Il y a un studio que j’affectionne particulièrement depuis les dernières années. On dirait que tout ce que From Software produit est un gage de qualité. Rapidement, la série des Souls et Bloodborne nous viennent à l’esprit et c’est justifiable. Cependant, cette qualité a un prix et c’est l’accessibilité. Combien de fois avez-vous entendu la phrase : « Ça semble bien bon, mais mourir à répétition non merci pas pour moi. » ? Avec la sortie de Sekiro : Shadows Die Twice, est-ce que la difficulté a été revue ? Reste-t-on dans la même dynamique que leurs jeux précédents ou c’est totalement différent ? Les joueurs friands de ce genre seront-ils déçus si les développeurs prennent une autre direction ? Bref, beaucoup de questions auxquelles on désire avoir des réponses et c’est dans ce test que nous les aurons.

Fiche Technique

  • Date de sortie : 29 mars 2019
  • Style : Action
  • Classement ESRB/PEGI : M / PEGI 18
  • Développeur : From Software
  • Éditeur : Activision
  • Langue d’exploitation : Anglais ou Japonais, sous-titre Japonais
  • Disponible sur PlayStation 4, Xbox One et PC
  • Testé sur PlayStation 4
  • Prix lors du test : 79,99 $ / 49,99 €
  • Site officiel
  • Version numérique envoyée par l’éditeur

Un shinobi reste un shinobi

Dans Sekiro (nous allons raccourcir le nom à des fins de paresse du rédacteur), vous incarnez Loup, un shinobi au service de son jeune seigneur. Après avoir perdu lamentablement face à un clan qui désire enlever le seigneur en question, Loup perd non seulement son honneur, mais également son bras gauche. Alors qu’on le prend pour mort, il se voit plutôt sauvé par un personnage mystérieux, du nom de Sculteur, qui lui fournira une prothèse pour son bras manquant. Cet ajout lui donnera de nouvelles capacités qui pourront être améliorées grâce à un arbre de compétence.

Donc, en fonction de vos préférences, vous pourrez avoir des attaques plus fortes sur certaines capacités que d’autres. Par exemple, vous pourriez lancer du feu sur vos ennemis, utiliser une hache ou même un couteau empoisonné. Ce ne sont que quelques exemples qui pourront être ajoutés à vos compétences dans le temps.

Mais il y a beaucoup plus que votre prothèse qui sera nécessaire afin de venir à bout des ennemis qui vous attendent. Pour commencer, de l’expérience est emmagasinée lorsque vous tuez un ennemi. Avec cette expérience, vous pourrez développer de nouveaux styles de combats qui vous permettront de prendre le dessus sur les plus coriaces adverse. Une attaque aérienne, une glissade furtive, une nouvelle façon de contrer les attaques, il y a beaucoup de choix.

Mais tout a un prix. Contrairement aux autres jeux de From Software, lorsque la mort survient, vous ne perdez pas toutes votre expérience avec la possibilité de la récupérer à l’endroit de votre mort. Non, vous perdez automatiquement la moitié de votre argent ainsi qu’une partie de l’expérience acquise. Heureusement, il y a des façons de conserver le tout après votre mort, mais je n’irais pas dans les détails.

Nouveau jeu = nouvelle dynamique

Darks Souls et Bloodborne étaient très différents dans leur style de jeu. Alors que le premier mettait l’accent sur la défense, l’autre était beaucoup plus axé sur l’attaque. Quand est-il de Sekiro ? Ici, c’est complètement différent. Il n’y a pas de barre de vitalité, cette fameuse barre qui nous donnait une idée visuelle de l’énergie de notre personnage. Après avoir atteint le bout de cette barre, notre personnage était vulnérable. La différence dans Sekiro ? On parle de posture dans ce jeu. La distinction, bien que cela peut sembler similaire, est la suivante : Loup peut attaquer comme il veut, sans arrêt si vous le désirez.

