Dire que j’attendais Replaced depuis longtemps serait un euphémisme. Présenté pour la première fois en 2021 pendant le défunt E3, le jeu de Sad Cat Studios en avait fait sourciller plus d’un, moi compris. Premièrement en raison de son genre, soit un jeu de plateforme cinématique, ce qui est de plus en plus rare de nos jours. Si vous ne savez pas ce que c’est, il s’agit d’un genre ayant fait la pluie et le beau temps il y a de cela très longtemps. On pense notamment au premier Prince of Persia ou bien à Flashback. Plus récemment, il y a Inside, Lunark ou bien Planet of Lana II. Ce sont des jeux dans lesquels nous sommes souvent exposés à l’action et dans lesquels l’histoire a préséance sur le reste.
Sauf que pour Replaced, il y a également son style en 2.5D tout en pixels dans un univers alternatif néo-futuriste qui nous charme. Étant un très grand amateur de films tels que Blade Runner ou Le Cinquième Élément, j’avais beaucoup aimé ce qui avait été présenté jusqu’à maintenant. Mais les années passent et pas de nouvelles du jeu…
Heureusement, le projet n’est jamais délaissé et, près de cinq ans plus tard, voilà que Replaced se dévoile. Peut-on s’attendre à de grandes choses de la part d’une équipe pour laquelle il s’agit d’un premier projet ? Voyons ce que le jeu a sous le capot !
Fiche Technique de Replaced
- Date de sortie : 14 avril 2026
- Style : Plateforme cinématique
- Classement ESRB / PEGI : M / PEGI 16
- Développeur : Sad Cat Studios
- Éditeur : Thunderful Publishing
- Langue d’exploitation : Sous-titres en plusieurs langues dont le français
- Offert sur PC et Xbox Series X/S
- Disponible Jour 1 sur Game Pass
- Testé sur Steam Deck
- Prix lors du test : 25.99$ CAN
- Site officiel
- Version envoyée par l’éditeur
Un monde utopique dans un univers parallèle
États-Unis, dans les années 80. Une catastrophe nucléaire vient détruire plusieurs vies. Les gens restants recherchent des ressources ainsi que des moyens d’améliorer leurs conditions. C’est ainsi que, grâce aux efforts de multiples entreprises caritatives et philanthropiques, Phoenix City voit le jour et, par le fait même, la Phoenix Corporation. Cette nouvelle cité est le résultat de R.E.A.C.H., une intelligence artificielle prometteuse dont le rôle est principalement de trouver des compatibilités entre humains pour des dons d’organes. Il faut savoir que la catastrophe a pesé lourd sur les survivants.
Cependant, est-ce que tous les humains sont égaux ? Lorsqu’un sacrifice est nécessaire pour sauver une personne de la plus haute importance, qui devrait être privilégié ? Et est-ce qu’il ne faut pas parfois prendre des moyens drastiques pour garder quelqu’un en vie ?
Alors que R.E.A.C.H. croit avoir les réponses à tout, elle est intégrée dans le corps de son créateur et se retrouve à l’extérieur du Mur, obstacle qui sépare Phoenix City des menaces extérieures. Parce que ce n’est pas tout le monde qui possède une vie de qualité. D’ailleurs, il est possible que, pour améliorer cette vie, certaines personnes soient bien prêtes à se départir de morceaux d’elles-mêmes…
C’est avec cette prémisse que l’on incarne Reach, une IA coincée dans un corps humain mais qui désire, par-dessus tout, revenir à son lieu d’origine. Mais ce qui semblait être bien simple deviendra de plus en plus complexe. Reach fera plusieurs découvertes sur ce qu’un être humain peut représenter et constatera que c’est beaucoup plus qu’une simple ressource.

Du déjà-vu de grande qualité
Il ne faut pas se mentir, Replaced dispose d’un scénario qui a déjà été visité à maintes reprises. Mais cela n’empêche en rien que l’intrigue nous pousse constamment à vouloir en savoir plus. Déjà, on désire connaître quelles sont les motivations du personnage. Parce que oui, j’ai bien mentionné Reach, mais il y a également son créateur, Warren Marsh, au sujet duquel on se pose énormément de questions. Comment se fait-il qu’une IA ait pris possession de son corps ?
Et puis il y a la rencontre de plusieurs personnes qui viendront à notre aide, comme Tempest ou Veronica. Ces personnes n’aiment pas du tout la Phoenix Corporation. Mais pourquoi ? La création de Reach est pourtant de faire en sorte que tout le monde ait une meilleure qualité de vie. Ça ne semble pas être le cas de tout le monde à l’extérieur du Mur, sans doute en raison des Termites, ce groupe radicaliste et extrémiste qui désire uniquement le chaos.
Évidemment, le scénario prend énormément de place dans un jeu de plateforme cinématique et Replaced réussit adéquatement à garder notre intérêt. Au fil de l’aventure, des bribes d’informations nous seront données afin que l’on en sache plus sur les personnages, la ville, mais aussi la politique, les inquiétudes du quotidien du peuple et bien plus encore.
Il est intéressant de mieux comprendre l’environnement dans lequel on se trouve grâce à ces éléments. Mais surtout, c’est le développement de Reach qui pique notre curiosité du début à la fin. On se demande sans cesse de quelle façon va réagir cette IA face à une situation inconnue. Et si vous croyez pouvoir le deviner, vous aurez droit à quelques surprises en cours de route.

