Les jeux de rôles font partie du paysage des jeux vidéo depuis plus de 30 ans. À-travers ces années, leur fonctionnement, leur réalisation ou même la façon d’écrire leur scénario a évolué grandement et cette évolution s’est produite différemment tout dépendant de la partie du monde d’où ils proviennent. C’est pourquoi, maintenant, nous pouvons faire allusion à des JRPG, jeux de rôle dont la conception et la culture est typiquement japonaise. Dans le cas qui nous concerne, Square Enix a fait un retour aux sources avec Lost Sphear, qui cadre totalement dans l’essence des jeux de rôles provenant du Japon. L’équipe de Geeks and Com’ a pu essayer ce nouveau titre développé par Tokyo RPG Factory.

Fiche technique

  • Date de sortie : 23 janvier 2018
  • Style : Jeu de rôle – RPG
  • Classement ESRB/PEGI : ESRB 10+ / PEGI 7
  • Développeur : Tokyo RPG Factory
  • Éditeur : Square Enix
  • Langue d’exploitation : Disponible en français
  • Disponible sur PlayStation 4, Nintendo Switch et PC
  • Testé sur PlayStation 4
  • Prix lors du test : 69,99 $ CA / 49,99 €
  • Site officiel
  • Version offerte par l’éditeur

Empreint de nostalgie

La première fois que nous mettons la main sur Lost Sphear, il n’est pas long que les joueurs habitués et un peu plus âgés vont remarquer que le titre a été développé selon un esthétisme et une jouabilité propres aux jeux de rôle du temps de la Super Nintendo. De grands parallèles peuvent être faits avec les grandes séries du temps telles que Final Fantasy ou même Chrono Trigger. Pour les amateurs de ces titres au passé glorieux, vous vous sentirez comme si vous enfiliez de vieilles pantoufles dans un enrobage moderne. Car, bien que le visuel soit orienté vers des modèles 3D simples provenant de dessins, nous sommes bel et bien en présence d’un titre agréable pour les yeux.

La ressemblance avec les titres mentionnés passés ne s’arrête pas là… Le placement de la caméra se trouve au-dessus des personnages (bien qu’elle bouge à l’occasion pour mettre l’emphase sur des éléments importants), le système de combat, le scénario et même la musique sont des éléments qui sont présents dans Lost Sphear mais qui semblent provenir d’une autre époque. Personnellement, au début, je trouvais cela sympathique mais au bout d’une succession d’éléments trop similaires aux jeux sur lesquels il s’inspire, Lost Sphear m’a apparu quelque peu en manque d’originalité.

Un scénario typique

Comme expliqué, dans pratiquement tous les domaines présents dans Lost Sphear, nous semblons revenir une vingtaine d’années dans le passé. Ceci a comme conséquence sur le scénario une histoire correcte mais sans la présence de rebondissements ou d’éléments narratifs notables.

En effet, nous suivons Kanata et ses amis Lumina et Locke (coïncidence…?) dans une aventure qui commence bien localement mais qui finalement, aura une incidence sur le monde entier. Les trois amis sont en fait des orphelins recueillis par une vieille dame dans un village appelé Elgarthe. Maintenant un peu plus vieux, ils ont dans leur communauté, un rôle de protecteurs contre les monstres pouvant déranger le calme de leur lieu de résidence.

Un jour, un phénomène apparaît au village quand les jeunes sont en déplacement pour chasser un monstre. Une partie de la localité disparaît dans une forme de brouillard blanc très opaque. Les bâtiments et les habitants s’y trouvant sont eux aussi disparus. Sans trop savoir pourquoi, Kanata, en se reposant, fait un rêve lui apprenant qu’il aurait le pouvoir de transformer les mémoires des gens se trouvant dans les zones perdues pour s’en servir pour faire réapparaître les endroits disparus.

Une fois ce pouvoir découvert, l’empire et ses forces armées voient en le pouvoir de Kanata, une façon de régler les problèmes causés par le brouillard qui se forme un peu partout dans le monde présent dans Lost Sphear. La relation entre l’empire et Kanata et ses amis se transformera tout au long du récit dans une succession de clichés montrant un puissance impériale gentille à la base, mais corrompue lorsqu’infiltrée par l’intérieur. Quelques jeux politiques seront retrouvés dans l’histoire mais, encore une fois, traités en surface seulement. Donc, bien qu’inspiré des histoires de RPG de l’époque du SNES, nous sommes loin de la complexité des scénarios du temps.

Une prise en main classique

Nous naviguons dans Lost Sphear en marchant sur une carte du monde comportant un bon nombre de localités. À l’intérieur de celles-ci, nous retrouvons dans villes et villages ou des zones à explorer. Dans ces dernières, la présence de monstres est fréquente mais scriptée comme l’était Chrono Trigger. Les même ennemis se trouvent toujours aux mêmes endroits et le temps arrête pendant que nous les combattons.

