La série Far Cry n’a jamais eu peur du changement. Far Cry 2 se voulait plus réaliste que le premier, le troisième se concentrait davantage sur le scénario et le personnage antagoniste alors que Far Cry 4 nous sortait de la jungle pour nous plonger dans les montagnes enneigées. En revanche, Far Cry Primal est l’épisode qui se dévie le plus du principe même de la franchise en nous ramenant en 10 000 avant J.C et en se débarrassant des armes à feu, des explosifs et des véhicules pour les remplacer avec des arcs, des lances et des gourdins. Primal est-il une avancée pour la série ou bien annonce-t-il sa future extinction ?

  • Fiche Technique
  • Date de sortie : 23 février 2016
  • Style : FPS
  • Classement ESRB/PEGI : M / PEGI 18
  • Développeur : Ubisoft Montréal
  • Éditeur : Ubisoft
  • Langue d’exploitation : Sous-titré en Français
  • Disponible sur PlayStation 4, Xbox One et PC
  • Évalué sur PlayStation 4
  • Prix lors du test : 52 € (Amazon France) / 79 CDN$ (Amazon Canada)

Un contexte historique crédible

Far Cry Primal se déroule à l’âge de pierre. Les joueurs incarnent Takkar, un membre de la tribu des Wenja, qui désire retourner sur sa terre natale d’Oros. La situation pour les Wenja est délicate puisqu’ils sont chassés par les cannibales Udam et les pyrotechniciens Izila. Main dans la main avec ses camarades Wenja, Takkar doit réunir sa tribu et vaincre les chefs des tribus adverses. Le scénario de Primal est simple et sans embûche. C’est une histoire de survie qui oppose l’Homme à la nature et à lui-même. Pas de retournement de situation, il est facilement prévisible. Ce qui va le rendre intéressant, c’est la façon dont l’histoire est présentée. Ubisoft Montréal a travaillé avec des linguistes et des historiens pour créer la langue verbale et gestuelle des personnages. Et on peut dire qu’ils ont fait du bon travail puisque le tout est très crédible. Ce sont les différents personnages et leurs personnalités qui rendent Primal si divertissant.

Le héros Takkar lui-même n’est pas un simple protagoniste. Contrairement au Ajay de Far Cry 4, on a affaire à une vraie personne avec des objectifs et une certaine détermination.

Même si on lui fait faire des missions FedEx la plupart du temps, Takkar semble ne jamais perdre de vue son but absolu.

En revanche, le personnage n’évolue pas énormément à travers le jeu. Contrairement au Jason Brody de Far Cry 3 qui gagne en puissance au cours du jeu et se confronte aux conséquences de ses actions, Takkar ne grandit jamais. Primal est également dépourvu d’un personnage ultra charismatique comme Vaas ou Pagan Min. Certains s’en approchent comme Batari mais aucun ne prend autant de présence dans les aventures de Takkar.

Il y a beau ne plus avoir d’armes à feu, de véhicules ni d’explosions, Far Cry Primal ressemble pourtant à un jeu Far Cry. Oros est gigantesque, aussi grand que Kyrat avec autant d’activités secondaires à faire. Du fait de la taille de la map, il y a une belle variété d’environnements : des jungles de l’ouest aux marécages du sud en passant par les prairies de l’est et la toundra glaciale au nord.

Un gameplay varié et immersif

En ce qui concerne l’arsenal, le contexte historique est bien respecté. Des gourdins, des arcs et des lances constituent l’ensemble de l’armement de Takkar mais des améliorations pour chaque arme sont possibles à travers le crafting. Les arcs sont bien entendu faits pour le combat à distance alors qu’un coup de gourdin peut toucher plusieurs cibles au corps-à-corps. Plus tard dans le jeu, vous aurez à votre disposition des explosifs organiques qui ne sont que très peu appréciables. Malgré la faible quantité d’armes, elles sont agréables à manier et suffisent à l’immersion.

