Les jeux vidéos permettent de rendre interactifs plusieurs personnages de films, d’histoires et de bandes dessinées. Toutefois, lorsqu’on transpose des héros d’autres médias, le résultat n’est pas toujours probant. Un grand nombre de jeux basés sur des super-héros ont vu le jour au courant des années mais rares sont ceux qui ont réussis à illustrer l’essence même de l’univers duquel ces personnages aux pouvoirs surnaturels étaient issus. Depuis quelques mois, un engouement certain envers le nouveau jeu du studio Insomniac Games est perçu dans les médias. En effet, ce nouveau Marvel’s Spider-Man intrigue beaucoup de gens et semblait être le premier jeu de super-héros depuis les Batman de la série Arkham à réellement valoir le détour. Par contre, est-ce que ce buzz autour de Spider-Man était justifié?

Fiche technique

  • Date de sortie : 7 septembre 2018
  • Style : Action / Monde ouvert
  • Classement ESRB / PEGI ESRB T / PEGI 16
  • Développeur : Insomniac Games
  • Éditeur : Sony Interactive Entertainment
  • Langue d’exploitation : Disponible en anglais, sous-titres en français
  • Exclusif au PlayStation 4
  • Prix lors du test : 79,99 $ CA / 59,99 € 
  • Site officiel
  • Version envoyée par l’éditeur

Un univers Marvel différent

Étant ancrés dans un univers cinématographique de Marvel depuis maintenant dix ans, on se rend rapidement compte lorsque nous commençons le récit de ce Spider-Man, est qu’un peu tout ce que nous connaissions des récents films ne tient plus la route dans la lecture qu’Insomniac Games fait de l’homme-araignée. En effet, on retrouve un Peter Parker relativement jeune mais qui a déjà un bagage tant professionnel que personnel. Il ne travaille plus au Daily Bugle mais plutôt en recherche scientifique. Son rôle de Spider-Man semble relativement bien assumé car la population dans les rues le reconnait et même la police de New York le tolère et fait même appel à lui de façon un peu secrète.

D’un point de vue personnel, Parker sort d’une relation amoureuse avec Mary-Jane Watson mais celle-ci ne semble pas totalement terminée. Tante May est présente dans la vie de Peter mais étant donné qu’il n’habite plus chez elle, ils sont un peu moins proches qu’on a déjà pu les voir dans d’autres versions de l’homme-araignée. Il en va de même des ennemis de Spider-Man. Pour la plupart, ils semblent être en début de carrière et n’ont pas encore de lien de haine avec notre héros même que certains n’ont même pas commencer leur dite carrière.

Un scénario réussi

Pour ce qui du scénario principal, il tourne autour d’un nouveau groupe terroriste, les Démons, qui utilise une forme de matière négative pour combattre et arriver à leurs fins. Leur but premier est de prendre le contrôle de New York tant au niveau criminel, en tentant de prendre la place de Wilson Fisk, qu’au niveau politique en s’immisçant dans la campagne électorale du maire sortant, Norman Osborne. À l’aide de Mary-Jane, qui enquête sur le même réseau de malfaiteurs, Spider-Man passera le plus gros de l’histoire à comprendre et à essayer de contrecarrer les plans des Démons.

Outre ces derniers, nous rencontrerons plusieurs antagonistes connus de l’univers de Spider-Man. Toutefois, ils ne s’inscrivent que peu à l’intérieur de l’histoire principale. Il s’agit, pour ma part, d’une petit déception étant donné qu’il aurait été intéressant de voir un peu plus de supervillains de l’univers de l’homme-araignée. Par moment, on dirait qu’il s’agit d’un choix réfléchi de la part d’Imsoniac Games de façon à soit sortir du contenu téléchargeable ou bien de permettre à cette nouvelle licence de Spider-Man de s’étendre sur plusieurs titres. Bien que ce ne soit pas mal en soi, le sentiment qu’il manque un certain quelque chose en terme de « méchants » dans l’histoire est un peu agaçant. Ceci dit, il ne faut pas oublier que de par l’âge de Peter Parker, il n’aurait pas été judicieux de tout concentrer dans le même jeu mais un équilibre aurait peut-être été préférable.

