Depuis de nombreuses années, lorsqu’un nouveau produit d’envergure dans l’univers de la saga Star Wars est annoncé, souvent, les passions se déchaînent. La situation se passe encore une fois en ce moment, deux ans après la sortie de Star Wars Battlefront. Ce dernier ayant connu un succès mitigé, EA nous propose le deuxième opus de la nouvelle mouture de sa série de jeu de tir dans l’univers de la Guerre des Étoiles, Star Wars Battlefront 2. Cette sortie était grandement attendue car l’éditeur nous avait promis d’avoir écouté les fans pour le développement de cette suite.

Fiche technique

  • Date de sortie : 17 novembre 2017 
  • Style : Jeu de tir
  • Classement ESRB / PEGI ESRB T / PEGI 16
  • Développeur : EA DICE
  • Éditeur : Electronic Arts
  • Langue d’exploitation : Disponible en français et anglais
  • Disponible sur PlayStation 4, Xbox One et PC
  • Testé sur PlayStation 4
  • Prix lors du test : 79,99 $ CA / 53,99 €
  • Site officiel
  • Version envoyée par l’éditeur

Une campagne à la hauteur

Parmi les plus grandes critiques formulées à DICE suite à la parution de la première version de Battlefront, celle du manque d’une campagne solo était probablement celle qui revenait le plus souvent. En effet, bien que le multijoueur aie la cote récemment, quoi de mieux pour les fans que de jouer un scénario interactif dans l’univers de Star Wars. Sur ce point Star Wars Battlefront 2 relève le défi haut la main notamment grâce à la trame narrative qu’il contient.

Ne vous méprenez pas, il ne s’agit pas d’un scénario grandiose, mais il est efficace et tisse des liens entre des moments de la saga qui nous semblent quelques peu obscurs. En effet, l’histoire se déroule tout de suite après la destruction de l’Étoile de la mort à la fin de l’épisode VI. Nous incarnons principalement Iden Versio, commandante de l’escouade Inferno de l’Empire. Cette équipe est formée de soldats impériaux d’élite à qui sont confiées des missions particulièrement décisives dans l’affrontement avec l’Alliance.

Tout au long du scénario, nous traverserons le changement de garde et de philosophie de l’Empire suite à la chute de l’Empereur. Comportant une dizaine de missions distinctes sur des planètes complètement différentes les unes des autres, la quête d’Iden nous amènera à côtoyer (et contrôler) d’autres personnages/héros connus de l’univers de Star Wars. J’ai particulièrement aimé ces transitions entre les phases de jeu plus axées sur le tir à la première personne, lorsqu’on contrôle Iden, et les autres moments où nous incarnons d’autres héros.

De plus, à plusieurs moments au cours des missions, une autre forme de transition amène une dimension différente au scénario. En effet, la présence à même la campagne de combats spatiaux, amène l’immersion à une autre niveau. Le fait d’avoir utilisé une commandante de forces d’élites comme personnage principal, il est crédible que ce dernier soit autant efficace dans les combats sur terre que ceux dans les airs ou dans l’espace.

Un peu comme dans la plupart des campagnes présentes dans les jeux de tir, celle de Battlefront 2 n’est pas très longue et j’en aurais pris personnellement un peu plus. Néanmoins, je considère qu’elle a une durée relativement correcte étant donné qu’il ne s’agit pas du mode de jeu considéré comme le noyau du titre.

Encore une fois axé sur le multijoueur

Parlant du noyau de Star Wars Battlefront 2, tout comme son prédécesseur, il est orienté vers des matches multijoueur à grand déploiement. On peut trouver pour l’instant cinq modes de jeux compétitifs. N’ayant pas du tout la même portée et la même échelle, ils seront décrits un peu plus en détail dans les prochaines lignes.

Assaut galactique

Il s’agit du mode le plus connu de la franchise et reprend un peu où celle-ci a laissé il y a deux ans. C’est dans ce mode ou l’on trouve le plus de diversité et de complexité. Dans des mondes à grand déploiement, on propose aux joueurs de combattre en équipe sur des serveurs à 40 joueurs où s’affrontent tous les types de personnages et d’unités présentes tant du côté de l’Empire que de l’Alliance.

