Après sa séparation d’avec sa première femme, le journaliste David Sheff se bat pour aider leur fils adolescent, Nic, qui passe d’une simple expérimentation avec la drogue à une dépendance dévastatrice à la méthamphétamine. Comment sauvera-t-il son Beautiful Boy?

Fiche technique

  • Titre : Beautiful Boy
  • Titre québécois : Un garçon magnifique
  • Date de sortie : 26 octobre 2018 (Québec) | 6 février 2019 (France)
  • Réalisé par : Felix Van Groeningen
  • Scénario par : Luke Davies et Felix Van Groeningen d’après les livres de David Sheff et Nic Sheff
  • Acteurs : Steve Carell, Timothée Chalamet, Maura Tierney, Amy Ryan
  • Distributeur : VVS Films (Québec) | Metropolitan Filmexport (France)
  • Genre : Drame
  • Durée : 111 min
  • Classement : 13 ans +
  • Pays d’origine : États-Unis
  • Langue : Anglais (aussi avec sous-titres français)

Beautiful Boy est l’histoire de Nic Sheff, un jeune homme à l’avenir prometteur, qui sombre dans l’emprise de la méthamphétamine, mais vu au travers des yeux de David, son père, qui cherche par tous les moyens à le sauver et à comprendre comment il a pu laisser ceci se produire.

D’une réalité criante et déchirante

Le film ouvre sur David qui s’informe sur la méthamphétamine afin de pouvoir comprendre ce que son fils vit et ainsi pouvoir l’aider. S’ensuit un saut en arrière d’un an et un montage erratique entre le passé et le présent afin d’établir la relation entre les deux protagonistes. Vient ensuite la lente descente aux enfers de Nic, le tout à froid, au travers les yeux de son père qui ne comprend pas, comme la majorité du public malheureusement. Les réactions incohérentes du jeune drogué ont provoqué des éclats de rire à travers toute la salle alors que le film était d’une réalité criante et déchirante. Puis viennent le séjour en cure de désintox et le retour à la maison du jeune homme fier de s’être sorti de cette situation. Je me dis que le film est bien, mais ce n’est pas un Basketball Diaries ou un Requiem for a Dream. Il reste tout de même plus d’une heure…

Puis, une discussion anodine fait chavirer son monde, sans que l’auditoire s’en aperçoive. Je vois les têtes devant moi qui valsent au rythme de la musique que Nic écoute dans la voiture, sourire béat au visage. J’appréhende le pire, la rechute est cachée derrière ce masque. À l’écran, le plan change, Nic est en détresse, son sponsor au bout du fil n’arrive pas à le calmer, vous devinez la suite.

L’incompréhension d’un père face à son Beautiful Boy

En parallèle, David est aux prises avec son incompréhension face à son fils et à la façon dont il doit intervenir. Il peine à gérer ses émotions et les exprime de façon maladroite, mais tout à fait véridique. Steve Carell livre ici une performance criante de vérité. L’adolescent en moi avait envie de lui en foutre une au visage alors que le père que je suis maintenant aurait aimé pouvoir traverser l’écran et lui faire un énorme câlin.

Timothée Chalamet, qui incarne le jeune Nic, offre une performance nuancée. Jonglant à la perfection les moments où son personnage est à jeun et ceux où il ne fait que semblant de l’être.

Un visage réaliste et détaché de la dépendance

J’ai apprécié le choix de Felix Van Groeningen de montrer un visage réaliste et détaché de la dépendance, plutôt que de nous montrer l’hallucination au travers des yeux de Nic. Les plans de caméra et les blocages démontrent bien les situations de confrontation. Les décors réalistes viennent ancrer les personnages plutôt que de les transformer en caricature qui vivent dans la crasse. La bande sonore sortie tout droit du palmarès des rock stars droguées est phénoménale avec entre autres Nirvana, Neil Young, Amon Tobin, Aphex Twin et, bien sûr, John Lennon. 

Je suis resté sans mots jusqu’à la fin du générique et j’ai pris plusieurs heures à digérer Beautiful Boy. Ce n’est certes pas un Basketball Diaries, Requiem for A Dream ou Trainspotting. Ces films, que j’appelle affectueusement mes Feel-Bad movies, je peux les regarder sans problème. Beautiful Boy est venu creuser au fond de mon être et m’a ébranlé, je crois que d’en faire la réécoute sera une tâche ardue.

NOTES
La réalisation
8
Le scénario
8
Le jeu des acteurs
10
Le malaise durant le visionnement
10
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