Samsung Gear S2 - Test Geeks and Com

Samsung est loin d’être un débutant dans le domaine des montres connectées. Qu’il s’agisse de modèles sous Tizen, sous Android Wear, des versions avec une carte SIM ou non, nous avons déjà testé plusieurs de ces produits et nous avions d’ailleurs beaucoup aimé la Gear S, qui commençait à montrer une réelle maturité du constructeur sur ce segment, en particulier grâce à une interface réfléchie.

Nous attendions donc avec impatience l’occasion de tester le nouveau bijou de la marque coréenne, la Samsung Galaxy Gear S2, aperçue pour la première fois en septembre. Nous avons ainsi pu passer plusieurs jours avec le produit lors d’un séjour aux États-Unis, marché sur lequel l’objet est sorti le 2 octobre. Nous vous proposons donc un test de la version sport de la Gear S2, avec prochainement un test dédié sur la version « Classic » du produit.

Caractéristiques Techniques de la Samsung Gear S2

Écran Super AMOLED 1,2 po en 360 x 360 (302 ppi)
Dimensions 42.3 x 49.8 x 11.4 mm
Processeur Samsung Exynos 3250 double coeur 1 Ghz
Mémoire
  • 4 Go de stockage interne
  • 512 Mo de RAM
Système d’exploitationTizen
Connectivité
  • Bluetooth 4.1
  • Wi-Fi 802.11n
  • NFC
Capteurs
  • Accéleromètre
  • Gyroscope
  • Baromètre
  • Capteur de luminosité
  • Capteur de fréquence cardiaque
Batterie 250 mAh

Design

Ça y est, la première montre connectée de Samsung à écran rond est enfin disponible. On attendait le constructeur sur ce segment depuis quelques temps, en particulier suite aux succès critiques des Moto 360 et Gear Urbane. Samsung a donc emboité le pas en offrant une version ronde de son produit.

Et après une Gear S aux dimensions démesurées et à l’écran impressionnant, c’est bien la miniaturisation du produit qui frappe. L’écran de la Gear S2, d’une taille de 1,2 pouces, fait petit lorsqu’on le compare aux 1,3 pouces de la Watch Urbane de LG ou et surtout des 1,5 pouces de la première version de la Moto 360. À l’usage, cela fait en sorte que le produit passe beaucoup plus inaperçu et correspond très bien aux petits poignets. En revanche, ceux ayant de gros poignets risquent de trouver le produit de Samsung un peu petit.

À 47 grammes, contre 49 pour la Moto 360 ou 66 grammes pour la Moto 360, la Gear S2 se défend plutôt bien en se faisant oublier sur un poignet. Le fait que la montre soit compacte donne par contre une impression de densité surprenante, et elle semble lourde lorsqu’on la prend en main pour la première fois. Cette impression disparaît très vite lorsqu’on la compare au modèle de LG, par exemple.

La version que nous avons testée ici, avec un bracelet sport noir, était très agréable à porter. Le bracelet, s’il ne donne pas une impression de classe ni de matériau premium, est très agréable au toucher et semble plutôt résistant. Il a malheureusement, comme tous les bracelets en silicone, tendance à faire transpirer si on le serre un peu trop. A noter que Samsung inclut dans la boîte deux tailles de bracelets afin de convenir à toutes les tailles de poignets, ce qui est vraiment pratique.

Nous reviendrons plus tard sur l’ergonomie de la montre, mais impossible de parler du design de la Gear S2 sans mentionner ses différents boutons. On en retrouve ainsi deux sur le côté droit, l’un permettant de revenir au menu principal tandis que l’autre permet de revenir en arrière. Autre particularité du produit, une couronne autour de l’écran est mobile et peut donc être tournée pour naviguer dans les menus. Cela donne un aspect très simple à la montre et l’ensemble se veut assez discret.

