La réalité virtuelle pour traiter l’anxiété, les phobies et le stress

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Labo Psycho - UQO

Le stress et l’anxiété affectent et envahissent notre quotidien. Pas étonnant que des chercheurs du monde entier s’intéressent à ses problématiques, ses sources et sur leurs diagnostics. Concrètement, on appelle cette science la cyberpsychologie clinique. Elle permet notamment de traiter la peur de prendre l’avion et celle des araignées et cette technologie est maintenant accessible à la population. Pour le patient, apprivoiser ses peurs en réalité virtuelle est plus sécuritaire et la technologie permet au thérapeute de bien cibler les peurs et avoir un contrôle quant à l’intensité des situations qu’il lui fera vivre. De plus, la réalité virtuelle permet aussi d’effectuer sur pour la prévention du jeu pathologique.

Au Québec, l’Université du Québec en Outaouais (UQO) à Gatineau est l’une des rares universités qui possèdent une voûte immersive à six faces. Il existe 9 voûtes de ce type à travers le monde et celle qui a été baptisée du nom de Psyché à l’UQO, est le seul système immersif au monde dédié à la psychologie clinique et à la santé mentale. Aujourd’hui, les applications de la technologie d’environnements virtuels incluent le design architectural, les jeux fantaisistes, les simulations de vol d’avions et le matériel éducationnel.

Bien que l’univers de la cyberpsychologie soit virtuel, l’enseignement et les recherches menées au pavillon Alexandre-Taché de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) sont bien réels. Le professeur Stéphane Bouchard, professeur au Département de psychoéducation et de psychologie à l’UQO et son équipe développent des traitements pour les personnes vivant des problèmes liés au stress et à l’anxiété. « Un élément essentiel de toute thérapie pour les troubles d’anxiété c’est qu’à un moment donné, il faut affronter ses peurs. Tout l’art du traitement réside dans la façon de le faire. Grâce à la réalité virtuelle, le psychologue peut intervenir progressivement et de façon mieux adaptée à chaque personne » de dire le professeur Bouchard. Les applications de la cyberpsychologie en réalité virtuelle

Traitement de la peur en avion à l'UQOAujourd’hui, les applications de la technologie d’environnements virtuels incluent le design architectural, les jeux fantaisistes, les simulations de vol d’avions et le matériel éducationnel incluant des « visites » dans le corps humain. La réalité virtuelle peut s’avérer très utile pour la psychologie et ce, tant dans le domaine expérimental que clinique. En effet, la cyberpsychologie offre aux chercheurs la possibilité de mieux contrôler une foule de variables susceptibles d’affecter les résultats à différentes mesures.

La mise sur pied de laboratoires utilisant la réalité virtuelle dans le domaine de la psychologie, tel le Laboratoire de Cyberpsychologie de l’UQO, permet d’assurer un contrôle plus complet lors d’études de différents phénomènes psychologiques (phobies, déviances sexuelles, etc.). Du fait que cette technologie s’avère une toute nouvelle avenue de recherche, la liste d’applications possibles est pour le moment incomplète. Certains psychologues utilisent des environnements virtuels pour désensibiliser les gens à leur phobie. La réalité virtuelle peut être ainsi utilisée dans des domaines comme : la simulation d’environnements (musées, conduite automobile, etc.), l’exposition pour les phobies, l’évaluation des déviances sexuelles, la motivation à l’exercice physique dans des environnements restreints (navette spatiale), la modélisation des comportements, la réduction des effets secondaires découlant des traitements médicaux, la création d’environnements permettant de vivre de nouvelles expériences constructives, le traitement des troubles alimentaires, le traitement des dysfonctions sexuelles, l’apprentissage d’habiletés dans un environnement sécuritaire, la réhabilitation des fonctions cognitives et motrices, etc.

