Moins d’un an après la sortie d’Assassin’s Creed Origins, Ubisoft nous amène en Grèce antique avec Assassin’s Creed Odyssey. Développé par Ubisoft Québec, à qui nous devons l’épisode Syndicate, le titre nous fait voyager bien avant les précédents opus, soit lors de la Guerre du Péloponnèse entre Sparte et Athènes. Les développeurs ont maintes fois annoncé vouloir faire le jeu le plus ambitieux de la franchise, notamment en mettant les choix des joueurs à l’avant-plan. Est-ce que le pari est réussi ? À suivre !

Fiche technique

  • Date de sortie : 5 octobre 2018
  • Style : RPG / Action-aventure
  • Classement ESRB / PEGI ESRB M / PEGI 18
  • Développeur : Ubisoft Québec
  • Éditeur : Ubisoft
  • Langue d’exploitation : Disponible en anglais et en français
  • Disponible sur PlayStation 4, Xbox One et PC
  • Testé sur PlayStation 4
  • Prix lors du test : 79,99 $ CA / 59,99 € 
  • Site officiel
  • Version envoyée par l’éditeur

Une victime de l’Oracle

Après une scène d’ouverture digne du film 300, Assassin’s Creed Odyssey nous impose un premier choix important pour la suite des choses : le choix de notre personnage. Il faudra choisir entre Alexios et Kassandra, un frère et une sœur descendants de Leonidas 1er de Sparte. Cette décision a un impact sur certains aspects de l’histoire, mais le contenu des missions reste quant à lui le même. On incarne donc un mercenaire qui a été déshonoré par sa famille à la suite d’une prophétie de l’Oracle de Delphes. Le héros parcourra la Grèce antique 17 ans plus tard, à la recherche de réponses sur ce qui est arrivé à sa famille. Cela n’est qu’un des trois arcs narratifs proposés par l’équipe d’Ubisoft Québec. Deux autres, centrés sur le culte de Kosmos et sur la première civilisation, viennent ajouter du suspense et des rebondissements à l’histoire principale.

De plus, ces trois arcs narratifs sont entrecoupés de centaines de missions secondaires variées. Ces quêtes peuvent consister à tuer ou protéger des personnages, de même qu’à récupérer des objets volés ou à couler des bateaux. Pour la première fois de la série, j’ai eu l’impression que des missions secondaires étaient présentes pour ajouter à l’histoire et non pas pour remplir du vide. Une bonne quantité de ces quêtes annexes est attribuée par des personnages importants et permet non seulement d’avoir leur confiance, mais aussi d’obtenir des indices pour certaines missions principales.

Par exemple, à la suite d’une série de quêtes offertes par Socrate, j’ai pu en apprendre plus sur l’identité d’un membre du culte. Les adeptes du culte de Kosmos sont en quelque sorte l’équivalent des templiers dans les précédents opus. Après avoir accumulé plusieurs indices, on peut dévoiler l’identité de la personne cachée derrière le masque, ainsi que sa position sur la carte. Dans les menus du jeu, un grand tableau de chasse nous permet d’ailleurs de voir notre progression et les indices qu’on possède à leur sujet.

Les différents membres du culte sont séparés dans un arbre les reliant tous entre eux. Chaque adepte tué fourni d’ailleurs un indice sur un de ses collègues.

Des choix importants

Ce qui frappe au cours de l’aventure est l’immense liberté que nous avons grâce à la possibilité de personnaliser complètement notre périple. Désormais, le jeu n’impose plus de suivre une mission en particulier, mais laisse plutôt la place à nos décisions et offre un immense sentiment de liberté. Dès le début de l’aventure, nous sommes invités à choisir entre le mode exploration et le mode guidé. Ce premier mode remplace la majorité des marqueurs par des indices obtenus lors de conversations avec les personnages. On peut donc se balader à notre guise à la recherche de l’endroit désiré en complétant certains lieux et en récoltant des objets qui pourraient être utiles pour la suite.