La Gear S2, même dans sa version sport, se veut donc un bel objet. Il est clair que ce modèle n’attirera pas autant l’attention de l’entourage comme une Watch Urbane ou peut être même une Gear S2 Classic pourraient le faire, mais ceux qui aiment avoir un objet discret à leur poignet seront ravis. Et avec la certification IP68, qui permet de la submerger, oublier la montre lors d’un plongeon dans la piscine ne sera pas un problème.

Connectivité

La Samsung Gear S2 utilise le Bluetooth 4.1 afin de se connecter à un téléphone. Pour le reste, on ne retrouve désormais plus d’émetteur infrarouge pour contrôler la télévision comme cela pouvait être le cas sur certains modèles par le passé, mais du Wi-Fi 802.11n et du NFC. Pas de GPS intégré non plus, il faudra donc compter sur le téléphone mobile qui l’accompagne pour vous localiser.

Bien évidemment, les habituels capteurs de fréquence cardiaque, accéléromètre, gyroscope et autres capteurs de luminosité ambiante sont toujours de la partie, mais commencent à être habituels dans les montres connectées. La Gear S2 fait donc plutôt dans le minimum au niveau de la connectivité, lorsqu’on la compare à certains produits concurrents actuels. On aurait par exemple aimé un capteur de rayons UV on l’intégration d’un GPS, activé au besoin.

Écran

Nous avions été impressionnés par la qualité de l’écran en 360 x 360 sur la Gear S lors de notre test, et Samsung a repris cette résolution dans un écran de 1,2 pouces pour le Gear S2, portant ainsi la densité à 302ppi, contre 245ppi sur une LG Watch Urbane ou une Huawei Watch, déjà très agréables au niveau de l’écran.

Comme souvent avec Samsung, les couleurs sont très saturées, mais cela ne choque pas particulièrement sur un écran de cette taille. Les angles de vision sont par ailleurs très bons, ce qui est très appréciable sur un accessoire que l’on n’aura pas forcément toujours exactement en face des yeux. L’écran est donc une vraie réussite, comme souvent avec les appareils Samsung.

Petit détail à relever, l’écran semble « enfoncé » dans la montre, et la vitre est donc légèrement surélevée par rapport à celui-ci. Cela n’est gênant en rien mais donne un visuel différent par rapport aux appareils actuels qui tendent au contraire à rapprocher le plus possible l’affichage de la surface.

Performances de la Samsung Gear S2

La montre est très réactive lors de la plupart des utilisations. Les différents menus et fonctions se lancent sans ralentissements et on a vraiment l’impression d’un appareil technologique haut de gamme lorsque l’on se sert de la Samsung Gear S2. Il est vrai que la montre est animée par un processeur double coeur Samsung Exynos 3250 de 1GHz, ainsi que 512 MB de RAM, on pouvait donc espérer un fonctionnement fluide.

Même en utilisation multitâches, ce qui devient de plus en plus fréquent lorsque l’on utilise la montre pleinement, à la manière d’un téléphone, celle-ci n’a révélé aucun ralentissement. La montre est équipée de 4Go de stockage, ce qui est similaire aux modèles concurrents, et devrait permettre de stocker plusieurs applications tierces sans problème.

Système d’exploitation et navigation

La base du système d’exploitation sous Tizen est commune aux précédents modèles de Gear. Pour preuve, on retrouve toujours la même typographie avec « Plile » au lieu de pile dans les réglages de la Gear S2. La principale nouveauté est ainsi la couronne de navigation située autour de l’écran et qui vient compléter, ou remplacer, la navigation tactile.

L’idée est assez originale : plutôt que de naviguer au doigt, Samsung a pensé la navigation de la Gear S2 pour qu’elle se fasse en tournant la couronne pour sélectionner les éléments à l’écran ou faire défiler du contenu. Les deux boutons présents sur la droite de la montre permettent d’afficher le menu principal et de revenir en arrière.

