Quantum Break a été annoncé au dévoilement de la Xbox One par ses développeurs Remedy en 2013. Il a connu un développement long et semé d’embûches. On sait par exemple qu’ils ont changé de protagoniste principal au moins une fois et que la date de sortie a été repoussée à deux reprises. Il faut dire que c’est un projet ambitieux. En effet, Remedy a voulu créer une nouvelle forme d’expérience vidéoludique mêlant des séquences de jeu à une série télévisée en temps réel avec bien entendu des liens et des connexions entre les deux. Le projet tient-il la route ? Nous allons tenter d’y répondre dans ce test.

Fiche technique

  • Date de sortie : 5 avril 2016
  • Style : TPS
  • Classement ESRB/PEGI : M / PEGI 16
  • Développeur : Remedy Games
  • Éditeur : Microsoft Studios
  • Langue d’exploitation : Français, Anglais
  • Disponible sur Xbox One et PC sous Windows 10 et DirectX12
  • Évalué sur Xbox One
  • Prix lors du test : 54 € (Amazon France) / 75 CDN$ (Amazon Canada)
  • Site officiel
  • Evalué à partir d’une version numérique envoyée par l’éditeur

Qu’est ce qu’est Quantum Break ?

Avant de dresser les points positifs ou négatifs du jeu, nous allons tenter d’expliquer plus en détail ce qu’est Quantum Break pour les joueurs qui n’auraient pas suivi son développement. Quantum Break est une expérience inédite dans le monde du divertissement, mais également une nouvelle IP créée par Remedy Games. C’est à la fois un jeu vidéo AAA et une série télévisée en temps réel qui présente une distribution trois étoiles. Les choix que fait le joueur à l’intérieur du jeu vont influencer non seulement les événements futurs, mais également le contenu de la série TV. Quantum Break permet également de suivre la même aventure selon deux points de vue différents. Dans le jeu vidéo, vous incarnerez et suivrez le personnage principal et dans les épisodes de la série télé, vous pourrez observer ce qui se passe du côté de plusieurs personnages de soutien et même des vilains.

Une histoire de temps

C’est à la fois un jeu vidéo AAA et une série télévisée en temps réel qui présente une distribution trois étoiles.

Sans trop révéler l’histoire de Quantum Break pour éviter de vous gâcher le plaisir de la découverte, nous allons dresser le contexte du jeu. Une faille temporelle, générée suite à une expérience de voyage dans le temps qui a mal tourné, ne cesse de perturber le temps à une vitesse effroyable. Ainsi, le temps s’arrête parfois brutalement pour reprendre seulement quelques instants après. Le monde entier subit ces pauses temporelles de plus en plus nombreuses. La plupart des personnes n’ont pas conscience de ce phénomène, ce qui n’est pas le cas de Jack Joyce, le héros que vous incarnez. Témoin de l’expérience scientifique qui a provoqué cette catastrophe, il peut observer ces changements temporels et naviguer à travers ces fractures.

Plus on avance dans le jeu et plus les fractures temporelles détruisent le monde. Jack tente donc de trouver un moyen d’éviter cette catastrophe, c’est-à-dire la fin du temps. Cependant, son ami Paul Serene et l’organisation Monarch Solutions ont leur propre vendetta qui entrera en conflit avec la quête de Joyce. Ces derniers seront prêts à utiliser tous les à mener moyens nécessaires pour l’arrêter. Dans la série télévisée, vous suivrez ce qui se passe au sein de l’organisation Monarch Solutions, les plans personnels de Paul Serene, mais également ceux de son bras droit Martin Hatch.

quantum break 5

Au niveau des sensations, l’action est dynamique et agréable à appréhender.

Le scénario tient-il la route ? Oui, dans l’ensemble. Nous restons captivés par l’histoire certes prévisible, mais bien construite. Ce sont les fréquents changements de points de vue qui rendent la narration dynamique et captivante. On n’a pas le temps de s’ennuyer et on veut absolument connaitre le sort final qui est réservé pour chaque personnage. La qualité de la narration est sublimée par la qualité de l’interprétation. On retrouve dans la distribution de Quantum Break des noms connus du monde des geeks comme Shawn Ashmore (X-Men : Days of Future Past) qui incarne Jack Joyce, Dominic Monaghan (Lost) qui incarne William Joyce, Aidan Gillen (Game of Thrones) qui incarne Paul Serene ou encore Lance Reddick (The Wire) en tant que Martin Hatch. Que ce soit dans les cinématiques du jeu ou la série télévisée, ces acteurs font la différence et rendent le tout plus que crédible. Par exemple, tout comme dans Game of Thrones, Aiden Gillen joue si bien que l’on ne devine jamais ses réelles intentions.

