Dans le cadre du 30e anniversaire de la série Dragon Quest, Square Enix et Omega Force s’unissent à nouveau pour nous offrir Dragon Quest Heroes II. Totalement différent du premier du genre, ce jeu de style Musou développé par les créateurs de la franchise Dynasty Warrior réussit-il à charmer les fans de la série ?

Fiche technique

  • Date de sortie :  25 avril 2017
  • Style : Musou, Action, Beat’em all/RPG
  • Classement ESRB / PEGI : Teen/12
  • Développeur : Omega Force
  • Éditeur : Square Enix
  • Langue d’exploitation : anglais, japonais
  • Disponible sur PC, PlayStation 4, PlayStation 3 et PlayStation Vita 
  • Testé sur PlayStation 4
  • Prix lors du test : 79,99 $/49,00 €
  • Version envoyée par l’éditeur

À bas les ennemis!

Dragon Quest Heroes II débute lorsque deux cousins dunisiens, Lazarel et Teresa, se retrouvent à Orenka, où Razel est établi pour faire ses études. Au même moment, après plusieurs années de paix, ils se retrouvent en guerre face à leur propre royaume. Au fil des batailles, la guerre devient globale et les cousins recevront de l’aide de plusieurs personnages et royaumes afin de vaincre les vrais coupables du déclenchement de la guerre.

Pour ce faire, il faudra traverser un monde ouvert composé de sept royaumes. La grandeur de la carte est assez surprenante pour un jeu comme celui-ci. Chaque royaume vient avec ses différents types d’ennemis et son ambiance propre. L’environnement a été travaillé au peigne fin. Malgré le faible nombre de personnages non jouables dans les différentes villes, le visuel est magnifique et l’ambiance est accrocheuse, surtout au niveau de la musique qui, glorieuse, nous permettra d’apprécier le jeu au maximum malgré ses quelques défauts.

Comme tout beat’em all, l’aventure se résume à vaincre d’innombrables vagues d’ennemis de différentes grosseurs, ce qui peut causer un problème de lisibilité. En effet, il n’est pas rare d’avoir à affronter des ennemis qui font la moitié de l’écran. Ajoutons à cela la présence de nombreux ennemis en même temps et c’est le bordel. Un autre problème causé par le grand nombre d’ennemis touche l’intelligence artificielle. Les ennemis sont très peu réactifs, surtout dans le monde ouvert, où il n’est pas rare de pouvoir tourner en rond une dizaine de fois autour d’un ennemi avant de le voir réagir. Toutefois, je dois avouer que dans les missions, un grand travail a été fait de ce côté. Les ennemis réagissent rapidement à notre présence, mais peuvent parfois nous perdre de vue assez vite aussi.

Du contenu varié, mais parfois répétitif

Les différents jeux de ce type ont souvent de nombreux problèmes de répétitivité et celui-ci n’y échappe pas. Toutefois, les premières heures du jeu nous propose des missions aussi variées les unes que les autres pour rendre notre expérience agréable. Et ça marche. Pour la grande majorité de l’aventure, nous avons droit à des missions différentes qui amènent souvent au même but, soit de vaincre un adversaire en particulier. Par exemple, plutôt que d’avoir un combat généralisé dans une aire ouverte contre une centaine d’ennemis, il est possible de se retrouver dans un labyrinthe, de devoir s’échapper d’une prison incognito ou de devoir identifier un malfaiteur parmi les différents gardes d’une ville.

Toutefois, cela à ses limites. En effet, à partir d’un certain moment dans le jeu, les missions variées sont remplacées par des combats contre des boss à répétition. On ne voit plus la fin tellement ces batailles sont interminables. Ces ennemis sont souvent accompagnés de vagues de dizaines d’ennemis, dont certains sont plus forts que ce que nous avons préalablement affronté. Autant, jusqu’à ce moment, les combats sont plutôt courts et faciles, ceux-ci changent la donne. En plus d’être plus difficiles, ces combats sont souvent beaucoup plus longs et surtout sans sauvegarde possible pendant le niveau. En cas d’échec, il faut tout recommencer.

