Test de Fatal Frame: Mask of the Lunar Eclipse – le syndrome sélénite

Fatal Frame (ou Project Zero) est une série très connue où nous devons affronter des fantômes grâce à un appareil-photo nommé la Camera Obscura.  Dernièrement, une version remastérisée du 5e opus (Maiden of Black Water) est sortie mondialement.  Cette année, c’est le 4e opus (Mask of the Lunar Eclipse) qui reçoit ce traitement en plus d’être traduit en plusieurs langues pour la première fois.  C’est le temps de ressortir notre Camera Obscura!

FICHE TECHNIQUE DE FATAL FRAME: MASK OF THE LUNAR ECLIPSE

  • Date de sortie : 9 mars 2023
  • Style : Survival Horror
  • Classement ESRB / PEGI : ESRB T / PEGI 12
  • Développeur : KOEI TECMO
  • Éditeur : KOEI TECMO
  • Langue d’exploitation : Sous-titré en français
  • Disponible sur PS4, PS5, Xbox One, Xbox Series, Switch et PC
  • Testé sur Xbox Series X
  • Prix lors du test : 59,99$ CAD / 49,99 €
  • Site officiel
  • Version numérique envoyée par l’éditeur

Histoire de Fatal Frame : Mask of the Lunar Eclipse

Lors d’un festival sur une petite île nommé Rogetsu, cinq fillettes disparaissent.  Grâce aux recherches de Choshiro Kirishima (un policier), les enfants sont retrouvés sains et saufs.  Cependant, les cinq filles n’ont aucun souvenir ce qui s’est passé si ce n’est qu’un détail.  Elles voient cinq filles entrain de jouer une mélodie pendant qu’une femme masquée danse sous les lueurs de la lune.  Tout à coup, la femme masquée arrête de danser et son masque se brise.

10 ans plus tard, deux des cinq rescapées sont retrouvées mortes dans des conditions nébuleuses.  Elles sont trouvées avec une expression d’effroi et les mains sur les yeux.  Apprenant le tout, les trois filles toujours en vie décident de retourner sur l’île pour tenter de se remémorer les évènements qui ont eu lieu lorsqu’elles étaient enfants.

4 protagonistes à incarner

Fatal Frame est divisé en 13 chapitres et chaque chapitre nous permet d’incarner un personnage.  Les deux premières à arriver sur l’île sont Madoka Tsukimori et Misaki Aso.  Elles retournent dans une clinique où elle se rappelle d’avoir séjourné pendant leur jeunesse.  Comme toute bonne histoire d’horreur, nos deux protagonistes sont séparés très rapidement et nous prenons le contrôle de Madoka pour le prologue.  Ce chapitre permet d’apprendre les bases du jeu.

Fatal Frame Mask of the Lunar Eclipse Madoka

La troisième fille encore en vie (Ruka Minazuki) arrive également à l’institut par la suite pour les mêmes raisons que les autres personnages.

Finalement, le policier Choshiro Kirishima devenu détective privée se réveille devant un hôpital qui lui semble très familier.  Il n’a aucune idée comment il est arrivé là, mais décide d’entrer pour enquêter également.

Attrapez-les tous !

Très rapidement lors de notre première exploration de la clinique avec Madoka, nous remarquons que quelque chose cloche.  Plusieurs grincements se font entendre, des téléphones sonnent sans raison et les documents trouvés parlent de… fantômes !  Madoka trouve un appareil-photo se nommant Camera Obscura et qui (selon les dires du créateur) permet de repousser les esprits.  Aussitôt qu’elle en prend possession, elle est attaquée par un spectre qu’elle réussit à détruire grâce à la caméra.

Fatal Frame Mask of the Lunar Eclipse fantôme

Lors du jeu, nous apprenons qu’il y a plusieurs types d’esprits.  Les fantômes apparaissent soudainement et si nous les prenons en photo, nous apprenons qui ils sont et ce qu’il faisait.  Les spectres sont les esprits qui nous attaquent.  Il faudra les affronter et drainer leur énergie avec la caméra pour les repousser.  Finalement, les revenants sont des esprits immortalisés dans le temps à un endroit précis.  Il est possible de les voir en photographiant le bon endroit avec le bon angle.

