Tides of Tomorrow

Test de Tides of Tomorrow : une traversée narrative

Avec Tides of Tomorrow, les créateurs de Road 96 reviennent à un terrain qu’ils maîtrisent déjà très bien, soit celui du jeu narratif à embranchements. Cette fois-ci, le studio français DigixArt souhaite pousser la formule un peu plus loin en venant connecter indirectement les parties des joueurs entre elles. Une idée sur papier qui permet au titre de se démarquer, mais aussi d’intriguer. Est-ce que cette nouveauté permet de hausser l’expérience narrative à un autre niveau ? La réponse dans ce test complet !

Fiche Technique

Date de sortie : 22 avril 2026
Style : Aventure et narratif
Classement ESRB/PEGI : M / PEGI 16
Développeur : DigixArt

Éditeur : THQ Nordic
Langue d’exploitation : Textes en français
Test effectué sur Xbox Series X

Disponible sur PCPS5 et Xbox Series X/S
Prix lors du test : 39,99$ CAN / 29,99 €
Site officiel

Version numérique envoyée par l’éditeur

Une histoire touchante et des choix qui ont du poids

L’un des éléments qui fonctionnent le mieux dans Tides of Tomorrow, c’est clairement son écriture et la manière dont il gère ses embranchements narratifs. En tant que joueur, nous incarnons un Tidewalker dans un univers post-apocalyptique. Les terres sont submergées et où l’humanité est atteinte d’une maladie liée aux microplastiques. Dans le cadre de notre aventure, nous faisons la rencontre d’un large éventail de personnages et de factions adverses. On y retrouve, notamment, les impitoyables Maraudeurs, qui contrôlent la distribution de médicaments et le commerce, les survivants du quotidien appelés les Ferrailleurs, et les Mystiques, un groupe mystérieux qui vénère le passé.

Tides of Tomorrow propose plusieurs décisions importantes qui viennent influencer le déroulement de l’histoire. Même si on reste dans une structure relativement classique pour le genre, on sent que les choix ont un véritable impact sur la progression. Ce qui est particulièrement réussi, c’est que les dilemmes proposés ne sont jamais complètement déconnectés de la réalité. Même si l’univers est fictif, les situations et les enjeux peuvent facilement être transposés à la vraie vie. Le tout rend certaines décisions plus difficiles qu’on pourrait le penser au départ. Pour ma part, j’ai particulièrement apprécié l’univers proposé par les développeurs. Les personnages sont suffisamment bien écrits pour qu’on s’y attache alors que certains moments viennent chercher une corde sensible.

L’idée du Story-Link sur Tides of Tomorrow

Le fameux système de Story-Link est sans doute l’élément le plus original de Tides of Tomorrow. C’est aussi celui qui le distingue le plus de ses concurrents. Cette fonctionnalité permet d’intégrer une forme de multijoueur dans une expérience solo. Dès le départ, on doit choisir un joueur qu’on veut suivre. Les décisions que celui-ci aura prises lors de son aventure auront un impact direct sur votre expérience. Par exemple, on peut avoir des accès bloqués, des situations modifiées ou des approches différentes imposées. Ça donne une impression d’un monde vivant, comme si notre aventure s’inscrivait dans quelque chose de plus grand que nous. On peut, bien entendu, changer de personne que l’on suit tout comme partager notre code unique à nos amis.

Néanmoins, j’ai eu le ressentit que l’idée n’était qu’une prémisse et que le Story-Link n’était pas complètement aboutie. Plus on avance, plus on réalise que le système tourne un peu en rond. On a souvent l’impression que les conséquences sont temporaires, presque cycliques. Un joueur crée un problème, le suivant le règle, puis un autre le recrée. En d’autres mots, un accès peut être bloqué par une décision, forçant le joueur suivant à s’infiltrer, mais ce même joueur va ensuite résoudre la situation. Ce qui débloque tout jusqu’à ce que quelqu’un d’autre vienne à nouveau perturber l’équilibre. J’aurai aimé que ce cycle soit un plus gros afin d’offrir une plus grande diversité.

