Connu à travers le monde par le biais des compétitions et de son aspect rappelant parfois Micromachines, Trackmania se réservait jusqu’en 2016 aux joueurs PC. Si on met de côté quelques incursions sur DS ou Wii, le titre était alors absent dans son aspect classique des consoles de salon. Avec Trackmania Turbo, Nadeo compte bien relancer sa franchise au travers de sa sortie sur Playstation 4, PC e Xbox One. Nadeo réussit-il son examen de passage sur consoles de salon ? Réponse dans ce test.

Fiche technique

  • Date de sortie : 24 mars 2016
  • Style : Course automobile/Contre la montre
  • Classement ESRB / PEGI : EC / PEGI 3
  • Développeur : Nadeo
  • Éditeur : Ubisoft
  • Langue d’exploitation : Voix et textes en Français
  • Disponible sur  : PS4, Xbox One, PC
  • Évalué sur : Playstation 4
  • Prix lors du test : 39,99 $/€ PC, 39,99 $/€ sur consoles
  • Version dématérialisée envoyée par l’éditeur

Trackmania, ou la maîtrise d’une physique hors du commun

Pour ceux qui dormaient au fond depuis quelques années, présentons ce qu’est Trackmania. La franchise est donc une série de jeu de courses dans laquelle il faut aller d’un point A à un point B en un minimum de temps en pilotant divers types de véhicules imposés dans différents environnements. L’univers Stadium est celui où le joueur est en quête de la trajectoire idéale, où les F1 accrochent bien au sol, Valley se révèle assez aléatoire avec des partie sur terre et des nombreux sauts. Canyon quant à lui est très axé sur la vitesse avec des accélérateurs, vrilles et loopings, alors que le petit dernier, RollerCoaster Lagoon se révèle être une synthèse de tout cela.

Pour parcourir ces « mondes », le jeu impose plusieurs types de véhicules pour que les joueurs soient à armes égales et les classements cohérents : la F1, accrochée au sol et idéale pour la vitesse, le buggy, véritable savonnette sur roue et supercar, proche des voitures de Nascar, offrant une maniabilité équilibrée.

c’est au joueur de maîtriser le jeu et les circuits pour améliorer encore et toujours ses performances

Avec tous ces éléments, c’est au joueur de maîtriser la physique du jeu et les circuits pour améliorer encore et toujours son temps. Évacuons ici l’aspect technique du jeu, puisqu’il n’y a quasiment rien à dire. C’est fluide en toute circonstance, assez beau, pas ou  très peu de ralentissements.

C’est une vraie réussite technique, accompagnée d’une maniabilité intelligente. En effet, le passage à la console n’a pas semblé perturber plus que cela Nadeo qui propose un titre facile à prendre en main et qui devrait satisfaire l’ensemble des joueurs.

Trackmania Turbo - 1

Du classique pour tous

Alors que le titre sort pour la première fois sur consoles de salon, les fans ne devraient pas être troublés par rapport aux versions PC de la licence. En effet, le jeu est strictement identique et propose exactement le même contenu. Le système de progression est rigoureusement identique dans un solo comptant 200 pistes dans les quatre environnements que propose le jeu : RollerCoaster Lagoon, Stadium, Valley et Canyon. Le premier, seul vrai nouvel environnement,  semble concentrer l’ensemble des caractéristiques des trois autres puisqu’il permet d’évoluer tant sur asphalte que sur terre ou sur sable. Si une bonne moitié des circuits ne sont pas inédits, ils bénéficient tous du moteur du jeu et d’un lissage complet, faisant vite oublier le recyclage.

Un solo très complet, qui permettra à chacun de s’amuser et de s’entraîner.

Comme à son habitude, chaque surface et chaque type de véhicule sont a appréhender afin de réussir au mieux sa course, dépassant rarement les 45 secondes, et d’obtenir la médaille d’or, synonyme d’une belle maîtrise du tracé. Mais soyez sûr qu’a part sur quelques circuits, obtenir cette dernière demande de très nombreux essais, le titre ne pardonnant pas la moindre erreur.

Un solo donc très complet et parfois même difficile, qui permettra à chacun de s’amuser et de s’entraîner. De quoi se faire la main avant d’attaquer le multijoueurs en ligne, ce qui est vivement encouragé puisque les performances solo comptent pour moitié dans les classement en ligne.

Un multi local en demi-teinte

Outre son mode solo, Trackmania Turbo est livré avec un mode multijoueurs local, ce qui est plutôt dans dans les production modernes, préférant souvent tout miser sur le multi en ligne uniquement. On retrouve donc un mode Hot Seat, permettant à plusieurs joueurs de s’affronter à tour de rôles,  un mode Mono-Screen dans lequel un seul écran vaut pour tous les joueurs.

Mais également, le multi local de Trackmania propose un mode Fun, qui ajoute divers bonus/malus afin de complètement modifier le déroulement des parties, comme par exemple des changements de taille de votre voiture, la direction qui lâche, bref, pas mal d’aléatoire rendant le tout un peu plus léger que les courses classiques. Et le tout sans oublier le mode Double Driver dans lequel deux joueurs doivent se coordonner pour ne piloter qu’une seule voiture, le jeu faisant la moyenne des deux directions choisies par les joueurs. A priori, il y avait de quoi satisfaire tout le monde. Sauf que.

