20 ans après m’avoir charmé sur Gameboy Color, The Legend of Zelda: Link’s Awakening fait son grand retour. Celui qui m’a fait découvrir ce fabuleux univers pour la première fois a été complètement refait pour la Nintendo Switch. Présenté sous une nouvelle esthétique qui nous donne l’impression d’explorer un monde fait d’argile, Link’s Awakening promettait tout de même de respecter l’œuvre originale. Or, était-ce le bon moment pour ressortir ce vieux classique ? Et est-ce que le résultat final est aussi probant que ce que le joli visuel laissait présager ?

Fiche Technique

  • Date de sortie : 19 septembre 2019
  • Style : Action et Aventure
  • Classement ESRB/PEGI : E / 7
  • Développeur : Grezzo & Nintendo EPD
  • Éditeur : Nintendo
  • Langue d’exploitation : Disponible en français
  • Exclusif sur Nintendo Switch
  • Prix lors du test : 79,99 $ / 46,99 €
  • Site officiel
  • Version numérique envoyée par l’éditeur

Un Zelda pas comme les autres

Link’s Awakening commence alors que Link affronte une tempête à bord de sa petite embarcation. C’est alors qu’un éclair le frappe et il perd connaissance. Notre héros est finalement retrouvé inconscient échoué sur l’île de Cocolint par Marine, une jeune demoiselle qui aime chanter. Accompagnée de son père, Tarin, Marine explique à Link qu’elle n’a jamais quitté Cocolint et qu’elle aimerait pouvoir se transformer en mouette pour explorer de nouveaux horizons. Puis, Link fait connaissance avec un curieux hibou qui lui explique qu’il devra réveiller le gardien de l’île, le poisson-rêve, pour retourner chez lui. Notre protagoniste part donc à la recherche des huit Instruments des Sirènes qui sortiront le poisson-rêve de son horrible cauchemar.

Link's Awakening Marine et Tarin
Link dans la maison de Marine et Tarin

Outre la série Super Smash Bros, on n’a pas vu souvent Nintendo faire des références aussi concrètes à ses autres séries qu’avec Link’s Awakening. Je trouve d’ailleurs que c’est ce qui fait le charme du jeu. Sans vous dévoiler tous ceux que vous allez croiser, on rencontre très tôt des personnages comme des Goombas ou un toutou à l’effigie de Yoshi. Et, on va continuellement découvrir d’autres personnages de Nintendo qui se retrouvent aussi sur l’île de Cocolint.

Ensuite, pour moi, Link’s Awakening est aussi le jeu de la franchise qui s’est le plus démarqué par son nombre d’énigmes et de mystères à résoudre. Entre les coquillages à trouver, les nombreux secrets à découvrir et les donjons ingénieux, le contenu est très intéressant. D’ailleurs, heureusement que j’avais fait le jeu à l’époque, parce que j’ai pu creuser dans mes souvenirs pour sauver bien des heures de recherche.

Une île à explorer de fond en comble

The Legend of Zelda: Link’s Awakening n’est pas un jeu facile pour ceux dont c’est la première visite. Je ne m’en étais pas rendu compte avant d’en parler avec quelqu’un dont c’était la première fois. Pourtant, quand je repense à la première fois que j’ai fait le jeu, c’est vrai que j’avais passé bien des heures pour tout comprendre. Je me garde de dire quoi que ce soit pour ne pas ruiner de surprise, mais juste la manière de rentrer dans le 2e donjon est ingénieuse et bien amusante.

Puis, comme Ocarina of Time, Link’s Awakening propose une quête en chaîne qui force le joueur à être un fin observateur. En commençant par une poupée de Yoshi suivi d’un ruban et de la nourriture pour chien, il faut bien explorer l’île et parler avec tous les personnages pour arriver au bout de cette quête. Et la récompense est définitivement très importante pour terminer l’aventure au complet.

Enfin, comme la plupart des Zelda en 2D, il est important de parfois revenir sur nos pas avec un nouvel item pour débloquer de nouveaux secrets. Heureusement, le jeu nous facilite la tâche dans la deuxième moitié en nous permettant de nous téléporter vers différents points de l’île. Je vous recommande d’ailleurs fortement de porter attention à tous les détails et de prendre des notes sur votre carte. Parce que ce jeu vous permet de tracer des symboles sur votre carte pour vous rappeler des points d’intérêts.

Finalement, le titre propose aussi plusieurs activités qui viennent varier un peu votre quête comme de la pêche, du rafting, la machine à griffes et j’en passe. Ils sont tous bien réussis et sont bien amusants. J’aimais bien tester mes capacités dans chacun et ça changeait de la routine des donjons.

Un monde de rêve

Selon moi, là où Grezzo et Nintendo n’ont vraiment pas raté leur coup, c’est au niveau du visuel. À l’instar de Kirby and the Rainbow Curse, Link’s Awakening nous présente un look similaire à de l’argile. Les animations sont jolies, les personnages sont plus mignons que jamais et le décor est carrément enchanteur. J’ai aussi trouvé que le passage du Gameboy à la Switch a été fait parfaitement puisqu’on reconnaît facilement chaque personnage.

