Après un nombre incalculable de jeux vidéos sortis au courant des dernières années, nous pourrions être portés à croire que des idées nouvelles se font de plus en plus rares. Toutefois, certains studios tentent d’amener de nouveaux concepts à travers des jeux ayant une forme plus classique. C’est le cas de Mages of Mystralia du développeur québécois Borealys Games. La magie n’a jamais vraiment été traitée sous l’angle que ce premier opus du studio nous démontre. Est-ce qu’une idée sortant de l’ordinaire permettra à Mages of Mystralia de ressortir du lot?

Fiche Technique

  • Date de sortie : 29 janvier 2019
  • Style : Aventure
  • Classement ESRB/PEGI : E 10+ / 7
  • Développeur : Borealys Games
  • Éditeur : Borealys Games
  • Langue d’exploitation : Français et anglais
  • Testé Nintendo Switch
  • Disponible aussi sur PlayStation 4, Xbox One et PC 
  • Prix lors du test : 21,99 $ / 19,99 €
  • Site officiel
  • Version numérique envoyée par l’éditeur

Une mage en développement

Nous incarnons dans Mages of Mystralia une jeune fille prénommée Zia. Une fois aux dix ans, une personne est choisie et se verra confier des pouvoirs magiques. Notre héroïne est celle qui est cette élue pour la décennie. Toutefois, dans le royaume de Mystralia, les mages sont devenus avec les années des exilés et tous les pouvoirs reliés à la magie, appelés magerie, sont bannis et réprimandés.

Tout au long de notre aventure, nous nous faisons confier des missions par notre mentor, un magicien de longue date, ainsi que par le conseil des mages qui nous accueille dans ses rangs. Tranquillement, Zia gagne en maturité et en puissance magique car son grimoire prend de l’ampleur. En effet, ce dernier est le centre de toute la magie dans Mages of Mystralia. J’y reviendrai toutefois plus tard.

De fil en anguille, les missions octroyées à Zia feront apparaître des jeux politiques intéressants dans le royaume de Mystralia. Avec la volonté des dirigeants de bannir la magie, on voit des alliances et des trahisons émerger dans cette quête de pouvoir politique. Notre héroïne se trouve mêlée bien malgré elle au centre de tous ces changements.

Des mécaniques de jeu autant classiques qu’innovatrices

Lors de la première prise en main de Mages of Mystralia, nous voyons rapidement quelles sont les références ayant permis de jeter les bases de cette aventure. En effet, tant par les contrôles que par les combats avec des monstres nous attaquant, nous pouvons faire rapidement le parallèle avec les premiers opus de la série Zelda. Au lieu de se battre à l’épée, nous nous battons avec notre baguette et les différents sorts que nous lui attribuons. Nous devons explorer plusieurs espaces et environnements remplis de créatures que nous devons vaincre pour être en mesure de les traverser. De plus, normalement, à chaque fin de zone, nous avons un boss à battre, qui pourrait un peu faire penser aux donjons de la célèbre franchise de Nintendo.

Toutefois, où Mages of Mystralia se démarque, c’est dans la création de sorts magiques. Ces derniers sont écrits dans notre grimoire et nous pouvons en créer une panoplie et les combinaisons différentes sont incalculables. Chacun des sorts que nous fabriquons est constitué de la combinaison de plusieurs runes que nous trouvons dans notre aventure. Leurs effets s’additionnent, se complètent ou même se nuisent. Il est donc possible de créer des chaînes de runes impressionnantes mélangeant différents éléments (feu, glace, terre, électricité) et ainsi générer un sort très puissant. Toutefois, gare à la mana qu’il utilise!

Personnellement, j’ai grandement aimé la latitude que Borealys nous donne pour la conception de sorts. Toutefois, j’ai trouvé que, par moments, on nous expliquait pas assez les effets des combinaisons tant sur le sort en tant que tel que sur notre mana. C’est beaucoup d’essai-erreur pour souvent peu de résultat. Rapidement, on trouve un sort qui nous plait et on le garde très longtemps.

Un esthétisme propre à son genre

Dans un monde fantaisiste où la magie est omniprésente, nous pouvons nous attendre à ce que les environnements de Mages of Mystralia soient dans cette même lignée. En effet, Borealys a opté pour un style bande dessinée animée en cel-shading très coloré. Les décors sont riches avec beaucoup d’éléments à l’écran. Les effets visuels créés lors de l’incantation de sorts est également bien réussi. Toutefois, j’ai été déçu par le trop grand nombre de ralentissements des images par seconde du jeu lorsqu’il y avait beaucoup de mouvements à l’écran. Il m’est arrivé à plusieurs reprises que tout le jeu ralentisse considérablement lorsqu’il y avait beaucoup d’action et où la magie était très présente.

Un autre élément m’a quelque peu agacé au niveau des performances de Mages of Mystralia. En effet, bien que les écrans de chargement entre les zones soient magnifiques il s’agit de tableaux dessinés de très grande qualité visuelle, c’est plutôt lassant de passer près d’une minute à chaque fois qu’on change de territoire. C’est d’autant plus frustrant lorsque nous devons faire l’aller-retour entres certains lieux. Le temps de chargement est vraiment trop long et c’est franchement agaçant.

Au niveau de la musique, Borealys a fait un bon travail. Nous sommes en présence d’une trame sonore de circonstance où nous avons bel et bien l’impression d’être dans un univers où la magie est prédominante. Par contre, on ne peut pas faire de comparaison avec l’inspiration de Mages of Mystralia. En effet, les pièces finissent toutes par se ressembler plutôt que de devenir des classiques instantanés comme dans Zelda.

Conclusion

Avec Mages of Mystralia, Borealys Games réussit une entrée marquée dans le monde des jeux vidéos. Ils ont réussi à créer un concept nouveau avec la création de sorts magiques complètement libre pour l’utilisateur. À mon avis, cela ouvre la porte à d’autres concepts du genre où les joueurs pourraient configurer eux-mêmes les aptitudes de leur personnage.

Toutefois, quelques points m’ont laissé perplexe pendant mon test. En effet, j’ai trouvé que l’histoire n’était pas au niveau des aspirations du titre. Sans qu’elle soit de piètre qualité, elle est plutôt générique. Ensuite, des irritants ont également quelque peu gâché mon expérience. Comme mentionné précédemment, les ralentissements graphiques ainsi que les temps de chargement m’ont particulièrement agacés. Finalement, bien que Zia soit une héroïne en devenir, je n’ai pas été en mesure de m’attacher du tout à elle. Dans un jeu d’aventure dans le genre auquel Mages of Mystralia veut s’inscrire, il m’est, à mon avis, impératif que les joueurs s’identifient à leur personnage principal. C’est d’autant plus vrai lorsque nous voulons devenir le mage le plus puissant du royaume.

NOTES
Note d'enthousiasme
7.5
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Gamer depuis le moment où il a lancé ses premiers œufs sur Birdo dans Mario bros 2, François partage ses moments libres entre sa PS4, sa guitare et un terrain de soccer.Ses journées normales tournent autour des technologies de l'information où sa profession de géomaticien lui permet d'être geek même dans son milieu de travail.