Marathon arrive à un moment charnière, juste après que les extraction shooters ont été découverts par une nouvelle vague de joueurs. Arc Raiders, notamment, a su attirer un large public et mettre en lumière ce genre encore relativement niche. Marathon peut donc clairement profiter de cet engouement naissant.
Par ailleurs, il arrive aussi avec la réputation du studio Bungie, une réputation qui pèse lourd pour le meilleur comme pour le pire. Leurs derniers jeux phares, Destiny 1 et Destiny 2, ont somme toute été bien reçus, mais on a senti un certain recul de la communauté au cours des dernières années. La communication du studio et les changements apportés par la suite n’ont pas plu à tous. Les joueurs ne se sont pas sentis écoutés.
Avec les échecs de Concord et de Highguard, il n’en fallait pas plus pour que la toile s’enflamme. Beaucoup se demandaient déjà si Marathon allait connaître le même sort. Heureusement, la réception des joueurs s’est révélée positive et son premier mois d’existence a été plutôt dynamique. Depuis son annonce en 2023, le projet était attendu de pied ferme. Reste donc une question essentielle : Marathon parvient-il à se forger une véritable identité et à se démarquer ? Le jeu en vaut-il réellement la peine ? C’est ce que nous analysons dans ce test complet.
Fiche technique de Marathon
- Date de sortie : 5 mars 2026
- Style : Extraction shooter
- Classement ESRB / PEGI : T/ 18
- Développeur : Bungie
- Éditeur : Thunderful
- Langue d’exploitation : Offert en français
- Disponible sur Xbox Series X|S, PS5 et PC
- Testé sur PC
- Prix lors du test: 49,99$ / 39,99€
- Site officiel
- Version numérique envoyée par l’éditeur
Le codex, véritable encyclopédie
Un extraction shooter peut être intimidant. Chaque pas vers l’avant devient un risque calculé, une décision qui peut faire basculer toute une expédition. Heureusement, cette tension est contrebalancée par une véritable sensation de progression. Marathon récompense l’audace et la persévérance en dévoilant peu à peu les secrets de son univers : à mesure que l’on survit et que l’on extrait, de nouveaux éléments du codex se débloquent, permettant de mieux comprendre l’histoire et les enjeux qui entourent notre présence sur Tau Ceti.
Le jeu se déroule en 2893, soit 99 ans après les événements du premier opus. Si, comme moi, vous n’avez pas joué au jeu original, pas d’inquiétude : ce n’est absolument pas un prérequis. Marathon prend le temps de vous remettre dans le contexte et vous découvrez ce qui s’est passé au fur et à mesure que vous terminez les premiers contrats de faction.
Vous incarnez un Runner, un être cybernétique envoyé sur Tau Ceti IV pour accomplir des missions d’extraction. Très vite, vous apprenez que Durandal, le protagoniste emblématique de la série, est toujours actif. Engagé par différentes factions rivales, vous réalisez également que vous n’êtes plus vraiment humain : votre corps est entièrement artificiel, conçu pour survivre, explorer et rapporter des ressources précieuses. Votre rôle consiste à extraire du matériel, récupérer des données et accomplir des objectifs spécifiques, tout en tentant de comprendre ce qui est réellement arrivé à la colonie disparue.
L’United Earth Space Council (UESC), véritable gouvernement spatial de l’humanité, est à l’origine de la colonisation de Tau Ceti IV. Mais une question demeure : que sont devenus les 30 000 colons qu’il avait envoyés sur place ? Le mystère reste entier, et les premières missions n’en révèlent que quelques fragments.
Pour les robots de l’UESC, vous n’êtes ni un allié ni un humain à protéger. Vous êtes un intrus, une anomalie, une menace potentielle. Ils vous attaquent sans relâche, fidèles à leurs protocoles de défense, et continuent de protéger les installations de l’UESC comme si la colonie existait encore, alors qu’elle a disparu depuis plus d’un siècle.
À la fin de chaque contrat ou en récupérant de nouveaux éléments du codex, on en apprend davantage. L’histoire est bien ficelée et nous tient en haleine tout au long de la progression. On ressent l’effort déployé dans le gameplay pour nous permettre de nous immerger dans une histoire moderne et riche en péripéties. Seul bémol : elle se dévoile probablement trop lentement à mon goût.

Marathon : un univers qui se dévoile en phases
Pour éviter de vous jeter dans la gueule du loup dès les premières minutes, le jeu vous impose une progression par étapes. Le prologue doit évidemment être complété, mais il est aussi nécessaire de monter de niveau pour débloquer les autres cartes et accéder à des zones plus dangereuses.
Plus vous looterez, plus vous enrichirez votre connaissance du lore. Chaque extraction réussie vous permet de récupérer des fragments d’histoire et de mieux comprendre l’univers de Marathon, pièce par pièce.
