Il y a de fortes chances que vous n’ayez jamais entendu parler de Tokyo Scramble. Développé par Adglobe Inc., ce titre vient tout juste de faire son arrivée en exclusivité sur la Nintendo Switch 2. Derrière ce lancement plutôt discret se cache un jeu d’action aux accents presque horrifiques et de survie, qui nous entraîne dans l’exploration de mystérieuses ruines souterraines sous Tokyo, où de terrifiantes créatures rôdent dans l’ombre et où chaque expédition peut rapidement tourner au cauchemar.
Fiche technique de Tokyo Scramble
- Date de sortie : 11 février 2026
- Style : Action / Survie / Furtivité
- Classement ESRB / PEGI : T / 12
- Développeur : Adglobe Inc.
- Éditeur : Binary Haze Interactive
- Langue d’exploitation : Sous-titré en français
- Exclusivité Nintendo Switch 2
- Testé sur : Nintendo Switch 2 principalement en mode portable
- Prix lors du test : 29,99 $ CA / 29,99 €
- Site officiel
- Version envoyée par Nintendo
Une narration en retrait
L’aventure débute lorsqu’Anne, une étudiante se trouvant dans le métro de Tokyo, survit à un accident soudain lorsque son train s’enfonce dans une gigantesque fissure sous la ville. À son réveil, elle découvre un vaste réseau de cavernes et de stations abandonnées envahies par d’étranges créatures ressemblant à des dinosaures, appelées « Zinos ». Sans armes pour se défendre, le jeu nous pousse à compter sur l’intelligence d’Anne, son sens de l’observation et les fonctions de sa montre connectée pour manipuler l’environnement, distraire les monstres et tenter de retrouver un chemin vers la surface.
En parallèle de cette lutte pour survivre, le récit s’appuie sur des échanges entre Anne et ses amis, présentés sous forme de messages texte entre les chapitres. L’idée vise à ajouter une dimension plus personnelle à l’aventure, mais ces conversations sont souvent déconnectées des événements vécus sous terre, ce qui réduit leur impact émotionnel. Elles deviennent rapidement oubliables, malgré leur rôle évident de récompense narrative après certaines séquences de jeu particulièrement stressantes.
Les véritables interactions entre les personnages demeurent par ailleurs assez rares au cours de l’aventure. Lorsqu’elles surviennent, les dialogues ne se distinguent pas particulièrement par leur écriture et peinent à donner de la profondeur aux protagonistes. Au final, l’aspect narratif repose davantage sur le contexte et l’exploration que sur les relations entre les personnages.

Exploration, furtivité et tension
Le jeu propose tout de même une bonne variété de créatures, chacune demandant une approche différente pour être évitée. Entre les rôdeurs sensibles au bruit, les insectes géants attirés par la lumière ou d’autres menaces qui privilégient la poursuite, le joueur doit constamment adapter sa façon de progresser. Cette diversité contribue à maintenir l’attention et empêche l’exploration de devenir trop prévisible.
Le level design, de son côté, mise clairement sur la prudence et la patience. Certains niveaux sont assez vastes et demandent parfois de longs détours pour minimiser les risques d’être repéré. Observer les déplacements des créatures, attendre le bon moment et planifier son trajet font partie intégrante de l’expérience. Chaque zone propose également des objectifs précis qui encouragent à utiliser les éléments de l’environnement et à explorer les environs, notamment pour trouver des stations de recharge permettant d’alimenter la montre connectée. Le jeu attribue même un pointage à la fin de chaque épisode, accompagné d’un rang, pour les joueurs qui souhaitent optimiser leur parcours et améliorer leur performance.
Deux niveaux de difficulté sont proposés, et le mode de base ne donne déjà pas sa place tant certaines séquences peuvent être exigeantes. Difficile de ne pas se demander à quel point le mode plus difficile peut se montrer impitoyable.
La boucle de gameplay alterne ainsi entre des moments particulièrement efficaces, où la tension et la satisfaction de réussir une séquence difficile se font bien sentir, et d’autres plus frustrants, surtout lorsqu’une erreur mineure attire immédiatement l’attention d’un ennemi. À la longue, malgré la variété des créatures et des environnements, la structure des situations finit par devenir un peu répétitive.

Une présentation inégale
Sur le plan visuel, Tokyo Scramble ne cherche clairement pas à impressionner. Sans être désagréable à regarder, le jeu donne davantage l’impression d’un titre de calibre Nintendo Switch première génération que d’une production pensée pour la Switch 2. Les environnements souterrains remplissent leur rôle, mais demeurent relativement peu détaillés, et les jeux de lumière, pourtant importants dans un jeu qui mise autant sur l’obscurité et la furtivité, restent en dessous de la moyenne.
Le design des créatures s’en tire heureusement mieux. Les différents Zinos possèdent des silhouettes distinctes et reconnaissables, ce qui aide autant à l’ambiance qu’à la lecture du gameplay. Certaines inspirations, entre dinosaures, insectes géants et créatures nocturnes, fonctionnent particulièrement bien dans le contexte du jeu.
Les animations, en revanche, sont beaucoup moins convaincantes, surtout lors des échecs. Lorsqu’Anne se fait attraper, les créatures semblent simplement la frapper et le personnage tombe maladroitement au sol, sans réel impact ni tension dramatique. Ces séquences manquent de finition et paraissent presque rudimentaires. Loin d’être gore ou réalistes, elles donnent plutôt l’impression d’animations temporaires qui auraient été conservées dans la version finale.
Sur le plan technique, l’expérience se montre aussi un peu instable par moments, avec quelques ralentissements d’image qui viennent briser la fluidité lors de certaines séquences plus chargées. L’ambiance sonore, bien qu’efficace pour maintenir la tension, finit également par devenir un peu agressante à la longue. Les effets sonores des Zinos et ceux liés aux objets interactifs de l’environnement sont souvent très insistants et se répètent fréquemment, ce qui peut devenir fatigant après plusieurs heures de jeu.



Verdict sur Tokyo Scramble
Au final, Tokyo Scramble me laisse une impression partagée. J’ai apprécié la tension que le jeu réussit à installer lors de l’exploration et certaines situations où l’utilisation de l’environnement devient essentielle pour survivre. Toutefois, cette boucle de gameplay finit par devenir répétitive, et la dimension narrative ne m’a jamais donné l’impression de récompenser adéquatement les séquences particulièrement stressantes que je venais de traverser. Les échanges par textos entre les chapitres manquent d’impact et peinent à maintenir mon intérêt, ce qui rend la progression moins motivante qu’elle devrait l’être. Malgré une prémisse intéressante et quelques bonnes idées, je n’ai tout simplement pas ressenti l’envie de pousser l’aventure jusqu’à sa conclusion.