Évidemment, l’ennemi compte répliquer de vos attaques, ce qui pourrait grandement nuire à votre posture. Si celle-ci est complète, vous devenez alors beaucoup plus propice à des attaques dévastatrices. La bonne nouvelle c’est que c’est le même principe pour vos ennemis. Vous avez alors deux façons de les vaincre : faire descendre leur barre de vie jusqu’à ce que mort s’ensuive ou bien remplir leur barre de posture pour une mort violente. La stratégie à adopter ne sera jamais évidente, il faudra donc bien comprendre comment procéder dans un combat avant de s’y lancer la tête première.

Des boss… et des mini-boss!

Dans Sekiro, il y a les ennemis dits « normaux ». Certains sont plus téméraires que d’autres, donc plus difficiles à vaincre. Mais vous allez également rencontrer plusieurs personnages hauts en couleur qui vous en feront voir de toutes les couleurs ! Au premier abord, il est difficile de connaitre la différence entre les mini-boss et les boss. Pour simplifier le tout, disons que les boss sont obligatoires pour avancer dans l’histoire alors que les mini-boss, pour leur part, vous permettront d’améliorer votre shinobi. Il ne faut cependant pas croire que ceux-ci sont plus faciles à vaincre ! Oh que non ! Il vous faudra, pour certains, comprendre leurs déplacements, leurs attaques, leurs esquives pour en venir à bout, et ce, après plusieurs tentatives. Il faudra donc être patient pour devenir un vrai guerrier.

Et comme si le tout n’était pas déjà assez difficile, vous allez découvrir que certaines attaques ne peuvent pas être bloquées. Quoi faire alors, me direz-vous ? Un symbole japonais apparaît alors dans votre écran, signifiant qu’il est préférable de reculer ou d’effectuer une certaine action pour contrer l’attaque. On se retrouve alors dans un contexte de réflexe qui va s’aiguiser avec le temps, tel le bon vin. Il faut simplement que vous ne deveniez pas trop acide après trop de tentatives !

On vous a dit que c’était difficile?

Quoi !? Un jeu de From Software sans niveau de difficulté ? Je n’en ai jamais entendu parler ! Vous l’aurez deviné, le jeu ne s’adresse pas à tout le monde. On est encore dans le jeu niche où seulement les plus persévérants seront récompensés dans ce jeu. Alors que je croyais, lorsque j’ai commencé, que Sekiro était plus facile d’accès que ses prédécesseurs, quelle ne fut pas ma surprise de constater que j’étais tellement dans l’erreur. Le jeu n’est pas plus difficile ou plus facile, il est simplement différent. Un autre type de défi, mais qui est tout aussi glorifiant que les autres lorsque l’on vient à bout d’un ennemi qui nous en a fait arracher pendant longtemps. En toute transparence, il serait étonnant, mais pas impossible que vous y trouviez votre compte dans Sekiro si vous n’avez pas aimé Dark Souls et Bloodborne.

Par contre, il y a du positif dans tout cela. Il va vous arriver d’être coincé à un certain endroit dans le jeu. Le meilleur conseil est d’alors d’aller vous promener. Plusieurs chemins sont disponibles et vous amèneront vers de nouveaux adversaires, ce qui fera en sorte que vous ne serez jamais vraiment bloqué, heureusement. Petit problème, votre mémoire se doit d’être bonne puisqu’aucune carte ne vous sera donnée. Vous êtes averti.

Verdict

Sekiro : Shadows Die Twice constitue pour moi le meilleur jeu de l’année jusqu’à maintenant. Complet, difficile à souhait, mais tellement satisfaisant, il fait très bien sa place dans les jeux de From Software. Les développeurs le savent qu’il ne plaira pas à tous et c’est tant mieux pour ceux qui oseront s’y aventurer.

NOTES
Note d'enthousiasme
9.5
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Planificateur numérique de jour, amateurs de jeux vidéo le soir, j'aime pas mal tous les genres et je peux en parler durant des heures, tant que cela se fait dans le respect. Ce n'est pas parce qu'un jeu est mauvais qu'il l'est pour tous. Sauf E.T. sur Atari. Ça, c'est mauvais.