C’est en profitant de l’engouement créé par la sortie de Jurassic World: Fallen Kingdom, que Frontier Developments a choisi de sortir son dernier jeu, Jurassic World Evolution. Basé sur un concept de jeu de gestion, les développeurs ont tout de même voulu accentuer l’aspect porté au soin et au confort des dinosaures. Ont-ils réussis le challenge d’accorder ces deux aspects ? C’est à cette question que nous tenterons de répondre dans ce test.

Fiche technique

  • Date de sortie : 12 juin 2018
  • Style : Gestion
  • Classement ESRB/PEGI ESRB T / PEGI 7
  • Développeur : Frontier Developments
  • Éditeur : Frontier Developments
  • Langue d’exploitation : Disponible en français
  • Disponible sur Playstation 4, Xbox one et PC
  • Testé sur PC
  • Prix lors du test : 62,99$ CA, 59,99 €
  • Site officiel
  • Version offerte par l’éditeur

Un jeu fidèle à la licence ?

Si tout comme moi vous avez été happés par le pouvoir attractif des dinosaures dès le tout premier Jurassic Park, vous ne serez pas déçu. Bien que le jeu repose principalement sur les films plus récents, notamment Fallen Kingdom, plusieurs détails nous ramènent au premier film. Dès le lancement du jeu, on frissonne à l’écoute de la brillante bande-son tout droit sortie de l’esprit génial de John Williams il y a de ça 25 ans déjà. Bref, ça m’a tout de suite mis dans l’ambiance !

Il a vraiment de l’allure ce T-Rex !

Le premier chargement se fait sous les précieux conseils et les pensées philosophiques du Dr Ian Malcolm lui-même. Classe ! Puis c’est avec plaisir que l’on retrouve les différentes îles de l’archipel de Las Cinco Muertes présentes dans les films. Esthétiquement, le jeu est vraiment beau. Les effets de lumières sur les lacs sont bien rendus, tout comme les tempêtes qui fouettent régulièrement les côtes de l’archipel fictif. La végétation est également bien modélisée, surtout lorsque soumise aux vents violents des tempêtes tropicales. On aurait aimé un meilleur soin apporté aux visiteurs du parc qui font un peu de peine à voir. Mais c’est du détail.

Dès le lancement du jeu, on frissonne à l’écoute de la brillante bande-son tout droit sortie de l’esprit génial de John Williams il y a de ça 25 ans déjà

Qu’en est-il des dinosaures me direz-vous ? Là-dessus, Frontier Developments y a vraiment passé du temps. Tous les dinosaures ont été modélisés à la perfection…selon les films bien entendu. Ne vous attendez pas à retrouver des plumes sur les Raptors ou un léger duvet sur le T-Rex, l’esthétique se veut identique aux films et non aux dernières recherches sur la question. Côté animation, elles sont plutôt bonnes, bien que parfois nos amis Théropodes se montrent un peu robotiques dans leurs mouvements. Là encore, je chipote un peu.

La gestion ? Ma grande passion…

L’aspect gestion de Jurassic World Evolution s’articule autour de trois principaux pôles: la recherche, le divertissement et la sécurité. Afin de pouvoir débloquer de nouveaux bâtiments, il vous faudra maintenir une bonne réputation auprès de chacune de ces divisions. Comment s’y prendre ? Tout simplement en acceptant divers contrats donnés par chaque division. On vous demandera par exemple d’incuber et de transférer 3 nouveaux dinosaures, de lancer tel axe de recherche ou de maintenir une certaine quantité de visiteurs dans le parc. Beaucoup de ces petites missions s’avèrent assez redondantes et ne vous mettront que rarement en difficulté. Certaines sont plus originales.

Jurassic World Evolution s’articule autour de trois principaux pôles: la recherche, le divertissement et la sécurité.

La recherche

La recherche vous permettra d’améliorer et de développer différents aspects des installations. Vous pourrez ainsi augmenter la production des centrales électriques, diminuer les risques de rejet à l’incubation, ou encore augmenter la vitesse des fouilles. La recherche servira également à la découverte de nouveaux gènes vous permettant d’améliorer les caractéristiques de vos dinosaures. Ceci aura pour principale conséquence une meilleure notation de votre dinosaure, ce qui amènera plus de visiteurs dans votre parc.

