J’ai un énorme respect pour les studios indépendants. Ils doivent se surpasser sur le plan du talent, de la créativité et de l’effort pour sortir du lot et survivre malgré un budget limité et une équipe restreinte.

Les dernières années nous ont habitués à plusieurs déceptions au niveau des jeux provenant de studios indépendants. Ils sont souvent incomplets, maladroitement optimisés ou vendus trop tôt dans une version éternellement anticipée.

Malgré tout, plusieurs perles ont vu le jour et, bien souvent, sont l’œuvre d’une équipe restreinte, voire d’une poignée de gens. Je pense, entre autres, à Minecraft, Stardew Valley et FEZ qui sont tous devenus des incontournables dans leurs genres. Je vais vous expliquer dans cette critique pourquoi je pense que Flinthook, le tout dernier titre du studio québécois Tribute Games, risque lui aussi de devenir un incontournable dans son genre.

Fiche technique

  • Date de sortie : 14 avril 2017 
  • Style : Action-Plateformer / Roguelike
  • Classement ESRB / PEGI ESRB E / PEGI 3
  • Développeur : Tribute Games
  • Éditeur : Tribute Games
  • Langue d’exploitation : Français et Anglais
  • Disponible sur Xbox One, PS4 et PC
  • Testé sur PC
  • Prix lors du test : 14,99 $ CA / 13,49 €
  • Site officiel
  • Version envoyée par l’éditeur

Un « action-plateformer » avec une touche de « roguelike »

Flinthook est un jeu d’action avec des éléments de roguelike. Vous vous déplacez dans différents tableaux, générés de façon procédurale, à la recherche d’or, d’armes, d’améliorations et de pierres spectrales. Une fois un certain nombre de pierres spectrales accumulées, elles vous permettent de découvrir l’emplacement du bateau d’un chef pirate.

Facile à apprendre, difficile à maîtriser

Le tutoriel d’introduction au jeu nous permet de facilement comprendre les trois éléments majeurs qui le composent. La gestion de notre grappin, de notre pistolet ainsi que de notre chronoceinture, qui nous permet de ralentir temporairement le temps.

Une fois que l’on connaît la base, il ne nous reste plus qu’à apprendre quand et comment utiliser chaque capacité. Ça semble facile en théorie, mais en pratique ce l’est beaucoup moins. Certains tableaux demandent une excellente maîtrise du lancement du grappin. D’autres vont miser sur une gestion efficace du ralentissement du temps. Dans tous les cas, la capacité de se déplacer rapidement et de viser juste est primordiale.

Même si le fait de tirer et de sauter est un peu plus difficile avec une manette, puisqu’on utilise le même bouton de direction, je vous suggère grandement ce choix avant celui du clavier et de la souris. La prise en main de la manette est immédiate et même si, à mon avis, on manque de précision lors des tirs sautés, ça demeure un meilleur choix que le clavier, qui offre des tirs plus précis, mais une rapidité et une efficacité inférieure.

J’ai aussi eu quelques problèmes avec les ennemis auxquels on doit enlever une bulle protectrice avant de les tuer. J’ai l’impression que le jeu inclut une forme d’assistance à la visée qui fait que, bien souvent, je me suis accroché aux anneaux au lieu de toucher la bulle ennemie. Ça m’a coûté des points de vie et, parfois, m’a tout bonnement tué.

Un système de progression qui réduit les frustrations

Je ne le répéterai jamais assez, Flinthook est un jeu difficile. Derrière ce petit pirate à l’allure bien sympathique, et le décor coloré dans lequel il évolue se cache un jeu qui demande beaucoup de détermination au joueur. Dans la tradition des roguelike, vous devrez recommencer du début l’ensemble des niveaux menant au chef pirate chaque fois que vous mourrez.

L’obligation de reprendre notre progression du départ peut rapidement devenir une source de frustration pour un joueur comme moi, qui n’est pas particulièrement doué avec ce style de jeu. Heureusement, les développeurs chez Tribute Games ont eu la brillante idée d’introduire un système de rang. À chaque fois que vous mourrez ou que vous éliminez un capitaine de navire, vous gagnez de l’expérience et accumulez une devise servant à acheter des améliorations au marché noir. Vous pourrez ainsi débloquer de nouvelles améliorations qui font en sorte que votre prochaine tentative est généralement plus facile que la précédente.

