Critique d’Absolutly Anything réalisé par Terry Jones

Neil Clark (Simon Pegg), professeur britannique désabusé, désespérément amoureux de sa voisine du dessous (Kate Beckinsale) et vivant avec son chien Dennis (Robin Williams), désespérément amoureux de biscuits rouges, se voit du jour au lendemain confier par un conseil extraterrestre le pouvoir de réaliser absolument tout ce qui lui passe par la tête. Ce que Neil ignore, c’est que de la manière dont il décidera d’user de ce pouvoir dépend le sort de l’Humanité toute entière. Neil a alors 10 jours devant lui pour « faire le Bien ». Et bien entendu, rien ne va se passer comme prévu.

Des relents de Bruce Tout-Puissant

Que se passe-t-il lorsque l’on confie à un homme adulte le pouvoir de réaliser n’importe lequel de ses désirs ? On assiste rapidement à une succession de souhaits potaches et au-dessous de la ceinture. Et le premier reproche qui peut être fait à Absolutly Anything est le même que pour Bruce Tout-Puissant : un enchaînement de vannes potaches, de situations ridicules et de clichés du genre, sans aucun rythme.Taille du sexe, excréments, femme hystérique et/ou en sous-vêtements, revanche… Le tout sans grande originalité, ni grande cohérence. Pourtant, et comme dans Bruce Tout-Puissant, le premier rôle n’est pas occupé par un débutant mais bien par une figure comique de haute volée : Jim Carrey dans le premier et Simon Pegg dans Absolutly Anything. Et fort heureusement, ce sont sur eux et les acteurs qui les accompagnent que les deux films reposent, les scénarii demeurant d’une pauvreté affligeante.

Le retour des Monty Python

En effet, la force et l’unique attrait du film viennent bien de sa distribution. Tout d’abord, Absolutly Anything a été réalisé par le grand Terry Jones (à qui l’on doit entre autres La vie de Brian, Eric le Viking ou encore l’inénarrable Sacré Graal, co-réalisé avec Terry Gilliam). A ce nom déjà illustre s’ajoute l’ensemble de la troupe des Monty Python (excepté le regretté Graham Chapman), chargé de doubler le conseil extraterrestre. Et pourtant. Rien de loufoque, de piquant, de mordant. Où est passé la fraîcheur, l’inventivité, l’humour qui ont fait d’un film comme Sacré Graal l’un des films les plus drôles du monde (étude réalisée sur moi-même par un institut de sondage tenu par moi-même).  Nous n’ajouterons rien concernant le rôle de Kate Beckinsale, affligeant de banalité et ajoutant sa pierre à l’édifice déjà impressionnant de clichés que collecte le film, pour passer directement à Robin Williams, absolument grandiose dans son doublage de Dennis, chien rationnel souffrant d’une logorrhée aiguë et doublé d’un obsédé sexuel. Simon Pegg quant à lui tire tant bien que mal son épingle du jeu, ses scènes comiques étant régulièrement entrecoupées par des scènes ridicules avec Beckinsale, ou entre cette dernière et le cliché ambulant qui lui sert d’ex, légèrement névrosé et qu’on peut, sans complexe aucun, qualifier de « gros beauf américain atrophié du bulbe ».

dennis absolutly anything

Une comédie prévisible est-elle toujours une bonne comédie ?

Réponse : NON. Au mieux, c’est un divertissement agréable, une comédie passable. Au pire, c’est un navet infâme. Je n’irai pas jusque là concernant Absolutly Anything, mais le fait est que cette rom-com sans saveur et sans inventivité poursuit, durant 1h40, une trajectoire aussi prévisible qu’un CD des One Direction lancé vers ma poubelle. Bien sûr, il nous arrive de sourire, voir de glousser. Bien sûr il est évident que les délires canins de Robin Williams ne laissent pas de marbre. Mais hélas, trois fois hélas. Les personnages féminins sont consternants  de banalité et de nullité (voisine hystérique/voisine sexy touchante/ prof névrosée / copine grivoise), les dialogues touchent tellement le fond qu’on s’attend à tomber sur du pétrole à la moindre réplique et le film, non content de reposer sur son concept de base sans chercher à la dépasser, expédie la conclusion sans autre forme de procès, comme s’il fallait bien finir quelque part.

Conclusion

Absolument Décevant, voilà ce que m’évoque désormais Absolutly Anything. Fan invétérée des Monty Python depuis ma plus tendre enfance, comment ne pas regretter cette flamboyante formation comique, à l’humour unique, qui faisait de la comédie un art à part entière, un véritable genre digne de tous les honneurs, intelligent, inventif, rythmé? Comment ne pas être déçue par cette comédie cousue de fils blancs, poussive, dont la succession de blagues semble être l’oeuvre d’un ado attardé? Finalement, Absolutly Anything n’est rien d’autre qu’une énième variation sur le thème d’un loser ordinaire doté de pouvoirs extraordinaires et qui séduit une jolie fille non sans être passé par une succession d’épreuves débiles. J’aimerais pouvoir dire du bien de ce film et du boulot de ces gars fort sympathiques. Vraiment. J’aimerais aussi avoir un million de dollars en coupures de 5$. Mais on ne fait malheureusement pas toujours ce que l’on veut.

Critique d’Absolutly Anything réalisé par Terry Jones
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    Les points positifs :
  • Evidemment, Dennis, le chien obsédé doublé par le regretté Robin Williams
  • Les quelques apparitions d'Eddie Izzard
  • Les quelques gags échappant au stade anal (cf le gag de la saucisse)
    Les points négatifs :
  • Un scénario inexistant
  • Une armada de clichés
  • Un rythme poussif
  • Des gags affligeants de banalité
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