C’est dans cette section que la partie fouille paléontologique se trouve. Cette division permet d’envoyer une équipe dans divers gisements de fossiles de la planète à la recherche d’ADN. Cela vous permettra par la suite de créer de nouvelles espèces de dinosaures. Cette partie se montre extrêmement répétitive puisqu’il vous faudra, toutes les 2 minutes, envoyer une équipe dans un site de fouille afin de récupérer les fossiles qui seront ensuite analysés pour en soutirer le précieux ADN. Sans cela, ne comptez pas accueillir de nouveaux dinosaures dans votre parc. Cette mécanique m’a beaucoup fait penser à ce qui peut se faire dans le jeu mobile. Des actions répétitives nécessitant un temps d’attente pour pouvoir progresser dans le jeu.

Les fouilles. Un système beaucoup trop redondant.

La sécurité

La sécurité servira à renforcer et améliorer l’efficacité des gardes et de l’unité d’intervention chargée d’endormir les dinosaures en cas d’évasion. Une bonne note ici, c’est que l’on peut piloter l’hélicoptère de l’UC et même tirer au fusil tranquillisant pour endormir les dinosaures. Idem pour la jeep des gardes qui sera chargée de ravitailler les mangeoires ou soigner les animaux. Mais cette mécanique, bien qu’amusante au départ, se montre rébarbative à la longue. Si bien que vous finirez par assigner des tâches à ces unités pour qu’elles les fassent automatiquement. Dommage par contre qu’on ne puisse pas créer de système de ronde, ou de plan d’urgence pour que le tout relève vraiment du jeu de gestion. Si ça peut éviter de jouer les bergers trop souvent, ce n’est pas plus mal.

Une piqure et au dodo !

Le divertissement

Le dernier pôle, le divertissement, vous chargera de vous occuper du bien-être de vos visiteurs. Vous aurez à gérer leurs besoins en nourriture, en souvenirs et en boissons. Cette partie de la gestion manque terriblement de profondeur pour un jeu se voulant de « gestion ». Aucune possibilité d’améliorer l’aménagement de votre parc par des places, des statues de dinosaures, des bancs, des fontaines ou autres. Il n’y a rien de tout cela dans Jurassic Park Evolution. Oubliez également la gestion des déchets, tant des dinosaures que des touristes. Oubliez la gestion de la chaîne d’approvisionnement de la nourriture du parc. La gestion des employés est également quasi-absente, hormis la possibilité d’ajouter du personnel dans les fast-foods et autres débits de boissons, mais dont l’impact est trop négligeable. Même chose avec les choix des articles en ventes ou même des prix dont l’impact est quasi-nul.

Vous n’aurez pas trop à vous occuper de la gestion des commerces…dommage.

Et les dinosaures dans tout ça ?

Une fois mon deuil de la partie gestion faite, je me suis intéressé à ce qui devait constituer l’essence même de ce jeu, à savoir le bien-être des dinosaures. Et là aussi j’ai été grandement déçu.

Pour faire simple, vos dinosaures auront besoin de nourriture, d’espace (avec une certaine proportion de forêts et de prairies) et d’interactions. Déjà, dans les statistiques des dinosaures, les surfaces de prairies et de forêts requises pour chaque espèce sont indiquées, mais aucun système n’existe pour nous indiquer la surface de prairie et de forêt disponible dans l’enclos. Pour cela il faudra attendre qu’un dinosaure pénètre dans l’enclos pour savoir s’il est adapté. Et s’il ne l’est pas, apprêtez-vous à jouer les bergers puisque votre dinosaure cherchera à s’enfuir. C’est quand même bien dommage.

J’en connais un qui va pas passer un bon quart d’heure…

Une fois la bonne proportion de forêts et de prairies trouvées, que vous avez placé une mangeoire adaptée et que vous avez pris soin d’ajouter des petits copains à vos dinosaures les plus sociaux, eh bien la gestion de vos animaux s’arrêtera là ! À part l’inoculation d’un nouveau médicament de temps à autre, vous n’aurez pas grand-chose à faire…frustrant.

