Light Fall est un jeu développé à Québec par le studio Bishop Games. Originalement financé sur Kickstarter et prévu pour juin 2016, le jeu a fait face à de nombreux reports, jusqu’à sa sortie il y a quelques jours. Malgré cela, il a tapé dans l’œil de Nintendo, qui l’a présenté comme l’un des jeux indépendants phares d’un de ses derniers Nintendo Direct. Après quatre ans de développement, le jeu remplit-il réellement ses promesses ? La réponse dans ce test !

Fiche technique

  • Date de sortie : 26 avril 2018 
  • Style : Plateforme
  • Classement ESRB/PEGI : 10+/PEGI 12
  • Développeur : Bishop Games
  • Éditeur : Bishop Games
  • Langues d’exploitation : Français
  • Disponible sur PC et Nintendo Switch
  • Testé sur Nintendo Switch
  • Prix lors du test : 18.49 $ CA/14.99 
  • Site officiel
  • Version envoyée par l’éditeur

Un périple à Numbra

Light Fall, c’est le voyage d’un individu mystérieux qui traverse le Monde oublié de Numbra à la recherche d’indices sur son passé et pour sauver les habitants de la catastrophe qui semble se dessiner devant eux. On est accompagné dans notre périple de Stryx, un vieux hibou qui assure la narration pour nous aider à comprendre le passé de notre personnage. La narration est excellente varie tout au long de l’aventure, étant tantôt de la narration simple pendant notre marche, à des cinématiques ou des images qui s’incrustent dans le ciel pour nous présenter des moments forts de l’histoire.

Créer ses propres plateformes

Notre personnage dispose d’un pouvoir spécial, à savoir le Noyau d’Ombre. Il peut faire apparaître des boîtes qui lui serviront de plateformes pour atteindre la suite du niveau. Tout le jeu est basé sur cette capacité spéciale. Il peut attaquer les rares ennemis du jeu ou briser des murs de glace en lançant son pouvoir, créer des plateformes normales, ainsi que les mettre devant lui pour faire l’équivalent d’un saut entre des murs et donc aller encore plus haut. On peut également s’en servir en courant pour accélérer et sauter plus loin.

Dans l’ensemble, cette jouabilité spéciale de Light Fall amène un réel vent de fraîcheur à ce type de jeux, puisque cela permet de déroger des chemins prescrits habituellement dans les jeux de plateforme 2D. Il faut user de notre imagination pour atteindre des plateformes, tout en ayant le bon timing. Parce que oui, le timing compte. Si on fait apparaître notre Noyau d’Ombre trop tôt ou trop tard, on va assurément rater notre coup. C’est la même chose si l’on court trop longtemps, puisque notre personnage va finir par glisser de la plateforme. Par contre, la chose n’est pas toujours au point, rendant parfois le jeu plus facile que prévu…

Plus accessible que Celeste

En effet, les développeurs ont vendu le jeu comme étant assez difficile. Dans les faits, il est cependant plus accessible qu’un Celeste, par exemple, puisque à la difficulté normale, il est beaucoup plus facile. Lorsqu’il est temps d’utiliser une nouvelle capacité du pouvoir, le jeu nous prend par la main, nous montrant exactement ce qu’il faut faire. Toutefois, avant ces moments, en découvrant l’existence de ces capacités, on peut sauter de nombreux casse-têtes pour atteindre la suite en passant par-dessus ce qu’on doit faire. De même, dans certains moments plus difficiles, il m’est arrivé de réapparaître au point de contrôle suivant, sans l’avoir atteint préalablement et après un seul échec.

Une fin en queue de poisson

Dans l’ensemble, Light Fall est un très bon jeu, surtout si l’on ne considère que les trois premiers actes. La balade dans les univers variés joliment dessinés à la main s’avère être un pur plaisir et les spécificités de chaque univers amène son lot de défis additionnels, comme l’impossibilité d’utiliser le Noyau d’Ombre pour avancer.

Toutefois, le quatrième acte et l’ennemi final sont des très gros problèmes dans ce jeu. À partir de cet instant, il n’est pas beaucoup plus difficile, mais surtout plus punitif. En effet, alors que les niveaux se rallongent les points de contrôles sont placés à une distance assez déraisonnable. Par exemple, les trois dernières parties du quatrième acte n’ont qu’un seul point de contrôle, commun aux trois. Qu’on échoue l’une des phases ou l’autre, on va réapparaître au même endroit, même si le début de la phase est assez éloigné.

Même chose pour l’ennemi final. Le point de contrôle se situe à plus de 15 secondes de marche du début du combat, qui est, avouons-le, assez endormant. Alors que les trois premiers combats étaient plutôt dynamiques, celui-ci consiste à éviter des attaques pendant plus de 10 minutes. Les attaques arrivent dans un ordre aléatoire et il m’est même arrivé de me retrouver coincé entre des boules de feu et des espèces de cotons-tiges vers la fin du combat. Bien évidemment, à chaque échec, on doit se retaper la marche de la honte.

Une courte durée de vie

Il m’aura pris un peu plus de deux heures pour arriver à ce combat final, mais plus d’une heure à éviter les attaques de l’ennemi final avant de réussir à le vaincre. Le jeu a donc une durée de vie beaucoup trop courte, surtout compte tenu du fait qu’il n’y ait presque aucune rejouabilité. Des secrets sont cachés dans les niveaux, mais ceux-ci sont peu nombreux, et surtout, leurs cachettes sont beaucoup trop intuitives. Si l’on a deux chemins, celui vers la gauche est la suite du niveau, alors que l’autre mène au secret. Sinon, la seule rejouabilité se trouve dans mode contre-la-montre.

Conclusion

En conclusion, on peut voir dans Light Fall un mélange entre Limbo et Celeste. On retrouve le côté visuel unique de Limbo avec les jeux d’ombres, et la précision d’un Celeste, en un peu moins bien. L’apport du Noyau d’Ombre permet de renouveler l’expérience des jeux de plateforme 2D. Toutefois, la technique n’est toutefois pas au point, puisqu’elle permet d’éviter des obstacles qui devraient normalement nous donner du fil à retordre. Mine de rien, les trois premiers actes du jeu sont d’un pur plaisir. Malheureusement, la fin n’est pas d’une aussi grande qualité et vient affecter énormément mon avis sur ce jeu, notamment en raison du fait qu’il doit beaucoup trop court.

NOTES
Score global
8
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Passionné de jeux vidéo et de sports, j'étudie présentement en Communication publique à l'Université Laval. Je suis aussi journaliste sportif pour le journal Impact Campus.