Jusqu’ici, ce n’est pas de quoi nouveau car il s’agit sensiblement du même mode que dans l’itération précédente à la série. Un peu quand même noter certaines différences majeures qui sont, à mon avis, des améliorations par rapport à il y a deux ans. Premièrement, les héros et les véhicules sont encore une fois tous présents dans ce mode où la rapidité et le chaos vont de paire. Toutefois, contrairement à ce que nous avions connu, il ne s’agit plus de courir après des pastilles nous donnant accès aux différents héros ou véhicules. Cette fois, nos performances en match nous permettent d’accumuler des points temporaires au match dans lequel nous nous trouvons et qui servent à acheter l’utilisation des personnages ou unités spéciales. Plus ces derniers sont puissants, plus ils coûtent cher en points.

Comme précédemment mentionné, cette nouvelle facon de jouer amène une toute autre dynamique. Elle permet notamment aux amateurs de vaisseaux d’avoir la possibilité d’en piloter plus souvent et d’avoir également accès aux héros plus fréquemment. En contre-partie, ces derniers sont un peu moins puissants que dans la version précédente. Petit bémol, à mon avis, est le fait que cette façon d’avoir accès à des classes de personnages héroïques facilement en utilisant des points favorise les joueurs plus expérimentés et de plus haut calibre. Justement, à ce niveau, j’ai été particulièrement déçu par la qualité et l’équilibre des joueurs lors la création des matches. Très souvent, je me suis retrouvé contre des adversaires qui ne se trouvaient pas du tout dans le même échelon ou catégorie de points que moi.

Également, parmi les changements notables au mode assaut galactique, il faut noter que chaque carte (ou planète) possède son « scénario » multijoueur. Plutôt qu’être en présence d’une succession de matches à grand déploiement sans objectifs reels autres que de gagner des points comme il y a deux ans, chaque carte de cette nouvelle version de la bataille galactique possède ses propres objectifs spécifiques que chaque équipe doit réussir tout dépendant si elle se trouve du côté de l’empire ou de l’Alliance.

Assaut des chasseurs

Encore une fois, un mode de combats en vaisseaux spatiaux est présent dans Battlefront 2. Et c’est dans cette sphère où il excelle le mieux. À un point où je crois que si EA le voulait, ils pourraient en faire un titre à part entière. Battlefront 2 a amené ce mode à un autre niveau et il est particulièrement réussi. Les chasseurs sont répartis sous trois grandes classes: chasseur, intercepteur et bombardier. Tout dépendant de la carte, les types  d’embarcations changent tout en respectant les grandes classes mentionnées. De plus, les vaisseaux héros sont également de retour mais cette fois en plus grand nombre. Outre, le Millenium Falcon, notons entres autres, la possibilité d’utiliser le X-Wing de Luke Skywalker ou même le Tie Fighter de Darth Vader.

On retrouve également dans ce mode, un plus grand nombre d’environnements que dans le passé et les combats se font plus souvent directement dans l’espace. Sur ce point, je trouve justement qu’il manque de cartes où nous pilotons de le ciel des planètes. En fait, il aurait dû y en avoir autant dans les deux types de lieux parce que par moments, on peut avoir l’impression que les cartes ont été développées dans une optique de quantité plutôt que de diversité. Néanmoins, les objectifs s’y trouvant sont variés et très agréables à jouer.

Dans la première itération de Battlefront, les contrôles des vaisseaux étaient fonctionnels mais quand même difficiles et n’étaient pas très accessibles lors de la première prise en main. Cette fois, EA DICE ont sûrement pris les commentaires de la communauté car ils ont été raffinés grandement même si ce mode d’assaut conserve une courbe d’apprentissage relativement élevée pour les nouveaux venus.