A trop vouloir proposer des choses originales, Nadeo ne va pas au bout de ses idées

En effet, à trop vouloir en faire, Nadeo n’est pas allé au bout des choses. Pire chaque mode possède des défauts qui nuisent à l’intérêt même du multi en local. Le mode Mono Screen est très excluant puisque la caméra se fixant sur le joueur possédant la meilleur trajectoire, on perd vite toute visibilité. Du coup ce dernier se révèle assez peu agréable à jouer. Même constat pour le mode Fun qui souffre d’un équilibrage désastreux et dont les effets sont soit sans conséquences, soit influent sur la partie de manière disproportionnées. C’est frustrant. Dommage.

Trackmania Turbo - 2

Les modes Hot Seat et Smash restent assez simples mais ne permettent pas de créer des playlists de tracés, réduisant l’intérêt à son minimum. Enfin, le mode Double Driver est sympathique, mais le fait est qu’on se plante rarement sauf si l’un des deux fait vraiment n’importe quoi, de même qu’il est surréaliste d’espérer réaliser de très bon temps, la moyenne de la trajectoire rendant le tout assez lourd. Vraiment dommage car l’aspect local était vraiment prometteur en plus d’être devenu assez rare. La plupart des joueurs y passeront une soirée ou deux avec leurs amis mais l’intérêt sur le long terme est très discutable.

Soyez créatifs !

Si les tracés créés par les développeurs sont des modèles dans leur genre, ce qui est un peu logique depuis plus de 10 ans que Nadeo en crée, ceux créés par la communautés recèlent de vrais bijoux. Car oui, Trackmania Turbo propose un outil de création ultra complet, facile à prendre en main à la manette et adaptés aux experts comme aux néophytes.

En effet, ce dernier propose trois niveaux de création : débutant, normal et avancés, proposant chacun des outils adaptés en fonction des exigences et du temps des joueurs. Le niveau débutant simplifie les moyens de création tout en apportant une aide au joueur.

Trackmania Turbo

Avec des création aux possibilités infinies, il y a de quoi renouveler en permanence l’expérience de jeu

Ainsi, tout un chacun peut s’y essayer et créer à son tour des tracés qu’il pourra, au choix, mettre en ligne ou non. Mais Trackmania Turbo profite de son arrivée sur consoles pour proposer un outils de création automatique de circuit.

Avant de lancer la création, le joueur rentre une série de paramètre, comme le thème, la distance, etc, comme dans un cahier des charges, puis lance la création. Celle-ci est un peu longue, mais le résultat est, dans 90% des cas très acceptable et surtout, jouable. Si on atteint pas le degré de maîtrise des développeurs, on se retrouve face à des créations possiblement infinies, de quoi renouveler l’expérience de jeu. Sans compter qu’on peut aussi se frotter aux créations de la communauté dans le mode multijoueurs en ligne (vous avez vu cette merveilleuse transition ?).

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Le mode Double Driver est sympathique mais reste finalement assez fade

Le multijoueur en ligne, l’essence même d’un Trackmania

Contrairement au mode local qui cherche à en faire trop et qui finalement n’arrive pas à grand chose, le mode  multi en ligne n’est pas très loin de la perfection. Premièrement, l’ensemble des serveurs est hébergé par Nadeo, ce qui procure une expérience extrêmement fluide en ligne, avec très peu de lags, malgré quelques temps de chargement un tout petit peu longs qu’on pardonne facilement une fois la partie lancée.

Ensuite, on peut faire absolument ce qu’on veut de ses parties en lignes puisqu’elles sont paramétrables à souhait puisque l’on peut par exemple limiter l’accès aux joueurs confirmés seulement ou l’inverse.

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Le multijoueurs en ligne de Trackmania Turbo est une réussite à tous points de vue

Tout comme on peut d’ailleurs créer des playslist mélangeant pistes du jeu et création, imposer un temps limiter, etc.

La seule ombre au tableau est l’impossibilité de faire disparaître les fantômes des autres joueurs, ce qui en dérangera un certain nombre. En effet, difficile de se concentrer quand des dizaines de véhicules apparaissent puis disparaissent. Pas de quoi décourager un joueur, mais il est assez étonnant de penser que Nadeo ait oublié la possibilité de les désactiver. En terme de gameplay on est très proche des autres modes de jeu à l’exception de la possibilité de gérer ses sauts, ce qui est impossible autrement. Ainsi, avec une bonne maîtrise de la physique de sa voiture on peut trouver des raccourcis ou rattraper un saut un peu bancal.

Conclusion

Nadeo réussit-il son arrivée sur console ? Incontestablement oui. Avec un mode solo solide, un mode multijoueur en ligne aux petits oignons et la possibilité de s’essayer à une infinité de tracés, c’est quasiment un sans-faute que réalise Trackmania Turbo. Doté d’une technique maîtrisée et d’une maniabilité solide, le titre devrait satisfaire les acharnés du chrono et ne pas trop rebuter les débutants. Ainsi, Trackmania Turbo se pose comme une véritable référence du genre sur consoles. Cependant, le mode multi-local vient un peut ternir la copie. Pas de quoi détourner les amateurs du genre mais cela empêche le titre d’atteindre les sommets. 

NOTES
Note d'enthousiasme
8
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Futur professeur d'Histoire-Géo en région parisienne et passionné des processus de création des jeux vidéo. Également grand consommateur de sport collectifs, de jeux vidéo et de tout ce qui touche à l'Histoire et à la politique.