J’ai découvert Dragon Quest sur le tard, à travers les excellents 7e et 8e chapitres sur 3DS, avant de me plonger corps et âme dans le XI et plusieurs spin-offs tels que Builders, Heroes, Monsters et Treasure. Si la série m’a conquis par son charme intemporel et son sens de l’aventure, je n’avais encore jamais exploré la trilogie fondatrice qui a posé les bases de ce monument du JRPG. L’arrivée du remake HD-2D de Dragon Quest III, suivie de la compilation Dragon Quest I & II, représentait donc une occasion idéale pour redécouvrir les origines de la légende sous un nouvel éclat visuel. Mais cette relecture moderne parvient-elle à faire sa place en 2025 ?
Fiche Technique de Dragon Quest I & II HD-2D Remake
Date de sortie : 30 octobre 2025
Style : JRPG classique en tour par tour
Classement ESRB / PEGI : E10+ pour tous / PEGI 12
Développeur : Square Enix et ARTDINK
Éditeur : Square Enix
Langue d’exploitation : Textes en français, voix en japonais et anglais
Plateformes : Nintendo Switch, Nintendo Switch 2, PlayStation 5, Xbox Series X|S et PC
Testé sur : ROG Xbox Ally X
Prix lors du test : 79,99 CAD / 59,99 €
Site officiel
Version envoyée par l’éditeur
Les fondations d’une trilogie mythique
Square Enix a visé juste en choisissant de relancer Dragon Quest III avant les deux premiers volets. Chronologiquement, il s’agit du point de départ naturel de la trilogie, puisque Dragon Quest I met en scène le descendant direct d’Erdrick, le héros de DQIII, tandis que Dragon Quest II se déroule plusieurs générations plus tard, en suivant les héritiers de sa lignée. Ce choix de sortie respecte ainsi la continuité narrative et offre aux joueurs l’occasion de (re)découvrir la genèse de la légende sous un angle à la fois cohérent et moderne.
Un premier chapitre exigeant mais marquant
La compilation permet de passer aisément d’un jeu à l’autre, un véritable atout puisque chaque épisode propose une approche bien distincte. Dragon Quest I s’inscrit dans la plus pure tradition du JRPG à l’ancienne : une aventure exigeante, parfois impitoyable, qui mettra la patience de bien des joueurs à l’épreuve. Sans un équipement constamment optimisé et quelques séances de grind bien placées, il est facile de frapper un mur de difficulté, au point où une simple amélioration de cinq points d’armure peut littéralement changer le cours d’un combat. Cette philosophie de design en fait toutefois un jeu peu accessible aux nouveaux venus, un classique du genre pur et dur, pensé avant tout pour les fans de JRPG traditionnels qui n’ont pas peur d’un véritable défi.
L’aventure se vit en solitaire : aucun compagnon ne rejoint le héros, ce qui renforce le sentiment d’isolement et l’aspect stratégique des affrontements. Chaque victoire repose entièrement sur la préparation, la gestion des ressources et les choix tactiques, rappelant à quel point le genre reposait autrefois sur la persévérance et la planification. Heureusement, le jeu propose des sauvegardes automatiques à intervalles rapprochés, réduisant la frustration des défaites imprévues.

La descendance prend son envol
Dragon Quest II change complètement de rythme et d’échelle. Dès les premières heures, l’aventure gagne en ampleur : le monde est plus vaste, les villes plus nombreuses et la narration plus ambitieuse. Cette fois, le héros n’est plus seul, car deux autres descendants d’Erdrick se joignent à lui, chacun doté de forces et de faiblesses qui diversifient les combats. Cette structure à trois personnages apporte une vraie dynamique d’équipe et une dimension stratégique plus prononcée, tout en élargissant les possibilités d’exploration.
Malgré cette ouverture bienvenue, le jeu conserve l’ADN exigeant de la série. Les ennemis frappent fort, les donjons sont longs et la progression demande rigueur et patience. L’équilibrage reste parfois inégal, mais ce côté rugueux contribue au charme du titre et à la satisfaction de chaque victoire durement gagnée. Cette montée en ampleur se reflète aussi dans la durée et le rythme global des deux jeux.
Malgré leur âge, les deux aventures conservent un rythme étonnamment efficace. Dragon Quest I se boucle en une douzaine d’heures si l’on prend le temps d’explorer et de bien s’équiper, tandis que Dragon Quest II double pratiquement la mise avec son monde plus vaste et ses donjons plus exigeants. L’ensemble offre une trentaine d’heures de jeu, voire davantage pour ceux qui aiment optimiser leur équipe et chasser les équipements légendaires. Ce format relativement condensé permet d’avancer sans longueur inutile, tout en respectant le côté méthodique et réfléchi propre à la série.