Affrontement héroïque, frappe et escarmouche

Finalement, pour ce qui est des façons de jouer à Battlefront 2, on peut participer à trois autres modes de jeu qui sont beaucoup plus génériques et habituels dans les jeux de tir ou dans la série Battlefront. Ils ont de plus petites cartes avec un nombre beaucoup moins important de joueurs participant à la partie en même temps.

Premièrement, l’affrontement héroïque est de retour avec des matches entre deux équipes constituées uniquement de héros. Il s’agit d’un mode intéressant pour essayer les différents personnage d’importance de la saga Star Wars mais, en même temps, on dirait qu’on dénature l’essence du jeu et les combats deviennent rapidement redondants. Le même sentiment ressortait de la version antérieure de ce mode.

Ensuite, le mode frappe permet d’effectuer une série de courts objectifs connus dans d’autres jeux de tir. Également en équipes de huit joueurs, les stratégies d’équipes pour réussir à gagner sont beaucoup moins importantes que dans l’assaut galactique. Il s’agit d’un mode intéressant pour changer la dynamique habituelle du jeu mais également pour visiter d’autres environnements ne se trouvant pas dans les cartes à plus grand déploiement.

Finalement, l’escarmouche est un mode très standard de jeu de tir. Match à mort en équipe de huit joueurs, ce mode dénature ce qu’est Battlefront à la base et, selon moi, n’est pas très réussi. D’autant plus, plusieurs autres jeux plus axés sur la compétition sont grandement supérieurs.

Un système de progression digne du côté obscur de la Force

Sans revenir sur les événements qui ont marqué la sortie du jeu par rapport à la monétarisation présente dans le jeu (qui a finalement été retirée suite à la grogne de la communauté), il m’est quand même impossible de passer outre le fonctionnement du système de progression. En effet, ce dernier est malsain et il est facile de voir à quel point on a voulu utiliser la franchise Star Wars à des fins mercantiles.

Tout d’abord, les Cartes des Étoiles (Star Cards) sont de retour mais ont une importance capitale dans tous les modes de jeux dans Battlefront 2. Toutefois, leur présence en multijoueur peut faire changer à elle seule le comportement et la puissance des joueurs sur un serveur. En effet, deux types de cartes existent: les boost et les compétences. Le premier augmente certaines statistiques de notre classe de personnage et le deuxième permet de débarrer des habiletés spéciales qui sont également propres à chaque classe. Là où le bat blesse est que ces cartes ont également un niveau de rareté. Plus elles sont rares, plus la carte donne une augmentation substantielle aux statistiques du joueur.

Mais comment ramasse-t-on ces cartes si importantes? En ouvrant des caisses contenant une quantité de cet élément collectionnable. Mais, comme expliqué plus tôt, la division des cartes en fonction de leur type et de leur classe, sans parler qu’il y en a également des  spécifiques pour les héros ainsi que pour les véhicules, amène un nombre incroyable de probabilités pour être en mesure d’obtenir celles que nous avons vraiment besoin en fonction de notre façon de jouer.

Les caisses en question doivent être achetées avec des crédits accumulés pendant les matches en fonction de notre performance lors des parties. Encore une fois, cette méthode favorise les joueurs avec des capacités supérieures et/ou possédant des cartes grandement supérieures. Outre le retrait de la monétarisation dans le jeu, EA a également, juste avant la sortie, diminué le nombre de crédit nécessaire pour l’achat de caisses et pour débloquer certains héros non utilisables au début. Mais, malgré cette diminution, je suis d’avis qu’il faut encore un nombre trop grand de crédits pour être en mesure d’ouvrir ces fameuses caisses.

Il existe un autre type de devise dans Battlefront 2: les cristaux. Ceux-ci sont accumulés lors de la complétion de certains objectifs de carrière bien spécifiques. À la base, c’est cette monnaie qui devait être achetée en échange de véritable argent et ainsi permettre à des joueurs d’obtenir plus de cartes et sûrement plus performantes en fonction du nombre de cristaux dépensés. Donc, un modèle payer pour gagner (Pay to Win) assez épouvantable pour la plupart des joueurs. Heureusement, pour l’instant, il a été désactivé. Néanmoins, la structure même de la progression avec les cartes dans Battlefront 2 demande de jouer très longtemps ou être très chanceux pour être en mesure d’être à forces égales avec certains autre adversaires.

