C’est avec Dragon Quest VII sur Nintendo 3DS que j’ai découvert la célèbre série de RPG de Square Enix. À l’époque, j’avais été immédiatement charmé par son accessibilité, son système de combat classique et ses histoires marquantes racontées à travers les différentes îles que l’on découvre au fil de l’aventure. Cette première expérience m’a ensuite donné envie d’explorer davantage la franchise en essayant plusieurs autres épisodes au fil des années. Revenir aujourd’hui à ce chapitre particulièrement ambitieux de la série, dans une version modernisée adaptée aux plateformes actuelles, avait donc quelque chose de naturellement intriguant. Voici notre test de Dragon Quest VII Reimagined.
Fiche Technique de Dragon Quest VII Reimagined
- Date de sortie : 5 février 2026
- Style : JRPG / Aventure
- Classement ESRB / PEGI : T / 12
- Développeur : HexaDrive
- Éditeur : Square Enix
- Langue d’exploitation : disponible en français
- Disponible sur: Nintendo Switch 2, Nintendo Switch, Xbox Series X|S, PS5 et PC
- Testé sur : PS5 et Nintendo Switch 2
- Prix lors du test : 79,99 $ CA / 69,99 €
- Site officiel
- Version envoyée par l’éditeur
Une modernisation fidèle à l’original
Cette version Reimagined modernise l’expérience sans en transformer les fondations. On y retrouve la structure narrative centrée sur la découverte de fragments permettant de restaurer des îles disparues, chacune racontant sa propre histoire. Cette formule épisodique demeure l’un des éléments les plus distinctifs du jeu et fonctionne toujours aussi bien aujourd’hui.
Les améliorations se situent principalement du côté du confort de jeu. Les menus sont plus intuitifs, la progression est mieux guidée et la gestion des fragments devient plus claire. Ces ajustements rendent l’aventure plus fluide et réduisent les moments de confusion qui pouvaient ralentir l’expérience auparavant. Visuellement, la mise à jour améliore la lisibilité des environnements sans dénaturer l’identité artistique de la série. J’apprécie beaucoup l’approche HD-2D utilisée par Square Enix dans certains projets récents, comme Octopath Traveler ou les remakes HD-2D de la série Dragon Quest, mais la direction artistique adoptée ici demeure tout de même agréable et cohérente avec l’univers du jeu, même si elle ne cherche pas nécessairement à impressionner sur le plan technique.
L’exploration conserve un rôle central dans l’expérience. Chaque île possède sa propre identité visuelle, culturelle et narrative, renforçant constamment l’impression de voyager d’une histoire à l’autre. Cette diversité contribue à maintenir l’intérêt malgré la durée importante de l’aventure.
Malgré ces améliorations, le rythme demeure volontairement posé. Dragon Quest VII prend toujours le temps de développer ses histoires et son univers, un choix qui peut diviser, mais qui fait aussi partie du charme de l’expérience.

Trois héros au cœur de l’aventure
L’histoire repose sur trois jeunes personnages dont l’aventure commence presque comme un simple jeu d’exploration avant de prendre une ampleur beaucoup plus grande. Le protagoniste, fidèle à la tradition de la série, agit comme un héros silencieux guidé par sa curiosité et son sens du devoir, servant de point d’ancrage au joueur dans ce monde en reconstruction. Kiefer se démarque par son tempérament courageux et impulsif, souvent motivé par un désir d’aventure et de liberté, tandis que Maribel apporte un équilibre essentiel grâce à sa personnalité franche, intelligente et parfois sarcastique, qui donne lieu à plusieurs échanges mémorables.
Cette dynamique fonctionne particulièrement bien parce que les personnages sont encore jeunes, idéalistes et parfois naïfs. Leur regard sur le monde évolue graduellement à mesure qu’ils découvrent les conséquences des événements qui ont façonné les différentes îles. Le contraste entre leur innocence et les réalités souvent plus dures rencontrées au fil de l’aventure donne beaucoup de force à la narration. Les histoires propres à chaque île sont souvent mystérieuses et intrigantes, abordant des thèmes comme la perte, le regret, l’espoir ou le sacrifice, ce qui apporte une profondeur inattendue à l’ensemble.
La structure épisodique du jeu permet également de mettre en lumière différentes facettes de cet univers, chaque île proposant ses propres personnages secondaires et ses enjeux. Cette approche contribue à enrichir le monde de jeu tout en renforçant le sentiment de progression narrative. Même si l’écriture demeure volontairement simple, l’évolution du groupe devient progressivement crédible et attachante, renforçant l’impression de participer à un véritable voyage initiatique où les héros grandissent autant que le monde qu’ils contribuent à restaurer.

