Près de cinq ans après s’être révélé au monde entier avec la sortie de Towerfall, le développeur indépendant Matt Thorson revient à la charge avec Celeste, un jeu de plateforme 2D aux allures rétro disponible sur PC, PlayStation 4, Xbox One et Nintendo Switch. L’équipe de Geeks and Com’ a eu l’occasion de mettre la main sur Celeste quelques jours avant la sortie et vous propose aujourd’hui son test complet.

Fiche technique

  • Date de sortie : 25 janvier 2018
  • Style : Jeu de plateforme
  • Classement ESRB/PEGI ESRB E 10+ / PEGI 7
  • Développeur : Matt Makes Games
  • Éditeur : Matt Makes Games
  • Langue d’exploitation : Anglais, français, japonais, italien, etc.
  • Disponible sur Nintendo Switch, Xbox One, PS4 et PC
  • Testé sur Nintendo Switch
  • Prix lors du test : 26,99 $ CA/19,99 €
  • Site officiel
  • Version offerte par l’éditeur

Atteindre le sommet du mont Celeste

Pour ce nouveau jeu, direction le Canada et plus précisément le mont Celeste, une montagne qui regorge de surprises et d’obstacles que personne n’a pu franchir pour atteindre le sommet depuis plusieurs années.

Au début de l’aventure, l’histoire n’a rien de concret. Tout ce qu’on sait, c’est que Madeline, notre héroïne, souhaite gravir la montagne. Toutefois, au fil des discussions et des rencontres faites lors de notre ascension, l’histoire s’ouvre à nous et nous fait tomber rapidement en amour avec les personnages et l’univers du jeu. Petit à petit, les motivations de Madeline et le passé des autres individus deviennent de plus en plus clairs et nous amènent à réfléchir sur plusieurs sujets sensibles, dont la dépression et la pression que nous vivons dans la vie de tous les jours.

Gravir à l’aide du dash

Revenons à Madeline. Tout le jeu est fait principalement autour de sa principale habileté, le dash. Grâce à lui, elle atteint des obstacles éloignés, brise des murs, déplace des objets et se dirige même dans les airs dans huit directions différentes. Elle peut également sauter normalement et grimper sur les murs pour avancer plus rapidement, mais la maîtrise de cette capacité est essentielle pour réussir les différents tableaux. Au cours de la montée, elle est utilisée de différentes façons d’un chapitre à l’autre.

En effet, les huit chapitres du jeu, composés de nombreux tableaux, ont leurs propres univers, obstacles, ennemis et objectifs à atteindre. Par exemple, le premier niveau se déroule dans une ville en ruines au bas de la montagne, alors qu’un autre niveau se situe dans un vieil hôtel en désordre.

 

Le meilleur des jeux de plateforme réuni

Ces chapitres ont tous comme trame de fond le jeu de plateforme régulier, mais les éléments y diffèrent pour assurer une variété assez impressionnante. Mis à part dans la montée finale, où l’on retrouve les particularités de tous les niveaux, on n’a droit qu’à chaque élément de jouabilité que quelques rares fois au cours des six heures de l’aventure principale. Parmi ceux-ci, il y a des fleurs qui nous permettent de voler pendant un court instant, des boules qui nous font aller en ligne droite beaucoup plus rapidement, ainsi que des pièces permettant de recharger le dash instantanément pour se rendre à des plateformes encore plus éloignées.

À vrai dire, j’ai vraiment l’impression que le meilleur de tous les jeux de plateforme a été réuni pour donner Celeste. Il y a des niveaux de plateforme ressemblant à ceux de Super Meat Boy, des clés à trouver comme dans Fez, des interrupteurs à activer pour débloquer des portes et j’en passe. On retrouve même quelques combats ou courses contre des ennemis à la sauce Cuphead. Ces niveaux sont bien jaugés et varient également énormément dans les chapitres.

 

Des décors uniques

Mais ce qui frappe le plus dans le jeu, c’est définitivement tout ce qui est autour des phases de plateforme, notamment les différents lieux et leur ambiance sonore.

Comme je le disais, chaque tableau a son propre univers et ils sont magnifiques, le pixel art étant maîtrisé à merveille. Au début de l’ascension, les niveaux sont beaucoup plus sombres avec des ennemis qui rappellent le mal, alors que près du sommet, tout est plus coloré avec de la végétation, des feuilles et de l’eau. Les différents chapitres sont entrecoupés de dessins des personnages faits à la main qui s’imbriquent assez bien avec les décors malgré la différence de style.

Si l’ambiance générale du jeu est aussi accrochante, c’est également en raison de la bande sonore et du bruitage. Même en étant un grand amateur de la musique que l’on retrouve dans les jeux vidéo, je n’avais jamais entendu une aussi bonne bande sonore. La musique se colle parfaitement aux décors et aux actions de notre personnage. Elle est puissante et douce par moment lorsque la pression monte ou baisse, avant d’arriver à son paroxysme dans les combats. Du côté du bruitage, les développeurs n’ont rien laissé au hasard. On a l’impression de réellement se sentir à l’extérieur ou dans l’eau quand notre personnage y est, notamment grâce au bruit du vent et à la réduction du son dans l’eau.

Réussir grâce à l’échec

Si pour vous la version remastérisée de Crash Bandicoot était le Dark Souls des jeux de plateforme, alors Celeste n’est peut-être pas pour vous. Parce que oui, le jeu est assez difficile. La prise en main est facile, mais la maîtrise des contrôles nécessite beaucoup de pratique. Les différents tableaux requièrent un timing précis avec le dash et des sauts presque au pixel près. Le jeu ne se gène même pas pour nous le dire : le seul moyen de réussir est de rater son coup pour apprendre de nos erreurs. La mort devient alors la norme puisque dans certains niveaux, il est possible de mourir quelques centaines de fois avant de le terminer. Heureusement, les checkpoints sont nombreux et le jeu recommence moins de trois secondes après chaque échec.

De plus, de nombreuses surprises sont cachées dans les niveaux, que ce soit dans des tunnels ou derrière des murs. Tout au long de l’ascension, on peut trouver, par exemple, des fraises qui offriront un défi encore plus difficile si vous voulez toutes les récolter, un peu à la manière des pièces de la mort dans Rayman Legends. On peut également trouver des cœurs de cristal, qui permettent de débloquer le 8e chapitre, et des cassettes musicales qui débloquent la face B des niveaux, c’est-à-dire une version encore plus ardue de chaque chapitre.

Les développeurs proposent malgré tout un mode assisté pour ceux qui trouveraient les niveaux trop difficiles. Celui-ci permet de ralentir les sauts et donne plus d’endurance à notre personnage lorsqu’il grimpe sur les murs.

Conclusion

Celeste est un chef-d’œuvre sur toute la ligne. Depuis quelques années, les jeux de plateforme 2D indépendants sont de plus en plus nombreux, mais jamais un développeur n’a réussi à offrir un jeu d’aussi bonne qualité avec des personnages aussi attachants et une ambiance aussi fantastique. La prise en main est facile, bien que difficile à réellement maîtriser, ce qui offre un très bon défi pour tous. De plus, avec la face B des niveaux et les items à collecter, Celeste offre plusieurs heures de plaisir… ou de rage et ce, même après la fin de l’histoire.

 

NOTES
Score global
10
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Passionné de jeux vidéo et de sports, j'étudie présentement en Communication publique à l'Université Laval. Je suis aussi journaliste sportif pour le journal Impact Campus.