Un look rétro avec une touche moderne

Le jeu est conçu à partir d’image 2D de type pixel-art, ce qui lui donne une allure rétro qui va plaire aux amateurs du genre. Il y a un beau mélange entre les thèmes sombres dans le paysage du fond et plus colorés avec les éléments du devant. Ceci fait en sorte qu’on ne se perd pas dans cet univers pixelisé. Le tout est bourré de petits détails, parfois animés, qui donnent un aspect unique à chaque tableau.

On croise durant notre aventure une variété de personnages alliés ou ennemis aux allures bien distinctes. Certains manquent un peu de détails, mais la plupart sont très bien réussis. Mon préféré est le démon, un géant assis sur un fauteuil en bois duquel on ne voit que la moitié du corps. Il nous offre un bonus en échange d’une pénalité, une décision à ne pas prendre à la légère.

Si je devais reprocher quelque chose à la composition visuelle du jeu, c’est les éléments de couleur grise comme les piques et les plaques de pression au sol sont difficiles à apercevoir. On n’a pas toujours le temps de bien analyser l’ensemble d’un tableau et on tombe, trop souvent, sur un pique qui était bien caché par rapport au fond plus sombre. C’est un problème mineur sur un écran de taille raisonnable, mais qui risque d’être un peu plus important sur un écran plus petit comme celle de la PlayStation Vita.

Une trame sonore rythmée et prenante

Encore une fois, l’équipe de chez Tributes Games ont fait appel au compositeur musical, spécialisé en jeux vidéo, Patrice Bourgeault pour composer la trame sonore de leur jeu. Il avait déjà fait un travail extraordinaire pour leur précédent titre Curses « N Chaos. Il continue ici à surprendre grâce à différentes musiques d’ambiance qui s’intègrent parfaitement avec l’atmosphère du jeu.

On vous recommande d’ailleurs de visiter sa page Bandcamp.

Le tout est très rythmé et on ne se lasse pas de l’écouter. Je vous invite donc à vous procurer la trame sonore sur la page bandcamp de l’artiste ou de vous procurer l’édition del uxe de Flinthook qui l’inclut.

C’est l’histoire de…?!?

S’il y a un point qui m’a un peu dérangé dans Flinthook, c’est le flou laissé dans certains éléments du jeu. Par exemple, l’histoire. La vidéo d’introduction présente rapidement ce qui semble être le scénario du jeu. J’ai cru comprendre que notre but est de sauver d’autres fantômes comme nous d’un monstre qui les a enlevés, mais c’est présenté vraiment rapidement et on doit un peu deviner ce qui en est réellement. Il y a toujours la section légende pour approfondir nos connaissances sur le monde de Flinthook, mais je ne pense pas qu’on devrait avoir à visiter une section dédiée à comprendre l’histoire de base d’un jeu. Une petite séquence d’introduction scénarisée n’aurait pas fait de mal ou simplement de ne pas inclure d’histoire et de limiter le tout à un pirate qui pille de méchants pirates.

Durée de vie

La durée de base dépend énormément de votre capacité à progresser dans Flinthook. Si, comme moi, vous n’êtes pas particulièrement doué, vous risquez de mettre plusieurs heures à passer chaque niveau. Il existe aussi des modes difficiles qui peuvent être débloqués et des défis additionnels. Il y aura toujours une bonne raison de lancer le jeu pour une courte partie, que ce soit pour augmenter notre rang, améliorer notre classement ou ne pas perdre la main.

Conclusion

Flinthook est un solide « action-plateforme » avec des éléments « roguelike ». Il offre à la fois une bonne difficulté pour les amateurs du genre, mais aussi un système de progression qui permet aux néophytes d’apprendre progressivement, sans nécessairement devoir se faire tenir par la main.

Le tout accompagné par une bande sonore variée et immersive ainsi qu’un aspect rétro réussi. Pour un titre qui est vendu à peine plus de quinze dollars, on en a amplement pour notre argent. Vous passerez des moments remplis d’émotions entre la fierté de tuer un chef pirate et la frustration de mourir pour une 34e fois, alors que vous avez enfin trouvé les bonnes améliorations nécessaires pour terminer le niveau.

NOTES
Note d'enthousiasme
8
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Je me considère avant tout comme un passionné de tout ce qui touche l’univers geek et otaku. Développeur web et logiciel de profession, je m’intéresse autant à la conception des jeux qu’aux produits finis. J’affectionne tout particulièrement les MMORPG, mais je demeure un touche-à-tout qui s’intéresse à presque tous les genres.