Saros

Aperçu de Saros (PS5) : nos impressions après 3 heures de jeu

Une des sorties phares de l’année sur PlayStation 5 approche à grands pas. Le studio finlandais Housemarque signe ici un deuxième projet majeur sur la console de Sony, avec l’ambition claire de pousser encore plus loin la formule qui a fait le succès de Returnal. Reconnu pour son expertise en gameplay nerveux et en sensations arcade modernisées, le studio semble vouloir raffiner ses acquis tout en élargissant la portée narrative et l’accessibilité de son expérience. Avec Saros, on peut donc s’attendre à une évolution plutôt qu’à une révolution, mais une évolution ambitieuse, peaufinée et plus maîtrisée. Nous avons eu l’occasion d’y jouer pendant près de trois heures, et voici nos premières impressions.

Une prémisse intriguante vous attend dans Saros

Sur le plan narratif, Saros nous plonge dans un univers de science-fiction sombre et mystérieux, fidèle à l’ADN de Housemarque. Dans la pénombre d’une éclipse menaçante, on y incarne Arjun Devraj, un homme de main Soltari interprété par Rahul Kohli, bien connu pour ses rôles dans The Haunting of Bly Manor et Midnight Mass. Échoué sur Carcosa, une planète métamorphe regorgeant de secrets et peuplée d’entités hostiles, il cherche désespérément à comprendre la nature de ce monde instable.

Rapidement, l’histoire a capté mon attention par son aura mystérieuse, me poussant à me poser de nombreuses questions. Le fait que le joueur soit plongé dans la même incertitude que l’équipe qu’il rejoint alimente efficacement l’intrigue et renforce l’immersion. Entre phénomènes inexpliqués, vestiges d’une civilisation disparue et menace constante, la prémisse mise sur une narration environnementale dense et intrigante qui pousse à avancer, malgré l’incertitude et le danger.

Comme dans Returnal, une grande partie de la narration semble passer par l’environnement et des éléments dispersés, laissant au joueur le soin de reconstituer lui-même les pièces du puzzle. Les journaux et enregistrements viennent enrichir ce storytelling indirect, dans une approche qui rappelle Clair Obscur: Expedition 33.

La démo nous laisse d’ailleurs sur un cliffhanger particulièrement intrigant, qui soulève encore plus de questions qu’il n’apporte de réponses et renforce considérablement mon envie de découvrir les mystères qui entourent Carcosa.

Saros

Une progression pensée pour tous les joueurs

Rapidement, l’histoire a capté mon attention par son aura mystérieuse, me poussant à me poser de nombreuses questions. Le fait que le joueur soit plongé dans la même incertitude que l’équipe qu’il rejoint alimente efficacement l’intrigue et renforce l’immersion. À l’image de Returnal, Saros repose sur une boucle de progression où l’on tente d’avancer le plus loin possible à travers les environnements changeants de Carcosa, en accumulant des ressources et en développant progressivement ses habiletés. Chaque tentative se conclut inévitablement par la défaite, ce qui nous ramène au hub principal pour entamer une nouvelle expédition. Heureusement, certains éléments persistent d’une boucle à l’autre, permettant de renforcer durablement Arjun et de maintenir un sentiment de progression, malgré l’échec.

À travers les différentes boucles, on récupère divers types de ressources et d’améliorations qui viennent influencer directement notre façon de jouer. Certaines permettent d’augmenter les attributs de base, tandis que d’autres modifient plus subtilement notre approche en combat, que ce soit en renforçant certaines capacités ou en offrant de nouveaux avantages situationnels. Cette variété contribue à rendre chaque tentative un peu différente et encourage à expérimenter davantage.

L’exploration des environnements semble aussi jouer un rôle important, avec des zones qui encouragent à s’écarter du chemin principal pour trouver des ressources ou découvrir de nouveaux éléments. Après quelques morts, j’ai aussi remarqué que le jeu ne repose pas simplement sur des corridors générés aléatoirement : on finit par reconnaître certains lieux, comme s’il existait plusieurs chemins différents menant aux mêmes zones. Cette structure donne une impression de cohérence dans le monde, tout en conservant une certaine variabilité d’une tentative à l’autre.

Les différents systèmes restent d’ailleurs relativement faciles à comprendre, ce qui permet de rapidement entrer dans l’expérience sans se sentir submergé. Cette structure donne aussi l’impression que chaque run propose des variations, que ce soit dans les améliorations obtenues ou les situations rencontrées, évitant une sensation de répétition trop rapide.

Selon moi, c’est l’approche idéale pour garder le jeu accessible sans pour autant délaisser les adeptes du genre. D’un côté, les joueurs plus débutants qui persistent seront récompensés avec les améliorations des attributs du personnage à force de refaire des boucles. Les vétérans auront un meilleur équilibre au niveau du défi en misant sur moins de tentatives et moins de temps de jeu nécessaire pour traverser les sections. D’ailleurs, pour ma part ça m’a bien servi comme je ne me considère pas un pro du genre, mais j’ai quand même ressenti un bon sentiment de progression en limitant ma frustration de devoir recommencer souvent. Cette double approche crée un équilibre intelligent qui valorise autant l’apprentissage que la performance, tout en maintenant un sentiment constant de progression, peu importe le niveau du joueur.