La réalité virtuelle au service de la psychologie - UQOLa recherche en cyberpsychologie n’implique pas seulement que la réalité virtuelle. Elle s’étend aussi au domaine de la télésanté et ce, notamment via la vidéoconférence et la technologie Internet. À ce sujet, la psychologie clinique emploie depuis quelque temps la vidéoconférence à des fins novatrices. En effet, cette technologie permet d’offrir en autres des services en santé mentale à distance et présente les mêmes avantages que toutes les autres formes de télémédecine. À ce jour, plusieurs études ont déjà démontré la faisabilité de la télémédecine en santé mentale, notamment pour l’évaluation diagnostique et la consultation s’est particulièrement intéressée à l’efficacité de la télépsychothérapie dans le traitement du trouble panique avec agoraphobie via la vidéoconférence. Les résultats, statistiquement et cliniquement significatifs, ont démontré non seulement l’efficacité de la télépsychothérapie mais aussi l’établissement d’un excellent lien thérapeutique et ce, dès la première séance. Autre fait intéressant, il semble que le sentiment de présence joue un rôle important en télépsychothérapie.

La téléprésence (une technologie utilisant des détecteurs à distance associés aux systèmes sensoriels d’un opérateur humain) peut devenir une réalité mixte si elle est couplée à un système de réalité virtuelle et ainsi permettre certaines applications dans le domaine de la santé. En plus de faire sa marque en psychologie clinique, la téléprésence est aussi devenue indispensable dans d’autres domaines, dont la médecine. Par exemple, un chirurgien, en plus d’avoir à sa portée des instruments auxquels sont incorporés des mini-caméras, peut aussi visualiser ses actes sur un écran grâce à la téléprésence. Sur ce même écran, le praticien peut voir se superposer à ses gestes une image d’un résultat de CAT SCAN pris précédemment de même que celui d’un ultra-son en temps réel. Un autre domaine faisant application de la téléprésence est celui de l’aérospatial (emploi de la télérobotique pour explorer des surfaces spatiales à distance). Il est à mentionner que ce dernier domaine se sert de ce procédé depuis plus longtemps que la psychologie et la médecine. La technologie Internet, tout comme la vidéoconférence, fait depuis peu partie des moyens utilisés par la psychologie pour traiter certaines pathologies. Par exemple, il est maintenant possible d’offrir, via internet, un type de psychothérapie pour une problématique assez récemment reconnue: la cyberdépendance. Brièvement, des recherches semblent démontrer que des comportements reliés à l’utilisation de l’ordinateur sont aussi à même de créer des dépendances (plus spécifiquement le fait de jouer à des jeux vidéo de façon compulsive) que ne peut l’être par exemple la consommation de substances psychoactives. La voie Internet permet donc d’offrir des possibilités pour la psychothérapie, soit via le clavardage (« chat ») ou encore l’utilisation de pages web.

Psyché, le seul système immersif au monde dédié à la psychologie clinique et à la santé mentaleL’UQO innovera encore bientôt en développant un environnement virtuel pour la recherche et la prévention du jeu excessif. De nouveaux équipements permettront de déceler plus facilement les personnes à risques, de cibler plus efficacement les facteurs de risques psychologiques pour la prévention du jeu pathologique. « Nos recherches ne s’arrêteront pas là puisque nous commençons à travailler sur des troubles d’anxiété plus complexes, comme le stress post-traumatique, l’anxiété généralisée, les obsessions-compulsions, où la thérapie demande beaucoup plus de nuances. Là, le virtuel aura un impact décisif sur les services de santé mentale offerts à la population. Pour l’instant, il n’y a qu’à l’UQO que les étudiants peuvent se former sur ces applications cliniques » affirme Stéphane Bouchard.

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Publicité, marketing, design, éducation et tourisme sont mes sujets de prédilections.. Mon parcours m’a évidemment amené à partager ces intérêts sur les réseaux sociaux.
J’agis à tire de directeur des communications et du recrutement à l’Université du Québec en Outaouais (UQO) qui compte des campus à Gatineau et Saint-Jérôme. Mon expérience en communications et relations publiques m’a amené à œuvrer aussi à la Ville de Gatineau, au Conseil canadien des ingénieurs, à La Cité collégiale et à la Fondation de l’UQO.