Il y a également des poupées censées protéger les lieux.  Les photographier permet de les libérer d’une malédiction.

En tout, il y a 233 esprits à trouver.

Deux lieux à explorer

Fatal Frame IV se déroule dans la clinique où les fillettes ont séjourné plus jeunes ainsi qu’un hôpital où des traitements étranges ont eu lieu pour guérir une maladie propre à l’île.  Les lieux sont intéressants à explorer avec énormément de portes verrouillées et de secrets à trouver.  Le jeu nous donne des objectifs et c’est tant mieux, car il peut être difficile de savoir ce que nous devons faire surtout qu’il y a énormément d’allers-retours impliqués dans le jeu.

Ce que je n’ai pas apprécié cependant est l’aspect « aléatoire » de la progression.  Ce que je veux dire par là, c’est qu’en étant un fan de Resident Evil, je suis habitué de chercher des clés, des codes et autres pour déverrouiller des portes et progresser.  Dans Fatal Frame, c’est le cas également, mais plusieurs fois, un évènement se déroulera et magiquement, une porte auparavant verrouillée ne le sera plus.  Plusieurs évènements se dérouleront dans les mêmes pièces dépendant du chemin emprunté ou de votre progression.  Il est cependant presque impossible de savoir que quelque chose peut dorénavant se passer à tel emplacement.

Heureusement, ce n’est pas la majorité du jeu.  Il y a plusieurs portes verrouillées avec des clés traditionnelles et plusieurs sont fermées par des esprits.  Quand cela arrive, il faut photographier la porte et la photo qui en résultera sera un indice nous indiquant comme la déverrouiller.  Plusieurs puzzles ponctuent le jeu est ceux-ci sont parfaits.  Ils ne sont ni trop simples et ni trop compliqués.

Des contrôles « lourds »

Ce qui est dommage dans l’exploration, c’est que les contrôles sont « lourds ».  Le personnage est difficilement contrôlable et il est difficile d’être précis (sauf lorsque l’on utilise l’appareil-photo). 

Par ailleurs, tous les protagonistes sont terriblement lents.  Même lorsque nous courons, ils avancent lentement.  Les allers-retours semblent donc encore plus longs et c’est assez comique de voir notre personnage « courir » pour échapper à un spectre.  Il ne semble pas presser d’y échapper.

La plupart des items sont invisibles jusqu’au moment où vous passez votre lampe de poche dessus.  Une icône en bas à droite de l’écran nous indique si un item est près de nous.  Avec la difficulté d’être précis, c’est frustrant de ne pas réussir à faire « apparaître » l’item, car on ne réussit pas à envoyer la lumière où l’on veut.

Également, certains éléments sont difficiles à récupérer, car si vous êtes trop proche, l’option pour le ramasser n’apparaît pas.  C’est encore plus frustrant quand nous n’avons plus beaucoup de vie et nous espérons que ce soit une herbe médicinale.

Le stress est d’autant plus grand qu’à tout moment lorsque l’on saisit un objet, une main fantôme peut nous attraper.  Si cela arrive, nous perdons l’item à jamais.  Dès que l’on aperçoit la main, il faut lâcher l’objet pour le reprendre par la suite.

Une trame narrative compliquée, mais passionnante !

Fatal Frame contient énormément de détails pour nous faire entrer dans son univers et découvrir ce qui se passe sur cette fameuse île.  On trouvera des cassettes d’entretien, des documents, des journaux intimes et plein d’autres éléments pour comprendre l’histoire.  Celle-ci ne nous est pas dévoilée clairement et il faudra faire aller notre matière grise pour bien comprendre ce qui se passe.

Les personnages secondaires tels que les esprits arpentant la clinique et l’hôpital ont chacun leur histoire et il est toujours intéressant d’en apprendre plus.  Les développeurs ont vraiment pris le temps de développer leur univers et de faire en sorte que chaque personnage soit intéressant.