Un gameplay nerveux et des mécaniques bien pensées

Au-delà de cette structure bien pensée, c’est surtout dans ses mécaniques de jeu que Saros démontre tout le savoir-faire de Housemarque. On retrouve immédiatement cette signature qui avait marqué Returnal, avec un gameplay nerveux, précis et extrêmement satisfaisant en main. Les déplacements sont fluides, les esquives répondent au quart de tour et chaque affrontement demande une attention constante, sans jamais tomber dans l’injustice. Le rendu du personnage principal est d’ailleurs très réussi, avec des animations fluides qui renforcent la sensation de contrôle en combat.

Certains affrontements deviennent rapidement chaotiques, et à plusieurs reprises je me suis fait prendre en étant submergé par trop d’ennemis et de projectiles à l’écran. Les ennemis se démarquent aussi par des designs variés et des patterns distincts, obligeant à adapter constamment son approche plutôt que de répéter les mêmes stratégies. Le premier gros boss, le Prophète, m’a d’ailleurs bien fait baver, me forçant à m’adapter et à mieux maîtriser les mécaniques du jeu. Cette dynamique pousse constamment à prendre des décisions rapides entre prudence et agressivité, chaque erreur pouvant rapidement coûter cher dans les affrontements les plus intenses.

L’utilisation de la sphère de bouclier se démarque d’ailleurs comme une mécanique particulièrement intéressante. Plutôt que de simplement encaisser les dégâts, elle permet d’absorber certains projectiles ennemis pour les convertir en énergie, créant un véritable système de risque-récompense. Au début, j’utilisais beaucoup l’esquive, mais plus je jouais, plus j’étais confiant pour utiliser le bouclier, ce qui était bien pratique pour faire plus de dégâts et reprendre le contrôle des affrontements.

À cela s’ajoute un excellent ressenti des armes, chacune offrant des sensations distinctes qui encouragent à adapter son style de jeu selon la situation. Certaines armes favorisent une approche plus agressive à courte portée, tandis que d’autres encouragent un style plus prudent, ce qui apporte une belle variété dans les affrontements. À mesure que l’on progresse, on ressent aussi une montée en puissance appréciable, où certaines combinaisons d’améliorations permettent de renverser des situations auparavant difficiles. Après quelques heures, j’ai vraiment ressenti que plus je jouais, plus je m’améliorais, pas seulement grâce aux statistiques, mais aussi dans mes réflexes et ma compréhension des combats.

Saros

Une ambiance marquante, mais encore des inconnues

L’univers de Carcosa se distingue également par une direction artistique particulièrement marquante. Entre ses paysages inquiétants plongés dans la pénombre de l’éclipse et ses créatures au design dérangeant, le jeu installe une ambiance lourde et constante qui renforce l’immersion. Le contraste entre les zones sombres et les effets lumineux accentue cette atmosphère tout en facilitant la lecture de l’action.

Techniquement, le jeu impressionne aussi par sa fluidité et la lisibilité de l’action, même dans les moments les plus chargés. Les effets visuels, notamment les projectiles et les impacts, sont bien définis et permettent de rapidement identifier les menaces. Malgré le chaos à l’écran, il reste toujours possible de bien suivre ce qui se passe, ce qui est essentiel pour un gameplay aussi rapide et exigeant. L’ensemble est soutenu par une présentation visuelle soignée qui met en valeur les environnements et les affrontements. Cette atmosphère est appuyée par un design sonore très réussi, où chaque tir, chaque impact et chaque environnement contribue à maintenir une tension palpable. L’utilisation de la manette DualSense vient aussi renforcer cette immersion, avec des retours haptiques précis et des gâchettes adaptatives bien exploitées.

Il reste toutefois à voir si cette boucle de jeu saura se renouveler sur la durée, notamment en ce qui concerne la variété des situations et des environnements, un élément difficile à juger après seulement quelques heures de jeu, mais qui sera déterminant pour maintenir l’intérêt sur le long terme. Là où Returnal misait beaucoup sur la performance pure, Saros semble vouloir proposer une expérience plus accessible et narrative, sans pour autant sacrifier l’intensité qui fait la signature du studio.

Saros nous donne rendez-vous le 30 avril

Après ces premières heures, Saros s’impose comme une proposition extrêmement prometteuse. En s’appuyant sur les bases solides de Returnal tout en cherchant à élargir son accessibilité et sa portée narrative, Housemarque semble trouver un équilibre particulièrement intéressant. Le gameplay reste aussi satisfaisant qu’exigeant, tandis que l’univers et la structure donnent envie d’en découvrir davantage. Reste maintenant à voir si cette formule saura se renouveler sur la durée, mais une chose est certaine : cette première prise en main donne clairement envie d’y retourner et de percer les mystères de Carcosa. Tout porte à croire qu’il s’agira de l’un des titres marquants de l’année pour Sony, et un jeu que les amateurs de la console devraient assurément garder à l’œil.