Fight the Smears : la lutte contre les rumeurs de Barack Obama

Fight the smears Barack Obama Campagne présidentielle américaine 2008

Lors des présidentielles françaises de 2007, Internet a pris une place importante dans la campagne électorale et a été intégré dans toutes les stratégies de communication des candidats (avec plus ou moins de réussite). Ainsi, chaque candidat s’est entouré d’une équipe web dédiée, de blogueurs « influents » et a tenté de mobiliser ses  internautes-sympathisants. De nombreux sites et blogs ont alors vu le jour et de nombreux contenus interactifs ont été crées.

Aux États-Unis, s’il y a bien un homme qui a compris tout le poids d’internet dans la course à l’élection présidentielle, c’est bien Barack Obama et son équipe de campagne. Sa stratégie de disponibilité et de présence permanente est décliné sur Internet à travers son site, les nombreux contenus crées, l’utilisation des outils sociaux,… Ainsi  il souhaite occuper sur la toile une place aussi importante que dans les médias traditionnels.

Fight the Smears : prévenir et répondre aux attaques des autres candidats contre Barack Obama

Mais cette stratégie expose particulièrement Barack Obama aux attaques des autres candidats. Depuis quelques semaines d’ailleurs la campagne américaine se durcit et se déplace sur le terrain de la désinformation,  des rumeurs,… Internet est particulièrement propice à la création de ces attaques et à leur diffusion sous différentes formes (vidéos virales, spams,…). Ces messages négatifs peuvent toucher immédiatement un nombre important de personnes et « convaincre » les personnes indécises, le tout pour un investissement relativement faible.

Barack Obama et ses équipes ont mis en place un système très intéressant pour prévenir et répondre à ce risque tout en incluant les sympathisants dans ce dispositif. Crée il y a plus d’un mois et demi, le site Fight the Smears (littéralement « combattre les saletés ») a pour objectif simple et direct de rétablir la vérité à chaque fois qu’une « attaque » est identifiée. Ainsi, l’idée est de combattre celle-ci le plus rapidement possible pour canaliser et faire disparaître la rumeur le plus vite possible.

Site Fight the smears Barack Obama Campagne présidentielle américaine 2008

Le site « Fight the Smears » s’organise de la manière suivante :

  • Des rumeurs sont mises en ligne au fur et à mesure qu’elles sont détectées par les équipes de campagne de Barack Obama ou par les internautes-militants (une adresse mail est à la disposition du public) ;
  • Des réponses argumentées sont postées et sont complétées par des « rich media » comme des vidéos, des enregistrements audio, des scans de documents officiels (et publics),… Tout ce qui peut apparaître utile pour enrayer la rumeur est utilisé et publié ;
  • Des mails peuvent être envoyés auprès du carnet d’adresse de l’internaute afin de rétablir la vérité auprès d’un maximum de personne tout en responsabilisant le militant.

Fight the Smears : un espace clef dans la communication de Barack Obama

Ce site représente pour moi un maillon important de la stratégie de communication de Barack Obama. S’il demande un investissement plus important qu’il ne laisse penser au premier abord (notamment en terme de temps), il présente de nombreux avantages :

  • Occuper le terrain de l’information et des médias : en apparaissant comme pertinent aux yeux de l’opinion et de la presse par des messages clairs, précis et relayés par les sympathisants ;
  • Mettre la pression sur le camp adverse : en apportant une réponse argumentée et attirant l’attention sur les médias/personnes qui propagent ces rumeurs ;
  • Valoriser les sympathisants/internautes : en intégrant les codes des sites participatifs. Ainsi, ils peuvent se faire écho des rumeurs qui circulent auprès de l’équipe de campagne de Obahama pour qu’elle réagisse mais ils peuvent également transférer les réponses concernant les rumeurs à tout leur carnet d’adresse,… Ainsi, le public est un acteur actif de la campagne de lutte contre les rumeurs et plus largement de la campagne électorale.
  • Se montrer le plus réactif : en identifiant les rumeurs au moyen de différents canaux (équipes de campagne, internautes,…).

Ce site est donc un pas de plus dans l’intégration d’Internet dans les stratégies de campagne électorale. Il ne fait aucun doute que ce « concept » sera repris par d’autres hommes politiques ou personnalités voire même des entreprises.

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