La montée en flèche des studios de jeux vidéo indépendants nous a permis de profiter d’une panoplie de bons petits projets qui nous ont surtout surpris par leur originalité. Certaines expériences ont été très marquantes comme mon aventure dans le sombre univers de Arstotzka où je devais incarner un douanier ainsi que mon passage dans Journey. Cette fois, c’est Beholder qui m’a fait visiter un monde prônant un régime totalitaire semblable à celui de « Papers, Please » qui a capté mon attention. Inspiré des histoires de George Orwell, Aldous Huxley et Ray Bradbury, est-ce que le titre réussit son immersion dans cette dystopie ?

Fiche technique

  • Date de sortie : 9 novembre 2016 
  • Style : Aventure / Stratégie
  • Classement ESRB ESRB T
  • Développeur : Warm Lamp Games
  • Éditeur : Alawar Entertainment
  • Langue d’exploitation : Disponible en français
  • Disponible sur PC, Mac et Linux
  • Testé sur PC
  • Prix lors du test : 10,99 $ CA / 9,99 €
  • Site officiel
  • Version envoyée par l’éditeur

La marionnette du ministère

Dans Beholder, le joueur incarne un jeune père de famille nommé Carl qui emménage dans le sous-sol d’un nouvel appartement avec sa femme et ses deux enfants. Il est chargé par le gouvernement de gérer tout l’édifice et aussi de surveiller ceux qui y habitent afin de vous assurer que les locataires respectent les lois du ministère. Votre principale mission sera donc de les surveiller et d’espionner leurs conversations que ce soit en plaçant des caméras cachées dans leur appartement ou de fouiller dans leurs affaires lorsque’ils sortent de la maison. Bien sûr, le jeu vous donnera le choix de dénoncer tous les mauvais agissements des locataires au nom du ministère ou de les aider à passer à travers l’oppression imposée par le gouvernement. Ces choix viendront avec diverses conséquences et une multitude de fins. Saurez-vous trouver la bonne conclusion pour sauver vous et votre petite famille ?

Espionner les locataires

Dans Beholder, il est primordial que vous soyez alerte et rapide avec votre souris. Peut-être pas au niveau d’un RTS comme Starcraft 2, mais il y a beaucoup de micros gestion. D’ailleurs, en ce qui concerne la prise de caméra qu’on a sur l’immeuble, le comparable le plus facile serait avec Fallout Shelter. Vous avez une perspective sur le côté comme si la maison était coupée en deux et que vous étiez capable de voir en plein centre. Comme le rôle de votre personnage est d’espionner les résidents de l’immeuble, il faut le faire lorsqu’ils sont à l’extérieur de leur domicile. Le truc est donc d’apprendre la routine de chaque habitant de l’appartement en question et y pénétrer en secret au moment opportun. Sur place, vous avez une panoplie d’options que ce soit de planter des caméras vidéo, de dérober des objets ou simplement d’accumuler des indices qui incrimineraient les locataires. Bien sûr, chaque action requiert un certain temps et il faut s’assurer de quitter le domicile avant leur retour.

Ultimement, le but du jeu est de remplir les différentes quêtes que les personnages vont vous donner et surtout celles du ministère. Cependant, il faut être prudent puisque pratiquement chaque mission peut être complétée de manière différente selon les choix moraux que vous décidez de faire. Certaines décisions peuvent mener à de jolies surprises alors que d’autres peuvent carrément mettre fin à votre partie. La bonne nouvelle, c’est que le jeu crée une sauvegarde chaque fois que vous complétez une quête ce qui vous permet de reculer un peu dans votre partie afin d’éviter les mauvaises décisions que vous avez prises auparavant.

Un régime totalitaire

Ensuite, ce qu’on remarque c’est que le gouvernement est vraiment agressif dans l’ajout de nouvelles lois imposées sur leur peuple et on peut dire que les développeurs ont très bien réussi à mettre de l’avant leurs inspirations. Parfois, ce sont des règles aussi ridicules que de posséder les livres d’un certain auteur qui fait de la propagande contre le gouvernement ou encore l’interdiction de porter des jeans. Ce que j’aime aimé c’est que le jeu nous donne toute flexibilité voulue quant à l’approche qu’on veut prendre. Par exemple, vous pourriez choisir de jouer le bon soldat qui fait tout ce que son gouvernement lui demande sans rien remettre en question alors qu’une autre personne pourrait simplement décider de faire tout pour aider les résidents et combattre le régime totalitaire. Pour ma part, j’ai préféré faire un mélange des deux c’est-à-dire que si un personnage dérogeait à une règle comme la fabrication de drogues je le dénonçais, mais je pouvais passer l’éponge sur le port de jeans. Je préférais faire ma propre morale même si ça ne m’a pas toujours bien servi.

Au niveau du graphisme, les développeurs de chez Warm Lamp Games ont choisi d’utiliser un visuel très approprié pour le genre de boulot un peu louche que votre protagoniste pratique dans Beholder. C’est-à-dire que chaque personnage est complètement peint en noir comme si on voyait seulement leur ombre se déplacer. Tout ce qu’on peut vraiment distinguer c’est leur habit et leur visage défini par des lignes blanches. C’est aussi parfait pour nous démontrer à quel point les habitants vivent dans un univers assez sombre où ils n’ont pas d’autres choix que subir ce que le régime totalitaire veut leur imposer.

Optimiser chaque action

Pour ceux qui cherchent un jeu qui va leur proposer un très bon défi, je crois que Beholder va très bien les servir surtout si vous aimez bien jouer au détective. Soyez prêt à faire quelques erreurs que vous allez regretter et assurez-vous simplement d’apprendre de celles-ci pour tenter d’éviter un problème similaire dans le futur. L’accumulation de l’argent et des points de réputations est au centre de Beholder et si vous êtes capable d’être rapide sur votre souris, vous allez pouvoir maximiser les mouvements de votre personnage puisque chaque mission est minutée. De plus, durant votre aventure vous allez découvrir qu’il est parfois facile de prendre des raccourcis pour obtenir les items souhaités au bon moment, mais il existe généralement une alternative. On peut aisément décider de se tourner vers le vendeur pour acheter les matériaux requis, mais si on prend plutôt le temps de chercher dans les appartements vous allez peut-être sauver un peu de vos précieux sous.

Conclusion

En terminant, je suis vraiment content d’avoir découvert Beholder qui s’avère pour moi une très belle révélation. Outre pour la réalité virtuelle, ça faisait un bon moment que je n’avais pas mis beaucoup de temps dans un jeu pour PC et je ne regrette pas une seconde passée dans celui-ci. C’est le genre d’expérience très originale qui nous permet de profiter d’une amusante jouabilité et d’une histoire assez captivante. Enfin, c’est un jeu qui aborde des thèmes matures de manière très intelligente. C’est sans aucun doute le genre de titre qui plaira aux amateurs de jeux indépendants originaux à un prix plus que raisonnable.

NOTES
Note d'enthousiasme
9
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Passionné de techno et surtout de jeux vidéo, je suis bachelier en administration des affaires concentré en finances. J'adore donc tout ce qui touche les deux domaines. Je suis aussi consultant pour le blogue Branche-Toi de Bestbuy.ca. Enfin, je suis rédacteur en chef Amérique du Nord pour la section Jeux Vidéo de Geeks and Com' et je co-anime la balado-légendaire. PSN: AtotheG / Xbox live: Sparmoro