Les jeux de simulation ont pris de l’ampleur depuis que les Harvest Moon, Stardew Valley et autres ont fait leur apparition. Or, si quelques-uns ont réussi, d’autres se sont cassé la tête solidement. Pour ma part, j’ai toujours apprécié le genre lorsqu’il était bien exécuté. Pour se faire, la recette est simple, il faut de la variété dans la jouabilité et donner un sentiment de progression constant aux joueurs. Alors, est-ce le cas avec le tout nouveau titre de Team17 et Pathea Games intitulé My Time at Portia ?

Fiche technique

  • Date de sortie : 16 avril 2019
  • Style : Jeu de simulation
  • Classement ESRB / PEGI ESRB E10+ / PEGI 7
  • Développeur : Pathea Games
  • Éditeur : Team17
  • Langue d’exploitation : Disponible en français
  • Testé sur Nintendo Switch
  • Autre(s) console(s) : PC, Xbox One, PlayStation 4
  • Prix lors du test : 37.79 $ CAD / 29,99 €
  • Site officiel
  • Version numérique envoyée par l’éditeur

Une autre simulation

Il y a maintenant un peu plus d’un an que My Time at Portia est paru sur PC et voilà que le studio nous offre finalement la version console. Ayant passé par-dessus la première fois, l’édition Switch parue cette semaine m‘interpellait particulièrement et je n’ai vraiment pas été déçu.

My Time at Portia se déroule dans un univers post-apocalyptique où un grand cataclysme aurait grandement affecté la civilisation par le passé. Le joueur se retrouve sur l’île de Portia pour commencer une nouvelle vie et redonner un peu de vie à l’atelier de son père qui y vivait autrefois. Le joueur cherchera donc à faire sa place parmi les habitants de Portia en développant des relations tout en améliorant la vie des habitants et la sienne. Serez-vous en mesure de découvrir tous les secrets qui s’y cachent ?

Bienvenue à Portia

Varié et addictif

En matière de jeu de simulation, My Time at Portia aurait difficilement pu être plus complet. Les possibilités sont pratiquement infinies dans ce jeu. On peut décorer son atelier, l’agrandir, compléter des missions, explorer des ruines, accumuler les ressources, se battre, jouer au fermier, pêcher, cuisiner et j’en passe. Franchement, c’est assez impressionnant considérant qu’il vient d’un studio relativement petit et assez méconnu.

Le rythme est parfait pour tous les types de joueurs puisqu’on peut prendre son temps, mais on nous impose néanmoins une limite de temps pour la plupart des choses.

Qui plus est, le jeu a bien exploité le sentiment de progression du joueur. Non seulement on peut voir notre atelier grandir, mais on peut surtout faire progresser notre personnage. Ainsi, peu importe la tâche qu’on accomplit, on gagne des points d’expérience qui augmentent notre niveau. Il n’y a rien qu’on fait qui ne sert à rien. On a même un arbre de talent qui nous permet de personnaliser un peu notre personnage selon nos intérêts. Ainsi, les points de vie et la fortitude du protagoniste progressent constamment. On peut donc combattre des ennemis plus puissants et il y a justement quelques boss assez féroces. Quoique la prise en main des combats, bien que simple, n’est pas la plus facile à contrôler.

Parlant de boss, la partie exploration de caves est aussi très intéressante. Il y en a une multitude et elles sont plutôt variées pour la plupart. Certes, il y a celles qui sont conçues uniquement pour accumuler des ressources, mais celles qui sont présentées sous forme de donjons sont bien plus divertissantes. Bref, c’est amusant et particulièrement addictif.

La construction avant tout

Malgré la variété impressionnante du jeu, My Time at Portia propose tout de même une certaine direction grâce à une lignée de quêtes. Celles-ci se concentrent principalement sur le développement de notre atelier. Tout ça est possible grâce aux pages du manuel que notre père nous a laissé et qui nous permet de découvrir plusieurs diagrammes de son cru. C’est en complétant ces divers objets qu’on améliore notre vie et que notre atelier devient une vraie usine à production.

Après tout, le but du jeu reste mercantile. Il faut découvrir de nouvelles recettes ou construire de nouveaux diagrammes pour produire le prochain item afin d’avancer notre quête.

