En ce 15e anniversaire de la franchise Kingdom Hearts, Disney et Square Enix nous offrent une collection « remastered » des six plus gros titres de la série. Personnages iconiques et environnements nous rappelant notre enfance sont des synonymes de cette série conjointement créée par l’éditeur japonais et la firme américaine. Quinze ans sont une éternité dans le domaine des jeux vidéos, mais est-ce que Kingdom Hearts traverse bien les années ?

Fiche technique

  • Date de sortie : 28 mars 2017
  • Style : RPG d’action
  • Classement ESRB / PEGI ESRB E 10+ / PEGI 12
  • Développeur : Square Enix 
  • Éditeur : Square Enix
  • Langue d’exploitation : Français et anglais
  • Disponible sur Playstation 4 exclusivement 
  • Testé sur Playstation 4
  • Prix lors du test : 64.99$ CAD, 44.99€
  • Version envoyée par l’éditeur
  • Lien vers le Site Officiel

Une collection d’envergure

Il faut le dire tout de suite, Kingdom Hearts HD 1,5 + 2,5 ReMIX est une énorme collection. En fait, tant que nous n’avons pas commencé l’aventure, il est difficile de concevoir le nombre d’heures de jeu regroupées en un seul « titre ». Comme précédemment mentionné, on retrouve six jeux dans la collection ReMIX. Ces derniers sont des versions « remastered » des titres provenant de la PlayStation 2, du Game Boy Advance et de la Playstation Portable. Toutefois, pour ceux qui ont joué aux collections 1.5 et 2.5 sur PlayStation 3, vous serez peut-être quelque peu déçus. En effet, il s’agit exactement des mêmes titres, mais ils regroupés dans un seul ensemble (disque en copie physique) et affichant les images en 60 FPS.

Sinon, le plus gros du travail avait été effectué lors du passage en haute définition avec la PS3. En effet, les textures, cinématiques et environnements ont été « remastered » en HD tout en bonifiant la trame sonore de musiques orchestrées. Donc, comme je mentionnais, si vous avez déjà complété les précédentes collections, peu de choses vous amèneront à vouloir recommencer l’énorme contenu s’y trouvant. À moins que vous ne collectionniez les trophées sur Playstation (indépendants de la version PS3) ou que vous soyez un grand nostalgique.

Pour ma part, je n’avais pas essayé ces collections et j’ai été surpris par un point qui m’a semblé étrange au fait qu’il ne soit pas vraiment expliqué dans les menus du jeu. En effet, deux titres de Kingdom Hearts 1.5 + 2,5 ReMIX sont en fait que des collections de cinématiques « remastered » en HD. Donc, rien d’interactif… Personnellement, j’ai un peu de difficulté à me faire passer une collection de six jeux lorsque je ne peux qu’en contrôler quatre. À mon avis, on devrait plutôt parler de contenu supplémentaire plutôt que des titres entiers, car autant 358/2 Days que Re:coded, dans leurs versions originales, étaient complètement jouables.

La nostalgie au rendez-vous

La plus grande force de Kingdom Hearts réside dans l’amalgame de ses personnages et de ses environnements. Parfois, on se sent retomber en enfance lorsqu’on se retrouve au Pays des merveilles aux côtés d’Alice ou même à Agrabah avec Aladdin et Génie. L’expérience est encore plus mémorable lorsque l’on croise des personnages de Final Fantasy dans ces mêmes mondes. La plupart des plus grands héros de la série du jeu de rôle de Square Enix peuvent être aperçus ici et là. De Cloud à Squall en passant par Aerith et Mog, les amateurs de cette grande série seront agréablement surpris.

Toutefois, il arrive parfois, bien que cet amalgame de personnage soit le bienvenu et intéressant à expérimenter que ces rencontres soient un peu forcées et quelque peu contre nature. En effet, le personnage principal de la série, Sora, un jeune adolescent vivant sur une île, se ramassent parfois à combattre des héros fantastiques qui semblent totalement hors de son registre. Voyageant et combattant aux côtés de personnages de Disney (Dingo, Donald ou Tarzan par exemple), les monstres et ennemis à affronter ne semblent pas être de leur calibre.

