Nul ne peut ignorer que d’ici quelques heures Barack Obama sera officiellement investit. À cette occasion, de nombreux acteurs non institutionnels surfent sur cette actualité et essaient de capitaliser sur l’image du nouveau président (voir à ce sujet l’article Obama: Investiture 2.0 du blog marketing 2.0).
De son côté, DDB Londres a décidé de réaliser une campagne décalée mettant en scène Georges W Bush. Ainsi, dans de nombreux journaux pouvait-on voir une campagne de publicité pour Philips et son chargeur USB universel Power4Life avec comme image principale un Georges W Bush faisant la moue.
Le slogan : « Power4Life. For whenever you lose power. »
Une campagne media très intelligente de la part de DDB Londres qui permettra sans doute à son client Philips de se démarquer au milieu des autres campagnes de publicité tout en restant dans l’actualité et positionné à côté des articles traitant de l’investiture.
Bien joué Philips, bien joué DDB Londres et merci pour le sourire !
Le magazine anglais Contagious vient de publier son édition 2008 du Most Contagious, qui reprend toutes les tendances, les marques, les personnalités, les musiques, les technologies (et bien d’autres choses encore) qui ont marqué cette année. Ainsi de la campagne électorale au lancement de Google Chrome, la nouvelle combinaison Speedo ou du site web Uniqlo notamment….c’est un document de 42 pages très complet qui nous est encore proposé cette année.
Un document vraiment intéressant pour toutes les personnes qui s’intéressent au Marketing et à la Communication !
En attendant le résultat des élections, l’hebdomadaire AdvertisingAge a désigné Barack Obama « Marketer of the year 2008« , le 17 octobre dernier. Les annonceurs et agences américains, membres de la Association of National Advertisers réunis en congrès ont ainsi préféré Barack Obama (36% des votants) à Apple (27%) et Zappos (14%), un site Internet de vente en ligne de chaussures. John McCain, quant à lui, n’a recueilli que 4% des suffrages.
Comme j’en avais parlé dans l’article Fight the Smears : la lutte contre les rumeurs de Barack Obama (6 août 2008), il a su très vite mettre en place une stratégie de communication centrée sur la disponibilité, la présence permanente et l’implication importante des sympathisants. Celle-ci s’est mise en place tant sur le terrain que dans ses discours mais s’est également déclinée sur Internet à travers les sites mis en place, le développement d’un vrai réseau social (mybarackobama.com), les contenus crées par les militants (cf. le site de Obey Giant à l’origine de l’une des affiches les plus reprises, vidéos youtube),…
En effet, si Barack Obama bénéficie d’un charisme important, il a également su s’entourer de pointures d’agences de communication et de Chris Hugues, l’un des fondateurs de Facebook. Ainsi, au delà de la communication de campagne traditionnelle qu’il a pratiqué (spots télévisés, soutien d’artistes, meeting), il a très vite compris l’enjeu d’une bonne maitrise de la communication 2.0 à travers Internet et l’aspect collaboratif notamment, tant pour convaincre les électeurs que pour financer sa campagne électorale.
Enfin, l’une des force de l’équipe Obama est d’avoir construit un discours cohérent, clair et constant tout au long de la campagne. Ce discours s’est accompagné d’une charte graphique efficace et omniprésente. Ainsi celle-ci a été déclinée tout au long de la campagne, sous toutes les formes possibles (affiches, briquets, fanions, T-Shirt,…).
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Pour aller plus loin, voici une présentation très instructive de Geary Interactive qui fait le point sur le marketing online des deux candidats à la présidence américaine :
Lors des présidentielles françaises de 2007, Internet a pris une place importante dans la campagne électorale et a été intégré dans toutes les stratégies de communication des candidats (avec plus ou moins de réussite). Ainsi, chaque candidat s’est entouré d’une équipe web dédiée, de blogueurs « influents » et a tenté de mobiliser ses internautes-sympathisants. De nombreux sites et blogs ont alors vu le jour et de nombreux contenus interactifs ont été crées.
Aux Etats-Unis, s’il y a bien un homme qui a compris tout le poids d’internet dans la course à l’élection présidentielle, c’est bien Barack Obama et son équipe de campagne. Sa stratégie de disponibilité et de présence permanente est décliné sur Internet à travers son site, les nombreux contenus crées, l’utilisation des outils sociaux,… Ainsi il souhaite occuper sur la toile une place aussi importante que dans les médias traditionnels.
Mais cette stratégie expose particulièrement Barack Obama aux attaques des autres candidats. Depuis quelques semaines d’ailleurs la campagne américaine se durcit et se déplace sur le terrain de la désinformation, des rumeurs,… Internet est particulièrement propice à la création de ces attaques et à leur diffusion sous différentes formes (vidéos virales, spams,…). Ces messages négatifs peuvent toucher immédiatement un nombre important de personnes et « convaincre » les personnes indécises, le tout pour un investissement relativement faible.
Barack Obama et ses équipes ont mis en place un système très intéressant pour prévenir et répondre à ce risque tout en incluant les sympathisants dans ce dispositif. Crée il y a plus d’un mois et demi, le site Fight the Smears (littéralement « combattre les saletés ») a pour objectif simple et direct de rétablir la vérité à chaque fois qu’une « attaque » est identifiée. Ainsi, l’idée est de combattre celle-ci le plus rapidement possible pour canaliser et faire disparaître la rumeur le plus vite possible.
Le site « Fight the Smears » s’organise de la manière suivante :
Des rumeurs sont mises en ligne au fur et à mesure qu’elles sont détectées par les équipes de campagne de Barack Obama ou par les internautes-militants (une adresse mail est à la disposition du public) ;
Des réponses argumentées sont postées et sont complétées par des « rich media » comme des vidéos, des enregistrements audio, des scans de documents officiels (et publics),… Tout ce qui peut apparaître utile pour enrayer la rumeur est utilisé et publié ;
Des mails peuvent être envoyés auprès du carnet d’adresse de l’internaute afin de rétablir la vérité auprès d’un maximum de personne tout en responsabilisant le militant.
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Ce site représente pour moi un maillon important de la stratégie de communication de Barack Obama. S’il demande un investissement plus important qu’il ne laisse penser au premier abord (notamment en terme de temps), il présente de nombreux avantages :
Occuper le terrain de l’information et des médias : en apparaissant comme pertinent aux yeux de l’opinion et de la presse par des messages clairs, précis et relayés par les sympathisants ;
Mettre la pression sur le camp adverse : en apportant une réponse argumentée et attirant l’attention sur les médias/personnes qui propagent ces rumeurs ;
Valoriser les sympathisants/internautes : en intégrant les codes des sites participatifs. Ainsi, ils peuvent se faire écho des rumeurs qui circulent auprès de l’équipe de campagne de Obahama pour qu’elle réagisse mais ils peuvent également transférer les réponses concernant les rumeurs à tout leur carnet d’adresse,… Ainsi, le public est un acteur actif de la campagne de lutte contre les rumeurs et plus largement de la campagne électorale.
Se montrer le plus réactif : en identifiant les rumeurs au moyen de différents canaux (équipes de campagne, internautes,…).
Ce site est donc un pas de plus dans l’intégration d’Internet dans les stratégies de campagne électorale. Il ne fait aucun doute que ce « concept » sera repris par d’autres hommes politiques ou personnalités voire même des entreprises.