Une boucle efficace

Du côté de la jouabilité, Tides of Tomorrow repose sur une structure assez simple. On se déplace d’île en île, avec entre chaque transition une courte séquence en bateau. Cette boucle fonctionne bien, surtout parce qu’elle est bien rythmée et qu’elle ne s’étire pas inutilement. La durée de vie d’environ 12 heures est bien calibrée et je n’aurais pas voulu que le jeu soit beaucoup plus long. D’ailleurs, je trouvais les trajets en bateau une bonne idée au départ. Néanmoins, on commence à voir les mêmes situations revenir, ce qui enlève un peu de fraîcheur à l’ensemble.

Tides of Tomorrow propose également quelques séquences de plateforme, qui viennent ajouter un peu de variété au gameplay. Dans l’ensemble, ça passe, mais ce n’est pas toujours précis. Le tout peut créer de petites frustrations, surtout lors de certains passages plus exigeants. Rien de dramatique, mais suffisamment pour être noté. De plus, les développeurs ont aussi intégré un système de traits de personnalité. Celui-ci permet d’orienter notre personnage et d’influencer certaines interactions. Cependant, son influence reste assez limitée. La plupart du temps, il donne accès à des dialogues supplémentaires ou à des raccourcis dans certaines décisions.

La rejouabilité de Tide of Tomorrow

sTides of Tomorrow est un jeu avec embranchements, donc naturellement on a envie de découvrir les autres fins. Néanmoins, cette rejouabilité est freinée alors que le titre ne propose pas de sélection de chapitres ni de système permettant de revisiter certaines décisions clés. De ce fait, il faut recommencer l’aventure au complet si on veut découvrir tout les embranchements. Ce n’est pas la première fois qu’un jeu du genre n’offre pas la possibilité d’aller à une étape précise, mais il faut vraiment que ça change. On a envie d’explorer les différentes possibilités, mais l’investissement demandé pour y parvenir peut en décourager plus d’un.

Une direction artistique unique

L’équipe du studio DigixArt continue à démontrer tout leur talent avec Tides of Tomorrow. Le jeu propose une direction artistique colorée, cohérente et surtout très agréable à regarder, qui, à mon avis, dépasse même ce que le studio avait proposé avec Road 96. Les îles sont variées, les environnements ont chacun leur identité, et il y a un vrai souci du détail dans la composition des décors. On prend régulièrement le temps de regarder autour de soi, simplement parce que c’est beau et que ça donne envie de s’attarder. C’est le genre de direction artistique qui ne cherche pas à en faire trop, mais qui fonctionne parfaitement dans le contexte du jeu.

Verdict de Tides of Tomorrow

Tides of Tomorrow est un jeu qui réussit beaucoup de choses, sans pour autant atteindre un niveau d’excellence. Son histoire est touchante, son univers est réussi et sa direction artistique est particulièrement inspirée. Le système de Story-Link apporte une vraie originalité, même s’il montre ses limites sur la durée, et la boucle de jouabilité aurait mérité un peu plus de variété. La durée de vie est bien dosée et l’expérience reste agréable du début à la fin, mais certaines décisions empêchent le jeu de franchir un cap supplémentaire. Notamment au niveau de la rejouabilité et de la profondeur de certains systèmes. Néanmoins, nous sommes face à une proposition solide, sincère et qui mérite clairement le détour pour les amateurs de jeux narratifs.

Tides of Tomorrow
Test de Tides of Tomorrow : une traversée narrative
Histoire touchante avec plusieurs embranchements intéressants
Univers fictif crédible avec des dilemmes qui résonnent avec la réalité
Durée de vie bien dosée
Direction artistique très réussie
Impossible de sélectionner des chapitres après avoir terminé l’histoire
Story-Link qui donne parfois l’impression de tourner en boucle
Système de traits de personnalité trop en surface
8