L’expérience Star Wars totale

Personnellement, je suis un grand fan de la saga créée par George Lucas et honnêtement, au niveau de l’immersion dans l’univers de la Guerre des Étoiles, Star Wars Battlefront 2 est fameux. Tout d’abord, au niveau visuel, les graphismes présents dans le jeu sont époustouflants. Que ce soit dans le mode campagne ou même en multijoueur, les détails sont sublimes et les environnements grandioses. Je n’ai pas eu la chance de l’essayer sur PlayStation 4 Pro mais néanmoins, il s’agit probablement du plus beau jeu que j’ai pu essayer jusqu’à maintenant. Les différentes planètes et lieux connus de la série sont facilement reconnaissables et on sent vraiment imprégnés de l’univers.

Même chose d’un point de vue sonore où, encore une fois, il s’agit d’un sans faute de la part d’EA DICE. La musique orchestrée provenant des films ou du moins dérivée des thèmes que les fans connaissent par coeur sont rendus d’une manière impressionnante. En ce qui à trait aux effets sonores, nous nous retrouvons dans la même situation où tout est rendu parfaitement que ce soit les bruits de blasters, des cris de Wookies ou même du moteur criant des TIE Fighters.

Finalement, il faut également apporter un point fondamental où Battlefront 2 se démarque notamment de son prédécesseur. En effet, contrairement à il y a deux ans où qu’uniquement la trilogie originale des films étaient couverte par le jeu, cette fois, la saga complète est reflétée dans cette itération. Même si cela laisse place à certains anachronismes quelques peu bizarres face à la présence de héros dans certains environnements, la richesse mythologique de l’univers de Star Wars se retrouve en totalité dans Battlefront 2.

Conclusion

Personnellement, je crois qu’il s’agit du test qui m’aura donné le plus de fil retordre quant à l’attribution d’une note finale. Étant donné que je suis un grand fan de l’univers de Star Wars, je me suis souvent laisser admirer les visuels époustouflants, envahir par la musique où même embarquer aveuglement dans le scécario proposé dans la campagne. À mon avis, tout fan de la série devrait essayer Battlefront 2 pour l’expérience qu’il procure.

Toutefois, il serait impensable de laisser sous silence les irritants majeurs qui m’ont été permis d’expérimenter. Comme expliqué plus tôt, même si EA à décidé de retirer la monétarisation du jeu, que ce soit temporaire ou non, le système de progression est malsain et brime les joueurs dans leur quête à devenir meilleurs ou à compétitionner à un plus haut niveau.

Finalement, certains problèmes techniques ou de conception m’ont particulièrement agacés dans mon expérience de jeu. En effet, je trouve inconcevable qu’à la fin de 2017, nous devions attendre un bon 2-3 minutes avant que le jeu ne se charge. Même chose lors du chargement d’une carte en multijoueur. Je suis conscient que le niveau visuel du jeu est sensationnel mais il y aurait probablement possibilité d’optimiser les temps de chargement. De plus, à plusieurs reprises, les serveurs où j’aboutissait étaient vides et ne se remplissaient pas. Je ne crois pas que c’est faute d’utilisateurs présents mais plutôt la manière que le jeu créé ses matches.

Ceci dit, j’ai eu et j’aurai encore beaucoup de plaisir à jouer à Battlefront 2. L’expérience Star Wars est franchement immersive et complète. Il est juste dommage que certaines décisions d’entreprise viennent troubler le public cible du produit.

 

NOTES
Note d'enthousiasme
7.5
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Gamer depuis le moment où il a lancé ses premiers œufs sur Birdo dans Mario bros 2, François partage ses moments libres entre sa PS4, sa guitare et un terrain de soccer.

Ses journées normales tournent autour des technologies de l’information où sa profession de géomaticien lui permet d’être geek même dans son milieu de travail.