Vu la qualité de nombreux titres parus depuis le début de l’année, j’en avais pratiquement oublié la sortie de Prey au mois de mai. Pourtant, si un studio nous a bien prouvé qu’il pouvait lancer (ou relancer ici) une franchise c’est bien Arkane Studios qui nous avait offert le premier Dishonored en fin d’année 2012. Eh bien, le studio a choisi de reprendre une formule gagnante en mélangeant plusieurs genres adorés par le public comme ce fût le cas avec leur dernier titre afin de former une expérience complètement originale avec Prey. Est-ce que les développeurs ont frappé un autre coup de circuit ?

Fiche technique

  • Date de sortie : 5 mai 2017
  • Style : Aventure / Action
  • Classement ESRB / PEGI ESRB M 17+ / PEGI 18
  • Développeur : Arcane Studios Austin
  • Éditeur : Bethesda Softworks
  • Langue d’exploitation : disponible en français
  • Disponible sur Xbox One, PS4 et PC
  • Testé sur Xbox One
  • Prix lors du test : 79,99 CAD / 59,99 €
  • Version envoyée par l’éditeur
  • Site officiel

Pour les besoins du test, je parle de la première demi-heure de jeu qui est pleine de divulgâcheurs assez cool. Je vous recommande de sauter le prochain paragraphe si vous préférez garder la surprise.

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L’étrange vie de Morgan Yu

Prey nous place dans la peau de Morgan Yu, un scientifique qui a été recruté par son frère Alex afin de se joindre à l’équipe de recherche de TranStar sur la station Talos I. Durant les premières minutes du jeu, notre protagoniste est amené à faire une panoplie de tests plutôt étrange jusqu’à ce qu’un des superviseurs soit attaqué par une étrange créature visiblement extraterrestre. Morgan s’évanouit et se retrouve à nouveau dans son appartement qui s’avérait être un endroit créé de toute pièce à l’intérieur d’un laboratoire sur la station spatiale. C’est alors qu’une mystérieuse voix du nom de January contacte notre personnage afin de lui expliquer que les Typhons se sont enfuis de l’endroit où il était confiné et qu’ils ont pris le contrôle de la station tuant la majorité de l’équipage. Morgan, qui souffre d’amnésie, devra essayer de mettre fin à cette menace tout en tentant de mieux comprendre ce qui s’est produit.

L’ultime mélange

D’abord, la première chose que la plupart des joueurs expérimentés vont remarquer dans les premières minutes de jeu c’est justement le mélange de plusieurs titres qu’on reconnaît rapidement. Juste en regardant l’interface et le moteur graphique, ceux qui ont joué à Dishonored vont rapidement associer Prey à Arcane Studios. Puis, le côté mystérieux du scénario et l’approche post-catastrophe de la station spatiale m’ont rapidement fait penser à BioShock, mais avec plus d’éléments de RPG et de recherche un peu comme Deus Ex. Comme si ce n’était pas un mélange déjà suffisamment excitant, le contexte du jeu m’a beaucoup rappelé la série Dead Space ou, plus récemment, Alien : Isolation puisque notre personnage est coincé dans l’espace avec une entité malveillante extraterrestre. Bref, le tout peut paraître comme un mélange assez imposant, mais le jeu est très bien ficelé.

Découvrez les secrets de Talos I

Tout commence avec le scénario qui réussit à capturer notre curiosité dès la première demi-heure de jeu. Le fait que notre personnage soit amnésique nous fait questionner et douter de pratiquement tout ce qui nous est présenté. C’est ce qui m’a tout de suite attiré. Puis, le mystère du début prend par la suite beaucoup d’ampleur et le jeu enchaînera les révélations alors que vous avancerez dans le scénario. Ce sont d’ailleurs, celles-ci qui nous tiennent en haleine jusqu’à la conclusion de l’histoire qui ne m’a pas vraiment surprise, mais qui était quand même excellente. Je dirais que celle-ci se compare même à l’excellente fin de scénario de BioShock Infinite.