Un système de combat et de vocations solide
Le système de combat au tour par tour conserve toute son efficacité. Facile à comprendre mais suffisamment stratégique, il repose sur la gestion des capacités, des résistances ennemies et de la composition de l’équipe. Au fil de l’aventure, les affrontements gagnent progressivement en complexité, obligeant à mieux planifier l’utilisation de la magie, des compétences spéciales et des objets de soin. Cette montée en difficulté se fait de manière graduelle et naturelle, ce qui permet au joueur de s’approprier les mécaniques sans jamais se sentir dépassé. Les commandes de combats automatiques permettent d’accélérer les affrontements contre des ennemis plus faibles, une option particulièrement utile pour maintenir un bon rythme lors des phases d’exploration ou de montée de niveau.
Le système de vocations demeure l’un des piliers de l’expérience. Il permet de personnaliser les personnages en combinant différentes classes et compétences, encourageant l’expérimentation et la planification à long terme. Chaque vocation débloque progressivement de nouvelles aptitudes, et la possibilité de conserver certaines compétences en changeant de classe ajoute une dimension stratégique intéressante à la progression. Cette mécanique donne un réel sentiment de liberté dans le développement de l’équipe et contribue à renouveler l’intérêt des combats sur la durée.
La progression demande toutefois du temps, ce qui s’inscrit dans le rythme plus lent du jeu. Certaines vocations nécessitent plusieurs combats pour être pleinement maîtrisées, ce qui peut donner une impression de répétition par moments. Malgré cela, cette construction graduelle rend le développement des personnages particulièrement satisfaisant, surtout lorsque de nouvelles combinaisons de compétences deviennent disponibles.
Encore aujourd’hui, ce système demeure l’un des éléments les plus mémorables de Dragon Quest VII, et l’une des raisons pour lesquelles la progression reste aussi engageante même après de nombreuses heures de jeu.




Une direction artistique intemporelle
La direction artistique reste fidèle à l’identité visuelle emblématique de la série. Le style inspiré par Akira Toriyama continue de donner beaucoup de personnalité aux personnages et aux créatures rencontrées durant l’aventure, avec des designs immédiatement reconnaissables qui contribuent au charme intemporel de la franchise. Les environnements profitent d’une présentation plus nette et colorée, mettant bien en valeur la diversité des îles visitées, qu’il s’agisse de villages paisibles, de ruines anciennes ou de régions plus hostiles. Cette cohérence visuelle aide à maintenir une atmosphère chaleureuse et accessible, même lorsque le récit aborde des thèmes plus sérieux.
La trame sonore constitue également un point fort du jeu. Les compositions orchestrales accompagnent efficacement l’exploration, les moments dramatiques et les combats, renforçant l’atmosphère de l’aventure sans jamais devenir répétitives. Certains thèmes musicaux marquent particulièrement les moments clés de l’histoire et contribuent à donner une identité sonore forte à chaque région visitée. Après de nombreuses heures de jeu, la musique continue de soutenir l’immersion et rappelle à quel point la signature musicale de la série Dragon Quest demeure essentielle à son identité.

Une expérience technique satisfaisante
Sur Switch 2, Dragon Quest VII Reimagined offre une expérience technique très solide. Le jeu tourne à 60 images par seconde de manière stable, autant en mode portable qu’en mode docké, avec une résolution d’au moins 1080p sur téléviseur. La présentation est nette, fluide et toujours lisible.
Le format portable se prête particulièrement bien à la structure épisodique de l’aventure, permettant de progresser île par île lors de sessions plus courtes. Les temps de chargement sont rapides et l’interface demeure agréable à utiliser. Sans chercher à démontrer la puissance de la console, cette version offre une expérience stable et confortable du début à la fin.
J’ai également pu tester Dragon Quest VII Reimagined sur PlayStation 5, où le jeu offre une performance tout aussi stable. L’expérience se montre parfaitement fluide à 60 images par seconde, avec une image plus nette en raison de la résolution plus élevée sur téléviseur. Comme sur Switch 2, les temps de chargement sont rapides et aucune baisse de performance notable n’a été observée durant l’aventure. La différence entre les versions repose donc surtout sur la portabilité de la console Nintendo plutôt que sur la fluidité du jeu.


Verdict sur Dragon Quest VII Reimagined
Dragon Quest VII Reimagined réussit à moderniser un RPG marquant sans en altérer l’identité. Les améliorations de confort, la présentation visuelle revue et la fluidité générale rendent cette version plus agréable à parcourir aujourd’hui, tout en conservant la structure narrative et le système de progression qui ont fait la réputation de cet épisode. Le jeu est clairement plus joli que ses versions précédentes, mais il ne représente pas une évolution visuelle comparable à celle de Dragon Quest XI, qui demeure le chapitre le plus moderne de la série sur le plan technique.
Le rythme lent et la durée de vie imposante peuvent encore diviser, mais pour les amateurs de RPG classiques, l’aventure demeure toujours aussi solide. Sans réinventer l’expérience, Dragon Quest VII Reimagined constitue une excellente façon de (re)découvrir l’un des chapitres les plus ambitieux de la franchise. Plus de vingt ans après sa sortie originale, Dragon Quest VII demeure une aventure unique dans la série, et cette version Reimagined lui offre une seconde vie particulièrement réussie.

