BAIT

Critique de la série Bait sur Prime Video

Avec Bait, Prime Video propose une série qui joue directement avec l’une des intrigues les plus persistantes du cinéma moderne. Qui prendra la relève de Daniel Craig et deviendra le prochain James Bond ? Dans un contexte où Amazon MGM Studios détient désormais les droits de la franchise, difficile de ne pas voir cette nouvelle série comme une œuvre méta qui s’amusent à brouiller les lignes entre fiction et réalité. Un pari audacieux et réussi ? La réponse dans cette critique complète !

Fiche technique

Date de début : 25 mars 2026
Création : Riz Ahmed
Réalisateur : Bassam Tariq et Tom George
Directeur : Riz Ahmed, Ben Karlin

Production : Jax Media et Amazon MGM Studios
Distribution principale : Riz Ahmed, Guz Khan, Sheeba Chaddha, Sajid Hasan, Aasiya Shah, Weruche Opia et Ritu Arya
Plateforme : Prime Video
Genre : Comédie, drame
Nombre d’épisodes : 6 épisode
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La prémisse brillante de Bait est-elle bien exploitée ?

Le concept de Bait est sans contredit sa plus grande force. On y suit un acteur qui participe à une audition pour devenir le prochain James Bond. Une idée simple, mais extrêmement efficace, surtout dans le contexte actuel où le successeur de Daniel Craig fait encore débat. La série joue intelligemment avec cette prémisse en transformant le processus d’audition en quelque chose de beaucoup plus ambigu, presque manipulateur. Elle propose une lecture satirique de l’industrie du divertissement, des acteurs et de l’image de l’homme parfait qui devraient incarner Bond. Le tout est saupoudré d’une touche d’absurde qui, lorsqu’elle fonctionne, donne lieu à des moments très réussis.

Bait

Malheureusement, la série n’exploite pas toujours pleinement son idée. Certaines pistes narratives sont laissées en surface, et l’humour vient parfois casser des moments qui auraient gagné à être traités avec un peu plus de sérieux. Parfois c’est même le contraire alors que des scènes dramatiques auraient dû être plus drôles. Bait semble chercher un équilibre entre la comédie et sa vision plus mature de l’univers du cinéma. Quelque chose qu’on ne parvient pas à atteindre en 6 épisodes d’une trentaine de minutes chacun.

Le rythme de la saison

La série Bait de Prime Video a aussi du mal avec son rythme. Les premiers épisodes sont particulièrement efficaces. Le mystère entourant cette audition hors norme, combiné à la curiosité naturelle du spectateur, crée un excellent point d’entrée. Cependant, cette dynamique s’essouffle rapidement. Le milieu de saison souffre d’un rythme beaucoup plus lent, avec une progression narrative qui donne l’impression de tourner en rond. Certaines scènes semblent étirées, et l’humour, parfois inégal, accentue cette sensation de stagnation. Heureusement, la série retrouve un second souffle dans sa dernière ligne droite. Sans trop en dévoiler, la conclusion parvient à recentrer l’histoire et à proposer une finale satisfaisante.

Entre le réalisme et l’imagination

Visuellement, Bait opte pour une approche relativement sobre. On est loin de l’exagération associés à James Bond. Ici, tout est plus ancré, plus brut, presque banal (dans le bon sens du terme). Cette direction artistique permet de renforcer le contraste entre le fantasme de l’espion ultime et la réalité beaucoup plus humaine. La série se démarque également par l’intégration de la culture dans la vie du protagoniste, notamment à travers sa famille. Cet aspect apporte une dimension supplémentaire au récit, en abordant subtilement certaines réalités liées à l’identité, à l’intégration et aux attentes sociales en Grande-Bretagne.

De mon côté, j’ai cependant été déçu par certains éléments qui s’éloignent un peu trop du côté réalisme que la série tente d’apporter. Parfois, certaines scènes manquent totalement de cohérence simplement pour tenter de faire rire. Ce n’est pas nécessairement grave, mais il faut que la blague fonctionne. Ce qui n’est pas toujours le cas. J’ai apprécié cette dose d’absurdité, mais elle aurait mérité d’être mieux intégrée dans l’univers de la série. Le risque avec cette formule est que le spectateur décroche du récit quand ce dernier tente d’aller trop loin sans raison valable. On ressent une volonté d’expérimenter, de sortir des conventions, mais le résultat manque de constance.

Un acteur principal qui fait toute la différence

À la fois créateur et acteur principal, Riz Ahmed est littéralement le pilier de cette aventure. Son interprétation apporte une crédibilité essentielle à un personnage constamment pris entre plusieurs tons que ce soit comique, dramatique ou absurde. Il réussit à naviguer entre ces registres avec justesse, ce qui n’était pas gagné d’avance. C’est clairement lui qui élève la série.

Le reste de la distribution de Bait sert plutôt bien les propos du récit sans pour autant marquer les esprits. Mention honorable toutefois à Guz Khan qui interprète à merveille son rôle. Parmi les autres membres présents dans la série, on y retrouve notamment Sheeba Chaddha, Sajid Hasan, Aasiya Shah, Weruche Opia ou encore Ritu Arya.

Verdict de Bait

Bait est une série qui avait tout pour marquer. Son concept est fort, pertinent, et parfaitement ancré dans l’actualité de l’industrie. Elle propose une réflexion intéressante sur le mythe de James Bond et sur ce qu’il représente aujourd’hui. La série se perd trop souvent dans ses propres intentions. Son humour, parfois très inspiré, devient aussi son principal obstacle lorsqu’il manque sa cible. Son rythme, bien lancé au départ, s’essouffle au moment où l’intrigue devrait justement gagner en intensité.

Bait est une série qui se regarde sans difficulté, qui propose quelques très bons moments, mais qui peine à laisser une empreinte durable une fois le générique terminé.

BAIT
Critique de la série Bait sur Prime Video
La réalisation
7
Le scénario
6.5
Le jeu des acteurs
7.5
La direction artistique
7
Le plaisir durant le visionnement
6
6.6