D’ailleurs à ce niveau, les développeurs ont fait un excellent travail puisqu’il se passe plein de choses dans le village durant notre séjour. Par exemple, une chaîne de quêtes nous fait découvrir que plusieurs villageois se font piller des items. Tout ça nous mène à une grotte où résident des créatures semi-rat et semi-humain qui sont de forts combattants. Puis, il y a les événements cocasses comme un duo de voleur plutôt ridicule ou encore un dirigeable qui fait pleuvoir des tonnes de cadeaux dans la ville. C’est particulièrement comique de voir tous les habitants courir dans la même direction afin d’essayer d’obtenir le plus de cadeaux possible. Ce ne sont que quelques exemples qui, selon moi, prouvent que le jeu est beaucoup plus complexe que ce qu’on pouvait penser initialement.

Tout peut être transformé à Portia

Un jour je serai le meilleur constructeur

Un autre attrait qui rend le jeu intéressant, c’est qu’on est loin d’être le seul artisan du village. Ainsi, on nous compare à maintes reprises à d’autres afin d’évoquer notre sentiment de compétition. D’ailleurs, le jeu a même intégré une guilde où les villageois laissent des demandes d’aide sur le babillard et, si on n’est pas assez vite, quelqu’un d’autre pourrait prendre la requête.

Or, ces requêtes sont particulièrement utiles pour nous procurer un peu d’argent et pour améliorer nos relations avec les autres habitants. Plus on développe ces relations, plus on peut avoir des interactions intéressantes avec ces derniers. C’est aussi ainsi qu’on progresse aux yeux des habitants et qu’on finit par retrouver la gloire d’antan de notre père qui était reconnu comme un constructeur légendaire. Ce sera à vous de suivre ses pas et reprendre là où il a laissé le village. Notre réputation est en jeu après tout.

Il faut suivre le manuel de papa pour progresser

Des fois le 3D est tout simplement mieux

J’adore Stardew Valley, ne vous détrompez pas. Je crois qu’il s’agit d’un des meilleurs jeux de simulation sur le marché. Cependant, on finit par se lasser des visuels 2D, alors la venue de My Time at Portia est une bonne nouvelle. Le jeu est entièrement en 3D et, bien qu’il ne se mesure pas bien à la génération actuelle, il a un certain charme. Les personnages ont souvent des traits exagérés ce qui fait en sorte qu’ils ont parfois l’air de caricatures animées.

C’est plus rapide en bus

De plus, les créatures qui nous attendent sont souvent aussi farfelues. Par exemple, on retrouve des oursins qui flottent sur terre avec des parapluies attachés à leur dos. Ajoutons à tout ça un univers plutôt coloré même si le ciel n’est pas toujours bleu et on obtient un monde plutôt attrayant.

Son plus gros défaut à mon avis est disparu depuis la plus récente mise à jour du titre. En effet, juste à temps pour le lancement, les développeurs ont offert un correctif qui réduit les temps de chargement grandement. Auparavant, il fallait attendre plus d’une minute chaque fois qu’on rentrait ou sortait de notre atelier et ça devenait vite frustrant. Cette fois, seul le chargement initial du jeu est assez long et par la suite tout roule très bien. Or, comme on décroche difficilement du titre, ça devient beaucoup moins dérangeant.

Difficile de décrocher

En conclusion, même si le jeu n’est pas parfait, j’ai eu beaucoup de difficulté à décrocher. Tous les éléments sont en place pour nous inciter à rester une journée de plus dans l’univers pour voir ce qui va se passer. On a constamment un sentiment de progression qui est souvent très satisfaisant vu la complexité de certaines missions principales. De plus, le jeu ne nous impose pas vraiment de développer tous les aspects du jeu. J’ai fait les deux premiers mois en touchant à peine au système de cultivation et de cuisine. Bref, vous êtes averti. My Time at Portia propose une aventure très accrocheuse surtout si vous êtes amateur du genre.

NOTES
Note d'enthousiasme
8.5
PARTAGER
Passionné de techno et surtout de jeux vidéo, j’ai un Baccalauréat en Administration des Affaires et j’adore mélanger les jeux vidéo à la finance. Curieux, je joue à presque tous les genres et je suis toujours prêt à essayer de nouvelles expériences vidéoludiques. Il y a toujours quelques nouveautés dans ma ludothèque prêtes à être jouées. Je suis le rédacteur en chef de Geeks & Com' et le responsable de la section Jeux vidéo.