Je dois le dire d’emblée, je suis la personne la moins impartiale pour ce test. Au moins, vous serez à quoi vous en tenir. Pourquoi ? Parce que lors de sa première parution, en 2005, Shadow of the Colossus fût une révélation. J’étais déjà un amateur de jeu vidéo à l’époque que ce chef-d’œuvre créé par Team Ico est venu m’ouvrir les yeux. Mais pour moi c’était un premier regard sur ce qu’une expérience vidéoludique menée à main de maître pouvait ressembler. Encore à ce jour, il constitue pour moi l’apothéose dans tout ce qui a été développé dans ce domaine. Donc lorsque j’ai appris qu’on s’attaquait à ce classique avec un remake, mon cœur n’a fait qu’un bon. Premièrement, l’amateur en moi fut envahi d’un grand bonheur. L’occasion de rejouer dans une situation améliorée a réveillé en moi celui qui avait tant aimé ce titre. Mais également une crainte qui me disait que le souvenir était peut-être meilleur que ce qu’il était réellement. Alors, qu’en est-il ? Est-ce que le doux souvenir aurait dû en rester là ou est-ce que les développeurs se sont surpassés ? À lire dans ce test de Shadow of the Colossus !

Fiche technique

  • Date de sortie : 6 février 2018
  • Style : Aventure
  • Classement ESRB/PEGI ESRB T / PEGI 12 
  • Développeur : Bluepoint Games/JAPAN Studio
  • Éditeur : Sony Interactive Entertainment Inc.
  • Langue d’exploitation : Sous-titre français et anglais
  • Exclusivité sur PlayStation 4
  • Prix lors du test : 49,99 $ CA / 33,49 €
  • Site officiel
  • Version offerte par l’éditeur

N.B. Les images en 4K sont produites par une PS4 Pro. Il est nécessaire d’utiliser une PS4 Pro et un téléviseur 4K pour voir le jeu en 4 K. Mais si vous ne possédez pas l’équipement requis, sachez que le jeu est également sublime sur une PlayStation 4 standard. 

Partez à l’aventure

Nombreux sont ceux qui n’ont pas eu la chance d’essayer ce titre lors de ses deux sorties. Paru initialement en 2005 sur PlayStation 2 puis en 2011 sur PlayStation 3, on a droit à une toute nouvelle version cette fois-ci. Il vaut donc la peine d’expliquer dans quoi vous vous embarquez.

On fait donc la connaissance d’un jeune garçon qui arrive à dos de cheval avec un paquet entre les mains. On découvre alors qu’il s’agit d’une jeune fille et que celle-ci est malheureusement morte. Suivant ce qu’on lui a dit, il se retrouve dans un temple dans lequel un Dieu a le pouvoir de sauver cette demoiselle. Nommé Dormin, il explique à notre protagoniste qu’il peut lui venir en aide dans sa quête. Cependant, cela a un prix, soit celui de vaincre les colosses sur les terres sacrées. Et peut-être même que le prix est encore plus grand que celui que l’on imagine. C’est donc avec son fidèle destrier Agro que notre héros part à la conquête des monstres qui se trouveront sur son chemin.

Pour néophytes et nostalgiques

Je n’ai eu qu’un seul regret lorsque je me suis lancé dans cette aventure, c’est que je n’aurais jamais l’occasion de la vivre sous un nouvel œil. Je suis bien heureux pour ceux qui auront ce plaisir. Cela ne m’a pas empêché de voir toute la beauté qui se trouvait devant moi. Avec un rendu graphique vraiment impressionnant, on vit l’aventure pleinement. Les détails dans le personnage, le cheval, les colosses, mais surtout les décors ont été tellement travaillés à nouveau qu’on en reste bouche bée. Pour ceux dont il s’agit de la première fois et même pour ceux qui se relancent dans l’aventure, j’ai quelques conseils à vous donner :

  • Profitez du paysage. Oui, le but est de vaincre les colosses sur notre chemin, mais le spectacle devant nous est splendide. Alors, prenez le temps d’en profiter un peu.
  • Dans le menu, retirez les conseils de Dormin. Par ses conseils, vous n’aurez plus la joie de découvrir par vous-même comment venir à bout d’un colosse. Activez seulement si vous êtes découragé et encore, ayez la patience de découvrir. C’est gratifiant de vaincre de tels monstres par soi-même.
  • Si vous en possédez un, mettez un casque d’écoute. Ainsi, vous vivrez une expérience immersive à son maximum.

