Fort de trois saisons sur Disney+, Pedro Pascal enfile à nouveau le casque du célèbre mercenaire mandalorien, mais cette fois sur grand écran. The Mandalorian & Grogu marque la suite des aventures du duo emblématique que les fans ont appris à découvrir et à apprécier au fil des années. J’étais particulièrement curieux de voir la direction qu’allait emprunter ce passage au cinéma. Avec Dave Filoni et Jon Favreau aux commandes, je m’attendais à une forme d’aboutissement pour cette histoire, avec des enjeux rehaussés, une aventure plus ambitieuse et une véritable sensation d’événement pour le retour de Star Wars au grand écran. Est-ce réellement ce qu’on nous livre? La réponse se trouve dans les prochaines lignes.
Avant de plonger dans ma critique habituelle, je tiens à préciser rapidement à qui s’adresse principalement le film. Selon moi, ceux qui en profiteront le plus sont les spectateurs déjà familiers avec la série The Mandalorian. Il n’est pas nécessaire d’avoir vu les trois saisons au complet, mais connaître Grogu et son protecteur demeure important pour pleinement apprécier certaines dynamiques et plusieurs moments du récit. Les amateurs de l’univers étendu seront également bien servis grâce à une multitude de clins d’œil et de références à des séries comme Star Wars: The Clone Wars et Star Wars Rebels.
Fiche Technique – The Mandalorian & Grogu
- Date de sortie : 22 mai 2026
- Réalisateurs : Jon Favreau et Dave Filoni
- Scénario : Jon Favreau et Dave Filoni
- Producteurs : Jon Favreau, Dave Filoni et Kathleen Kennedy
- Acteurs principaux : Pedro Pascal, Sigourney Weaver, Jeremy Allen White, Martin Scorsese et Steve Blum
- Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures
- Production : Lucasfilm
- Genre : Science-fiction / Aventure / Action
- Durée : 2 h 12 min
Une nouvelle mission pour notre duo
Après la chute de l’Empire galactique, alors que la Nouvelle République tente tant bien que mal de rétablir l’ordre à travers la galaxie, plusieurs seigneurs de guerre impériaux continuent d’opérer dans l’ombre et représentent toujours une menace bien réelle. C’est dans ce contexte que Din Djarin et son jeune apprenti Grogu se retrouvent entraînés dans une nouvelle mission aux enjeux plus importants qu’à l’habitude. Recruté par la Nouvelle République, le célèbre Mandalorien accepte de partir à la rescousse de Rotta le Hutt, fils du légendaire Jabba, dans l’espoir d’obtenir des informations cruciales de la part du clan Hutt concernant une cible prioritaire liée aux vestiges de l’Empire.
Sur ses 2 h 12, le film ressemble davantage à plusieurs épisodes de la série mis bout à bout qu’à une véritable aventure pensée spécifiquement pour le cinéma. On retrouve essentiellement la formule que le duo nous a habitués à voir jusqu’à présent : une mission qui semble extrêmement dangereuse, un départ précipité vers une nouvelle destination et une succession de rebondissements, d’affrontements et de rencontres tout au long du parcours. La principale raison pour laquelle le film donne parfois cette impression d’épisode prolongé vient surtout du fait que les enjeux ne sont jamais réellement à la hauteur d’un passage au grand écran. La mission confiée à Din Djarin demeure intéressante, mais elle rappelle fortement plusieurs aventures déjà vues dans la série, simplement avec une présentation plus ambitieuse visuellement. On ne ressent jamais totalement cette impression que le destin de la galaxie ou même celui des personnages principaux est véritablement bouleversé par les événements du film.
Dans l’ensemble, j’ai tout de même apprécié le récit, principalement parce qu’il conserve le charme et l’esprit d’aventure propres à The Mandalorian. Cela dit, j’avoue avoir eu des attentes plus élevées pour ce passage au grand écran. Je croyais sincèrement que le format long métrage allait permettre de rehausser les enjeux, d’offrir un scénario plus marquant et de faire progresser de façon importante l’histoire globale de ces personnages. Malheureusement, ce n’est pas vraiment le cas. Le rythme souffre par moments de quelques longueurs et, une fois le générique lancé, on ressort davantage avec l’impression d’avoir assisté à une aventure supplémentaire qu’à un chapitre essentiel de l’univers Star Wars.