De nombreux personnages secondaires…

Tout au long de l’aventure, il faudra former des équipes de quatre combattants parmi la quinzaine de personnages jouables qu’il faudra débloquer en cours de route. Parmi ceux-ci, il n’y en a que quelques-uns qui sont directement tirés de la franchise : Torneko et Minea de Dragon Quest IV, Carver de Dragon Quest VI, Maribel et Gabo, de Dragon Quest VII et Angelo de Dragon Quest VIII. Sans connaître nécessairement la série, il est facile de les différencier des autres. On peut facilement voir qu’ils ont été plus travaillés que les autres héros, surtout en termes de personnalité. À vrai dire, les autres, excepté les deux protagonistes principaux, n’en ont à peu près pas. L’humour et le charisme sont trop souvent réservés à ceux qui font un retour dans la série, tandis que les autres sont plutôt froids et distants.

… sans trop d’utilité

Un autre problème persiste quant à ces personnages secondaires. Ils sont trop souvent inutiles lors des combats. En fait, leur utilité se résume surtout à résoudre des quêtes et à réanimer les deux personnages principaux. En effet, la partie RPG du jeu a tendance à rendre les deux personnages principaux plus fort que les autres. Simplement après avoir débloqué le « multislash » et toutes ses variantes pour Lazarel, le sort des autres personnages est scellé. Cette capacité permet de donner plusieurs coups en quelques secondes, tant que nous avons des points de magie ou que nous avons activé la « Haute Tension ». Cette aptitude déjà présente dans le premier opus permet d’activer les capacités de manière illimitée pendant quelques secondes. De quoi rendre les combats plus faciles et surtout, plus redondants.

Au cours des combats, en plus des quatre personnages jouables, il est également possible d’invoquer des ennemis. Une fois tués, certains monstres laissent tomber une pièce qu’il est possible d’activer. Certaines médailles permettent d’invoquer un monstre pour obtenir de l’aide, d’autres s’utilisent comme des sorts, pour augmenter la taille de notre personnage, par exemple, et, finalement, la plus addictive des trois nous permet de nous retrouver dans la peau d’un monstre pendant une dizaine de secondes. Cette dernière catégorie, absente du premier opus, permet d’ajouter un peu de variété et de piquant aux combats, eux qui peuvent parfois en manquer.

Accordia au cœur de l’aventure

Si la partie Beat’em all du jeu est parfois inégale par moment, ce n’est pas du tout le cas de la partie jeu de rôle qui est un vrai régal. Toute la personnification de personnage a été regroupée sous la même ville, Accordia. De nombreux personnages non jouables y sont présents afin de nous proposer des choses qui nous permettront d’améliorer nos héros. Une sœur nous permettra de sauvegarder notre partie, une femme nous proposera des quêtes à réaliser pendant notre périple, un bourreau nous proposera des armes et j’en saute. Un prêtre nous permettra également de changer notre classe de guerrier à sorcier, moine ou voleur. Chaque classe possède ses caractéristiques et ses armes propres et offre une jouabilité quelque peu différente. C’est également dans cette cité qu’il sera possible d’améliorer notre arbre de compétences, de changer notre équipement et même d’ajouter des accessoires qui amélioreront nos statistiques.

Un mode en ligne bien pensé

Une visite à la taverne d’Accordia permet également de découvrir le multijoueur et d’accéder aux quelques donjons disponibles dans le jeu. L’idée de base n’était pas piquée des vers. Dragon Quest Heroes II nous propose de faire les missions de l’aventure et les donjons en coopération en ligne jusqu’à quatre personnes. Cependant, l’option d’y jouer en local y est totalement absente. De plus, comme le mode en ligne n’est pas clairement affiché et séparé de l’histoire (il n’y est présent que sous la forme « appeler à l’aide »), il n’y a presque personne. J’ai tenté d’y accéder à plus d’une vingtaine de reprises depuis la sortie du jeu, et je n’ai trouvé qu’une seule personne prête à jouer en coopération.

Conclusion

Pour conclure, Dragon Quest Heroes II reste une bonne expérience qui saura charmer les fans de la série et de jeux de ce style. Même si la jouabilité reste toutefois quelque peu répétitive, l’ambiance générale du jeu et la personnalisation des différents protagonistes permettent d’apprécier l’aventure d’une vingtaine d’heures. En fin de compte, malgré ses défauts, il n’a rien à envier à plusieurs autres jeux du genre et saura satisfaire les néophytes comme les plus mordus de la série.

NOTES
Note d'enthousiasme
7
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Passionné de jeux vidéo et de sports, j'étudie présentement en Communication publique à l'Université Laval. Je suis aussi journaliste sportif pour le journal Impact Campus.