La trame narrative est aussi accompagnée de nombreux détails cachés un peu partout dans les nombreux courriels sur les ordinateurs ou les transcriptions que vous trouverez sur la station. C’est en lisant ceux-ci que j’ai commencé à imaginer la vie sur Talos 1 avant que tout ce cataclysme n’ait lieu tout comme The Last of Us l’avait si bien fait. De plus, les enregistrements sont très bien joués par les acteurs qui ont prêté leur voix, car on sent très bien les émotions que projettent ceux qui comme la détresse, dont plusieurs, ont souffert.

Il y a aussi une panoplie de quêtes secondaires qui sont entièrement optionnelles, mais qui prolongent l’aventure de plusieurs dizaines d’heures. Sur votre chemin, vous rencontrerez aussi plusieurs personnages coincés sur la station et ce sera souvent à vous de leur venir en aide et de décider de leur sort. Finalement, c’est un peu à cause de ces éléments secondaires que j’avais des doutes sur la fin du scénario ce qui prouve aussi que les développeurs n’ont pas lésiné sur les détails.

Prey vous permet aussi de faire un petit tour en mode zéro gravité de manière très amusante. Grâce à plusieurs vannes cachées autour de la station, il est possible de graviter en bordure de celle-ci afin de se déplacer plus rapidement d’un côté à l’autre de Talos I. J’ai même eu la chance de me battre à quelques reprises dans cette condition particulière et j’ai eu beaucoup de plaisir à tenter de contrôler mon personnage. J’ai trouvé que cela était d’ailleurs mieux fait que dans le jeu Adr1ft.

La joie est dans les RPG

Évidemment, un excellent scénario n’est pas nécessairement synonyme de bon jeu puisque ça prend une aussi bonne jouabilité pour nous donner envie de passer à travers l’aventure. Or, j’ai vraiment aimé les nombreux éléments de RPG que Prey propose. Tout commence par les Neuromods que le joueur peut trouver en fouillant un peu partout sur la station ou obtenir comme récompense en complétant des quêtes d’où l’intérêt de faire les quêtes secondaires. En effet, ce sont ces Neuromods qui nous permettent d’améliorer notre personnage à plusieurs niveaux et selon nos préférences. Comme Dishonored l’avait fait, surtout avec son second opus, Prey nous permet de choisir entre une approche furtive ou directe et les Neuromods vous permettront justement d’améliorer le côté que vous préférez.

C’est justement dans cette diversité au niveau de la jouabilité que Prey brille. Les développeurs ont construit chaque niveau de manière à laisser aller l’imagination des joueurs. Par exemple, le jeu met à notre possession une petite arbalète à fléchette en mousse totalement inoffensive. Cependant, vous pouvez vous en servir pour enclencher le mécanisme de déverrouillage de porte manuel à distance comme ce fût le cas avec une salle que je ne pouvais pas ouvrir sans trouver la carte d’accès. Il a suffi de briser la fenêtre de côté pour atteindre la cible et entrer dans la pièce. Il y a même un pouvoir qui nous permet de nous transformer en Typhon afin de glisser sous des fentes qui seraient trop petites autrement ce que j’ai trouvé très ingénieux.

Prey propose aussi au joueur un certain nombre d’attributs classiques dans ce style de jeu comme la possibilité de pirater plusieurs éléments électroniques, de soulever des objets de plus en plus énormes ou devenir un expert en réparation de matériaux. Le design de niveau a d’ailleurs été conçu de manière à rendre chacune de ses habiletés utiles à plusieurs moments de l’aventure ce qui fait en sorte qu’on ne sent jamais qu’on a mal dépensé un point d’attribut.

Outre ces Neuromods qui vont améliorer notre personnage, le jeu cache aussi plusieurs améliorations que vous pouvez apporter à votre combinaison afin de personnaliser un peu plus votre expérience. Enfin, même vos armes peuvent être améliorées à votre guise en trouvant des kits d’améliorations d’armes sur votre chemin.

On peut donc conclure que le jeu récompense l’exploration puisque c’est en fouillant un peu partout qu’il sera possible de personnaliser notre Morgan et obtenir suffisamment d’items comme des Medkits ou de la nourriture pour maximiser notre survie.

