Quand les opérateurs se découvrent un réseau « 4G »

Le consommateur découvre ces derniers temps de nombreuses publicités pour les réseaux 4G développés par les opérateurs. Chacun y va de ses annonces de débits importants, de sa couverture la plus grande ou encore des nouvelles opportunités apportées par ce type de service.

On peut alors se demander comment certains opérateurs peuvent, du jour au lendemain, annoncer avoir déployé un réseau 4G immense, ou bien encore comment certains clients profitaient déja du réseau 4G sans même le savoir!

La prouesse n’est en fait qu’une simple transformation marketing. Alors qu’aux États-Unis par exemple, Verizon annonce son réseau 4G LTE comme « le réseau 4G le plus avancé et le plus rapide en Amérique », T-Mobile se vante d’avoir le plus grand réseau 4G d’Amérique. La différence ? Le terme LTE n’apparait aucunement sur le site de ce dernier.

Cette mention n’est pourtant pas un détail. Alors que la technologie LTE, au départ présentée comme la 3,9G et communément admise comme 4G, permet d’atteindre des débits dépassant les 100 megabits par seconde, la « 4G » utilisée par T-Mobile et de plus en plus d’opérateurs ne permet pas de dépasser  les 42 mégabits par seconde pour ne parler que de vitesse. Mais les technologiques diffèrent également sur d’autres caractéristiques techniques (temps de latence…).

Cette nouvelle appellation a été rendue possible par l’Union Internationale des Télécommunications (ITU), qui a assoupli en décembre dernier sa définition de 4G en incluant les réseaux LTE, Wimax et HSPA+. Ce dernier était jusqu’à présent présenté comme de la 3G+.

Au Canada, le consommateur se retrouve donc avec des publicités comme celle ci-dessus, lui expliquant qu’il utilisait en fait depuis 2009 un réseau 4G sans même le savoir! Ce type de campagne est actuellement déployé par les opérateurs Bell et Telus.

Alors que ce type d’annonces ne peut que contribuer à la confusion chez le consommateur, on peut se demander comment les opérateurs vont axer leurs campagnes de publicité lorsque les réseaux LTE et Wimax seront réellement déployés à grande échelle. Verra-t-on fleurir des mentions « 5G » à ce moment la ?

Pour aller plus loin, je vous conseille la lecture des billets de Maxime Johnson sur son blog :

(Mise à jour 2 mars 2011)

Pour sa part, Rogers précise dans l’article Rogers confirms LTE deployment; invests in Canada’s “Digital Fast Lane” publié sur son blog que le terme 4G ne sera utilisé par Rogers que pour un réseau au moins en LTE. Cela doit éviter la confusion dans la tête du consommateur… même si je ne suis pas sûr que les annonces des autres opérateurs rendent l’offre mobile claire.

Finally, a note on 4G: While there is confusion about what constitutes 4G technology, we won’t use that term to refer to the HSPA+ technology that Rogers first introduced in North America in 2009. When Rogers says 4G, we mean LTE.

(Mise à jour 9 mars 2011)

Videotron vient tout juste de publier un communiqué de presse (cf. Le réseau 4G de Vidéotron : le plus interconnecté à la fibre optique au Québec) pour annoncer la 4G sur son réseau… qui utilise le HSPA +.  L’opérateur précise cependant que « ces évolutions technologiques s’inscrivent dans la démarche évolutive que préconise l’International Telecommunications Union (ITU)  pour attribuer une norme 4G à un réseau mobile ».

Vidéotron a déjà mis en place la technologie du Direct Tunnel, qui permet aux données mobiles d’emprunter la voie la plus directe au sein du réseau. Le recours à cette technologie réduit le délai de latence du réseau et améliore, du coup, l’efficacité des transmissions. Par ailleurs, l’entreprise conduit actuellement des tests en vue de l’implantation de la technologie HSPA+ à double canaux (Dual Carrier), qui lui permettra d’offrir des vitesses mobiles allant jusqu’à 42 Mbit/s. Un premier appareil intelligent HSPA+ et une première clé Internet pouvant atteindre des vitesses de 42 Mbit/s seront d’ailleurs offerts au printemps 2011. Ces appareils permettront aux entreprises et consommateurs de profiter du plein potentiel du réseau mobile 4G de Vidéotron.

 

Ludovic Gollion

À propos de Ludovic Gollion

Conseiller Expérience Client chez Vidéotron à Montréal, je permets aux clients de la marque de recevoir une formation pour leur téléphone intelligent ou leur tablette lors de séances individuelles personnalisées. Féru de nouvelles technologies , je me passionne pour toutes les démarches innovantes de commercialisation et de communication autour des produits de grande consommation.

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3 commentaires sur l'article “Quand les opérateurs se découvrent un réseau « 4G »”

  1. Yareking Mercredi 2 mars 2011 at 15:58 #

    Au début on avais 3.5 qui est devenue 4. LTE était supossé être le 3.5 ou 3.75 mettons. Le 4 devais être LTE advanced. Maintenant on va surement avoir un 3.5=4g LTE=5g et LTE advance=6g. Maudit marketing

  2. Dominic Desbiens Jeudi 10 mars 2011 at 11:50 #

    Je crois que la spécification du 4G n’a pas été claire dès le début et maintenant on la change continuellement. En principe, le vrai 4G (LTE) peut atteindre une vitesse maximale impressionnante de 1 Gbit/s. On prévoyait pour 2010 qu’on atteindrait les 40 Mbit/s, alors qu’on commence à voir arriver au Québec le 42 Mbit/s (Telus, Vidéotron bientôt…).

    Marketing en effet car les consommateurs se font duper pour une technologie qui n’est pas celle que l’on croit. Cela me fait penser à Bell Canada qui a changé le nom de ses forfaits Internet au moins deux fois par année depuis 5 ans! Dommage…

    • Benoît Chamontin Vendredi 11 mars 2011 at 14:20 #

      La spécification de la 4G était claire dès le début il me semble (cf. l’article de Wikipedia assez complet sur le sujet : http://en.wikipedia.org/wiki/4G) avec notamment des contraintes de vitesses notamment comme tu le soulignes. Ainsi le LTE ne rentrait pas dans la 4G car justement il n’atteint pas ces débits (100 Mbps en maximum théorique descendant, 50 Mbps en débit montant)… Cela venait donc réellement avec le LTE Advanced (1 Gbps en réception fixe, jusqu’à 100 Mbps en déplacement). Mais l’ITU avait déjà fait une première concession en admettant le LTE comme 4G.
      Alors oui le HSPA Evolution offre des débits intéressants avec 42 Mbits/s (voire 80Mbps dans certains pays). Certains équipementiers annoncent pouvoir augmenter la vitesse théorique à 650 Mbps pour le Long Term HSPA Evolution. Mais oui le HSPA Evolution est considéré comme une étape vers le LTE et à terme cela doit jouer le même rôle qu’a joué la 2G pour la 3G.
      Cependant, les débits ne sont pas tout… Le LTE offre une meilleure efficacité spectrale, fait appel à une architecture  » tout-IP  » (grosse différence avec le HSPA).

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