Et c’est selon moi ici que l’on touche à la limite de l’interface de navigation du produit : pourquoi n’avoir pas prévu un troisième bouton pour valider, si le but de Samsung est de ne pas avoir à utiliser l’écran tactile. On se retrouve ainsi avec un paradoxe, car il n’est ni possible de naviguer entièrement avec la couronne et les boutons, car on ne peut rien valider, ni de naviguer entièrement avec l’écran tactile, puisqu’il est impossible d’afficher le menu principal sans avoir recours aux boutons. On se retrouve donc à jongler entre les deux méthodes sans vraiment comprendre la logique. Si l’utilisation après quelques jours commence à devenir plus rapide, il y a une courbe d’apprentissage non négligeable et il arrive souvent de revenir au menu principal en pensant que l’on valide un choix les premiers jours. Il y a donc une marge d’amélioration considérable pour Samsung à ce niveau, même si on ne peut que saluer l’originalité de cette première version.

Application mobile : Samsung Gear Manager n’est plus limité aux appareils Samsung!

Samsung a semble t-il fini par comprendre que l’impossibilité d’utiliser une montre connectée Samsung sur un appareil d’une autre marque n’était pas bon pour les ventes de ces produits et n’avait pas non plus d’impact signification sur les achats de ses téléphones. On achète souvent un objet connecté en fonction de la compatibilité avec son téléphone, mais rarement un téléphone en fonction de sa compatibilité avec un objet connecté. Ainsi la Gear S2 est la première montre du constructeur à pouvoir être disponible avec d’autres appareils Android.

Les critères afin de pouvoir utiliser la montre sont donc désormais de posséder un appareil sous Android 4.4 ou supérieur et d’avoir au moins 1.5 Go de RAM. Cela devrait donc laisser peu d’utilisateurs Android de côté, et ceux disposant de moins de 1.5GB de RAM sont généralement assez peu susceptibles de se procurer une montre connectée à ce prix.

La première installation de la Gear S2 sur un appareil non Samsung est d’ailleurs plus longue qu’un appareil de la marque, car en plus du Gear Manager, il faudra passer par l’installation d’un Plugin Gear, d’un Plugin accessoires de Samsung, ainsi que de S Health si vous voulez bénéficier des fonctionnalités de fitness. Il faudra également donner l’accès au Gear Manager aux différentes notifications du téléphones. Autant d’étapes dans lesquelles l’utilisateur sera guidé, bien évidemment, mais qui viennent compliquer la première expérience avec le produit.

On retrouve la classique possibilité de personnaliser l’écran d’affichage de l’heure afin que celui-ci soit à notre goût. Certains exemples sont déjà préinstallés, mais on peut également choisir sa propre image, le style du texte ou du cadran ainsi que la couleur des différents éléments. C’est par exemple grâce à cette fonction que nous avons mis le logo de Geeks and Com’ sur l’appareil. Il est également possible d’ajouter ce que Samsung appelle des « complications » et qui affichent ainsi la batterie restante, la météo ou le nombre de pas, par exemple.

On retrouve également de nombreux réglages pour les différentes fonctions de la montre, comme la possibilité d’activer ou non les notifications des applications, d’allumer automatiquement la montre lorsque l’on bouge le poignet ou encore de changer le comportement de certains boutons ou manipulations.

Enfin, comme sur la plupart des produits concurrents, on peut faire vibrer la Samsung Gear S2 à partir du cellulaire si jamais on l’a égarée et qu’elle est dans la zone de portée du Bluetooth ou connectée à un réseau Wi-Fi. Cela fonctionne bien évidemment dans le cas inverse où vous auriez égaré votre cellulaire. Pour les personnes distraites qui passent leur temps à chercher leurs affaires, il s’agit d’un gain de temps précieux. L’absence de haut parleur sur la Gear S2 limite beaucoup l’intérêt de cette fonctionnalité et on s’en servira ainsi surtout pour retrouver son téléphone à partir de la montre.

