Pour la 2e fois cette année, Ubisoft nous arrive avec un grand jeu à monde ouvert pensé pour le multijoueur en premier. Développé par Ubisoft Paris, Ghost Recon Breakpoint poursuit ce que Wildlands avait entamé avec, cette fois, l’aide de Jon Bernthal. La démo de l’E3 m’avait bien plu surtout avec ma squad de quatre joueurs. Je voyais du potentiel avec une expérience plus réaliste au niveau des mouvements et des missions secondaires qui promettaient beaucoup. Alors, maintenant que les serveurs sont lancés et qu’ils se sont stabilisés, en vaut-il la peine ?

Fiche technique

  • Date de sortie : 4 octobre 2019
  • Style : Jeu de tir à la 3e personne, Action-RPG
  • Classement ESRB/PEGI : M / PEGI 17+
  • Développeur : Ubisoft Paris
  • Éditeur : Ubisoft
  • Langue d’exploitation : Français, Anglais
  • Testé sur Playstation 4
  • Aussi disponible sur Xbox One et PC
  • Prix lors du test : 79,99 $ / 69,99 €
  • Site officiel
  • Version numérique envoyée par l’éditeur

Quand Jon Bernthal joue le méchant

On se retrouve en 2025 ou 6 ans après Wildlands sur l’île d’Auroa au sud du Pacifique. L’endroit appartient au richissime Jace Skell, le Tony Stark de cet univers, puisqu’il possède une compagnie qui fabrique des drones et de l’équipement très avancé. Skell veut transformer Auroa en un monde 2.0 avec l’intelligence artificielle et les drones au centre de tout. Malheureusement, les choses tournent au vinaigre alors qu’une organisation avec de mauvaises intentions semble avoir mis la main sur cette technologie.

Ghost Recon Break Point Jon Bernthal
Jon Bernthal est l’ennemi principal de Ghost Recon Breakpoint

Le gouvernement décide finalement d’intervenir lorsqu’un navire de charge le USS Seay coule au large d’Auroa. La CIA déploie l’opération Greenstone dont notre héros, Nomad fait partie. Cependant, l’escouade se retrouve rapidement en piètre état après l’attaque de plusieurs drones sur leur hélicoptère. Parallèlement, l’antagoniste principal du jeu incarné par Bernthal, le Colonel Cole Walker, est devenu renégat en laissant tomber l’armée. Il contrôle un puissant groupe de soldat nommé les Wolves qui vont vous rendre la vie difficile sur l’île. Alors, c’est à vous de remettre l’ordre sur cette dangereuse île à l’écart de toute civilisation.

On va donner ça à Ubisoft, cette fois. Contrairement à The Division 2 qui n’a pas su m’embarquer dans son histoire, Ghost Recon Breakpoint a été bien ficelé. Bien sûr, Jon Bernthal est en grande partie responsable de ce succès. Son personnage, son histoire et son jeu d’acteur sont très crédibles. On comprend ce qui l’a amené à se rebeller contre le gouvernement et il joue un très bon vilain. Au-delà de tout ça, le jeu explore des thèmes pertinents qui seront probablement d’actualité dans un avenir pas si lointain. L’utilisation des drones et l’intelligence artificielle à des fins militaires poussées à sa limite par exemple. Ou les idéaux d’un monde contrôlé par la technologie. Bref, c’est super intéressant et bien amené.

Tout pour l’expérience multijoueur

Là où Ghost Recon Breakpoint brille le plus, c’est en jouant avec des amis. Le jeu a été fait entièrement pour jouer en coop et c’est beaucoup plus amusant ici. En plus, il n’y a pas de restriction ou de désagrément inutile parce que votre progression va vous suivre partout. Et c’est possible en tout temps de faire les missions d’un de nos coéquipiers, même si on n’est pas rendu au même endroit. Tous vont recevoir loot et expérience individuelle ce qui fait en sorte qu’on n’a jamais l’impression de perdre notre temps. Alors, aider un ami n’est donc jamais pénalisant pour le joueur et on peut toujours sauter les cinématiques.

Dans l’ensemble, c’est juste plus amusant de jouer avec des amis. Lorsqu’on prend le temps de planifier une stratégie avant de rentrer dans une base ennemie et qu’on synchronise notre assaut, on est complètement immergé dans notre rôle d’escouade d’élite. Qui plus est, on peut faire un tir synchro avec un coéquipier ce qui est encore plus satisfaisant.

Avec un coéquipier qui utilise son drone pour repérer toutes les menaces, un qui se prépare avec son Sniper, un qui va s’assurer de détruire les drones ennemis et le dernier qui rentre furtivement et descend les ennemis un à un, on avait tout ce qu’il faut pour former un bon groupe. D’ailleurs, il y a quelques endroits où il y a des dizaines de méchants, donc mieux vaut être prudents et de communiquer.