Dès le départ, vous avez accès à la carte Périmètre. Elle offre un niveau de difficulté plus faible et permet de vous familiariser avec le jeu. Ensuite, la carte des Marais devient disponible. Elle introduit un plus grand nombre de pièces fermées, ce qui entraîne des combats plus intenses.
Une fois que vous aurez davantage maîtrisé le jeu, la carte Avant-poste s’ouvrira à vous. Avec ses pluies acides qui vous obligent à vous abriter, vous devrez anticiper des confrontations encore plus stratégiques. Pour terminer, Cryo Archive représente l’aboutissement ultime de votre progression. Il s’agit du endgame de Marathon, et nous en parlerons plus en détail plus loin dans ce test.



Des contrats de factions qui encouragent la prise de risques
Parlons maintenant des contrats. Ils constituent l’un des éléments phares de l’engagement et de la progression dans le jeu. Chaque faction propose des quêtes et des demandes qui lui sont souvent propres. Certes, les contrats de base (en gris) peuvent paraître répétitifs, mais les quêtes principales sont nettement plus engageantes. Les récompenses obtenues sont d’ailleurs plutôt intéressantes.
Chacune d’elles possède un arbre de compétences. Chaque contrat vous permet de gagner de l’expérience pour la faction concernée et, par la suite, de choisir les améliorations souhaitées. Certaines donnent accès à des objets dans la boutique dédiée aux factions, tandis que d’autres augmentent directement les capacités de votre Runner. Elles sont essentielles à votre progression. Toutefois, gardez en tête qu’une remise à zéro est prévue à la fin de chaque saison.
Voici les factions présentes dans Marathon :
Arachne : assassiner ou être pris pour cible. Vos contrats seront clairement orientés PvP.
CyberAcme : technologies et audace. Préparez‑vous à courir vite et souvent.
NuCaloric : on mange quoi ce soir ? Vous découvrirez littéralement ce qui nourrissait la colonie.
Traxus : la richesse à portée de main. Vous aurez des pièces de collection et du matériel précieux à récupérer.
MIDA : réveillez le pirate informatique qui sommeille en vous.
Sekiguchi : implants, modifications biologiques et ingénierie avancée. Un trio redoutable.
Une prise en main peu accessible au départ
Pour faire suite au point précédent, il n’est pas toujours simple de s’y retrouver au début. Néanmoins, ayant vécu le serveur slam ainsi que le premier mois du jeu, je peux confirmer que les développeurs sont réellement à l’écoute de leur communauté sur leur serveur Discord. Ils ont déjà apporté plusieurs améliorations, et je n’ai aucun doute que d’autres suivront au fil des mises à jour.
Comme Runner, vous pouvez vous équiper de différents cadres. Il s’agit tout simplement des personnages jouables du jeu, chacun doté de forces et de faiblesses qui influencent votre style de jeu. Chaque cadre possède une capacité principale et une technique unique. Vous aurez à faire quelques courses pour connaitre vos préférences. Aucun terrain d’entrainement n’est disponible.
Destructeur : le combat avant tout. Il dispose d’un bouclier personnel et de missiles balistiques, parfaits pour engager les affrontements de front.
Assassin : la discrétion avant l’action. Vous pouvez lancer des écrans de fumée et vous camoufler pour surprendre vos adversaires.
Éclaireur : expert en reconnaissance. Il utilise un drone tactique capable d’exploser sur une cible, ainsi qu’un écran de détection très utile pour repérer les menaces.
Vandale : maître de la mobilité. Sauts améliorés, glissades fluides et grande vitesse en font un cadre idéal pour déstabiliser l’ennemi.
Voleur : l’art de dérober. Grâce à un drone pickpocket et à un grappin, vous pouvez subtiliser du matériel et vous échapper rapidement.
Urgentiste : le médecin de l’équipe. Il peut réanimer plus vite, parfois même à distance, et possède un drone aide‑soignant pour soutenir ses alliés.
ROOK : le cadre atypique. Véritable leurre, il peut se faire passer pour un UESC. Le jeu vous place directement dans une partie déjà en cours, et vous êtes livré à vous‑même. Bonne chance, car vous serez seul.
Le design complexe de l’inventaire
Malgré les efforts de Bungie, c’est loin d’être évident de s’y retrouver au départ. J’en aurais long à dire, mais concentrons‑nous sur l’essentiel. D’abord, il faut apprendre à reconnaître tout ce qui peut être extrait lors d’une course. Mieux vaut éviter de tout ramasser et adopter une approche stratégique. À ce niveau‑là, le jeu aide un peu : on peut suivre les objets recherchés en les sélectionnant dans le menu.
Jusqu’ici, tout va bien. C’est ensuite que les choses se compliquent. Je vous invite d’ailleurs à jeter un œil à mon rapport de paquetage ci‑dessous : il n’est clairement pas évident de déterminer ce qui est réellement meilleur dans mon sac à dos que ce que j’ai déjà équipé.