Le poids des années…

En prémisse de ce test, j’évoquais le fait que quinze ans dans le domaine vidéoludique est une éternité quand on voit le rythme où les titres sortent et la vitesse à laquelle la technologie avance. Kingdom Hearts en est un très bon exemple. Dans mes souvenirs, ce dernier n’avait que très peu de défauts. Outre son histoire complexe (qui ne fait pas toujours de sens), peu d’éléments étaient négatifs dans ma mémoire. Toutefois, avec les années, certains éléments sont tout simplement irritants. Par exemple, les contrôles de Sora sont épouvantables. À plusieurs moments, des sauts doivent être effectués pour sauter de plateforme en plateforme et ceux-ci sont extrêmement difficiles à réaliser à cause des contrôles qui sont déficients.

De plus, au niveau du visuel, bien que le graphisme ait été amélioré avec la transition vers la haute définition et les 60 FPS, il n’en demeure pas moins que les mécaniques visuelles n’ont pas été mises à jour. En effet, où le bât blesse le plus est au niveau de la gestion de la caméra. La plupart du temps, celle-ci se trouve derrière le personnage principal, mais se déplace aléatoirement et affecte grandement la vue de l’environnement. Ce point est encore plus intense lors de combats contre des ennemis de grande taille, on ne voit jamais rien et le système de verrouillage sur une cible est peu efficace, lui qui est censé nous faciliter la vie.

Justement, parlant des contrôles, outre la caméra et le système de verrouillage, les schémas de boutons de la manette ne sont pas habituels et proviennent d’une autre époque et ne peuvent être modifiés. Par exemple, la grande majorité des titres actuels vont utiliser le bouton X pour sauter et le Carré pour attaquer. Ce n’est pas le cas ici où les boutons sont respectivement O et X. On finit par s’y faire, mais c’est quelque peu dérangeant. Même chose au niveau de l’utilisation de la magie et des items ; rien n’est simple et l’utilisation de la manette n’est pas optimale.

Finalement, un des titres de la collection, Re:Chain of Memories, utilise un mode de jeu totalement différent des autres. Au lieu d’être un jeu d’action RPG typique, il utilise un système de cartes à jouer pour effectuer ses différentes phases d’action. Pour ma part, ce genre d’essai de changer la façon traditionnelle de jouer était plus fréquent il y a quinze ans. Je ne crois pas que l’âge de ce titre soit l’unique responsable du choix de mode de jeu sauf que néanmoins, ce genre de fonctionnement est très rare de nos jours. De plus, pour ma part, je trouve que cela dénature un peu l’essence même du jeu. Un peu comme Final Fantasy X-2 pouvait faire à son grand frère Final Fantasy X. Ce n’est pas un mauvais jeu, mais le système est quelque peu discutable. Du moins, de mon opinion personnelle.

Conclusion

Kingdom Hearts est une série attachante avec des personnages et des environnements auxquels on peut s’identifier. Son monde et ces histoires sont complexes, mais nous amènent toujours à nous demander ce qui se passe au chapitre suivant. Pour ma part, près de quinze ans après sa parution initiale, le charme de la première fois fonctionnait toujours.

Toutefois, plus le temps passait lors de mon test, plus des signes de vieillissement apparaissaient. Que ce soit au niveau des contrôles ou du graphisme, la réédition de cette collection donne un second souffle à cette série avant l’arrivée de Kingdom Hearts III qui est attendue depuis très longtemps. L’envergure de la collection et la quantité d’heures à engouffrer permettront aux amateurs de la première heure ainsi qu’aux nostalgiques de retourner dans les mondes de Disney accompagnés des visages connus de Final Fantasy. Pour les nouveaux venus, cette collection peut être quelque peu ambitieuse et décourageante à passer au travers et peut-être que le nouvel opus leur permettra de rattraper le temps perdu tout en proposant une enveloppe plus actuelle.

NOTES
Note d'enthousiasme
8
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Gamer depuis le moment où il a lancé ses premiers œufs sur Birdo dans Mario bros 2, François partage ses moments libres entre sa PS4, sa guitare et un terrain de soccer.Ses journées normales tournent autour des technologies de l'information où sa profession de géomaticien lui permet d'être geek même dans son milieu de travail.