Le jeu est divisé en cinq actes avec quatre épisodes de la série télé intercalés entre eux. À la fin de chaque acte, vous jouerez des moments clés, des séquences jonction où vous incarnerez le méchant qui devra faire un choix crucial. Selon la décision que vous prendrez, un épisode différent de la série télé vous sera proposé. Vous pouvez donc imaginer le potentiel de rejouabilité du titre.

Pour que vous compreniez un peu mieux, nous allons vous détailler la première de ces scènes capitales qui sépare les actes I et II. ALERTE AU SPOIL, passez au paragraphe suivant si vous ne désirez pas connaitre le contenu de cette première jonction. Paul Serene doit décider de la communication et de l’image de Monarch Solutions. On nous propose des alternatives : « Manière forte » ou « Communication ». Si vous choisissez la première option, Monarch essayera d’effacer toute trace de l’événement passé et d’éliminer tous les témoins visuels. Efficace au court terme, Monarch se mettrait à dos les citoyens de Riverport. L’option « Communication » consistera à désigner en public Jack Joyce comme étant le méchant et faire de lui l’ennemi public numéro 1. Cependant, au long terme, cette méthode laisserait des indices qui relieraient Monarch et les expériences temporelles. Avant de prendre votre décision finale, vous pourrez avoir un aperçu des conséquences de chacune des options pour faciliter votre choix. S’en suit le premier épisode de la série qui est centré sur un des cadors de Monarch, Liam Burke qui, si l’on choisit l’option Manière Forte, commencera à douter de sa loyauté envers l’organisation.

Les phases de puzzle et de plateforme sont très sympathiques même si elles ne présentent pas de difficulté quelconque.

Même si le jeu des acteurs est excellent, la transition entre jeu vidéo et série est un petit peu perturbante même lorsque l’on s’y attend. De plus, poser la manette pour assister passivement à une « très longue cinématique » ne sera pas toujours au goût de tous. Vous avez cependant la possibilité de les passer pour les visionner plus tard même si cela parait aberrant vu le concept du jeu. Nous regrettons le fait que les épisodes soient disponibles uniquement en stream. En effet, nous aurions préféré qu’ils soient présents sur le disque. Même avec une connexion internet très solide, il nous est arrivé d’avoir des soucis de délais de diffusion pendant le visionnage d’un épisode. On regrette aussi le manque d’un cinquième épisode qui aurait pu conclure les arcs narratifs de certains personnages que l’on apprend à connaitre au cours de la série et qui disparaissent un peu par magie. Dernier petit bémol, la fin arrive un peu brutalement et semble avoir été moins peaufinée que le début du jeu.

Un gameplay traditionnel mais innovant

Assez parlé de la narration et de la série télévisée, comment Quantum Break se joue-t-il ? Comme tout jeu centré sur la narration et similairement à ce que peut proposer Uncharted par exemple, il alterne séquences « d’exploration » et séquences d’action de manière linéaire. Lors des phases d’exploration, vous devrez traverser des zones, vous immerger dans ce monde complètement à la dérive. Bien entendu, vous trouverez un peu partout des courriels, des affiches, plein d’éléments qui viendront construire une histoire très conséquente. On appréciera également la présence d’éléments qui, une fois trouvés, débloqueront une séquence/un plan bonus dans la série télévisée.

En terme technique, le jeu est superbe et jouit d’un travail minutieux sur les animations des visages.