Un visuel pas comme les autres
Il va de soi que le premier élément qui saute aux yeux lorsque l’on débute notre partie de Replaced est le choix graphique du jeu. Comme vous le savez déjà, je suis un grand amateur de pixel art et Sad Cat Studios a su comment élever la barre très haut à ce sujet. Une des raisons qui fait que la qualité est au rendez-vous est le fait d’avoir choisi de placer Replaced dans un environnement en 2.5 dimensions.
Bien que ce ne soit pas la première fois que cela existe, il est rare qu’un jeu joue autant sur les cadrages, les angles et les perceptions que ce dernier. Cela amène une excellente dynamique et de sublimes prises de vue qui rendent justice au scénario. Rapidement, on oublie que l’on se trouve devant un jeu vidéo et non devant un film. En toute transparence, c’est le but ultime des jeux de la sorte et Replaced est, à mon humble avis, à un niveau supérieur à bien des jeux du genre.
Et que dire de la variété des paysages que l’on découvre ! Comme on se trouve dans un univers parallèle à celui que l’on connaît, on retrouve des éléments auxquels nous sommes habitués, comme des bidonvilles, des égouts et des refuges. Mais le monde étant beaucoup plus développé technologiquement, Phoenix City donne une impression de ville futuriste qui est très bien rendue visuellement.
Et pour mieux comprendre son importance, le jeu de perception entre ce qui est à l’avant-plan et l’arrière-plan est phénoménal. Un geste simple comme passer d’une pièce à une autre avec le cadre de la porte qui divise l’action est fantastique. Puis, lors des combats, les angles de caméra peuvent démontrer toute la violence et l’action frénétique qui se déroulent devant nos yeux. Du pur génie !

Au-delà des images
Bien que magnifique, qu’en est-il du gameplay ? Parce que nous sommes tout de même en contrôle d’un personnage. Dans les premiers moments, l’impression qui se dégage est la passivité du joueur. On croit que notre apport sera minime, les cinématiques défilant à toute allure. Mais plus le jeu avance, plus on est impliqué dans les actions de Reach, à commencer par les combats, point fort important du titre.
Reach a à sa disposition une arme qui prend de multiples aspects. Elle peut servir de bâton ou d’arme à feu et aura d’autres fonctions au fil de l’aventure. Cela sera nécessaire parce que les vagues d’ennemis seront de plus en plus difficiles à vaincre, surtout pour un seul homme. Si on doit faire un comparatif, voyez les phases de combat comme une chorégraphie. Il y a certaines attaques qui ne pourront être bloquées et que vous devrez éviter. Il y en a d’autres qu’il faudra parer au bon moment. Détruire le bouclier qui protège un ennemi est également possible. Mettez tout cela ensemble et il faudra donc penser à sa prochaine action et l’exécuter au bon moment.
Et comme si ce n’était pas suffisant, Reach pourra faire des exécutions à des moments précis, rendant la violence au centuple. Cette petite séquence cinématographique est très plaisante, au point où l’on tente de le faire aussi souvent que possible. Pour citer un mème très populaire : Absolute Cinema !

Du synthwave pour nous accompagner
Sad Cat Studios a traité la trame sonore avec autant d’importance que le visuel. La musique ne prend jamais le dessus, mais nous accompagne parfaitement du début jusqu’à la fin. En fait, il y a tellement de pistes audio que l’on se demande combien de temps dure la totalité de la bande sonore. Si on se pose cette question, c’est parce que l’on trouve régulièrement cesdites pistes au fil de l’aventure. On peut donc prendre une petite pause et écouter la musique quand bon nous semble.
Mais comme je le disais, il semble y en avoir beaucoup puisque la musique nous accompagne sans cesse dans l’aventure. Et le jeu dure tout de même un certain temps ! Évidemment, cela dépend de votre niveau d’implication. Il y a plusieurs sous-missions qui étirent le jeu, ce qui fait que cela peut vous prendre de 8 à 12 heures avant de voir le générique. Pas mal pour un jeu du genre ! Et je ne peux que vous recommander d’en faire le maximum puisque les récompenses en valent la peine.

Verdict de Replaced
Replaced est un jeu comme on en voit rarement. La qualité de la production est maximale et c’est franchement impressionnant pour un si petit studio. Oui, le genre ne va pas plaire à tout le monde, mais ceux qui tenteront le coup seront agréablement surpris. Un scénario de bonne qualité, de l’action à profusion ainsi qu’une bande sonore merveilleuse amènent le jeu parmi les meilleurs disponibles en 2026. Est-ce le début d’une grande époque pour Sad Cat Studios ? On peut uniquement le souhaiter et regarder jusqu’où ils peuvent se rendre. Pour l’instant, il est temps de profiter pleinement de Replaced.