Lost Sphear - Carte

Parlant du système de combat, celui-ci est actif et, encore une fois, très similaire à Chrono Trigger dans le choix d’action et même, plus tard dans le jeu, en faisant des combos d’habiletés entre les personnages. Là ou Lost Sphear se distingue est dans le mouvement des personnages que nous faisons en phase de combat. C’est-à-dire que pour se rendre à un monstre, nous devons l’amener nous-mêmes et décider du lieu où se déroulera l’action. De plus, lorsque notre groupe va grossir, il est également possible de changer à la volée, les personnages qui sont en combat. Également, nous trouverons des Vulcosuits, sorte d’armures mécanisée rappelant celles présentes dans Final Fantasy VI, pouvant être équipées elles aussi pendant les combats mais pour une durée déterminée.

Pour ce qui est de la difficulté générale de Lost Sphear, c’est un peu inégal à mon avis. La plupart du temps, on passe les étapes du scénario assez facilement et sans heurts. Les zones d’exploration où l’on retrouve des monstres sont faciles et nous n’avons pas vraiment besoin de penser quelle sera notre stratégie. C’est bien différent quand vient le temps d’affronter les boss qui sont généralement assez difficiles voir frustrants avec des attaques tuant d’un seul coup nos personnages. D’autant plus qu’avec le système de combat actif, nous n’avons pas toujours le temps de prévoir l’arrivée de ce type d’attaque dévastatrice.

Parlant de stratégie, pour les combats plus corsés, celle-ci est souvent essentielle à notre réussite mais pas très bien expliquée. Un grand nombre de fonctions sont disponibles tant au niveau de nos habiletés (différentes selon chaque personnage) que dans l’exécution de celles-ci. Elles sont, par contre, uniquement démontrées dans des petites bulles de dialogues peu explicatives lors de la première possibilité de les utiliser. Souvent, nous sommes en plein combat et ajouter une nouvelle technique à ce moment-là ne nous vient pas à l’esprit. Ceci dit, lorsque nous prenons le temps de relire ces tutoriels, les mécaniques de jeux sont complexes mais satisfaisantes à utiliser et deviennent essentielles dans nos combats contre des ennemis plus coriaces.

Une communication d’une autre époque

Il est certain que l’esthétisme de Lost Sphear est orienté vers le passé, mais il est difficile de comprendre pourquoi tous les dialogues dans le jeu sont écrits et non parlés. Aucune séquence animée ni d’interactions n’utiliseront la parole des personnages dans tout le titre. Le seul moment où on peut se faire une idée sur la voix des héros est lors de combat où l’exécution d’une action fait crier les protagonistes ou quand les combats se terminent, le dernier attaquant dit une phrase… en japonais. Le cinquantaine de phrases dites dans Lost Sphear aurait très bien pu être traduite à mon avis.

Parlant de langue, le test a été fait en anglais car, généralement, je préfère les faire en langue originale (ce qui n’était pas le cas ici). Je me suis donc dis que je pourrais, étant donné qu’il ne s’agit que de dialogues écrits, changer la langue pour la mettre en français. Mon expérience n’a pas été concluante du tout car certains dialogues devenaient peu compréhensibles et certains éléments dans les menus étaient illisibles car des abréviations sont utilisées où les textes ne rentrent pas dans les cases. J’ai donc remis le jeu en anglais, qui est, pour sa part, très bien rendu dans la mesure où je ne peux comparer avec la version originale en japonais.

Finalement, je vais ajouter également la musique dans cette section car souvent, elle amène à elle seule l’essence de ce que le jeu veut nous apporter comme expérience. À mon avis, elle n’est pas mal du tout. Encore une fois très inspirée du passé des RPG, elle nous permet de bien cadrer dans cette nostalgie que Tokyo RPG Factory a voulu donner à Lost Sphear.

Toutefois, bien qu’agréable à écouter, on se rend compte rapidement de la redondance des pièces. Par exemple, du moment qu’on se trouve dans une forêt, la même musique revient. Lorsqu’un élément dramatique du scénario se produit, on peut entendre la même musique sévère à plusieurs reprises. Était-ce par manque de temps, par volonté de faire des « thèmes musicaux » par endroit ou tout simplement par paresse, cette élément m’a quelque peu déçu de la trame sonore de Lost Sphear qui est sinon bien agréable à écouter.

Conclusion

Lost Sphear est, pour les amateurs de RPG des années 1990, un jeu très intéressant. Le côté nostalgique se ressent dans toutes les sphères du jeu et même parfois, un peu trop. Ceci dit, il est amusant si on fait abstraction de ses limites et si la comparaison aux Final Fantasy et Chrono Trigger de ce monde se fait uniquement au niveau du design du jeu et non au niveau de la qualité et de la portée de ces derniers. Sans rien enlever à Lost Sphear, il n’est pas, à mon avis, du même calibre des titres desquels il s’inspire grandement. Pour les joueurs connaissant le genre, Lost Sphear est un jeu amusant et intéressant. Pour les plus jeunes ou les néophytes des JRPG classiques, l’intérêt peut être un peu moindre. À mon avis, si vous vous situez dans la première catégorie, donnez-lui une chance!

NOTES
note d'enthousiasme
7.5
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Gamer depuis le moment où il a lancé ses premiers œufs sur Birdo dans Mario bros 2, François partage ses moments libres entre sa PS4, sa guitare et un terrain de soccer.Ses journées normales tournent autour des technologies de l'information où sa profession de géomaticien lui permet d'être geek même dans son milieu de travail.