Du fait de la vue à la première personne, les combats se feront beaucoup au corps-à-corps. Vous avez deux types d’attaques, la gâchette droite déclenchera un coup classique alors la gâchette gauche déclenchera une attaque lourde. Primal est, de l’ensemble des jeux Ubisoft à monde ouvert, celui qui se détache le plus de la formule classique.

Plus de tours à activer, c’est l’exploration qui permettra de révéler la carte dans son entièreté.

L’autre gros changements est le rythme des missions principales. Vous pourrez décider des missions que vous voudrez faire, dans l’ordre que vous souhaitez. Il y a un total de 6 spécialistes que Takkar peut recruter qui débloque chacun un arbre de compétences différent. 3 sont indispensables à l’avancée dans l’histoire principale mais les trois autres sont optionnels et vous pouvez finir le jeu sans les avoir croiser. Bien entendu, le jeu vous pousse à prendre votre temps, découvrir toute la map, ses recoins et toutes ses grottes mais aussi faire les missions secondaires qui vous apporteront de l’expérience et des capacités spéciales. En rushant jusqu’à la fin, le jeu vous tiendra en haleine que 6 ou 7 heures mais vous pouvez aussi vous perdre pendant 15 heures à rencontrer l’ensemble des personnages secondaires et encore plus longtemps si vous décidez de finir le jeu à 100%.

Primal introduit une nouvelle mécanique de gameplay très intéressante : l’apprivoisement des bêtes sauvages. La capacité s’apprend rapidement et consiste à jeter un appât auprès d’une bête sauvage, de s’en approcher et de faire un QTE pour apprivoiser l’animal. Tout canidé et félin peut être apprivoisé ainsi que certains animaux rares (que vous pisterez en mission). Un arbre de compétence spécifique vous permettra d’apprivoiser de plus en plus d’animaux au cours du jeu. Seuls les mammouths et les élans sont inaccessibles même si vous pourrez chevaucher les mammouths.

Toute forme de multijoueur a disparu dans Primal. Autant le PvP n’apportait rien dans les précédents épisodes et ne manque pas du tout, autant la coopération me plaisait vraiment bien et j’aurais bien aimé parcourir Oros à 2 ou 4. Cependant, cela démontre qu’Ubisoft Montréal s’est concentré pour faire un vrai jeu solo qui possède suffisamment de contenu pour ne pas regretter les modes multijoueur.

far cry primal technique

Une technique irréprochable

En terme d’aspect technique, c’est la vraie surprise. Le jeu est splendide, c’est un vrai Far Cry pour consoles nouvelle-génération et cela se voit. Oros est magnifique, l’herbe au vent est très bien modélisé, l’eau qui reflète le soleil est très belle et la flore est très réaliste. Ceci s’étend aux personnages qui font partis des plus beaux humains modélisés dans un jeu Ubisoft. Des détails comme la transpiration, les cicatrices et les rides sont très bien visibles sur les visages. Les animations de ces personnages sont aussi très réalistes et ont été particulièrement soignées. On s’y croirait. Mention spéciale à la bande sonore qui apporte beaucoup et permet une immersion totale.

Conclusion

Cet épisode faisait peur au départ. Enlever les armes et les véhicules d’une franchise basée là dessus était très risqué. Et pourtant Far Cry Primal est parfaitement cohérent. C’est un jeu Far Cry dans toute son essence transposé dans une préhistoire très crédible du fait de la technique, des animations et du travail historique fait en amont. Cependant, il n’est pas exempt de défauts puisque le scénario est loin d’être mémorable et le combat au corps-à-corps est pas aussi satisfaisant que ce qu’il pourrait être. Cependant, l’essentiel est là. Sans oublier la fabuleuse nouveauté de l’apprivoisement des bêtes sauvages. Les mammouths sont bien éteints mais Primal assure que la franchise Far Cry est loin de disparaître.

NOTES
Note d'enthousiasme
8,5
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Ingénieur Etudes & Développement sur Paris, la science a bercé ma jeunesse tout comme le sport, les jeux vidéo puis le cinéma, la technologie et tout dernièrement les séries TV. Enfant unique, je me laisse facilement emporter dans les mondes de SF, heroic-fantasy que peuvent fournir ces médias.