Vous pourrez toujours vous organiser quelques combats entre vos dinosaures pour accroître la note d’infamie du dinosaure vainqueur, et donc son attractivité. Mais mis à part cela, c’est vraiment trop pauvre pour parvenir à me divertir pendant des heures.

Ceratosaurus 1, Triceratops 0

L’accès aux autres îles

Je vous l’ai dit en début de test, il existe plusieurs îles dans l’archipel. Elles sont au nombre de six. Pour débloquer une île, rien de plus simple. Votre parc doit obtenir 3 étoiles dans l’île actuelle pour débloquer la suivante. Pour ce faire, augmentez le nombre et la diversité de vos dinosaures et donnez tous ce dont les visiteurs ont besoin…

Dès qu’une nouvelle île est débloquée, vous pourrez y accéder. Et vous devrez globalement repartir de zéro ! La seconde île a été détruite par une tempête. Il faudra donc tout reconstruire et faire repartir l’incubation des dinosaures. La troisième île vous est laissée en faillite. Il faudra donc revendre certaines installations et créer de nouveaux enclos pour faire repartir la machine. Pour la quatrième, vous démarrerez avec quelques bâtiments et un enclos vide. Bref, on repart presque de zéro à chaque fois. Et c’est très agaçant. Le seul plaisir de passer à une nouvelle île ? C’est la disponibilité de nouveaux sites de fouilles, donc de nouveaux dinosaures. Dès la troisième vous pourrez prétendre à obtenir le dinosaure le plus mythique, le Tyranosaurus Rex !

Légèrement de 3/4, on montre ses dents tout en rugissant. Il n’y a pas à dire, il sait se tenir devant la caméra ce T-Rex !

La dernière île, la plus grande est le vrai mode bac à sable du jeu. Cool non ? Pas vraiment puisque l’argent y est illimité. Illimité ! Là je me pose la question de l’intérêt de la manoeuvre. Ça enlève tout panache à la chose non ?

Des manquements à la pelle

Au final, le jeu se base sur une excellente licence et elle est très bien retranscrite. Mais l’aspect gestion et l’aspect soin des dinosaures sont vraiment trop superficiels. On aurait aimé plus de possibilités cosmétiques pour embellir le parc. On aurait aimé plusieurs types de restaurants, d’hôtels, de boutiques afin de pouvoir contenter tous les budgets. L’ajout d’un système d’approvisionnement en nourriture et de gestion des déchets du parc aurait été intéressant également. Il n’y a rien de tout cela. Le jeu se rapproche plus d’un jeu de gestion sur mobile.

Vous aurez à gérer le réseau électrique. On en aurait aimé plus.

Côté animaux, le manque des dinosaures volants et aquatiques est très regrettable. Espérons que Frontier Developments n’aura pas l’audace de sortir un DLC pour pallier à cela. Et si c’est le cas, j’espère qu’ils corrigeront le manque de mécaniques de gestion et de soin des dinosaures dans le même temps.

Le manque des dinosaures volants et aquatiques est très regrettable.

Comme vous l’aurez constaté, j’ai été très déçu par Jurassic World Evolution. Et cette déception est très certainement amplifiée par la grande attente que j’avais pour ce jeu. Avec un système de gestion qui ne contentera pas les fans du genre et avec une gestion du bien-être des dinosaures trop légère, ce jeu aura du mal à contenter les joueurs. Il restera peut-être les fans absolus de la franchise prêts à pardonner tous ces manquements. Au final, Jurassic World Evolution laisse un gout amer dans la bouche, celui d’un jeu pas si mauvais, mais pas très bon non plus.

NOTES
Note
6.5
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C'est depuis l'acquisition de la mythique Sega Megadrive, que je me passionne pour l'univers du jeu-vidéo. Que ce soit manette en main ou non, tout ce qui touche ce secteur m'intéresse. Je suis également un vrai mordu de nouvelles technologies et je tenterai, à travers mes articles, de vous transmettre cette passion.