Autonomie

Alors que Samsung nous avait habitués à une capacité de batterie intégrée de 300mAh avec la Gear S et la Gear 2 Neo, la capacité de la Gear S2 à ce niveau est limitée à 250mAh.

L’autonomie de la montre dépendra réellement de l’utilisation qui en est faite. En utilisation moyenne, on pourra espérer tenir deux journées complètes sans trop de difficultés et atteindre parfois trois jours. En revanche, si l’on fait un usage important de l’écran et des notifications, il faudra compter sur une recharge quotidienne. A titre d’exemple, en gardant l’affichage des aiguilles allumé constamment, en utilisant souvent l’écran aussi bien pour des notifications que pour de la navigation et une longue marche d’une vingtaine de kilomètres, la montre débranchée à 8 heures du matin a fini la journée à 23 heures avec 35% d’autonomie restante. C’est donc plutôt bon, mais sera insuffisant pour se passer de la recharger afin de tenir une deuxième journée.

On peut comprendre qu’avec toute la technologie intégrée l’autonomie soit si faible, mais avec une concurrence qui tient parfois jusqu’à une semaine sans rechargement, il s’agit d’un aspect à prendre en compte lors de l’achat. Il faut cependant souligner que Samsung se passe enfin de son socle de chargement propriétaire et propose un rechargement sans fil. Il suffit donc de la poser sur le chargeur inclus dans la boite pour qu’elle se recharge. Le système devrait donc être beaucoup plus durable et éviter les risques de casser le connecteur.

Applications disponibles

La Samsung Gear S2 est compatible avec les applications proposées pour les précédentes versions du produit. Cela lui permet donc d’offrir un catalogue plutôt bien fourni pour un début de vie de produit, sans pour autant être au niveau d’Android Wear pour le moment.

Par ailleurs, les applications créées pour les précédentes Gear ne tirent pas toujours partie de la couronne de navigation, ce qui est plutôt frustrant. Alors qu’on s’attendrait à pouvoir zoomer dans la carte sur Here Maps, par exemple, ce n’est malheureusement pas le cas.

Enfin, après avoir utilisé durant plusieurs mois des produits Android Wear ou Apple, qui installent automatiquement l’application sur la montre lorsqu’on installe la version pour téléphone, devoir effectuer deux installations pour le même produit devient vite frustrant. Il y a bien sûr un défi technique lié au fait que la Gear S2 n’utilise pas le même système d’exploitation que le téléphone, mais Samsung devrait réellement travailler sur ce point.

Conclusion

La Gear S2 de Samsung est un très bel objet, qui offre beaucoup de fonctionnalités dans un format très agréable à porter. Proposée en deux couleurs à 399$ au Canada, elle se situe dans la moyenne des prix actuels, au même prix par exemple qu’une Moto 360 seconde édition et moins cher qu’une Huawei Watch par exemple. Il y a cependant une différence de seulement 30 dollars entre la version sport de la Gear S2 et la version Classic, que nous devrions tester très prochainement, mais qui donne l’impression d’être beaucoup plus haut de gamme à première vue. Le choix se fera donc principalement selon les goûts.

Quelques défauts de jeunesse viennent impacter le nouveau mode de navigation, qui pourrait être beaucoup plus intuitif s’il était mieux mieux exploité. Cependant, la réactivité globale et la qualité de l’écran font de la Samsung Gear S2 un produit agréable à utiliser et que l’on suivra avec intérêt dans son cycle de vie.

NOTES
Design
8
Connectivité
7.5
Performances
9
Écran
9
Système d'exploitation
8
Autonomie
8
Finition
8
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Éditeur de Geeks and Com', je suis un passionné de nouvelles technologies, de sport et de tout ce qui touche au monde des communications/marketing. Je suis également consultant en communication numérique pour Signature sur le Saint-Laurent (construction du nouveau pont Champlain à Montréal).