Persona 5 : une bande-annonce pour le jeu et quelques pistes de réflexions

Persona 5 Shin Megami Tensei

Nouvel épisode de l’emblématique spin-off de la saga Shin Megami Tensei, Persona 5 refait parler de lui, avec la mise en ligne d’une première bande-annonce. Atlus avait fait son annonce, par le biais de Famitsu, en septembre 2011, et depuis, le titre s’était fait très discret. Aucune réelle information n’avait filtré , hormis deux teasers faisant suite à l’annonce du TGS 2014, de la disponibilité sur PlayStation 4 et sur PlayStation 3 du titre. C’est donc avec un enthousiasme non contenu que les fans de la série ont accueilli la vidéo.

Un titre sang pour sang sombre

Qui dit épisode canonique de Persona, dit une couleur prédominante. C’est un peu un indice que laisse Atlus, depuis les deuxièmes opus, aux aficionados de la saga, pour donner le ton que tiendra le jeu. Ainsi, Persona 2 Innocent Sin et Persona 2 Eternal Punishment abordaient un rouge sang, mettant en avant des situations glauques et sanglantes, surtout par le biais du personnage du Joker. Persona 3, quant à lui, proposait une nuance de bleu, avec un soft plus axé sur le côté psychologique. Enfin, pour Persona 4, nous avons affaire à un jaune or, avec une ambiance un peu plus posée et joyeuse.

Ici, comme indiqué depuis les premiers teasers, la série revient au rouge sombre brillant, si caractéristique de l’hémoglobine. Autrement dit, il y a de fortes chances de voir quelques situations assez sinistres. Le trailer comporte d’ailleurs des gouttes de sang disséminées sur les images, la teinte rouge est prédominante sur une bonne partie des décors ou vêtements, et le personnage principal a le visage ensanglanté et un sourire narquois à la fin de la vidéo.

Des protagonistes masqués et silencieux

Autre fait marquant pour Persona, l’utilisation d’un objet fétiche, commun à tous les personnages, ayant une importance capitale. Dans P3, nos héros simulent un acte de suicide avec un pistolet, appelé Evoker, pour invoquer leur Persona. Ce sont des lunettes qui permettent de voir à travers le brouillard de la Midnight TV dans P4. Pour P5, chaque protagoniste porte un masque. Même si rien ne laisse paraître à une quelconque utilité fixe, une mécanique de gameplay a l’air d’être présente, et pourrait être en lien: L’infiltration.

Lors des quelques passages ingame, il est possible de voir notre héros se cacher derrière les murs, observant un ennemi, ou passant au-dessus de lustres avec des monstres au sol. Même si esquiver les ennemis pour éviter un combat est faisable depuis le début, c’est bien la première fois que la notion de furtivité est visible dans les mécaniques de la saga. Un choix audacieux si construit correctement.

Un moteur graphique Katherinesque

Fort de son expérience sur son jeu de simulation-puzzle-action-aventure pour adulte, le bien nommé Catherine, Atlus semble reprendre le moteur graphique pour Persona 5. Il est même possible de voir un personnage, derrière des barreaux, ressemblant à Vincent Brookes, ainsi que quelques effets visuels tirés du titre. Simple easter eggs, coïncidence, ou une vraie connexion entre les jeux? Seul l’avenir nous le dira. Dans tous les cas, le mélange cinématique en CGI se voulant animé manga, et une approche plus graphique pour la direction artistique ingame fonctionne très bien.

Conclusion

Persona 5 fait partie de ses titres que l’on attend avec impatience. Malheureusement, quelques ombres se profilent à l’horizon. Premièrement, comme tous les épisodes canoniques, c’est une exclusivité Sony. Avec un marché global de moins de 86 millions de PlayStation 3 et moins de 19 millions de PlayStation 4, dans le monde, en date du 10 janvier 2015, l’avenir semble radieux. Pour autant, beaucoup de joueurs ont connu la série avec les spins-off Persona Q, Persona Arena ou Persona Dancing All Night, sortis sur d’autres supports. Même si les différents gameplay ne sont pas semblables entre eux, ces personnes n’auront pas accès à la série s’ils n’ont pas investi dans une nouvelle console de salon PlayStation depuis ces 8 dernières années.

Autre soucis, moins anecdotique, la localisation. Atlus a toujours vécu un calvaire pour faire exporter ses licences au-delà du Japon. Même si la saga Persona a toujours été disponible en Europe, avec plus ou moins de difficultés, elle n’a jamais été traduite en français. Il se peut donc que Persona 5 ne puisse toucher tant de monde, à cause de la barrière de la langue.

Enfin, dernier problème, le côté sanglant et psychologique de la saga, habitué de la censure et des polémiques à cause de ces aspects (même si moins prononcés avec P3 et P4).

Espérons que le jeu nous arrive sans inconvénient en Europe. Il fait, en tout cas, partie des titres à surveiller sur cette année 2015, à n’en pas douter.

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