Trois ans après avoir délivré Medici de la dictature du général Di Ravello, Rico Rodriguez repart en mission dans Just Cause 4. Le titre du studio Avalanche, fraîchement annoncé à l’E3 2018, est déjà arrivé sur les tablettes, promettant quelques nouveautés loufoques, après un troisième épisode trop près du deuxième. A-t-on droit à un retour explosif de la série ? Pas vraiment…

Fiche Technique

  • Date de sortie : 4 décembre 2018
  • Style : Action / jeu de tir à la troisième personne
  • Classement ESRB/PEGI : M 17+ / PEGI 18
  • Développeur : Avalanche Studios.
  • Éditeur : Square Enix
  • Langue d’exploitation : offert en français
  • Disponible sur PlayStation 4, Xbox One et PC 
  • Testé sur PlayStation 4
  • Prix lors du test : 79,99 $ / 59,99 €
  • Site officiel
  • Version numérique envoyée par l’éditeur

Arrêter la Main Noire

Après San Esperito, Panao et Medici, Rico Rodriguez se dirige maintenant sur l’île de Silos pour une nouvelle aventure. Cette fois-ci, en plus de tenter de découvrir des traces du passé de son père, il vient en aide à l’Armée du Chaos, qui tente de se rebeller contre la Main Noire et ses dirigeants, Oscar Espinosa et Gabriela Morales. Ceux-ci tentent de contrôler la météo à l’aide d’une arme destructrice à la base du projet Illapa, auquel il faudra mettre fin.

La météo occupera donc une place centrale dans l’histoire principale, mais est presque absente du reste du jeu. L’aventure principale a donné droit à certaines scènes épiques au cours des quêtes principales, mais outre cela je n’ai eu affaire à des tornades ou des éclairs qu’à quatre ou cinq reprises en une vingtaine d’heures de jeu.

Un faux sentiment de liberté

La série Just Cause est reconnue pour ses combats épiques et son monde ouvert et cela ne change pas dans ce quatrième épisode. Il est toujours possible d’approcher les missions de plusieurs façons et de presque tout faire exploser sur notre passage. Plus que jamais, les explosions sont spectaculaires et dignes d’un film d’action hollywoodien.

Toutefois, les nouveautés apportées au titre réduisent presque à néant ce sentiment de liberté. À commencer par les quêtes annexes liées aux lignes de front. Désormais, il est possible de prendre le contrôle de toutes les régions de l’île en affectant des troupes révolutionnaires et en réalisant certaines missions extrêmement répétitives. Préparez-vous à passer de nombreuses heures à activer des consoles, à détruire certaines choses ou à protéger et escorter des prisonniers !

Surtout qu’il n’y a aucun moyen de s’en sauver. Ces missions sont essentielles pour libérer les régions de l’emprise de la Main Noire, et en plus de cela, la libération de certaines régions est obligatoire pour débloquer les missions principales.

Une jouabilité presque inchangée

Si vous avez joué aux précédents volets de la série, vous ne serez pas du tout dépaysé par la jouabilité du titre d’Avalanche. La prise en main des combats est toujours aussi simple et agréable et tout comme le grappin, malgré certains problèmes techniques.

Parlant du grappin, on retrouve toujours le wingsuit et le parachute, en plus de nouvelles améliorations, comme le rétracteur, les ballons et les propulseurs. Alors que le rétracteur est obligatoire dans certaines situations lors des missions principales, ce qui rend impossible la possibilité de démolir certaines armes ennemies à l’aide d’un tank ou d’un hélicoptère, l’utilisation des ballons et des propulseurs se limite à certaines missions très secondaires, qui permettent d’améliorer le grappin. À vrai dire, elles relèvent plus de l’aspect cocasse que d’autre chose. Si votre but est de vous amuser à envoyer des ennemis dans les airs avec les ballons, vous y trouverez probablement votre compte pendant un court instant.

Pour ce qui est des déplacements, on peut se réjouir qu’un voyage rapide avec un minime temps de chargement ait été mis en place. En effet, les déplacements en voiture, en bateau ou à l’aide d’un autre moyen de transport sont tellement chaotiques que le saut en chute libre et le wingsuit deviennent rapidement nos meilleurs amis. Les différents moyens de transport sont difficilement maniables et en ajoutant cela aux bogues, on se retrouve plusieurs fois dans des situations frustrantes menant parfois à des morts inexpliquées.

Des nombreux pépins techniques

Je l’ai abordé à plusieurs occasions, mais l’expérience de jeu est largement affectée par une grande faiblesse technique. On nous garantissait une version améliorée du moteur graphique Apex, mais visuellement, on se croirait plutôt en 2014. Les développeurs ont certes offert une grande carte et de courts temps de chargement, mais cela s’est fait au détriment de nombreux éléments. Si les jeux d’aujourd’hui regorgent de personnages, les environnements de Just Cause 4 sont vides, à l’exception des ennemis et de quelques prisonniers. On se console toutefois quand on voit que ceux-ci sont plutôt ratés, surtout dans les cinématiques.

Pour ce qui est des décors, ça fait longtemps que je n’avais pas vu dans un jeu autant d’aliasing et d’éléments qui apparaissent sous nos yeux. On a qu’à se promener quelques secondes en wingsuit pour admirer tous les défauts visuels du site.

On retrouve également de nombreux problèmes techniques comme des ralentissements et des bogues de collisions. En ajoutant cela aux habituels problèmes d’intelligence artificielle et aux quelques occasions où le personnage reste au sol sans bouger pendant de nombreuses secondes après avoir été propulsé par une bombe, on voit là quelques-uns des problèmes rencontrés et qui n’avaient toujours pas été réglés au moment de terminer ce test deux semaines après la sortie du titre.

Conclusion

J’attendais avec impatience Just Cause 4 après un troisième épisode qui m’avait déçu. Toutefois, mis à part une histoire principale plus intéressante que le précédent opus, cette aventure à Silos est tout aussi décevante sur plusieurs points. Le titre développé par Avalanche Studios tourne en rond, avec certaines missions extrêmement répétitives et de nombreux problèmes techniques. Est-ce que le jeu est sorti trop tôt ? On ne le saura probablement jamais, mais chose certaine, dans une année vidéoludique exceptionnelle comme celle que l’on vient de connaître, Just Cause 4 n’est tout simplement pas de taille. Les développeurs auront toutefois rapidement la chance de se racheter l’an prochain avec Rage 2 et Generation Zero.

NOTES
Score global
6
PARTAGER
Passionné de jeux vidéo et de sports, j'étudie présentement en Communication publique à l'Université Laval. Je suis aussi journaliste sportif pour le journal Impact Campus.