Masters of the Univese

[Critique] Masters of the Universe (2026) de Travis Knight

Outre les visages emblématiques des personnages, les nombreux mèmes mettant en vedette Skeletor et le nom He-Man (Musclor en français), je ne connaissais absolument rien à l’univers de Masters of the Universe. J’ai toujours rangé cette franchise dans la catégorie des « c’était davantage l’époque de mon grand frère », sans jamais vraiment prendre le temps de m’y intéresser.

Pourtant, il n’est jamais trop tard pour découvrir un classique de la culture populaire. Ma curiosité a commencé à grandir au fil des bandes-annonces du nouveau film, qui promettaient une aventure assumée, spectaculaire et pleine de personnalité. Bien que je ne puisse évidemment pas me prononcer en tant que puriste ou connaisseur de longue date, cette nouvelle adaptation semblait vouloir s’adresser autant aux fans qu’aux néophytes.

La question est donc simple : Masters of the Universe parvient-il à convaincre quelqu’un qui découvre cet univers pour la toute première fois ?

Fiche Technique de Masters of the Universe (film 2026)

  • Date de sortie : 5 juin 2026
  • Réalisateur : Travis Knight
  • Scénario : Chris Butler, Aaron Nee, Adam Nee et Dave Callaham
  • Producteurs : Robbie Brenner, Todd Black, Jason Blumenthal et DeVon Franklin
  • Acteurs principaux : Nicholas Galitzine, Camila Mendes, Idris Elba, Jared Leto, Alison Brie et Morena Baccarin
  • Distribution : Amazon MGM Studios (Immina Films au Québec)
  • Production : Amazon MGM Studios, Mattel Studios et Escape Artists
  • Genre : Science-fiction / Fantastique / Action / Aventure
  • Durée : 2 h 20 min

L’histoire suit le prince Adam, séparé de sa planète natale, Eternia, depuis maintenant quinze ans. Réfugié sur Terre, où il tente tant bien que mal de mener une vie normale, il n’a jamais cessé de chercher l’Épée du Pouvoir, perdue lors de son arrivée sur notre monde. Lorsque cette dernière refait enfin surface, Adam se retrouve entraîné dans une aventure qui le ramène sur Eternia, un royaume désormais tombé sous la domination du redoutable Skeletor. Accompagné de nouveaux alliés et confronté à son passé, il devra embrasser sa destinée et devenir He-Man afin de sauver son peuple et reprendre ce qui lui a été arraché.

Une aventure accessible à tous

D’abord, le film se montre extrêmement accessible pour les nouveaux venus. Il y a certainement quelques clins d’œil et références que les fans de longue date apprécieront davantage, mais le contexte, l’univers et les personnages sont suffisamment bien développés pour permettre aux néophytes d’en saisir l’essentiel sans difficulté.

J’ai particulièrement apprécié le rythme soutenu de l’aventure. Malgré une durée qui dépasse les deux heures, le film ne s’essouffle jamais et enchaîne les séquences d’action, les moments d’humour et les révélations avec efficacité. Ce n’est pas un exploit facile à accomplir pour une production de cette ampleur.

J’ai également aimé que le scénario assume pleinement les aspects les plus extravagants de l’univers. Que ce soit à travers certains noms de personnages ou plusieurs concepts typiquement issus de la fantasy des années 1980, le film ne cherche jamais à se moquer de son matériel d’origine ni à le rendre artificiellement plus sérieux. Au contraire, il embrasse son côté parfois loufoque, ce qui contribue grandement à son charme.

Enfin, l’arc narratif du prince Adam s’avère particulièrement réussi. Malgré les nombreuses personnes qui tentent de l’influencer ou de lui imposer ce qu’il devrait être, le personnage demeure fidèle à lui-même. Cette évolution apporte une dimension humaine bienvenue au récit et permet de s’attacher davantage à son parcours.

Masters of the Univese

Une distribution qui embarque pleinement dans l’univers

Lorsqu’on tombe dans un film fantastique aussi assumé que Masters of the Universe, je me demande toujours si les acteurs vont embarquer pleinement dans l’univers ou s’ils vont jouer le tout avec une certaine retenue. Heureusement, ce n’est jamais le cas ici.

Nicholas Galitzine et Camila Mendes forment le duo mis de l’avant. Les deux acteurs principaux sont un peu moins connus du grand public, mais ils excellent dans leurs rôles respectifs. Nicholas Galitzine, qui incarne He-Man et dont je n’avais vu aucun film auparavant, arrive vraiment à être crédible dans sa transformation. À la base, il a vraiment l’air d’un nerd, ce qui rend son évolution vers le puissant défenseur d’Eternia encore plus convaincante. Il trouve le bon équilibre entre la vulnérabilité du personnage et son côté héroïque.

Pour sa part, j’ai connu Camila Mendes grâce à Riverdale et je l’aimais beaucoup dans cette série. Ici, elle interprète très bien la guerrière forte qui prend les choses en charge et qui ne se laisse impressionner par personne. Elle dégage beaucoup d’assurance à l’écran et forme un excellent duo avec Galitzine.