New York, terrain de jeu de Spiderman

Ce qui est frappant lorsque nous jouons à Marvel’s Spider-Man est la liberté que nous avons sur l’île de Manhattan. Il est très agréable de se promener partout sur le territoire en se balançant de gratte-ciel en gratte-ciel. La ville y est recréée d’une extraordinaire façon et les artistes d’Insomniac Games ont pris la peine de s’assurer de retrouver un grand nombre de repères géographiques de manière à ce que nous ayons vraiment l’impression de nous trouver dans la Grosse pomme. Ces repères sont également une partie du contenu à compléter car nous devons les prendre en photo de façon à obtenir des récompenses qui nous permettront de débarrer différentes mises à niveau que j’expliquerai plus tard.

Même s’il nous est possible d’utiliser des endroits de déplacements rapides (Fast travel), honnêtement, il est beaucoup plus intéressant de se balancer et mêmes faire des cascades en se balançant avec nos toiles d’araignée pour se rendre vers les différents objectifs. Ceux-ci sont nombreux comme dans la plupart des jeux avec des mondes ouverts. Toutefois, le sens d’araignée de Spider-Man permet de voir en déplacement où se trouvent les différentes sous-quêtes, scènes d’action ou même du contenu à découvrir. Certains puristes diront que cela diminue la difficulté du jeu mais personnellement, j’ai bien aimé car ça nous permet de continuellement nous promener dans l’environnement tout en récoltant des récompenses qui vont nous aider dans le futur.

Une mécanique de jeu classique dans un monde ouvert

Marvel’s Spider-Man se distingue de la série Arkham de Batman par son monde complètement ouvert où un grand nombre d’activités, de crimes et d’éléments à découvrir sont éparpillés un peu partout sur l’île de Manhattan. Plusieurs événements sont aléatoires et nous permettent de nous sentir réellement dans une grande ville où la criminalité est très présente. Même si nous sommes en présence d’un monde ouvert de cette forme, il n’en demeure pas moins que ce titre emprunte la plupart des concepts de jeux d’action tels que nous les connaissons depuis très longtemps.

En effet, la plupart du temps, le combat se fait directement contre nos ennemis en enchaînant différentes habiletés et où l’utilisation de nos toiles d’araignée est favorisée. Les combats sont rapides et agréables même si parfois, le fait d’être dans un monde ouvert nous fait perdre nos repères. Également, il est possible, et parfois favorable, d’utiliser les habiletés de furtivité de Spiderman. Que ce soit en termes de combat corps à corps ou furtif, nous pouvons débloquer un grand nombre de techniques au fur et à mesure que nous progressons dans le jeu.

Justement, un système d’expérience et de points d’habiletés est implémenté dans Marvel’s Spiderman. Il est, à mon avis, un peu simpliste mais fait quand même le travail et permet à Spider-Man d’acquérir de nouvelles techniques avec le temps. Ce qui fait que le Peter Parker du début du jeu est grandement moins efficace qu’à la fin du jeu. De plus, il est possible de fabriquer une panoplie de gadgets qui nous aideront tant en combat que dans certaines phases de résolution d’énigmes. Notons également que nous pouvons débarrer différents costumes pour Spiderman nous permettant par la suite de changer l’esthétisme de notre personnage mais également d’obtenir une habileté spéciale propre au costume. Le seul bémol que je peux trouver à toutes ses techniques et gadgets que nous acquérons avec le temps est que nous finissons par souvent utiliser les mêmes séquences de bouton car étant donné que l’action se passe rapidement, il est souvent trop long de modifier notre façon de jouer. Néanmoins, cela permet à tous les types de joueurs de trouver leur compte dans la manière dont ils veulent contrôler Spider-Man.