Mr Write est de retour

Malheureusement, la version qu’on a testée avait plusieurs problèmes de stabilité. On le remarque particulièrement lorsqu’on quitte une maison pour retourner à l’extérieur alors que le jeu ralentit quelques instants. On ressent clairement la diminution de la fréquence d’image ce qui est un peu agaçant. C’est aussi percutant lorsqu’on se sert des bottes de pégase alors que notre personnage semble se déplacer trop rapidement pour la console. Considérant que le monde semble être plus ouvert, contrairement à l’époque où on se promenait comme sur une grille, on peut comprendre.

Par contre, si un jeu d’envergure comme Breath of the Wild n’a pas ce problème, c’est difficile d’expliquer pourquoi celui-là en a. Qui plus est, ce n’est pas dans les habitudes de Nintendo d’offrir un jeu qui a des ralentissements, donc j’espère qu’un correctif va rapidement sortir.

Ce sont les mêmes boss que dans la version originale

Un orchestre rehaussé

Puis, les studios ne prennent pas toujours les bonnes décisions au niveau musical avec les remakes. Heureusement, Nintendo n’a pas fait de faux pas avec Link’s Awakening. Ceux qui ont joué à la version originale vont rapidement reconnaître et entonner les différents airs du jeu. C’est quelque chose qui avait manqué cruellement dans Breath of the Wild et c’est agréable de retrouver le talent musical auquel on reconnaît la série.

L’univers de Link’s Awakening est encore plus joli dans ce remake

En plus, les musiques ont été hautement rehaussées pour suivre l’aspect remake et pour mieux cadrer avec notre époque. J’aime bien les instruments qui ont été rajoutés dans certaines mélodies et la qualité sonore est définitivement à point.

Tout comme les effets sonores d’ailleurs qui ont aussi été adaptés pour une console de salon de 2019. J’ai joué autant avec mes écouteurs qu’en mode TV avec le son ambiophonique et j’aimais beaucoup entendre le gazon être tranché, les pots cassés ou les pas de Link.

Les donjons sont restés les mêmes

Un contenu supplémentaire limité

Visiblement, Grezzo s’est plus concentré à respecter l’œuvre originale plutôt qu’à faire des ajouts. La plupart des plantes, des maisons, des trésors et des donjons sont exactement là où ils étaient dans le titre original. Pour quelqu’un qui était très nostalgique du titre, je dois avoir que c’était satisfaisant de retrouver les objets exactement au même endroit. Il y a même quelques fois que j’ai eu des oublis et lorsque je retrouvais le bon chemin, je ne pouvais pas croire qu’ils m’étaient sortis de la tête. Même la scène supplémentaire qu’on débloque en terminant le jeu sans mourir est la même qu’avec le titre original.

Selon moi, un des changements importants est l’ajout de 24 coquillages à trouver sur l’île pour un total de 50. L’opus original en avait 26. Ceux-ci sont particulièrement importants, car ils permettent d’avoir de jolis cadeaux qui vont vous aider dans l’aventure. Les paliers sont donc désormais un peu plus difficiles à atteindre et rendent leur quête plus satisfaisante.

D’autres ajustements nous rendent aussi la vie plus facile comme les bottes de pégase ou le bracelet de force qu’on n’a plus besoin d’équipée pour utiliser. On pense donc moins de temps à constamment aller dans les menus pour changer d’item. C’était assurément un irritant avec la version originale qui a été corrigé.

Enfin, j’ai noté et testé l’ajout du créateur de donjon qui est intéressant, mais sans plus. Ce n’est pas un Zelda Maker disons, car les possibilités sont limitées. En fait, on peut seulement placer des salles complètes sur une grille et les lier entre-elles jusqu’au boss final. On ne peut pas décider les obstacles qu’on met à l’intérieur et on reconnaît ses salles qui proviennent des donjons du jeu. Ce n’est pas quelque chose qui a vraiment capté mon attention.

Un vrai remake pour Link’s Awakening

Pour conclure, on peut dire que c’est un remake de luxe que s’est offert The Legend of Zelda: Link’s Awakening. Malgré de petits problèmes de performance, il a eu droit à un rehaussement complet incluant des cinématiques très jolies. Autant les nostalgiques que les nouveaux venus devraient apprécier cet excellent opus qui amène des éléments encore intéressants aujourd’hui. Bref, encore une fois, on ne se trompe avec un Zelda et vous plongerez facilement dans l’univers magique de Cocolint.

NOTES
Note d'enthousiasme
8.5
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Passionné de techno et surtout de jeux vidéo, j’ai un Baccalauréat en Administration des Affaires et j’adore mélanger les jeux vidéo à la finance. Curieux, je joue à presque tous les genres et je suis toujours prêt à essayer de nouvelles expériences vidéoludiques. Il y a toujours quelques nouveautés dans ma ludothèque prêtes à être jouées. Je suis le rédacteur en chef de Geeks & Com' et le responsable de la section Jeux vidéo.