Comme c’est le cas pour les missions annexes, certaines décisions permettent notamment d’obtenir des indices et de changer la perception d’un personnage à notre endroit, alors que d’autres auront un impact majeur sur l’histoire principale. Cela ne touche pas que les belligérants de l’aventure. En effet, Odyssey revient avec le concept fort apprécié des Phylakitai d’Origins, qui prennent la forme cette fois-ci de mercenaires. Plus on attire l’attention des ennemis, plus les mercenaires seront à nos trousses, via un système de notoriété ressemblant à ce qu’on retrouve dans GTA. Lorsque cette jauge est remplie, il peut y avoir cinq mercenaires de différents niveaux qui tentent de nous éliminer, de façon peut-être trop agressive par moment, et trop aveugle par d’autres, alors qu’il est facile de contourner les ennemis pour les attaquer par-derrière.

Les choix de réponse lors des dialogues peuvent avoir un impact plus ou moins important sur la suite de l’histoire.

Parlant des dialogues, les développeurs ont incorporé des choix de réponses dans toutes les conversations sans exception. Dépendant de nos décisions, les dialogues seront différents et offriront de nouvelles alternatives, comme des quêtes additionnelles. Cependant, bien que ce système soit bien incorporé dans les missions principales, j’ai trouvé cela parfois inutile dans certaines quêtes secondaires. Lorsque les seuls choix de réponses sont « où puis-je le trouver ? » et « à quoi est-ce que l’objet ressemble ? », cela ajoute de la lenteur au jeu, notamment quand nous avons sélectionné le mode exploration.

Un système de combat amélioré

Dans cette optique, Assassin’s Creed Odyssey présente un côté RPG beaucoup plus poussé que dans le précédent volet de la série, malgré une diminution du nombre d’armes. L’équipement du personnage est maintenant séparé en cinq parties et il possède maintenant deux armes de corps-à-corps et un seul arc (contre deux dans Origins). Il est aussi possible de lui ajouter des gravures afin d’augmenter ses statistiques.

Comme dans Origins, plusieurs raretés permettent de séparer les différentes armes et pièces d’équipement.

Le style de jeu, lui, a finalement eu le droit à un peu d’amour. Désormais, pour vaincre les ennemis, il faut maîtriser la parade et l’utilisation des aptitudes si l’on ne veut pas mourir à répétition. Surtout que la mort est un peu, voire trop punitive, puisque les sauvegardes automatiques se font extrêmement rare. Lors d’un échec, on peut reculer quelques minutes en arrière, même bien avant un objectif que nous venions pourtant de réussir.

Comme je l’ai dit, la maîtrise de la parade devient donc essentielle. En effet, il n’est plus possible de se cacher derrière un bouclier pour se défendre. Celui-ci a complètement disparu pour laisser place à un morceau de la lance de Leonidas. Pour parer, il faut donc appuyer sur les gâchettes au bon moment, ce qui peut parfois être très laborieux quand le personnage est entouré de nombreux adversaires.

Autrefois répétitifs, les combats sont maintenant plus variés en raison des aptitudes que nous pouvons débloquer. Ces techniques sont assez complètes et surtout, il est possible d’en avoir une dizaine à notre disposition en tout temps, à l’aide des deux roues de compétences prévues à cet effet. C’est notamment à cet endroit que l’on va retrouver le célèbre Sparta kick et d’autres compétences qui étaient auparavant rattachées à des armes particulières, comme la possibilité de tirer trois flèches en même temps et celle de regagner de la vie. Cependant, comme c’est souvent le cas avec ce type de système, on se retrouve à utiliser les trois mêmes aptitudes à répétition.

Un AC : Origins 2.0 ?

Si à première vue Assassin’s Creed Odyssey a l’air d’une copie d’Origins, il trouve le moyen de se distinguer de différentes façons. Visuellement, le titre ressemble énormément à l’épisode précédent. Toutefois, dans tout le reste, Ubisoft Québec a plutôt poursuivi dans la lignée du titre, tout en améliorant presque l’entièreté de ce que proposait l’épisode en Égypte et en reprenant certains éléments de divers opus de la série.