Voilà, vous êtes prêt pour la grande aventure de Shadow of the Colossus.

Le soucis des petits détails

Comme il s’agit d’un remake, on s’entend que Bluepoint Games n’avait aucunement le droit à l’erreur. Un seul faux pas et le souvenir de plusieurs milliers de personnes seraient détruit à jamais. C’est donc avec cette arrière-pensée qu’ils se sont mis à l’ouvrage. On se retrouve donc devant un travail refait à 100 % avec le même moteur graphique qui a été utilisé pour The Last Guardian. En effet, on remarque rapidement, dès le départ, que le temple dans lequel on se trouve est beaucoup plus élaboré qu’il ne l’était auparavant. Même chose pour les montagnes, le sable, les arbres et tout autre aspect de l’environnement qui se dessine devant nous.

Mais ce qui est encore plus impressionnant, c’est le jeu de lumière qui se profile dans notre espace. On a toujours l’impression que cette lumière est là pour nous montrer le chemin à parcourir. Les effets sonores ont aussi grandement été améliorés. Que ce soit le trot de votre cheval, le sifflement d’un oiseau ou les rugissements d’un colosse, on vit pleinement l’expérience Shadow of the Colossus.

Et les problème d’antant, eux?

À l’époque, le principal problème du jeu était le même qui s’est pointé pour le dernier né de Team Ico, soit les angles de caméra. Est-ce que c’est chose du passé ? La réponse est en demi-teinte. Oui, ce n’est pas parfait et il arrive que la caméra n’aide aucunement notre périple, mais personnellement, je préfère le voir comme un effet de grandeur sur les colosses qui se trouvent devant nous. Certains sont si immenses et notre personnage est chétif, cela ajoute à l’effet. Il y a quelques frustrations, mais ce n’est rien pour brimer l’expérience dans son ensemble.

Shadow of the Colossus, ou SotC pour les connaisseurs, tournes-en 60 images par secondes, du jamais vu pour ce jeu. Le tout est fluide et impressionnant. En fait, les développeurs ont tellement confiance en leur produit final qu’ils nous ont ajouté un mode Photo. On peut donc alors prendre des photos à n’importe quel moment, changer l’angle de la caméra si nécessaire, pour un résultat personnalisé et à notre goût. Je l’ai utilisé la plupart du temps et je possède maintenant de superbes fonds d’écran pour ma console ou mon ordinateur. C’est très apprécié comme ajout.

Conclusion

La version de Shadow of the Colossus est le summum imaginable pour ce jeu. Ce que j’appelle une poésie vidéoludique a été retravaillé de A à Z et il y a de quoi être fier. J’avoue que j’avais une petite crainte au départ et c’était légitime. Attaquer un si grand classique comportait un énorme risque, mais cela a été relevé avec brio. Je lève mon chapeau à Bluepoint Games d’avoir amélioré mes souvenirs. C’est un exploit que je ne croyais pas possible. Honnêtement, à faire et à refaire, sous aucun prétexte, vous devez manquer ce chef-d’œuvre. Finalement, impossible d’être impartial dans ce test. Shadow of the Colossus reste encore, à ce jour, le meilleur jeu à avoir vu le jour. L’humble avis d’un simple rédacteur.

NOTES
Note d'enthousiasme
10
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Planificateur numérique de jour, amateurs de jeux vidéo le soir, j'aime pas mal tous les genres et je peux en parler durant des heures, tant que cela se fait dans le respect. Ce n'est pas parce qu'un jeu est mauvais qu'il l'est pour tous. Sauf E.T. sur Atari. Ça, c'est mauvais.