Passé globalement inaperçu malgré une campagne Kickstarter réussie, Trüberbrook porte pourtant un concept intéressant. Ce jeu allemand indépendant comporte des décors qui ont été réalisés à la main, fait rare, si ce n’est inédit dans le jeu vidéo ! Qu’avons-nous pensé de ce titre original, à nouveau signé d’un studio indépendant ? La réponse dans ce test.

Fiche Technique

  • Date de sortie : 12 mars 2019 (PC), 17 avril sur Switch, PS4 et Xbox One
  • Style : Point and click
  • Classement ESRB/PEGI : T / 12
  • Développeur : btf GmbH
  • Éditeur : Headup
  • Langue d’exploitation : Disponible en anglais sous-titré français
  • Testé effectué sur PC
  • Disponible sur PS4, Xbox One et Switch 
  • Prix lors du test : 29,99 $ / 33,99 €
  • Site officiel
  • Version numérique envoyée par l’éditeur

Visuellement original !

C’est probablement là que réside toute l’originalité de Trüberbrook. En effet, le pari fou du studio allemand btf a été de développer un jeu dont les décors ont été faits à la main à partir de divers matériaux communéments utilisés par les maquettistes du cinéma d’animation. Ces décors ont bénéficiés d’un éclairage en studio, allant même jusqu’à simuler un orage, puis ont été numérisés par la technique de photogrammétrie. Par la suite, les personnages ont été intégrés aux décors en prenant soin de leur donner un aspect qui se veut proche des films d’animation du genre: un visuel façon pâte à modeler et animations saccadées. Bref, c’est un vrai vent d’originalité qui souffle avec ce Trüberbrook.

Des décors faits à la main ! Du grand art.

Au final qu’est ce que cela donne ? J’ai réellement apprécié la direction artistique à l’ancienne, et les visuels bluffants, cependant, j’ai trouvé que la manière dont les décors ont été numérisés finit par nuire aux décors eux-mêmes. Si bien que si l’on ne m’avait pas dit que ceux-ci avaient été faits à la main, je ne l’aurais probablement pas soupçonné. En effet, j’aurais aimé que cela se voit plus franchement, peut être en filmant avec un angle permettant de mieux mettre en lumière la perspective. Côté personnage, je les ai trouvés relativement peu inspirés. Bref, dès les premières heures, j’ai ressenti comme un très léger goût de déception dans la bouche. Et ce n’est pas terminé…

Une intrigue alléchante, mais trop précipitée

Vous incarnez principalement le physicien quantique Hans Tannhauser en séjour dans ce petit village perdu dans la campagne allemande des années 60. Très vite, un mystérieux personnage s’introduit dans la chambre du physicien pour lui subtiliser un carnet de notes contenant ses travaux et disparaît en laissant derrière lui d’étranges traces luminescentes. Rapidement, on apprend le passé de ce petit village allemand. La mine d’argent prospère puis le rachat par la Millenium Corp., une multinationale qui amènera son lot d’étrangeté et de disparitions.

L’histoire est intéressante, mais à mon goût trop précipitée. Probablement parce que l’aventure ne dure que 5 à 6 heures réparties sur seulement quelques lieux. Elle se trouve également ponctuée de quelques pirouettes scénaristiques peu originales. Par exemple, dès le début du jeu, notre personnage se retrouve à devoir réparer la table vacillante d’un vieil homme ou encore à retrouver son chat, sans quoi il ne pourra se concentrer assez pour vous aider dans votre quête. Pas très original n’est-ce pas ?

Un point & click des plus classiques

Côté gameplay, le jeu est un point and click standard. Il propose un inventaire très (trop !) simplifié qui vous renseigne uniquement sur ce que vous avez sur vous. Il n’est en effet pas possible d’assembler les objets trouvés çà et là. Au lieu de cela, si vous avez récolté tous les objets nécessaires à la réalisation d’une action (pour réparer ou attrapper un objet), il vous faudra cliquer sur le bouton représentant un rouage puis sélectionner le groupe d’objet nécessaire à l’action. Il suffit donc de tout ramasser, et de laisser le jeu vous prendre par la main.

Cela manquera clairement de challenge à ceux qui ont fait leurs armes sur des titres comme Myst, Syberia ou la série des Gabriel Knight ! Restent les amateurs de jeux narratifs qui pourront se satisfaire de ne pas devoir se creuser la tête pour résoudre une énigme et qui prendront plaisir à se laisser guider quelques heures dans une aventure plaisante.

Bref, avec un gameplay de point and click très classique et peu challengeant, un scénario certes intéressant, mais un trop précipité, Trüberbrook ne dépoussière clairement pas le genre. J’ai assurément passé de meilleurs moments sur des titres comme Les Chevaliers de Baphomet qui représente pour moi la référence du genre et qui est encore disponible sur tablette ou mobile.

Personnages pas farouches et dialogues piquants

Peut-être est-ce dû à la durée de vie du titre qui, je le rappelle, ne dépasse pas 5 à 6 heures de jeu, mais j’ai également trouvé que le lien entre les deux personnages principaux avait été bâclé. Sitôt rencontrés, sitôt adoptés et prêts à collaborer. On aurait apprécié voir ce lien se développer plus longuement entre nos deux protagonistes. Tout cela rajoute à ce sentiment d’une histoire qui semble se précipiter.

Par contre, je dois accorder un bon point au doublage, disponible en anglais ou en allemand, il s’avère de très bonne qualité. Les dialogues sont également souvent savoureux et parfois même piquants. Mention spéciale aux enregistrements de Hans qui nous décrochent à l’occasion un sourire à l’écoute de ses remarques drôles et sarcastiques.

Un concept original qui fait flop

J’attendais beaucoup de ce Trüberbrook, peut-être même un peu trop. C’est ce qui justifie probablement ma déception. Malgré un concept visuel très original, une ambiance à l’ancienne et des dialogues soignés, le reste ne suit malheureusement pas la cadence. Il en résulte un jeu prometteur, mais miné par ses défauts. L’histoire possède un potentiel réel, mais est mal exploitée par un gameplay trop simpliste et un challenge quasi inexistant.

En plus de cela, j’ai été confronté à un bug très gênant qui m’a forcé à recommencer les premières 30 minutes qui s’avèrent très poussives. Bref, ce Trüberbrook appartient définitivement à cette catégorie des jeux frustrants, plein de bonnes intentions, mais qui finissent par retomber à plat.

NOTES
Note globale
6.5
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C'est depuis l'acquisition d'une Megadrive à l'âge de 5 ans, que je me passionne pour l'univers du jeux-vidéo. Que ce soit manette en main ou non, tout ce qui touche le secteur m'intéresse (développement, marketing, journalisme). Également amateur de cinéma et de séries TV, j'essaierai par mes critiques de vous donner envie de courir dans les salles obscures ou de vous lancer dans un marathon TV.