En ce qui concerne la difficulté du jeu, vous ne vous en sortirez pas sans utiliser vos pouvoirs. L’IA n’est pas bête et vous êtes plutôt faible face aux tirs ennemis. Les plus vaillants d’entre vous pourront jouer en mode difficile pour un challenge plus ardu. Au niveau des sensations, l’action est dynamique et agréable à appréhender. Les phases de puzzle et de plateforme sont très sympathiques même si elles ne présentent pas de difficulté. Lors des premières phases d’action, on pourrait croire que le jeu n’est qu’un simple jeu de tir à la troisième personne. De la couverture, des ennemis souvent éparpillés, et des armes à feu. Cette simplicité cache une réelle densité de jouabilité contenue dans les pouvoirs temporels de Jack. En effet, vous cacher derrière un muret ou une barricade ne vous protégera pas longtemps des tirs ennemis puisque les soldats ne sont pas statiques et vont venir vous chercher. Il vous faudra donc combiner vos différentes capacités pour éliminer vos adversaires. Vous pourrez par exemple figer vos ennemis dans le temps pour concentrer vos tirs sur eux ou bien pour changer de couverture. Plus vous avancez dans l’histoire, plus vous assimilez des pouvoirs différents que vous pourrez améliorer grâce à des points d’attributs récoltés au cours de l’aventure. Nous avons notamment apprécié la capacité d’accélérer dans le temps pour prendre vos ennemis par-derrière ou même éliminer au corps-à-corps les plus faibles. Vous devrez également faire face à certaines phases de casse-tête où vous devrez utiliser vos pouvoirs temporels.

Une technique très correcte

Ce sont les fréquents changements de points de vue qui rendent la narration dynamique et captivante.

En terme technique, le jeu est superbe et jouit d’un travail minutieux sur les animations des visages. À un point où on arrive à confondre pendant quelques secondes série télé et cinématique de jeu. Celui-ci tourne en 720 p et 30 images par seconde sur Xbox One. Même si on peut regretter l’absence du 1080p, on apprécie en revanche le taux de rafraîchissement relativement stable au cours du jeu. De plus, il propose des effets de lumière superbes pour accentuer les fractures temporelles. Ce n’est pas une claque graphique tout au long du jeu, mais il nous est arrivé d’être très impressionnés à certains moments. Autre gros point fort, la bande sonore du jeu qui sublime la narration. On a également apprécié les bruitages liés aux fractures temporelles qui ajoutent à l’immersion. Étant un inconditionnel amateur de la VO, je vous la conseille fortement, d’autant plus que les sous-titres français sont disponibles, surtout si vous êtes familiers avec les voix d’Aiden Gillen ou Shawn Ashmore. En revanche, la VF est tout à fait correcte et ne nuit pas à l’expérience de jeu.

Un jeu rejouable par définition

Enfin, en termes de contenu, nous avons déjà souligné l’immense quantité d’objets à collecter à travers le jeu. Bien entendu, vous pouvez négliger tous ces éléments secondaires et vous finirez le jeu en 7-8 heures. En revanche, si vous décidez de lire tous les courriels, récolter tous les objets du jeu, vous en aurez davantage pour 11-12 heures de jeu en difficulté normale. Bien entendu, le jeu est fait pour être rejoué et vous découvrirez ainsi un arc narratif différent. Remedy Games ne s’est pas moqué de nous en termes de contenu. Aucun DLC n’a été officiellement annoncé même si un petit arc scénaristique sur un des personnages secondaires comme Martin Hatch ou William Joyce, pour ne citer qu’eux, serait appréciable.

Conclusion

Quantum Break remplit le contrat ambitieux qu’avait annoncé Remedy Games lors de son dévoilement. Il réussit à mélanger avec brio TPS à l’action dynamique et au gameplay innovant et une série télévisée à suspense qui nous tient en haleine jusqu’au bout. Malgré une fin un peu abrupte et le manque d’un cinquième épisode, l’histoire est saisissante et les changements de point de vue sont efficaces et très bien dosés. Quantum Break s’affirme comme étant la première grosse nouvelle IP de la Xbox One.

NOTES
Note d'enthousiasme
9
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Ingénieur Etudes & Développement sur Paris, la science a bercé ma jeunesse tout comme le sport, les jeux vidéo puis le cinéma, la technologie et tout dernièrement les séries TV. Enfant unique, je me laisse facilement emporter dans les mondes de SF, heroic-fantasy que peuvent fournir ces médias.