En plus des deux personnages, Ubisoft Québec a repris de Syndicate le principe des dirigeants, attribués cette fois-ci à des régions de la Grèce. Chaque province est dominée par les Spartiates ou les Athéniens. En réalisant certaines missions, comme brûler des caisses de munitions et tuer les dirigeants et leurs soldats, l’influence de la Cité dominante baissera jusqu’à déclencher une guerre entre les deux nations. Engagé comme « pigiste », notre mercenaire devra décider de son camp et vaincre la nation adverse. Il est également possible de changer d’allégeance d’un combat à l’autre, en fonction des récompenses et des missions qui nous sont offertes.

La guerre entre les Spartiates et les Athéniens est un thème central dans le jeu.

Aussi, contrairement à Origins, Assassin’s Creed Odyssey offre un défi constant et surtout plus difficile. Toutes les missions du jeu, de même que les régions, voient leur niveau évoluer automatiquement avec celui du joueur. Terminées les régions plus faibles, qui servent à obtenir facilement de l’expérience ou des trophées. Avec Odyssey, il faudra se battre jusqu’à la fin, puisqu’il en est de même avec les ennemis. Il n’est donc pas rare de voir trois niveaux d’écart entre le niveau du personnage et celui suggéré pour terminer une mission. Il faudra alors compléter plusieurs quêtes secondaires afin d’augmenter son expérience.

Se battre sur la mer Égée

Déjà l’an dernier, Assassin’s Creed Origins était impressionnant graphiquement. Eh bien, Odyssey surpasse cela avec ses sommets enneigés, ses décors méditerranéens, sa mère Égée vivante et ses nombreuses villes iconiques. Son monde ouvert gigantesque présente tout ce qu’on a toujours voulu dans un Assassin’s Creed, soit un excellent mélange d’exploration, de combats et de clins d’œil à la grande histoire de la Grèce antique. Difficile de se concentrer sur l’histoire principale lorsque nous sommes continuellement attirés par la beauté des lieux et les nombreuses activités secondaires ! Le mode photo constitue d’ailleurs un excellent moyen d’apprécier la beauté du titre.

La carte du jeu étant composée de plus de 30 % d’eau, la jouabilité maritime occupe une grande place, mais n’est pas trop imposante. Si les principes restent les mêmes que dans Black Flag, la personnalisation de l’Adrestia offre une toute nouvelle perspective, très importante si l’on désire survivre contre des bateaux qui nous attaquent continuellement. En ajoutant la possibilité de casser un bateau ennemi en deux avec l’éperon de notre navire, les combats navals sont plus dynamiques que dans le passé.

On peut également choisir jusqu’à quatre lieutenants pour diriger les attaques de notre équipage. La plupart des ennemis croisés dans le monde grec peuvent être recrutés pour venir donner main-forte sur le bateau… ou sur terre ! En effet, une aptitude permet d’appeler un lieutenant pour qu’il puisse venir nous aider à tout moment sur le territoire.

Le meilleur à ce jour

À mon avis, Assassin’s Creed Odyssey est sans aucun doute le meilleur épisode de la série. Il reprend certaines mécaniques de plusieurs anciens jeux de la saga, tout en améliorant presque tout sur son passage. Les différentes aptitudes disponibles, la place laissée aux choix des joueurs et la beauté du territoire font du titre un succès sur toute la ligne, malgré certaines ressemblances avec le précédent épisode et une certaine lourdeur causée par de longs dialogues parfois sans intérêt.

Toutefois, l’immensité du territoire et la quantité impressionnante de quêtes secondaires présentes dans le jeu font rapidement oublier ces quelques petits défauts et permettent de nombreuses heures de plaisir qui sont, telle une histoire homérique, agrémentées de difficiles combats contre des mercenaires et des membres du culte. Tellement qu’après plus de 20 heures de jeu, je ne suis même pas à la moitié de l’épopée, de quoi me divertir pendant de nombreuses heures encore.

NOTES
Note
9
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Passionné de jeux vidéo et de sports, j'étudie présentement en Communication publique à l'Université Laval. Je suis aussi journaliste sportif pour le journal Impact Campus.