Chaque arme possède des augmentations, mais le jeu n’explique presque rien. On ne sait pas vraiment ce qui peut être installé sur nos armes, mis à part une petite croix ou un crochet qui apparaît parfois. Ensuite, on découvre qu’on peut porter des noyaux… et qu’il est possible d’équiper ceux d’autres cadres sans bénéficier de leurs avantages. Résultat : on en sélectionne par erreur, alors que ça ne devrait même pas être possible.
Ajoutons à cela les antivirus, les packs mécaniques, les stimulants… et on obtient la recette parfaite pour se sentir complètement perdu. Certaines zones exigent des packs spécifiques, mais rien ne l’indique clairement au départ. On avance donc à coups d’essais et d’erreurs.
Pour toutes ces raisons, la courbe d’apprentissage me semble gigantesque. Et ce seul facteur risque de décourager plusieurs joueurs. Bungie écoute sa communauté, c’est vrai, mais la question demeure : jusqu’à quand ?

Jouer en équipe ou risquer sa course en solo
Faire une course en solo ou en équipe dans Marathon, ce sont deux expériences complètement différentes. Malheureusement, les points de départ ne sont pas encore optimaux. Même avec le mode duo en test, mon collègue et moi nous retrouvions face à une autre équipe en moins de 30 secondes.
C’est contre‑intuitif et ça ne laisse aucune place pour apprécier le jeu. En solo, c’est encore pire : la majorité des joueurs ne sont pas amicaux et le premier qui aperçoit l’autre l’élimine. Les possibilités tactiques sont donc très limitées, ce qui en décourage plus d’un.
Heureusement, l’expérience en équipe de trois est presque parfaite. C’est en trio que le jeu révèle tout son potentiel : on peut élaborer de vraies stratégies, se défendre efficacement et réussir des contrats complexes. En prime, si un coéquipier termine un contrat pendant la même extraction, vous recevez aussi de l’expérience. Beaucoup utilisent le système de communication intégré, ce qui rend l’ensemble vraiment agréable.

Un modèle saisonnier soutenu par Bungie
Bungie rapporte avoir vendu plus de 1.2M depuis le lancement. Ils ont souligné vouloir s’engager plus plusieurs années envers la communauté de Marathon. Ces données sont rapporté par Paul Tassi de Forbes. Vous pouvez rejoindre la communauté de joueurs ainsi que Bungie sur ce serveur Discord.
Comme tout le monde, on peut consulter le nombre de joueurs sur les charts Steam. Reste maintenant à voir si les bottines vont suivre les babines et que la communauté s’ancre dans le jeu. Marathon demeure un jeu de niche de type extraction shooter qui ne plait normalement pas à la masse. Souhaitons que l’engouement demeure.
Un endgame engageant
Cryo Archive est la preuve qu’un design audacieux peut aller de pair avec un engagement immédiat. Cette carte figure sans conteste parmi les meilleures jamais créées pour le genre. Dès l’entrée, une exigence claire : disposer d’un butin total de 5 000 crédits. Libre à vous d’acheter un kit de départ pour votre première tentative ou de faire le plein sur les autres cartes avant de vous y aventurer.
L’action se déroule dans les archives de Marathon, un véritable labyrinthe où chaque détour peut vous mener vers un objectif… ou vers une embuscade. Plusieurs mécanismes doivent être activés pour progresser, et inévitablement, vous finirez par croiser d’autres équipes en plus des redoutables unités de l’UESC.
Initialement prévue uniquement pour le week-end, l’activité a été prolongée d’une journée grâce aux retours de la communauté. Elle est désormais accessible du jeudi au dimanche. Préparez-vous comme il se doit : Cryo Archive ne pardonne pas. Mais si vous en sortez vivant, les récompenses en valent largement la peine.
Quant aux matchs classés, ils ont été lancés en même temps que Cryo Archive. Bungie a indiqué que des récompenses permanentes seront attribuées aux joueurs en vue de la prochaine saison. Là où cela devient délicat, c’est que les deux piliers du endgame démarrent simultanément. Il est peu probable que les joueurs se lancent immédiatement dans les matchs compétitifs au détriment de Cryo Archive. Un délai entre les deux activités aurait sans doute été préférable pour éviter de disperser l’intérêt des joueurs.
Notre conclusion sur Marathon
Marathon débarque à un moment clé pour les extraction shooters, et malgré la pression qui pesait sur Bungie, le studio livre une expérience solide. Son univers riche, dévoilé progressivement via le codex, donne une vraie raison de s’investir. La progression par cartes, bien rythmée, culmine avec Cryo Archive particulièrement réussi.
Les contrats de factions structurent efficacement la progression, même si certaines missions de base manquent de variété. L’apprentissage reste exigeant et l’interface gagnerait à être simplifiée, mais Bungie montre une écoute réelle envers sa communauté.
Reste à voir si le jeu saura maintenir son élan. Marathon demeure un titre de niche, mais son lancement est encourageant. S’il continue d’être soutenu et affiné, il pourrait bien s’imposer comme une référence durable du genre.

