu en faisant l’équation: Simple = peu d’options. Et bien non! Encore là, Ubisoft fait (presque) un sans faute!

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Un solo con, un solo bon

Le mode solo. De plus en plus boudé par les joueurs de FPS. Souvent inintéressant, dépourvu de challenge et handicapé d’un tutoriel soit trop long ou trop court on se demande parfois pourquoi il trône toujours au sommet du menu. Ici c’est l’approche qui le distingue. Pas d’histoire pour essayer en vain de nous impliquer, juste un tutoriel grand format qui revêt le costume d’un mode solo ici appelé Situations. Curieux au départ certes, mais dans cette optique on se laisse avoir dans une simple mise en scène qui nous expose les façons d’interagir avec les mécaniques de jeu. Une sorte de préparation à ce qui nous attend dans les joutes en ligne. Parfait pour les nouveaux venus. Comme quoi la bonne formule réside parfois dans ce qu’il y a de plus simpliste.

Les petits soldats de plomb

Personnellement, ce qui est agaçant dans le mode situation est l’IA qui semble plus digne de 1998 que de nos jours. Je ne suis pas arrivé à savoir si il y en a une en fait car peu importe le niveau de difficulté les ennemis sont d’une statique bouleversante. Comme s’ils étaient fixés au sol à l’image de petits « army men ». Leur position ne changeant qu’en moment critique, desamorceur en marche, otage récupéré, sous nombre d’effectif. L’impact de la difficulté, bien qu’elle affecte votre résistance et la leur, semble s’attarder sur leur rapidité à viser votre tête. Comme si elle devenait aimentée. En cas d’échec, vous reprenez la mission du début et rien n’aura changé. Les ennemis conserveront leurs positions et ce sera à vous d’apprendre leurs “patterns” pour venir à bout des 10 sitiuations suggérées.

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En solo c’est bien mais à cinq c’est mieux!

Les choses sérieuses débutent clairement lors des parties en ligne. Ubisoft n’essaie même pas de concurrencer les autres FPS et reste fidèle à ce qui a fait la notoriété de la série à travers une autres équation bien simple: préparation + communication = stratégie. Si vous êtes du genre rentre dedans tête baissé (CoD) vous ne ferrez pas long feu. Chacune des 30 secondes précédant le début d’une partie est cruciale et doit être utilisée à bon escient. Dans ce court laps de temps il faudra que les cinq membres de votre équipe sélectionnent un agent et son équipement.

30 secondes vous sont ensuite allouées en début de manche afin de préparer votre stratégie de défense et ou d’attaque tout dépendant de votre situation. Ces petits détails, s’ils sont bien orchestrés, seront la clé de chaque victoire ou défaite. En additionnant le tout à une bonne communication d’équipe tant avant la partie que pendant,  vous augmentez à la fois plaisir et chance de succès. Si jamais vous tombez au combat, vous demeurez un membre actif du jeu qui peut continuer à épauler ses coéquipiers en repérant les ennemis via les caméras de surveillances. Les manches sont de courte durée ce qui permet au plaisir de se renouveler plus rapidement. Par contre, au fil du temps les manches deviennent répétitives peu importe le mode de jeu et les serveurs, bien que plus stables que lors des versions bêtas du titre, conservent tout de même leur lot de soucis lors de connections trop longues à obtenir.

Plaisir évolutif

Cinq classes d’agents de différentes factions sont mis à votre dispositions. D’entrée de jeu, seulement des recrues sont exploitables pour vous familiariser aux possibilités qu’elles ont à offrir avant d’en venir à débloquer les opérateurs. Ceux-ci sont en fait issu des mêmes factions que les recrues mais disposant de spécialités plus avancés qui viennent agrémenter le gameplay sans jamais rompre l’équilibre des forces. De plus, il vous est possible d’acquérir de l’équipement supplémentaires pour chaque opérateur afin d’affiner ses performances. Cependant, il est important de le répéter, cela ne rompt pas l’équilibre des forces puisque dans Rainbow Six Siege l’approche, la stratégie et la communication prime pour l’obtention de la réussite.

Une grande réputation vous rend plus fort

Comment évoluer dans Rainbow Six Siege? En gagnant de la réputation. C’est le nom qui a été donné à la monnaie d’échange qui permet de se procurer nouvel agent ou équipement. Gagnerz et remportez un beau magot. Le cas contraire et vous aurez une consolation. Tout le monde y gagne mais surtout les plus doués! Comme dans la vie, la réputation est monnayable et il est également possible à ceux qui ont les poches plus profondes d’acquérir leurs désirs (Skins d’armes, boosters…) en contournant l’effort. Par chance, rien n’est inaccessible par la voie de la persévérance.

Une claque sans charme

Rainbow Six Siege est un amalgame de tout ce qu’un joueur aguerri est en droit de s’attendre d’un FPS moderne. Le gameplay est nerveux, la préparation est courte mais suffisamment longue, les niveaux sont bien pensés et les effets sonores amplifient de belle manière l’immersion et des environnements quasiment complètement destructibles. Malheureusement toutes ces belles qualités sont servies dans une esthétique graphique rigide, statique et morne. L’atmosphère est sans vie et donne presque l’impression de jouer dans des maisons de poupées. Dommage mais on peut toujours se consoler en pouvant faire sauter ces décors en carton dans tout les sens.

Conclusion

Ubisoft fait une belle performance en amenant la franchise des Rainbow Six sur la scène des FPS en ligne. Un marché qui peine sur le plan des nouveautés depuis quelques années et qui voit un joueur qui réitère sa stratégie d’autrefois en proposant une jouabilité solide et simple axée sur la préparation et la communication. Toutefois, bien que l’esthétique du soft sans personnalité ne mine en rien le plaisir de jeu, la redondance du gameplay causée par la trop grande similarité des modes est sûrement ce qui rebutera le plus rapidement la plupart des joueurs. L’arrivée future de DLC saura peut-être corriger cela sinon le mot d’ordre pour tuer l’ennui et l’ennemi est : jouer entre amis!

NOTES
Note
8
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Infographiste qui a grandi entouré de The legend of Zelda, des Ninjas Turtles et de Batman. Les jeux vidéo ont toujours eu une place de choix dans ma vie, mais je me plais à toucher à tout ce qui se rapproche de la culture geek. Ce qui ne fait pas de moi un expert dans un seul domaine, mais un connaisseur de surface qui peut démocratiser l'information au plus grand nombre.