Une aventure fidèle à l’esprit de la série
Les scènes d’action sont également très efficaces tout au long du film. Que ce soit les affrontements au sol, les poursuites ou les combats spatiaux, la mise en scène réussit généralement à garder un bon rythme et à offrir plusieurs moments spectaculaires. Le film conserve aussi l’approche plus « western » propre à The Mandalorian, ce qui aide certaines confrontations à se démarquer des autres productions Star Wars plus récentes. Même si les enjeux narratifs ne sont pas toujours aussi élevés qu’espéré, l’action demeure suffisamment divertissante pour maintenir l’intérêt durant une bonne partie de l’aventure.
La plus grande force du film demeure fidèle à celle de la série : la relation entre le personnage incarné par Pedro Pascal et le petit Grogu reste au cœur de l’aventure et continue de fonctionner à merveille. Leur dynamique apporte autant d’humour que d’émotion, tout en donnant au récit une touche plus humaine malgré l’ampleur de l’univers présenté à l’écran. Grogu réussit encore une fois à voler plusieurs scènes, autant par ses réactions que par son évolution aux côtés de Din Djarin. C’est principalement grâce à ce duo que le film parvient à conserver tout le charme et l’attachement qui ont contribué au succès de The Mandalorian.
L’humour fonctionne également très bien, principalement grâce à Grogu. Plusieurs gags visuels et réactions du personnage réussissent à alléger le ton sans tomber dans l’exagération. Le film retrouve parfois ce côté plus léger et amusant qu’on associait aux premières aventures Star Wars de George Lucas. Malgré les nombreuses références destinées aux fans de longue date, le fan service demeure d’ailleurs assez bien dosé dans l’ensemble. On est loin d’un film à la Avengers ou du dernier Spider-Man: No Way Home où les apparitions et les clins d’œil deviennent pratiquement l’élément central de l’expérience. Ici, les références servent surtout à enrichir l’univers et récompensent les amateurs sans complètement prendre le dessus sur l’histoire principale.

Sigourney Weaver et Jeremy Allen White dans l’univers Star Wars
Les deux additions les plus intéressantes du film sont sans aucun doute celles de Sigourney Weaver dans le rôle de la colonelle Ward et de Jeremy Allen White dans celui de Rotta le Hutt. Weaver apporte immédiatement une certaine prestance à l’écran et représente très bien l’image de la Nouvelle République. Son personnage est droit, autoritaire et très direct dans sa façon de gérer les situations, mais démontre également un bon sens du jugement lorsque vient le temps de prendre des décisions importantes. C’est elle qui confie sa mission à Din Djarin et, malgré un temps d’écran relativement limité, elle demeure totalement crédible dans son rôle.
Du côté de Jeremy Allen White, sa performance est beaucoup plus difficile à reconnaître puisque sa voix est fortement modifiée afin de correspondre au langage et à la sonorité propres aux Hutts. Malgré cela, Rotta se révèle être un personnage plus intéressant et nuancé que ce à quoi je m’attendais au départ. Le film prend d’ailleurs quelques directions surprenantes avec lui, même si certaines révélations demeurent assez prévisibles. Les amateurs de Star Wars: The Clone Wars se souviendront probablement de Rotta, surnommé « Stinky » par Ahsoka lors de sa courte apparition dans la série animée. J’étais sincèrement heureux de le revoir ici, surtout que le film laisse clairement entrevoir un potentiel intéressant pour la suite de son histoire dans l’univers Star Wars.