Parlant de contrôles, notre héros est plutôt facile à contrôler. La plupart des mouvements se font de façon instinctive même si cela m’a pris un peu de temps à maîtriser parfaitement le balancement des toiles entre bâtiments. Toutefois, une fois que nous sommes habitués, l’expérience est très satisfaisante. La même situation s’est posée avec les phases de combat. Bien qu’il s’agisse des combats plutôt classiques, le fait que le monde soit ouvert cause parfois certains soucis mais on s’y fait très rapidement.

Une technique impressionnante

Pour ceux qui suivent la sortie de Marvel’s Spider-Man depuis qu’il a été annoncé, sa présentation au dernier E3 laissait présager que le visuel du jeu allait être sensationnel. Après plusieurs heures de jeu, j’ai pu constater que bien qu’il ne soit pas exactement aussi beau qu’au E3 (ce n’est pas vraiment une surprise vous direz), le nouveau titre de Sony et d’Insomniac Games est très joli. Ce qui est impressionnant ce que tout l’environnement, la population dans les rues, les véhicules et l’action se passe tout en même temps sans vraiment en souffrir. Ma PS4 en est une de première génération et elle a été capable de tout bien digérer la quantité d’informations qui se passait à l’écran. Certaines scènes du scénario nous montrent des séquences animées ou des environnements plus restreints et ceux-ci sont particulièrement beaux visuellement. Il est certain que lorsque nous nous trouvons en pleine ville, les textures sont peut-être un peu moins précises mais c’est à mon avis, tout à fait normal.

Au niveau sonore, il n’y pas vraiment rien à reprocher à Marvel’s Spider-Man. La trame sonore est excellente et entre dans ce qu’on connaît de l’univers de Marvel. C’est cet élément qui ressemble plus à l’univers cinématographique. Par moment, on se croirait dans un des films des Avengers. Également, plusieurs dialogues sont présents entre les différents personnages, bons et méchants, et Peter Parker. Ces conversations sont bien soutenues par un bon casting pour personnifier les voix des interlocuteurs de Spider-Man.

Finalement, on ne peut passer sous silence le mode photo qui a été implanté dans Marvel’s Spider-Man. Il s’agit du plus complet que j’ai pu voir. En effet, il nous laisse une liberté incroyable de croquer des moments incroyables de l’environnement et d’en faire ressortir des images incroyables. Que ce soit par l’utilisation de filtres ou même par la possibilité d’utiliser des cadres ressemblant à des cartes postales ou à des cases de bandes dessinées, les possibilités sont énormes et vraiment amusantes.

Conclusion

Pour ma part, je faisais partie des optimistes face à cette nouvelle licence exclusive sur PlayStation. Toutefois, j’avais quand même certaines réserves avant de plonger dans Marvel’s Spider-Man. Ceci dit, les développeurs chez Insomniac Games ont réussi à ressembler plusieurs éléments permettant à notre héros de reprendre ses lettres de noblesse et en ne décevant pas les attentes. Bien qu’il ne soit pas parfait, on se laisse captiver par son environnement, sa fluidité et de par la facilité qu’on a à intégrer l’univers de l’homme-araignée.

Que ce soit de par son esthétisme, sa bande sonore et même le classicisme de son genre de jeu d’action, Marvel’s Spider-Man devrait rejoindre un large auditoire tant jeune que moins jeune. Ayant une bonne quantité de contenu sans qu’il soit trop redondant, attendez-vous à vous accrocher à ses toiles pour un bon moment.

NOTES
Note d'enthousiasme
9
PARTAGER
Gamer depuis le moment où il a lancé ses premiers œufs sur Birdo dans Mario bros 2, François partage ses moments libres entre sa PS4, sa guitare et un terrain de soccer.Ses journées normales tournent autour des technologies de l'information où sa profession de géomaticien lui permet d'être geek même dans son milieu de travail.