Du plaisir, mais plusieurs défaut

Or, bien qu’on a eu réellement beaucoup de plaisirs en jouant à Ghost Recon Breakpoint, il a fallu passer par-dessus pas mal de défauts. Selon moi, le plus évident, c’est au niveau du moteur graphique qui a fait son temps. Entre des bogues de textures qui chargent trop lentement ou qui sont brisés et des glitchs étranges, les problèmes sont nombreux. Je ne compte plus le nombre de fois que les textures des décors sont apparues avec un immense délai.

Au niveau des glitchs, c’était encore plus absurde. Par exemple, dans une des cinématiques, on voit un personnage qui a deux crayons dans la poche de son chandail. Or, chaque fois qu’il bougeait l’épaule, les crayons s’enfonçaient dans la texture du chandail. Ou encore, quand on embarque dans un hélicoptère avec des amis et que nos coéquipiers apparaissent flottants dans les airs à plusieurs mètres du véhicule, c’est toujours peu rassurant. Et c’est seulement 2 exemples parmi beaucoup d’autres.

Toujours rassurant de voir le pilote 15 pieds devant l’hélicoptère

Sinon, le moteur graphique vieillit mal. Les personnages ne sont pas particulièrement jolis, même si on réussit quand même à reconnaître Jon Bernthal. Leurs visages sont souvent vides ce qui fait mal en 2019. La qualité de l’engin graphique a affecté aussi les décors qui font très vieillots. On a plus l’impression d’être en début de génération qu’en toute fin.

Enfin, à tout ça, ajoutons l’intelligence artificielle qui n’est pas très allumée et qui m’a déçu. C’est dommage parce qu’Ubisoft avait fait du bon boulot avec celle de The Division 2 qui était franchement excellente. Puis, il y a la carte dans le menu sur laquelle j’étais toujours en train de chercher mes points de repère. Elle a vraiment été mal optimisée. J’ai même eu des problèmes dérangeants de son. Bref, le jeu aurait mérité un meilleur peaufinage.

Du contenu et de la personnalisation

Ensuite, si l’histoire et le gameplay viennent compenser les nombreux problèmes du jeu, il en est de même pour le contenu. Si bien que la première fois qu’on plonge dans Ghost Recon Breakpoint, on devient un peu étourdi avec tout ce que le jeu offre. La première fois qu’on passe dans les menus et qu’on voit toutes les quêtes primaires, secondaires, l’équipement, les véhicules et l’arbre de talent, on constate la profondeur du jeu. Et que vous soyez fans de modes multijoueurs compétitifs comme Ghost War ou que vous cherchez du contenu coop de haut niveau avec les Raids, il y a tout ce qu’il faut pour plaire.

Ghost Recon Breakpoint drone
Mieux vaut se débarrasser vite des drones

En plus de tout ça, il y a beaucoup d’items de collection à ramasser. Par exemple, certains vont nous aider à retracer la localisation d’une puissante arme ou tout simplement nous donner les plans pour en fabriquer une. On peut aussi retrouver plusieurs infos et indices supplémentaires pour mieux comprendre ce qui se passe sur l’île. C’est intéressant à suivre si on prend le temps de s’arrêter un instant pour tout lire.

Ghost Recon Breakpoint se démarque aussi au niveau de la personnalisation. D’abord, l’arbre de talents est assez vaste pour multiplier les possibilités. Si vous aimez contrôler les drones, il y a des talents pour vous. Si vous êtes plus du genre à vouloir vous infiltrer subtilement, il y en a aussi pour vous. Et on n’est pas bloqué en faisant notre premier choix de classe ce qui veut dire que bien des possibilités s’offrent à nous. Avec la quantité de loot qu’on obtient et les différents looks qu’on peut donner à notre personnage, il n’y en aura pas deux comme vous.

En attente de Ghost Recon Breakpoint 2.0

En conclusion, j’ai eu plus de fun que de frustration dans Ghost Recon Breakpoint. Certes, les nombreux défauts sont difficiles à ignorer, mais Ubisoft a quand même façonné une expérience complète et amusante. Si vous avez quelques amis avec qui jouer, je pense qu’il s’agit du titre coop le plus intéressant de la compagnie. L’histoire est intrigante, la jouabilité est solide, il y a beaucoup de contenu et si ce n’était des nombreux bogues, on aurait droit à un des meilleurs jeux d’Ubisoft.

Bref, encore une fois, j’ai l’impression qu’on nous offre un jeu avec beaucoup de potentiel livré trop rapidement. Probablement que les nombreuses mises à jour qui paraîtront dans les prochains mois offriront une version 2.0 du titre qui en vaudra plus la peine. Entre-temps, c’est un jeu que je recommande pour un groupe d’amis qui ne sont pas trop dérangés par un jeu truffé de défauts techniques.

NOTES
Note d'enthousiasme
7
PARTAGER
Passionné de techno et surtout de jeux vidéo, j’ai un Baccalauréat en Administration des Affaires et j’adore mélanger les jeux vidéo à la finance. Curieux, je joue à presque tous les genres et je suis toujours prêt à essayer de nouvelles expériences vidéoludiques. Il y a toujours quelques nouveautés dans ma ludothèque prêtes à être jouées. Je suis le rédacteur en chef de Geeks & Com' et le responsable de la section Jeux vidéo.