Un visuel qui profite du passage au cinéma
S’il y a un aspect où The Mandalorian & Grogu bénéficie énormément de son passage au grand écran, c’est bien au niveau de sa présentation visuelle. On sent rapidement que le budget plus élevé associé au format cinématographique a permis à l’équipe de pousser beaucoup plus loin l’ampleur et le niveau de détail de l’univers présenté à l’écran. Les costumes sont particulièrement réussis et débordent de textures et de petits détails qui renforcent l’authenticité du monde de Star Wars. J’ai d’ailleurs particulièrement aimé l’armure de Din Djarin, qui paraît encore plus impressionnante et brillante au cinéma. Les reflets sur le beskar ressortent énormément à l’écran et donnent encore plus de prestance au personnage lors de plusieurs scènes d’action.
Les environnements sont également beaucoup plus variés que ce qu’on voit habituellement dans la série. Le film nous fait voyager à travers plusieurs lieux distincts qui possèdent chacun leur propre identité visuelle, ce qui aide énormément à donner une impression d’aventure galactique à grande échelle. Certaines séquences profitent particulièrement du grand écran avec des plans beaucoup plus larges et une mise en scène plus ambitieuse que dans la série Disney+.
Les vaisseaux méritent aussi une mention spéciale. Ils sont extrêmement détaillés et superbement mis en valeur à l’écran, autant dans leur conception que dans les nombreuses séquences spatiales. Les combats dans l’espace sont dynamiques et plusieurs plans permettent vraiment d’apprécier le travail visuel apporté aux différents appareils que l’on croise durant l’aventure.
L’autre élément qui m’a vraiment marqué demeure les créatures. Le film regorge d’aliens et de monstres gigantesques qui rappellent le côté plus exotique et imprévisible de l’univers créé par George Lucas. Plusieurs d’entre elles sont impressionnantes autant par leur design que par leur présence à l’écran, et certaines scènes d’action réussissent même à retrouver ce sentiment d’émerveillement qu’on associe souvent aux meilleurs moments de Star Wars. C’est probablement l’aspect du film qui justifie le plus clairement son existence au cinéma plutôt qu’exclusivement sur Disney+.

Une bande sonore qui donne de l’ampleur au film
La musique de Ludwig Göransson demeure également l’un des grands points forts du film. Déjà excellente dans la série, sa trame sonore prend ici une dimension encore plus imposante grâce au passage au cinéma. Le film met beaucoup plus sa musique en évidence et cela fonctionne extrêmement bien. Que ce soit lors des séquences d’action, des moments plus contemplatifs ou encore durant certaines scènes émotionnelles entre Din Djarin et Grogu, la bande sonore réussit constamment à amplifier ce qui se déroule à l’écran sans jamais en faire trop.
J’ai particulièrement apprécié à quel point la musique est bien dosée tout au long du récit. Göransson conserve l’identité sonore très unique qu’il avait développée pour The Mandalorian, avec ses influences western et ses sonorités plus atypiques, tout en lui donnant une ampleur beaucoup plus cinématographique. Plusieurs thèmes ressortent énormément au cinéma et contribuent grandement à rendre certaines scènes plus mémorables et épiques. Honnêtement, sans cette bande sonore aussi forte, je pense que le film aurait perdu une partie importante de sa sensation de grandeur.

Verdict sur The Mandalorian & Grogu
Au final, The Mandalorian & Grogu demeure une aventure Star Wars divertissante et visuellement impressionnante, portée par un duo principal toujours aussi attachant et une réalisation qui profite clairement du passage au grand écran. Le film réussit à conserver l’esprit de la série avec son mélange d’action, d’humour et d’exploration galactique, tout en offrant plusieurs séquences mémorables autant sur le plan visuel que musical. Cela dit, malgré toutes ses qualités, je ne peux m’empêcher de ressentir une certaine déception face au manque d’ambition du récit et à des enjeux qui ne semblent jamais réellement à la hauteur d’un retour de Star Wars au cinéma. The Mandalorian & Grogu donne davantage l’impression d’une très bonne aventure supplémentaire que d’un véritable événement marquant pour la saga. Malgré cela, les fans de The Mandalorian devraient tout de même y trouver énormément de plaisir grâce au charme intact de Din Djarin et Grogu.