Les Typhons à vos trousses

Ceux qui ne prennent pas le temps d’explorer trouveront probablement le jeu difficile parce que plusieurs types de Typhons sont très voire même trop puissants lors de votre première rencontre. Il faut savoir user de tous nos items et habiletés pour réussir à les mettre en échec alors qu’à d’autres moments, il sera peut-être plus sage de simplement tenter de les éviter grâce à notre furtivité. Si vous choisissez l’approche frontale, mieux vaut utiliser votre arsenal puisque votre personnage est très vulnérable, peu importe l’ennemi. Or, une arme comme le pistolet qui projette de la glu collante sur vos ennemis pour ralentir leur mouvement est un des exemples de solutions. Par contre, cette stratégie ne sera pas toujours efficace puisqu’il existe différents types d’ennemis qui requièrent d’autres mécaniques pour les éliminer. Bref, grâce à une excellente intelligente artificielle et de puissants ennemis, vous serez mis à l’épreuve à maintes reprises durant votre aventure dans Prey.

Complètement immersif

Prey met de l’avant une atmosphère sombre et inquiétante du début à la fin. Les graphiques sont superbes et les effets de lumières mettent l’accent sur le côté très noir de l’aventure. On ressent d’ailleurs très bien l’isolement de notre personnage coincé sur cette station spatiale puisque nos interactions face à face avec d’autres humains sont très rares et la majorité des dialogues se font par système radio. Il y a aussi le fait que la station est vraiment immense, mais on se sent constamment seul et à la merci des ennemis qui sont cachés partout prêt à bondir sur nous.

De plus, les développeurs exploitent très bien notre canal auditif puisque le jeu émet constamment des bruits inquiétants dans nos oreilles qui nous laissent croire que de nombreuses menaces rôdent en permanence dans les alentours. Pour accompagner ces effets sonores, on a droit à une très bonne trame sonore composée par Mike Gordon qui avait justement fait de l’excellent boulot avec d’autres jeux publiés par Bethesda Softworks comme Doom et le reboot Wolfenstein : New Order. Tout comme dans ces autres titres, la musique est très entraînante et nous immerge davantage dans l’aventure, car il y a un petit côté troublant qui est bien exploité par les instruments utilisés. Bref, soyez prêt à être constamment sur le qui-vive.

Conclusion

Prey est une excellente aventure que j’ai adorée du début à la fin. Hormis quelques longueurs, j’ai adoré la jouabilité et découvrir les nombreux mystères du scénario. Le jeu propose même plusieurs fins de scénarios selon les choix que vous aurez faits à travers votre visite sur Talos I. Vous serez rapidement immergé dans ce nouveau titre de Arcane Studios qui prouve que Dishonored n’était pas qu’un simple heureux hasard et j’ai déjà hâte de découvrir leur prochain projet.

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L’opinion de Marc-Antoine

Alors que nous pensions que la franchise allait disparaître avant même d’avoir connu son heure de gloire après un opus plutôt décevant en 2008, Prey a finalement fait un retour inattendu lors de la conférence de Bethesda à l’E3 2016. Ce reboot a été développé par Arkane Studios après le succès connu sur Dishonored et l’excellent Dishonored 2. Une nouvelle fois, l’équipe a su relever le défi imposé et propose un jeu intrigant, amusant et une expérience vidéoludique qui nous procure à la fois un sentiment constant d’angoisse et d’adrénaline pur.

Même après avoir joué plusieurs heures et connaître la manière dont ces petites créatures, les mimiques, se transforment et vous attaque par surprise. Lorsque l’on se promène dans cette station spatiale, il n’y a pas un seul moment que l’on ne craint pas qu’une chaise ou qu’une poubelle se transforme et nous attaque ! Prey ne réinvente peut-être pas la roue des jeux d’aventure et d’action avec une vue à la première personne, mais offre de nombreuses heures de jouabilité et récompense les joueurs souhaitant tout explorer et fouiller les moindres recoins. Après 3 jeux de très grande qualité, j’espère qu’Arkane Studio et Bethesda nous réservent bien des surprises dans les années à venir.

NOTES
Note d'enthousiasme
9
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Passionné de techno et surtout de jeux vidéo, j’ai un Baccalauréat en Administration des Affaires et j’adore mélanger les jeux vidéo à la finance. Curieux, je joue à presque tous les genres et je suis toujours prêt à essayer de nouvelles expériences vidéoludiques. Il y a toujours quelques nouveautés dans ma ludothèque prêtes à être jouées. Je suis le rédacteur en chef de Geeks & Com' et le responsable de la section Jeux vidéo.