Les plus gros noms attachés au projet sont probablement Idris Elba, Jared Leto et Alison Brie, et aucun d’eux ne semble déplacé dans cet univers plus grand que nature. D’abord, Idris Elba livre un excellent Duncan. Il incarne avec crédibilité ce vétéran aguerri qui a consacré sa vie à protéger Eternia. Son personnage traverse également une importante descente morale au fil du récit, et Elba parvient à rendre cette évolution tout à fait crédible.

Du côté de Jared Leto, il faut presque un moment avant de réaliser qu’il se cache derrière Skeletor. Son apparence est tellement transformée qu’on en oublie rapidement l’acteur pour ne voir que le personnage. Son interprétation embrasse pleinement le côté dramatique et excessif du célèbre antagoniste sans jamais tomber dans la caricature. Chaque fois qu’il apparaît à l’écran, il attire l’attention et, à mes yeux, c’est clairement lui qui vole la vedette.

Alison Brie bénéficie d’un temps d’écran plus limité dans le rôle d’Evil-Lyn, mais elle tire tout de même son épingle du jeu. Sa présence est juste et efficace, et elle apporte exactement le ton qu’exige chacune de ses scènes.

Un univers visuellement impressionnant

Visuellement, Masters of the Universe avait tout un défi à relever. Après tout, il s’agit d’un univers où se côtoient magie, créatures fantastiques, technologies futuristes, guerriers surhumains et immenses vaisseaux spatiaux. Ce genre de mélange peut rapidement devenir ridicule ou artificiel entre de mauvaises mains, mais le film s’en tire remarquablement bien.

Dans l’ensemble, les effets visuels sont très réussis. J’ai bien remarqué une séquence en particulier qui m’a semblé un peu plus difficile à regarder et dont les effets m’ont paru moins convaincants que le reste du film, mais il s’agit davantage de l’exception que de la règle. Pour le reste, la qualité est constamment au rendez-vous.

J’ai également beaucoup apprécié la direction artistique et l’utilisation des couleurs. Dans plusieurs scènes, le film prend le temps de laisser respirer ses décors plutôt que d’enchaîner constamment les séquences d’action. Cela nous permet de bien observer l’environnement qui nous entoure et de nous imprégner de l’univers. Les palettes de couleurs sont riches et vibrantes, ce qui contribue énormément à l’immersion. À plusieurs reprises, j’ai vraiment eu l’impression de me retrouver sur une planète exotique et mystérieuse plutôt que devant une succession de décors générés par ordinateur.

Les vaisseaux spatiaux possèdent un design impressionnant et s’intègrent parfaitement à l’univers. Les nombreuses scènes d’action profitent également d’effets visuels solides qui donnent de l’impact aux affrontements sans jamais devenir confus. Quant à Skeletor, sa conception visuelle est particulièrement réussie. Malgré son apparence extravagante, le personnage demeure crédible à l’écran et s’impose immédiatement dès son arrivée.

J’ai également pris le temps de me renseigner sur la franchise après la projection et j’ai été surpris de constater à quel point les costumes semblent fidèles au matériel d’origine. Bien qu’ils aient été modernisés pour le grand écran, ils conservent l’identité visuelle des personnages et devraient faire sourire les amateurs de longue date sans dérouter les nouveaux venus.

La trame sonore mérite également une mention. Sans nécessairement être l’élément le plus mémorable du film, elle accompagne efficacement l’action et contribue à donner une dimension épique aux nombreux affrontements. À plusieurs reprises, la musique aide à renforcer le sentiment d’aventure et de grandeur qui caractérise l’univers de Masters of the Universe.

Masters of the Universe mérite une suite

Masters of the Universe ne réinvente pas le blockbuster fantastique, mais il accomplit quelque chose d’au moins aussi important : il nous donne envie de passer plus de temps dans son univers. En tant que spectateur qui ne connaissait pratiquement rien à la franchise avant d’entrer dans la salle, j’en suis ressorti diverti, curieux et avec une meilleure compréhension des raisons qui ont permis à He-Man et ses alliés de traverser les générations. Le film m’a d’ailleurs rappelé Dungeons & Dragons: Honor Among Thieves par sa capacité à embrasser pleinement son univers fantastique sans jamais se prendre trop au sérieux. C’est avant tout un excellent divertissement qui assume ses racines, ses personnages et ses concepts les plus extravagants. Si le but était de convaincre une nouvelle audience, mission accomplie. Et considérant la façon dont le récit laisse clairement entrevoir la suite des événements, j’espère sincèrement que le film connaîtra suffisamment de succès pour que cette aventure puisse se poursuivre.

Merci à Immina Films pour l’invitation à voir le film avant sa sortie en salle

Masters of the Univese
[Critique] Masters of the Universe (2026) de Travis Knight
La réalisation
8
Le scénario
7.5
Le jeu des acteurs
8
Les effets spéciaux
8.5
Le plaisir durant l'écoute
8
8