On apprendra assez rapidement qu’une maladie unique à l’île et se nommant le syndrome sélénite touche plusieurs habitants.  Les malades sont attirés par la lune et ont peur des miroirs, car ils ne voient pas leur visage correctement dedans.  Le jargon officiel est que le malade a commencé à germer.  Lorsque la maladie atteint son point de non-retour, on appelle cela l’éclosion.  Une personne qui éclot ne possède plus qu’un visage embrouillé et est perdue à jamais.

Des variations qui sont les bienvenues

Les trois filles possèderont la Camera Obscura, mais avec des variations.  Il est possible de trouver des objectifs pour améliorer la caméra que ce soit pour augmenter les dégâts, ralentir les esprits, etc.  À l’aide de cristaux trouvés un peu partout dans la clinique, il est possible d’améliorer l’appareil-photo, mais également les objectifs.  Cependant, chaque fille possède ses objectifs et ses améliorations.  Le tout ne se transfère par d’une personne à l’autre.

L’outil le plus intéressant est la torche spirituelle utilisée par Choshiro.  Ne disposant pas de la Camera Obscura, il a cependant une lampe torche pouvant varier l’intensité de sa lumière pour attaquer les esprits.  Cela permet d’avoir une meilleure vue d’ensemble que lorsque nous regardons à travers la caméra.

Il y aura la possibilité de trouver différents types de films à utiliser avec la caméra (certains se rechargeant plus rapidement, d’autres faisant plus de dégâts, etc.).

Les combats

Avec le nombre de fantômes se promenant dans la clinique, vous aurez plusieurs combats à livrer.  Encore une fois à cause des contrôles, il peut sembler difficile aux premiers abords de bien se défendre.  Par contre, au fur et à mesure que l’on progresse, on s’habitue et les combats deviennent rapidement très amusants. 

Chaque spectre a ses propres attaques et défenses.  Certains se cacheront dans les murs pour vous sauter dessus, d’autres vous aveugleront, d’autres se téléporteront et ainsi de suite.  Il n’est pas rare également que vous ayez plusieurs spectres à affronter en même temps.  Connaître la routine d’un spectre deviendra alors assez important.

Ce que j’ai trouvé dommage en revanche, c’est que nous affrontons presque chaque spectre 2 à 3 fois.

Côté technique

Le travail pour remastériser Fatal Frame est bien effectué.  Le jeu est fluide et les personnages sont très bien modélisés.  Un point où nous pouvons remarquer l’âge du jeu, c’est les textures.  Lorsque nous ouvrons des portes ou récupérons des objets, notre personnage se rapproche et nous voyons que le tout est pixelisé.  Ce n’est rien de dramatique cependant.

La trame sonore est angoissante à souhait.  Certaines musiques sont très agressantes (volontairement) et on ressent le malaise dans lequel se trouve notre personnage.  Le jeu est seulement doublé en version originale japonaise.  Il n’y a aucune voix anglaise ce qui peut irriter certains joueurs.

Verdict de Fatal Frame: Mask of the Lunar Eclipse

Fatal Frame : Mask of the Lunar Eclipse est un excellent épisode de cette série populaire.  Les modifications effectuées pour apporter le jeu sur les consoles nouvelle génération (et le faire découvrir mondialement) sont réussies.  Le seul bémol, ce sont les textures des planchers et des murs qui sont pixelisées lorsque nous sommes près.  Une modernisation des contrôles aurait été appréciée puisqu’il est très difficile d’être précis.  Fatal Frame IV possède une trame narrative des plus intéressantes avec énormément de détails.  Après vous être adapté aux contrôles, vous aurez beaucoup de plaisir à affronter les spectres des lieux.  Si vous aimez les survival horror, je ne peux que vous conseillez d’essayer sans tarder Fatal Frame IV!

Test de Fatal Frame: Mask of the Lunar Eclipse – le syndrome sélénite
Une histoire passionnante et bien ficelée
Les multiples fantômes à photographier et à affronter
Plusieurs protagonistes avec des variations
Bon travail pour remastériser le jeu
Des contrôles "lourds"
Les objets "invisibles"
8
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