La ressemblance est tout de même frappante entre le cinéma, la littérature et les jeux vidéo. Il y a seulement quelques nuances entre chacun. Un te raconte une histoire en te projetant des images et te demande d’être passif. L’autre te demande de réfléchir et de t’imaginer par toi-même les images qui défileront dans ton esprit. Le dernier te fournit le visuel, mais te demande une participation dans l’action. Mais il existe des spécimens, ceux qui sortent des sentiers battus. Torment : Tides of Numenera fait partie de ceux-là. Et c’est à travers ce test que je vous ferais comprendre pourquoi.

Fiche technique

  • Date de sortie : 28 février 2017 
  • Style : Jeu de rôle
  • Classement ESRB / PEGI ESRB M / PEGI 16
  • Développeur : InXile Entertainment
  • Éditeur : Techland
  • Langue d’exploitation : Voix et sous-titre français
  • Disponible sur PC, PS4 et Xbox One
  • Testé sur Xbox One
  • Prix lors du test : 64,99 $ CA / 44,99 €
  • Site officiel
  • Version envoyée par l’éditeur

De la science-fiction à l’état pur

Comment décrire l’expérience que j’ai vécue lors de ma prise en main de ce jeu ? Torment (raccourci que je vais employer pour ne pas alourdir le texte) n’est ni un jeu d’action, ni un jeu d’aventure, ni un jeu de rôle. Il n’est, à mon avis, rien de tout cela. C’est plutôt un amalgame de genre qui en fait un titre à la fois complexe et passionnant. Il est préférable de vous avertir, ce jeu n’est pas conseillé pour tous et vous comprendrez pourquoi lors de votre lecture.

Mise en contexte de l’histoire : on se retrouve dans un univers futuriste dans lequel les connaissances que nous avons de notre monde n’ont aucune importance. Ici, rien ne fait de sens si on désire que cela en fasse. Il est préférable de faire le vide de son esprit et de se lancer dans l’inconnu. Vous incarnez donc un reliquat, une enveloppe humaine mise à contribution pour un esprit puissant qu’on appelle le Dieu Changeant. Ce Dieu utilise des corps humains pour le temps nécessaire et se transpose dans un autre lorsqu’il le juge nécessaire. En reste alors un esprit perdu, ne pouvant comprendre la raison de son existence. Malheureusement, le Dieu changeant ne fait pas l’unanimité dans la population, ce qui fait que votre existence ne plait pas à tous. Et pour ajouter à cela, vous voilà persécuter pour une puissance divine du nom de l’Affliction. Celle-ci vous veut-tu mal, sans que vous sachiez pourquoi. Vous voilà donc avec un ennemi surpuissant en plus de ceux qui sont réels et que vous allez rencontrer tout du long de votre aventure. Ajoutons à cela un vocabulaire qui lui est propre et un univers complètement disjoncté.

Pourquoi combattre?

La grande particularité de ce jeu est l’énorme quantité de texte auquel vous aurez le droit lors de votre périple. C’est ce qui m’incitait à vous dire que le titre n’est aucunement comme un autre auquel j’ai joué auparavant. La lecture est constante et fera en sorte que vous devrez faire des choix. Certains auront de l’importance sur les événements à venir, d’autres non. Certains seront des choix moraux, d’autres seront déchirants. Bref, les décisions ne devront pas être prises à la légère. C’est ce qui est vraiment bien avec Torment : vous allez découvrir énormément de choses en posant beaucoup de questions et pour peu que l’univers vous intrigue, vous allez découvrir un monde absolument fantastique.

Mais non seulement vous aurez le droit à de grands dialogues qui vous marqueront, vous aurez également le droit à très peu de combats. En fait, le choix est vôtre. La diplomatie, la plupart du temps, vous servira lors de vos rencontres infortuites. Mais si vous prenez la décision d’engager le combat, sachez que vous serez la plupart du temps en situation délicate et c’est un grand risque. Plus d’ennemis que d’alliés, plus forts que vous, la situation sera certainement délicate. S’il existait un reproche à faire, c’est que les phases de combat sont injustes et cruelles. Bien que ce ne soit pas la vocation première du titre, on aurait aimé avoir un peu plus de plaisir lorsque le combat est inévitable ou pris comme avenue.

Un système complet et complexe

Le jeu réside dans un aspect tout de même important. Des points de compétence font partie du mécanisme du jeu et il revient à vous de décider comment utiliser ceux-ci. Trois branches vous serviront selon la situation : des points d’intelligence, des points de puissance ainsi que des points de dextérité. Mais ce n’est pas tout ! Vous n’êtes pas le seul à posséder ces fameux points, vos compagnons d’aventure en possèdent également. Vous pourrez donc faire un choix quant à la personne qui exerce une action spécifique. Selon le nombre de points utilisés dans une situation X, votre pourcentage d’action augmentera. Il faut donc faire des choix judicieux afin de s’assurer de ne pas en manquer lorsque le besoin s’en fait sentir. Mais il ne faut pas s’en priver puisque même les situations qui se terminent par une déception ne résultent pas en un échec. En effet, on se retrouve plutôt devant une situation différente que celle qui était prévue. Très bien pensé.

Des graphiques acceptables

Visuellement, Torment n’est pas le titre qui tire le meilleur des consoles de la nouvelle génération (ou PC si tel est votre cas). On est devant quelque chose de simple et de beau. Par contre, on va plus d’une fois se retrouver dans quelque chose de complètement différent de l’endroit où nous étions auparavant. La variété est très appréciée et évite que l’on tombe dans quelque chose de fade. Certains lieux auront des couleurs vives, avec énormément de détails qui nous entourent alors que d’autres seront froids, avec peu d’éléments environnants. C’est juste assez de paysages différents pour donner l’impression d’un vague univers. Les personnages sont également bien travaillés de ce côté. Par exemple, un de vos premiers acolytes possède une personnalité dans plusieurs dimensions. Au niveau graphique, on le comprend très vite et c’est très bien réalisé. Du beau travail sur ce point.

Verdict

Torment : Tides of Numenera saura plaire au puriste de science-fiction. Ceux qui aiment visiter des univers différents de ce que nous sommes habitués seront aussi bien servis. Bien que ce soit légèrement court pour un titre du genre (comptez une trentaine d’heures tout au plus pour faire le tour), ce sont de bonnes heures de jeu. Dommage que les phases de combats soient anecdotiques et fades, le jeu aurait été beaucoup plus mémorable. Cela reste un très bon jeu à essayer du moins.

NOTES
Note d'enthousiasme
8
PARTAGER

Planificateur numérique de jour, amateurs de jeux vidéo le soir, j’aime pas mal tous les genres et je peux en parler durant des heures, tant que cela se fait dans le respect. Ce n’est pas parce qu’un jeu est mauvais qu’il l’est pour tous. Sauf E.T. sur Atari. Ça, c’est mauvais.