Une expérience modernisée mais fidèle à l’esprit d’origine
Sur le plan du gameplay, Square Enix réussit à moderniser sans dénaturer. La courbe de progression est un peu plus fluide qu’à l’époque, rendant l’évolution plus naturelle. Le rythme des combats bénéficie d’animations plus rapides et d’une interface claire qui facilite la lecture des affrontements. Les menus ont été revus pour être plus réactifs, et quelques ajouts comme la téléportation rapide ou la carte du monde dynamique améliorent nettement le confort, surtout dans Dragon Quest II, où les déplacements prennent une dimension plus ouverte et aventureuse.
Narrativement, les deux volets progressent aussi en maturité. Dragon Quest I se distingue par son dépouillement et son ton héroïque, là où Dragon Quest II introduit davantage de dialogues et une dynamique de groupe plus humaine. L’écriture en français est soignée, fidèle et ponctuée d’un humour léger qui capture bien l’essence de la série.
Techniquement, les remakes tournent avec une fluidité exemplaire sur ROG Xbox Ally X, sans baisse notable d’images, même dans les zones les plus animées. Les temps de chargement sont quasi inexistants et le mode portable offre une autonomie solide. Sur consoles de salon, la résolution plus élevée sublime les décors sans altérer le cachet rétro. Résultat : une expérience stable et agréable, respectueuse du charme original.

Une relecture visuelle et sonore tout en respect
Les remakes de Dragon Quest I & II profitent pleinement du traitement HD-2D imaginé par Square Enix. Les environnements conservent leur simplicité d’époque tout en gagnant en relief et en chaleur. Grâce à ses effets de lumière et à sa mise en scène soignée, chaque village, donjon et plaine évoque une carte de conte vivante, rendant les déplacements plus immersifs. L’évolution visuelle entre les deux titres est d’ailleurs notable, Dragon Quest II affichant des environnements plus variés et détaillés.
Sur le plan musical, les compositions de Koichi Sugiyama bénéficient d’une réorchestration splendide. Les thèmes d’exploration, de combat et de victoire conservent leur identité tout en gagnant en ampleur et en clarté. La bande-son rehausse immédiatement l’immersion, particulièrement dans Dragon Quest II, où les voyages maritimes et les batailles contre les monstres légendaires prennent des airs de grande épopée.
Enfin, le doublage anglais et japonais, bien que discret, ajoute une touche de vie bienvenue aux dialogues. Les remakes intègrent aussi plusieurs améliorations de confort : sauvegardes automatiques, interface épurée, combats accélérés et ajustement de la vitesse des déplacements. Autant de petits détails qui modernisent l’expérience sans en trahir l’essence. Dragon Quest I & II HD-2D Remake réussit ainsi à préserver l’âme de ses classiques tout en les rendant accessibles et plaisants pour un public contemporain.


Verdict sur Dragon Quest I & II HD-2D Remake
Dragon Quest I & II HD-2D Remake redonne vie à deux piliers du JRPG avec une maîtrise exemplaire. En combinant respect du matériau d’origine et mise à jour intelligente, Square Enix signe une relecture à la fois authentique et raffinée. Le style HD-2D, véritable lettre d’amour au pixel art, s’allie à une bande-son somptueusement réorchestrée et à des ajustements de confort bien pensés pour moderniser l’expérience sans la trahir. Si Dragon Quest I conserve une approche rudimentaire et exigeante qui parlera surtout aux puristes, Dragon Quest II affirme déjà une ambition plus vaste et annonce la maturité narrative qui marquera la suite de la trilogie. Ensemble, ces deux chapitres offrent une compilation soignée et intemporelle, incontournable pour quiconque souhaite replonger aux sources du mythe Dragon Quest.

