J’étais content de retrouver l’univers de Game of Thrones en 2022 avec House of the Dragon, même si la série proposait encore un récit dense et complexe porté par ses jeux politiques et ses nombreux personnages. Avec son deuxième spin off, A Knight of the Seven Kingdoms, HBO change complètement de direction et opte pour une approche beaucoup plus intime et accessible, ce qui fait franchement du bien. J’ai pu visionner l’ensemble des six épisodes d’une trentaine de minutes de cette première saison, et voici donc ma critique sans divulgâcheur.
Fiche Technique A Knight of the Seven Kingdoms
- Date de début : 18 janvier 2026
- Créateur / Scénario : George R. R. Martin, Ira Parker
- Réalisateurs : Owen Harris, Sarah Adina Smith
- Producteurs exécutifs : George R. R. Martin, Ryan Condal, Ira Parker, Vince Gerardis
- Acteurs principaux : Peter Claffey, Dexter Sol Ansell, Finn Bennett, Sam Spruell, Daniel Ings, Bertie Carvel
- Genre : Fantasy, aventure, drame
- Studios de production : HBO, Warner Bros. Television, 1:26 Pictures
- Durée : Saison de 6 épisodes (un peu plus de 30 minutes chacun)
Parfois moins c’est mieux
La série se déroule près de 90 ans avant les événements de Game of Thrones et suit Ser Duncan the Tall, un homme imposant mais naïf qui se proclame chevalier sans en avoir officiellement le titre. Accompagné d’un jeune garçon vif d’esprit surnommé Egg, Duncan parcourt les routes de Westeros dans l’espoir de participer à des tournois et de gagner sa vie, sans toujours saisir les règles sociales et les hiérarchies qui structurent le royaume. Le récit s’ancre ainsi dans le quotidien de personnages modestes, loin des centres de pouvoir, et laisse les conséquences de leurs choix parler d’elles mêmes.
Ce qui distingue rapidement A Knight of the Seven Kingdoms est son ton étonnamment plus léger et plus humain que les autres séries situées à Westeros. Sans jamais tomber dans la comédie, la série laisse place à des moments de simplicité, d’humour discret et de maladresse qui rendent ses personnages immédiatement attachants. Les situations sont souvent modestes, parfois même banales, mais elles servent à mieux illustrer les valeurs, les doutes et les erreurs de ses protagonistes. Cette approche permet de respirer entre les tensions et donne à la série une chaleur rarement associée à cet univers, tout en conservant le sens des conséquences cher à George R. R. Martin.

Des clins d’œil appréciés pour les fans
Les fans de l’univers, comme moi, apprécieront de retrouver des noms de familles bien connus, des traits physiques typiques qui leur sont associés ainsi que quelques clins d’œil bien sentis. La série invite le spectateur à se poser des questions sur les personnages principaux et à tenter d’en retrouver des traces, parfois très subtiles, jusque dans la série originale. Fidèle à sa réputation, George R. R. Martin excelle une fois de plus à semer des indices discrets sans jamais offrir de réponses complètement explicites, laissant au public le plaisir de faire ses propres liens.
Un duo principal particulièrement convaincant
Les performances de Peter Claffey et Dexter Sol Ansell constituent l’une des grandes forces de la série. N’étant pas particulièrement familier avec leurs rôles précédents, j’abordais A Knight of the Seven Kingdoms sans attentes précises à leur sujet, ce qui rend la découverte d’autant plus appréciable. Très rapidement, on se sent investi dans le parcours des deux personnages, au point de vouloir sincèrement les voir s’en sortir et progresser dans ce monde souvent ingrat.
Peter Claffey incarne Ser Duncan the Tall avec beaucoup de justesse. Il donne vie à ce grand naïf attachant, maladroit et animé par un sens de l’honneur parfois excessif, qui agit avant de réfléchir et se retrouve régulièrement confronté aux conséquences de ses choix. Son interprétation rend Duncan profondément humain, autant dans ses élans de bravoure que dans ses moments de doute.
De son côté, Dexter Sol Ansell campe un Egg beaucoup plus malin et observateur, dont le côté mystérieux intrigue dès les premiers épisodes. Derrière son jeune âge se cache un personnage qui semble en savoir bien plus qu’il ne le laisse paraître. La dynamique entre Dunk et Egg fonctionne remarquablement bien, leur relation reposant sur une complémentarité naturelle et crédible qui donne envie de les suivre sur la durée.

Des personnages secondaires bien exploités
Au delà du duo central, A Knight of the Seven Kingdoms peut compter sur une galerie de personnages secondaires solides et bien incarnés. Finn Bennett se démarque dans le rôle de Aerion Targaryen, un personnage volontairement détestable, arrogant et imprévisible, dont la présence crée une tension immédiate à l’écran.
La série bénéficie également de la prestation de Sam Spruell dans le rôle de Maekar Targaryen, incarné avec une autorité froide et crédible. Deux autres performances méritent d’être soulignées. Daniel Ings apporte beaucoup de charisme à Lyonel Baratheon, tandis que Bertie Carvel incarne Baelor Targaryen avec une grande dignité et un sens du devoir très marquant.
Malgré la présence de plusieurs figures importantes, on ne se perd jamais dans la distribution. Le récit reste volontairement centré sur une portion locale de l’histoire et sur un nombre limité de lieux, ce qui permet de mieux suivre les enjeux et de s’attacher aux personnages sans se sentir submergé.
Une réalisation sobre et une direction artistique efficace
La réalisation de A Knight of the Seven Kingdoms mise sur la retenue et la simplicité, un choix parfaitement cohérent avec son ton intimiste. La mise en scène privilégie les décors naturels, les lieux restreints et une caméra souvent proche des personnages. La direction artistique est soignée sans être ostentatoire, que ce soit dans les costumes, les armures ou les environnements, donnant à Westeros un aspect plus terre à terre et rugueux qui sert efficacement le récit.

Un rythme maîtrisé et un format judicieux
Le choix d’épisodes d’une trentaine de minutes s’avère particulièrement judicieux. Le rythme est bien dosé et ne s’étire jamais inutilement. Chaque épisode fait avancer le récit tout en laissant le temps nécessaire au développement des personnages. En six épisodes, la série parvient à raconter une histoire complète et cohérente sans donner l’impression de précipitation.
Une musique discrète au service de l’intimité
La musique, composée par Ramin Dwajadi, se fait volontairement plus sobre que dans la série originale. L’absence d’un générique épique n’est pas un manque, mais un choix pleinement assumé qui correspond à l’échelle plus humaine et moins politique du récit. Cette approche renforce le sentiment de proximité avec Ser Duncan et Egg et contribue à installer une ambiance plus calme et contemplative.

Verdict sur A Knight of the Seven Kingdoms
A Knight of the Seven Kingdoms propose un retour à Westeros plus intime et plus humain, sans jamais trahir l’esprit de l’univers créé par George R. R. Martin. En misant sur un récit local, des personnages attachants et une approche terre à terre, la série trouve sa propre identité et évite les lourdeurs associées aux grandes intrigues politiques. Portée par des performances solides, une réalisation maîtrisée et un format efficace, elle s’impose comme une proposition rafraîchissante, capable de séduire autant les fans de longue date que les nouveaux venus, tout en donnant envie d’en voir davantage.

