Dans Buy Bust, une unité spéciale des forces de l’ordre de la Philippine est envoyée appréhender le chef d’un cartel narcotique, mais se retrouve piégée dans le bidonville qui l’abrite.

Fiche technique

BuyBust sera présenté en première Mondiale le dimanche 15 juillet à 20h30 au Walter Reade Theater dans le cadre du New York Asian Film Festival. Le film sera présenté en première Canadienne le mercredi 18 juillet à 21h30 à l’Auditorium des diplômés de la SGWU (Théâtre Hall) dans le cadre du Festival international de films Fantasia.

BuyBust est de prime abord une histoire qu’on a vue des tas de fois au cinéma, la police pince un vendeur de drogue, celui-ci dit pouvoir les mener au chef du gang, s’ensuit une opération à grand déploiement dans un bidonville, qui va immanquablement mal tourner et finir en jeu du chat et de la souris jusqu’à ce qu’un seul survivant tienne debout. Là où le film tente d’innover, c’est dans la brutalité des combats.

Un BuyBust prévisible

Tel que mentionné plus haut, le scénario n’est pas criant d’originalité. BuyBust ouvre sur la classique scène d’interrogation où deux policiers abusent d’un vendeur de drogue afin d’obtenir l’information nécessaire à l’arrestation du chef de cartel. Le truand, n’ayant pas la localisation de ce dernier, s’offre en tant qu’appât pour le faire sortir de sa cachette. C’est là qu’entre en scène l’unité d’élite qui devra procéder à l’arrestation.

Le film tire son titre de la scène d’arrestation, le BuyBust, qui tourne très mal et piège les policiers dans un bidonville surpeuplé aux allures de labyrinthe. Les criminels ont manifestement l’avantage de connaître le terrain. Leur chef en profitera pour donner l’ultimatum aux forces de l’ordre de se rendre sinon il exécutera un vieillard qui n’a rien à voir avec le cartel. Évidemment, si les policiers abdiquaient si rapidement il n’y aurait pas matière à faire un film. Le méchant qui est un peu cinglé exécute alors le pauvre homme, ce qui a l’effet absurde de rallier les habitants du côté des truands.

Et c’est là, après quarante-cinq longues minutes que BuyBust démarre réellement. Un intense jeu du chat et de la souris prend place, les policiers étant pris au piège. La violence ne fait qu’escalader jusqu’à la fin du film.

L’Exécution

Erik Matti, le réalisateur, prend le temps d’introduire la brochette de personnages sans trop s’attarder sur ceux-ci. Il laisse plutôt le soin au récit BuyBust de nous les faire découvrir et c’est rafraichissant. Par contre, mis à part Nina (Anne Curtis) et Rico (Brandon Vera), la plupart des personnages deviennent interchangeables.

La plupart des époustouflantes scènes d’actions sont entachées par une caméra à l’épaule un peu trop nerveuse et des coupures en rafales. Ceci contraste énormément avec le plan séquence de trois minutes. Bien que ce dernier soit génial, les coups semblent y être faits dans la mélasse. Si l’on porte attention, on peut également voir que la plupart de ces coups sont sans impacts, ce qui est dommage.

Lorsque la caméra cesse de se trimbaler, la cinématographie de BuyBust est splendide. La composition des scènes, l’utilisation des couleurs et de la pluie viennent peindre un magnifique tableau.

Anne Curtis et Brandon Vera portent BuyBust sur leurs épaules de façon formidable. La première en incarnant une louve solitaire qui se joint à l’escouade à contrecoeur. Le second en étant une véritable force de la nature, autant par sa présence que sa stature. Le reste de la distribution joue juste, mis à part les antagonistes importants qui semblent surjoués et ridicules.

Un torrent de violence

Dès le début des affrontements entre les deux camps, la violence de BuyBust se fait très présente et ne fait qu’escalader. Des balles dans la tête aux coups de poignards, en passant par le cactus et les cisailles à haie. À un certain point, je me demandais quelle allait être la prochaine arme ridicule à être utilisée et je n’ai pas été déçu.

La musique qui est parfois bizarre, souvent absente, mais totalement géniale ne vient qu’appuyer ce torrent de violence démesuré. On passe par plusieurs styles, un peu le reflet des habitants du bidonville. Vous allez vouloir assister au générique pour ses deux pièces musicales. Drug War de Max Surban et Shoot to Kill de Greyhoundz.

Avec ses 309 cascadeurs et 1278 figurants, BuyBust est un film ambitieux. Il saura plaire aux amateurs de films policiers et de films violents. Par contre, ses longueurs et ses coupures rapides incessantes l’empêchent d’atteindre le statut de chef-d’oeuvre. Un film qui gagne tout de même à être vu.

NOTES
La réalisation
6
Le scénario
6
Le jeu des acteurs
7
Le plaisir durant le visionnement
7
PARTAGER
Je gaspille mon temps devant la télé et les écrans de cinéma, donc autant en parler...